Cécile Waligora

  • Plantation d'une haie avec une planteuse forestière
  • Bousiers dans un crottin de cheval Tarpan
  • Tas de pierres en bord de parcelle dans l'Yonne
  • Pollinisation
  • Journées de l'ABC 2024
8
septembre
2020

Les guêpes, ennuyeuses certes mais particulièrement utiles

Guêpe sur fleur
Voici un article qui a attiré mon attention et que j’avais envie de partager : « pourquoi les guêpes sont-elles si ennuyeuses en cette fin d’été ? »
Déjà, vous l’aurez remarqué : elles sont plus nombreuses cette année. La faute au climat de ces derniers mois : un hiver doux puis des mois cumulant un déficit de pluviométrie flagrant. Ensuite : pourquoi, dès lors qu’on sort quelques victuailles, arrivent-elles promptement ces derniers temps alors qu’en début d’été, on les voyait encore peu ? Tout simplement et c’est ce qui est très bien expliqué dans cet article rédigé par un spécialiste de l’insecte, parce qu’en fin d’été, la guêpe ouvrière est au chômage ! Elle a beaucoup moins de ses petits frères et sœurs à nourrir qu’en début d’été et elle recherche ailleurs la ration sucrée que les jeunes larves lui fournissaient en échange des protéines qu’elle leur apportait ; protéines issues de ses chasses. Car oui, la guêpe est une prédatrice. Elle capture d’autres insectes, comme des pucerons, des mouches etc ; des espèces qui peuvent être elles-mêmes, ennuyeuses pour nos productions.
Voilà d’ailleurs pourquoi je souhaitais partager cet article avec vous, sur un site dédié à l’agriculture de conservation mais aussi à la biodiversité ! La guêpe fait partie du cortège de prédateurs présent dans notre environnement proche. Mais elle est aussi pollinisatrice à ses heures ! Car, certes, la facilité pour elle, est de se fournir en matières sucrées sur nos tables – l’espèce s’adapte – mais, naturellement, c’est dans les fleurs qu’elle s’approvisionne en fin d’été. Dans cet article, il est même dit que la guêpe serait aussi bonne pollinisatrice que l’abeille.
Alors, la prochaine fois que vous mangez en plein air, pensez-y !


31
octobre
2019

Concours Sors tes couverts - la date limite approche

Dans une semaine, soit le vendredi 8 novembre, l’inscription à la 3ème édition du concours originel "Sors tes couverts" sera close.
Profitez du we pluvieux qui s’annonce pour vous inscrire !
Voici tous les documents nécessaires dans ce lien : https://wetransfer.com/downloads/bbf7bff010cef397f075e7fdf6f2dfcf20191031160103/27f8e6

et le lien vers la page Facebook : https://www.facebook.com/SorsTesCouverts51/

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26
août
2019

Des plantes, des insectes et... des chauves-souris

Avez-vous déjà remarqué, au sol, des ailes de papillons ? Juste les ailes, pas de corps… Il s’agit là, du résultat de la chasse d’un chiroptère, autrement dit, d’une chauve-souris. Celle-ci s’est repue du corps bien protéiné d’un papillon de nuit.

Insectivores stricts

JPEG - 126.6 kioIl existe, dans l’Hexagone, 34 espèces de chauves-souris. Les unes ont une tête de… souris ; les autres arborent un museau un peu ragoutant, d’autres ont des oreilles surdimensionnées. Toutes, absolument toutes, sont insectivores. Ce qui signifie qu’en saison froide, quand l’automne laisse place à l’hiver, ces petits prédateurs prennent congés, faute de nourriture et s’endorment, bien à l’abri au fond d’une grotte, d’une cave, voire d’un tronc d’arbre. Là, leur température corporelle s’abaisse considérablement jusqu’à être proche de zéro. Toutes les fonctions vitales sont maintenues à un niveau minimal. Je pourrais vous en dire plus mais cela fera l’objet d’un nouveau carnet…
Revenons à aujourd’hui, à l’approche de septembre. Malgré des températures toujours très élevées dans la journée, nous nous dirigeons peu à peu vers l’automne. Les températures matinales nous le rappellent parfois ! Les jeunes de l’année (un par femelle) sont désormais élevés et l’heure va être à la période d’accouplement qui peut commencer à partir de la mi-août. Les chauves-souris sont dotées d’une fécondation différée, c’est-à-dire que même si l’accouplement a lieu à partir de la fin de l’été et en automne, la fécondation n’a lieu qu’au printemps suivant. Les femelles conservent la semence des mâles, maintenue viable grâce aux substances nutritives délivrées par la paroi utérine. Chez certaines espèces, l’accouplement a lieu au plein cœur de l’hiver et donc en pleine période d’hibernation, ce qui sous-entend que les individus sortent alors momentanément de leur léthargie.
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Faire des provisions

