Frédérique Hupin

  • Piste des arbres
  • Nichoir pour Faucon Crécerelle
  • Article belge ; impact du labour sur les vers
  • Frederic Laloux Reinventer les organisations
  • Nourrir l'humanité
  • Graines d'ACistes
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5
janvier
2018

Les socs de charrues sont des épées

Article belge ; impact du labour sur les versUn journal belge grand public à grande audience dans les campagnes (Vers l’Avenir) consacre une pleine page aux idoles de Darwin.
"Ploughshares are swords... if you are an earthworm". Tels sont les mots d’Olaf Schmidt, professeur et chercheur à l’université de Dublin, pour introduire le sujet de sa dernière étude démontrant que l’agriculture de conservation protège les vers de terre.

L’article paru dans le journal belge Vers l’Avenir peut être consulté ici.

Un article complet vulgarisant cette étude sortira d’ici peu dans la revue "TCS Agriculture Ecologie Innovation".


30
octobre
2017

Agriculteurs : communiquez !

« Agriculteurs communiquez ! » disait Frédéric Thomas dans un dernier édito.

Campagne CIPAN grand public
Géraud Dumont l’a fait : il a planté un panneau explicatif dans son champ de couverts situé à la croisée des chemins entre une église, un cimetière et un sentier de randonnée. C’est sûr, à la Toussaint, son panneau ne passera pas inaperçu des porteurs de chrysanthème. Son initiative a été relayée dans les médias belges. « Les agriculteurs doivent revenir à l’avant de la scène et communiquer » explique Géraud Dumont, agriculteur en AC à Grez-Doiceau (Brabant-wallon, Belgique).
Son panneau est l’initiative de deux associations :
Le GAL culturalité en Hesbaye : Association qui a pour but de soutenir les dynamiques de développement rural. www.culturalite.be
Regenacterre : Association de conseil agricole indépendant qui vise le développement et la promotion de l’agriculture régénérative. www.regenacterre.be
Une fois le panneau planté, rien n’est encore gagné, il faut qu’un journaliste relaye l’information.
Comment accrocher un journaliste ?
1. Porter un message clair et concis.
Le message : Nous allons au-delà de l’obligation réglementaire. Tous nos sols sont couverts en hiver. Nous semons des mélanges multi-espèces.
2. Faire des rapprochements et des comparaisons avec des sujets qu’il comprend aisément. Sans accuser. Juste des faits. Le lecteur fera lui-même le rapprochement.
La métaphore : Les agriculteurs sont souvent pointés du doigt comme des pollueurs mais pendant que les copains font des milliers de km en avion pour aller en vacances au Kirgistan, nous, on sème des couverts...
3. Terminer par une phrase magique que le journaliste n’aura plus qu’à reprendre pour « vendre son papier ».
La phrase de Géraud que la rédaction du journal a reprise comme grand titre : « En fait, on fait un peu de la permaculture à grande échelle ». OK, pris comme titre, c’est un grand raccourci, mais c’est une technique de communication largement utilisée par les médias.
Bonne communication à tous !

L’article paru dans le journal belge Vers l’Avenir peut être consulté sur : http://frederiquejournaliste.blogspot.com/2017/10/du-jaune-du-bleu-du-vert-dans-les.html


9
octobre
2017

Graines d’ACistes

Ma fille de 5 ans est en troisième maternelle dans une école à « pédagogie active » comme on dit de nos jours. Rien de bien neuf : cette école a 40 ans ! Elle s’inspire d’un pédagogue français du siècle dernier, Célestin Freinet (1896-1966, fils d’agriculteur), pour créer un enseignement « naturel ». L’enfant y apprend au rythme de ses questions et de ses propres recherches.
Graines d'ACistesAppel a été fait aux parents pour organiser des ateliers parascolaires après l’école. Déjà au programme : sport, psychomotricité, cirque, contes, langues, … Encore rien sur la nature ! Je me lance. Je propose un atelier « Nature et découvertes ». Mon but : les mettre en pleine nature après l’école, proposer un cadre à la découverte, les laisser poser leurs questions et exprimer leurs envies. Zéro préchi précha, pas de cours de botanique théorique !
Nous partons ainsi à la découverte des petites bêtes et des plantes dans les environs de l’école. Un bois, une mare, un sentier sont devenus notre terrain d’exploration. On marche en regardant le houppier de la forêt dans un miroir, on observe la germination d’un gland, on crée des œuvres d’art éphémères avec ce que l’on trouve au gré de nos promenades, on regarde ce qui pousse dans les champs, on plante des graines, …
C’est très sympa. Et pour eux et pour moi. Les enfants ont vraiment des questions terribles et ils voient des trucs à côté desquels on passe tous les jours sans rien remarquer. Ils s’émerveillent devant de la bave brillante ou se questionnent sur pourquoi ce truc me pique. Ils voient les tonnes de bestioles qui peuplent les bois, on les dessine, on en fait des marionnettes et ils créent une pièce de théâtre. Lucie, 5 ans, dans son scénario, a décidé que la coccinelle mangeait les doryphores trouvés dans le champ de patates (celle-là je l’ai en vidéo, je la repasserai à son mariage).

