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Diversifier les couverts pour augmenter le stockage de carbone et la biomasse microbienne dans le sol
Laurent Serteyn

Après quelques années de recherche et d’enseignement en entomologie à la faculté de Gembloux Agro-Bio Tech, Laurent SERTEYN est aujourd’hui agronome chez Greenotec. Convaincu de la nécessité d’une transition agroécologique à grande échelle, il s’intéresse particulièrement aux aménagements et pratiques favorisant les insectes auxiliaires des cultures.

Une augmentation de la diversité des couverts rime-t-elle avec une augmentation de carbone dans le sol ? Quel serait alors l’impact sur les communautés microbiennes du sol ?
Des chercheurs allemands ont sélectionné 4 types de couverture de sol, variant selon leur diversité : aucun couvert ; 1 espèce (moutarde blanche) ; 4 espèces (moutarde blanche, phacélie, avoine brésilienne, trèfle d’Alexandrie) ; 12 espèces (radis chinois, cameline, phacélie, niger, tournesol, lin, sorgho, pois, trèfle incarnat, trèfle hybride, trèfle de Perse, vesce de Hongrie).
Ces différentes modalités de couvert ont été installées en petites parcelles d’1 are chacune, dans la région de Hanovre, entre blé d’hiver (dont les pailles ont été enfouies à l’aide d’une herse) et maïs.
Ils ont observé que, à biomasse aérienne similaire, la captation nette de carbone depuis l’atmosphère est multipliée par 2 dans le mélange 4 espèces et par 4 dans le mélange 12 espèces, par rapport à un couvert constitué de moutarde seule (Fig. 1).
L’augmentation d’apport de carbone que cela engendre au niveau de la rhizosphère impacte alors les microorganismes : la biomasse microbienne totale augmente, surtout pour les champignons (Fig. 2).

Figure 1
Figure 1
Flux de CO2 entre l’écosystème (plantes-sol-microorganismes) et l’atmosphère. Des valeurs négatives témoignent d’un prélèvement net par l’écosystème.
Figure 2
Figure 2
Abondance relative de champignons selon la diversité du couvert et la profondeur de sol.

Ce qu’il faut retenir :
- Diversification des couverts rime bien avec augmentation du carbone dans le sol, notamment en raison d’une augmentation de la biomasse racinaire.
- Ce carbone favorise le développement et la diversité des microorganismes du sol.
L’activité de ces microbes va permettre de stabiliser le carbone dans le sol, et donc de contribuer à sa séquestration.

Pour plus d’informations (article en anglais sur demande) : Gentsch N, Boy J, Batalla JDK, Heuermann D, von Wirén N, Schweneker D, Feuerstein U, Groß J, Bauer B, Reinhold-Hurek B, Hurek T, Céspedes FC & Guggenberger G (2020) Catch crop diversity increases rhizosphere carbon input and soil microbial biomass. Biology and Fertility of Soils 56 : 943-957. https://doi.org/10.1007/s00374-020-01475-8