Les besoins actuels en nourriture sont élevés. Les chauves-souris ont besoin de se gaver afin de commencer à faire leurs réserves de graisse qui leur permettront de passer la mauvaise saison. Elle vont en effet devoir vivre sur leurs tissus graisseux pendant plusieurs mois ! Le territoire de chasse doit donc être particulièrement fourni en insectes de tous genres. En une nuit, un individu peut consommer l’équivalent du quart ou tiers de son poids. Grosso modo, les petites espèces de chauves-souris se nourrissent, un peu comme les hirondelles le jour, de « plancton aérien » fait de petits insectes ailés type moucherons et les plus grosse chauves-souris, de proies plus corpulentes comme de gros lépidoptères ou des coléoptères (certaines espèces chassent même à terre). Qui dit proies variées, dit végétation variée. Pour avoir des chauves-souris, capables de faire pression sur des populations de ravageurs potentiels de cultures (exemple des pyrales en maïs, des Eudémis et Cochylis en vigne et bien d’autres), il faut un territoire de chasse composés d’essences végétales variées et cela jusqu’en entrée de période d’hibernation. En cela, les double cultures, les couverts végétaux d’interculture sont une ressource grandement appréciée.

Paysage diversifié

Mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi que les bords de champs comprennent suffisamment d’essences végétales variées, hébergeant beaucoup d’insectes et donc entretenus qu’en saison de moindre activité (automne, hiver). L’agroécosystème doit en outre, présenter des essences arbustives et arborées, notamment en lignes et en corridor, que les chauves-souris vont prendre comme références géographiques, mémoriser et longer. Elles vont notamment les utiliser pour passer d’un de leurs gîtes à leur territoire de chasse. Les haies sont donc particulièrement importantes, tout comme les bosquets et les lisières de bois.
L’eau aussi est nécessaire car elle attire bon nombre d’insectes qu’elle soit sous forme de rivière, de mare ou d’étang. En bref, pour bénéficier des services écosystémiques des chauves-souris, il faut un paysage diversifié. Cela va donc au-delà de la seule échelle parcellaire.


24
juin
2019

Moisson et biodiversité : quelques règles de bon sens

JPEG - 111 kioLa moisson des céréales approche. Celle des fourrages est parfois encore en cours.
La récolte des cultures, quelles qu’elles soient, n’est pas de tout repos pour la biodiversité des agroécosystèmes, surtout la toute jeune génération qui subit de lourdes pertes à cette période : chevreuils, busards, perdrix ou faisans, petits passereaux... principalement tous ceux qui nichent ou gîtent au sol.
Le sens de la récolte est particulièrement délétère pour la faune. On récolte de l’extérieur vers l’intérieur des parcelles et c’est "comme çà" ! Ce n’est pas parce que c’est "comme çà" qu’on ne peut rien y changer.
Pas plus tard qu’hier, un ami agriculteur me disait qu’il avait changé son sens de récolte, justement pour laisser plus de chance à la faune, de s’échapper. C’est donc possible ! Cela prend il plus de temps, cela est-il plus contraignant ? "Pas du tout", m’a-t-il répondu ; "il faut juste s’organiser autrement avec celui qui conduit la benne".
Mais pourquoi le sens de la moisson a-t-il autant d’importance ? Quand vous récoltez de l’extérieur vers l’intérieur d’une parcelle, vous faites fuir les animaux présents (enfin ceux qui ont la capacité de se déplacer) vers le devant de la machine, vers la partie non encore fauchée, signifiant la sécurité pour les animaux. Vous les poussez donc vers l’intérieur ; bref, dans un piège. Si vous faites le contraire : vous commencez par détourer votre champ mais ensuite, vous allez directement vers le centre et vous progressez vers l’extérieur. La faune fuit alors vers l’extérieur et a plus de chances de pouvoir s’échapper.
Autre élément important : la présence de végétation sur les bords de champs, non fauchée qui va attirer les animaux fuyant les machines.
La vitesse de récolte a bien sûr aussi son importance. Plus vous récoltez vite, plus vous impactez sur la faune qui n’a pas le temps de s’échapper et finit broyée par la barre de coupe ou les lames de la faucheuse.
La vue est enfin d’une grande aide dans ces instants. Profitez du fait que votre moissonneuse fasse presque tout à votre place ou votre tracteur et observez ! La biodiversité vous en saura gré.
La récolte n’est pas le seul moment à risques pour la faune des agroécosystèmes, invertébrés ou vertébrés. Le passage du rouleau pour détruire les couverts ou encore le broyage sont particulièrement impactant. Là aussi, ouvrez l’œil et roulez moins vite !
Des systèmes d’effarouchement existent, comme ce qu’on appelle les barres d’envol : une simple barre métallique où sont fixées des chaînes, gaînées ou non et dont l’extrémité effleure le sol. Cette barre est fixée à l’avant de la machine ou sur le côté de la faucheuse, par exemple.
Je n’ai pas, enfin, mentionné la hauteur de coupe. Elle a bien sûr son importance. Pour préserver un maximum de biodiversité, moissonnez à 15 cm ou fauchez votre fourrage à 8 cm, pas moins.