Cet atelier a beaucoup de succès. Les parents ont été nombreux à me contacter. Etape suivante : mettre d’autres parents à contribution afin de proposer davantage d’ateliers.
Mon site d’inspiration : www.tousdehors.be


14
décembre
2016

Olivier De Schutter fait connaissance de la revue TCS

Les 9 et 10 décembre 2016 s’est déroulé à Bruxelles un forum d’agroécologie (www.agroecologyinaction.be)
Docs sur l'agroécologie
Durant deux jours, ce forum a rassemblé plus de 700 acteurs du monde paysan, politique et de la société civile. Son objectif était de renforcer les initiatives citoyennes et de servir de tremplin à un travail de plaidoyer visant à transformer les politiques agricoles nationales et européennes.
Au-delà de la grand-messe, qui a tout le mérite d’avoir été organisée, mais qui personnellement m’attire moins, c’est surtout l’intervenant du samedi matin qui m’a poussée à sortir de ma campagne pour me rendre à la capitale : Olivier De Schutter.
Ce Professeur de droit à l’Université de Louvain-la-Neuve dont je suis également issue (fac d’agro) est également professeur à SciencePo (Paris). C’est une sommité en matière de droit, son CV de 37 pages en témoigne http://perso.uclouvain.be/olivier.deschutter/CVODS.09-10-2015.pdf
Il est devenu « célèbre » suite à ses deux mandats de rapporteur des Nations Unies sur le droit à l’alimentation. C’est d’ailleurs dans l’un de ses rapports qu’il prône l’agroécologie comme solution pour nourrir la planète de manière durable.
Avant que les débats ne commencent, j’ose l’approcher, ma revue TCS à la main. Je lui parle alors de Frédéric Thomas, de Greenotec (www.greenotec.be), de Regenacterre (www.regenacterre.be). Il semble très intéressé et prend des notes sur la couverture de la revue TCS que je viens de lui offrir.

Flashback

JPEG - 6.3 koLors de son passage sur la première chaîne radio belge deux jours auparavant (http://www.rtbf.be/auvio/detail_le-forum?id=2166273) Olivier De Schutter définit l’agroécologie comme une manière de cultiver qui vise à réduire l’usage d’intrants externes (engrais, pesticides) et mise sur les ressources que la nature fournit. Il s’agit donc d’une manière plus naturelle de produire qui vise à comprendre la nature dans sa complexité.

Elle est suffisamment productive à partir du moment où l’on mesure la productivité à l’échelle de la ferme, car plusieurs cultures se mélangent sur une même parcelle. On n’a donc pas les mêmes rendements qu’en monoculture.
L’agroécologie est rémunératrice mais il faut créer de nouveaux circuits de distribution car le monde de la grande distribution exige de grands volumes uniformes.
L’agriculture industrielle telle qu’elle se pratique aujourd’hui est vouée à l’échec à terme. Il faudra trouver des solutions et l’agroécologie prépare l’avenir. En outre, elle ne se limite pas à des pratiques agronomiques, elle réunit des dimensions économiques, culturelles et sociales. On retrouve un lien avec la terre, mais aussi un lien avec les gens.
Il y a un mouvement social derrière l’agroécologie qui réunit les producteurs (paysans) et les consommateurs (mangeurs). Les intérêts de grands nombres d’organisations sectorielles convergent (les organisations qui se battent pour la santé, pour l’environnement, pour l’égalité des rapports Nord-Sud, … ) Le mouvement est très large. Le forum de l’agroécologie a réunis tous ces acteurs.
Olivier De Schutter estime qu’il faut une politique alimentaire pour la Belgique qui mette ensemble les politiques jusqu’ici sectorielles telles que l’agriculture, la santé, l’environnement, la protection des consommateurs. Il faut une vue harmonisée, trans-sectorielle de ce à quoi doit ressembler l’alimentation en Belgique demain.
Et il faut avoir le courage de poser la question du prix juste de l’alimentation tout en mettant en place une politique sociale de redistribution.
L’alimentation low-cost ne doit plus être un substitut à des politiques sociales qui protègent les ménages les plus pauvres. Il faut arrêter de prendre le monde agricole en otage sous prétexte d’une alimentation low-cost pour tous. Il faut diversifier les circuits de distribution afin d’éviter que les agriculteurs soient pieds et poings liés à un seul système qui décide du prix.
Il est vrai que nos modes d’alimentation ont évolué, on passe de moins en moins de temps à cuisiner et à manger ensemble. Nous aurons besoin de temps et devrons réapprendre à cuisiner les produits frais.
L’agroécologie est encore relativement confinée mais elle s’étend très vite. Les pouvoirs publics s’y intéressent et font en sorte qu’elle se diffuse plus rapidement.
Concrètement le politique peut apporter son aide au travers de l’utilisation des marchés publics (pour les cantines scolaires par exemple) en créant des cahiers des charges qui permettent à des producteurs de « postuler » pour des marchés où leur plus-value locale sera mise en valeur (NDLR : ceci est en cours en Wallonie via www.lecliclocal.be). Le politique peut également appuyer les circuits de transformation, de stockage et de distribution (NDLR : en cours également en Wallonie www.saw-b.be/spip/18-Hall-Relais-en-preparation).
En conclusion : créer un conseil de politique alimentaire, changer la société sans prendre le pouvoir mais en l’exerçant. Car « la principale limite de notre pouvoir c’est que nous n’osons pas l’exercer ».


23
novembre
2016

Premier festival de l’agriculture de conservation en Belgique

Près de 1000 agriculteurs ont participé au premier festival belge de l’agriculture de conservation le 16 juin dernier à Fleurus.

Festival de l'AC en Belgique
Un hangar à pommes de terre a accueilli plus de 400 agriculteurs pour la conférence inaugurale du festival de l’agriculture de conservation.

Des bancs de brasseur dans un hangar à pommes de terre, un écran de projection dans la pénombre, un orateur et son micro, des agriculteurs en bottes. Ils étaient plus de 400 le 16 juin à Fleurus pour écouter la conférence inaugurale du premier festival belge de l’agriculture de conservation. La qualité de l’orateur français, Xavier Salducci, et son exposé sur « Les pailles : écocarburant des sols » les a fait venir de loin : Brabant-wallon, Liège, Thudinie, Metz, Rouen, Troye-en-Champagne, ...
L’agriculture de conservation a déjà ses adeptes mais a fait également venir de nombreux curieux à la recherche de nouvelles pratiques, plus respectueuses des sols. Le représentant du Ministre wallon de l’agriculture, René Colin, a confirmé son soutien à l’asbl organisatrice, Greenotec fortement aidée depuis 6 mois par deux employés du service de vulgarisation agricole de la Wallonie pour l’organisation du festival. C’est dire si le sujet est digne d’intérêt de nos administrations. Et coup de chapeau, la représentante du Ministre wallon de l’environnement, Carlo Di Antonio, a annoncé la mise à disposition d’un budget supplémentaire qui permettra à Greenotec d’amplifier sa communication sur l’agriculture de conservation des sols.
Une seconde conférence a ponctué l’après-midi : celle du suisse Nicolas Courtois (AgriGenève) avec ses innombrables idées et conseils sur les couverts végétaux.
La journée s’est poursuivie dans les champs. Malgré la pluie, ils étaient plus de 1000 agriculteurs à fouler les 7 hectares mis à disposition par Guibert Dumont de Chassart, agriculteur et administrateur de l’asbl Greenotec, pour accueillir le festival. Des associations actives dans le conseil agricole (Nitrawal, Natagriwal, CIPF, IRBAB, FIWAP…), la cellule GISER, le centre de recherche agricole wallon et l’UCL avaient implanté des petites parcelles 4 mois auparavant afin d’offrir une vitrine de différentes techniques utilisables en agriculture de conservation.

Premier festival de l'AC en Belgique
Près de 1000 agriculteurs ont foulé la plaine du premier festival belge de l’agriculture de conservation.

De nombreuses firmes privées ont également parié sur la réussite de l’événement et se sont déplacées en grand nombre avec leurs machines agricoles : semis direct, strip-till, travail du sol, désherbage mécanique, destruction de couverts, ... Parmi celles-ci, une entreprise de travaux agricoles brabançonne : l’entreprise Green-Farm Pierard de Corroy-le-Grand. Yannick Delvaux, ingénieur agronome et employé de Green-Farm, y a tenu un stand et présente une de leur machine combinée de semis et travail superficiel du sol. « On souhaite que l’agriculture de conservation des sols se développe en Belgique, et on est trop différent que pour ne pas être présent  » nous explique Yannick Delvaux quand on le questionne sur les motivations de sa présence au festival.

Interview d’un des agriculteurs organisateurs : Guibert Dumont de Chassart

Guibert Dumont de Chassart
Guibert Dumont de Chassart, agriculteur depuis 30 ans, en AC depuis 15 ans. Il a mis 7 hectares à disposition du festival.