7
mai
2019

L’agriculture de conservation, qu’est-ce que c’est ?

Drôle de titre, n’est-ce pas ? Pour un site spécialisé sur l’agriculture de conservation... Je ne vais quand même pas vous apprendre ce que c’est !
En fait, j’ai réalisé ce document pour expliquer ce qu’est l’AC aux non initiés, à toutes les personnes qui ne sont pas familières avec l’agriculture mais qui se posent des questions. Vous n’êtes pas sans savoir tout ce qui se raconte sur l’agriculture ces derniers temps : tout et n’importe quoi. J’ai donc conçu ce document pour vous aider aussi, vous, agriculteurs et tout autre acteur du monde agricole, à expliquer ce que vous faites, expliquer où on va avec l’AC.
Si ce document vous "parle", peut vous aider dans votre communication, n’hésitez pas à le faire circuler ; il est fait pour ça !

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27
mars
2019

Pensez aux busards

JPEG - 180.6 kioLe printemps arrive et avec lui, les premiers oiseaux migrateurs. Parmi eux, un rapace retient particulièrement notre attention, le busard.
Il existe 3 espèces de busards en France : le busard cendré, le busard Saint-Martin et le busard des roseaux. Les trois sont de grands consommateurs de rongeurs et ils font l’objet depuis de nombreuses années d’un programme de protection national.
Le cendré est sans doute celui qui nous interpelle le plus car son milieu de prédilection est la plaine céréalière. Ce grand oiseau élégant, dans les tons de gris et extrémités des ailes noires pour le mâle, en livrée brune pour la femelle, a pris la fâcheuse manie de nicher à l’intérieur même des céréales d’hiver. Or, chacun le sait, les moissons sont de plus en plus précoces et leur date n’a plus rien à voir avec ce qu’ont connu nos grands-parents et arrière grands-parents. Le problème est que cela va trop vite pour l’oiseau ; il n’a pas le temps de s’adapter. Résultat : énormément de poussins, à défaut de pouvoir voler, sont broyés dans les moissonneuses… Sauf que des âmes bienfaitrices sont là pour éviter les hécatombes. Chaque année, des bénévoles d’associations de protection de la faune, parcourent les campagnes, jumelles en bandoulière, afin de repérer les nids, à moins qu’ils ne soient directement contactés par les agriculteurs eux-mêmes. JPEG - 98.6 kio
Il est assez facile de repérer un nid. A partir du mois de mai, si vous voyez fréquemment un grand rapace planer au dessus de la même parcelle et plonger au sol toujours au même endroit, il y a de fortes chances pour qu’il ait établi son nid. Ne vous approchez pas, au risque de trop les perturber ; contactez directement les personnes compétentes (voir en fichier joint, la liste des coordinateurs busards). Ceux-ci vont tout prendre en charge. Si un nid est effectivement présent et avec votre accord, ils viendront le protéger juste avant la moisson. La protection du nid et des poussins consiste en une cage grillagée (fond de la cage y compris), maintenue ouverte au dessus (pour l’accès de la femelle). Autour de la cage, sont laissés quelques pieds de céréales pour protéger la nichée à la vue des éventuels prédateurs terrestres. Cela ne prend que quelques m² mais sauve bien des nichées !
Alors, quand sera venu le mois de mai, en plaine, ouvrez l’oeil ; on compte sur vous !
Le régime alimentaire du busard, peut, en cas de pullulation de campagnol des champs, comporter jusqu’à 80 % de ces petits mammifères… L’oiseau est aussi amateur d’insectes.
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