« Pour célébrer ses 10 ans d’existence, l’ASBL Greenotec a voulu marquer le coup. »
Guibert Dumont de Chassart fait partie du conseil d’administration de Greenotec et est agriculteur depuis 30 ans. Il exploite 200 hectares avec son frère selon les principes de l’agriculture de conservation depuis une quinzaine d’années. Il cultive également pour le compte de tiers, ce qui amène la superficie travaillée à 370 hectares. A l’époque il avait beaucoup de problèmes de repousses des pommes de terre qui remontaient à la surface avec le labour. En outre ses sols n’avalaient pas bien l’eau. Lors des épisodes orageux, des poches d’eau se créaient au milieu des champs et ses grandes surfaces en pente légère étaient soumises à l’érosion. Il était également motivé à améliorer son rendement financier et à diminuer la main d’œuvre. Un nouveau sillon se traçait pour lui : celui de la recherche de nouvelles connaissances, de l’observation de son sol et de l’adaptation.
Il y a 10 ans quand le premier coordinateur de l’ASBL Greenotec, Sébastien Weykmans, lui propose d’entrer dans le conseil d’administration de l’association, il n’hésite pas. Donner de son temps pour une telle association est enrichissant pour tout le monde. « Mon but quand je suis devenu administrateur de l’ASBL Greenotec, était d’échanger avec les collègues et de partager nos expériences  » nous dit Guibert Dumont de Chassart. Il a mis sept de ses hectares à disposition de différents partenaires pour créer une vitrine des techniques de conservation des sols. « Pour les 10 ans de Greenotec, nous voulions marquer le coup  » ajoute ce TCiSte, et de continuer « le message que je veux faire passer à tous les agriculteurs est qu’il est important de s’informer sur les choses originales qui se font, de réfléchir à ce que l’on fait, de partager nos expériences : nos réussites tout comme nos échecs.  »


15
novembre
2016

L’agriculture régénérative selon John Kempf

Un agriculteur américain est venu bousculer les connaissances agronomiques dans une ferme en Belgique : l’immunité d’une plante se transfère au sol.

Association Regenacterre
Une conférence inédite sur l’agriculture régénérative a rassemblé 150 personnes dans le hangar de la ferme des noyers à Corroy-le-Grand (Belgique)

Chez Nicolas Braibant, en Belgique, l’heure est à l’innovation. Mois de septembre, grand soleil, temps sec, moment idéal pour être dans les champs et récolter son maïs puis fermer les silos. Et pourtant c’est dans son hangar que se sont retrouvés 150 personnes, éveillées par la curiosité de la présence impromptue d’un agriculteur américain. « Tout s’est fait très vite  » nous explique Frédéric Muratori, coordinateur de l’association Regenacterre. « On a appris la venue de John Kempf en Europe il y a deux semaines. Le temps de l’inviter, d’envoyer des mails tout azimut et nous voilà avec 150 personnes. C’est incroyable. » Parmi les personnes présentes : des agriculteurs mais également des chercheurs, des personnes de l’administration de l’environnement et des propriétaires terriens.
John Kempf est agriculteur dans l’Ohio. A 14 ans il quitte l’école pour travailler dans la ferme familiale intensive. Une attaque de mildiou ravage tous leurs champs de melons. Tous sauf un. Celui qui venait d’être planté sur une ancienne prairie et dont les sols n’avaient pas encore été cultivés de manière conventionnelle. John Kempf veut comprendre les processus, il dévore la littérature, fait ses propres essais et comprend les stratégies des maladies. Il découvre qu’un meilleur équilibre dans la nutrition des plantes les rend plus résistantes aux maladies. Il pense également que l’immunité d’une plante se transfère au sol sur lequel elle pousse. La clé est alors d’optimiser la photosynthèse de la plante qui pourra à son tour transférer dans le sol, des exsudats racinaires, qui nourriront les organismes vivants présents dans la terre. Cette faune ainsi boostée sera alors à même de digérer des éléments du sol initialement inaccessibles à la plante. La boucle est bouclée. La nature a compris avant nous les clés du succès : la coopération.
Pour Nicolas Braibant, ce discours est une évidence : « C’est dans la lignée de ce que l’on fait à la ferme. John Kempf propose une nouvelle démarche, une approche autre, où la compréhension de la nature est au centre. Ca me parle beaucoup  ».

Regenacterre est une association créée en 2016 qui vise le développement et la promotion de l’agriculture régénérative en Belgique. Son objectif est d’améliorer les résultats environnementaux et économiques des fermes en ramenant la conservation et la santé des sols au premier plan des raisonnements de l’agriculteur.

L’intégralité de la conférence (1h25) est disponible sur www.regenacterre.be/events



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