Cécile Waligora

  • Plantation d'une haie avec une planteuse forestière
  • Bousiers dans un crottin de cheval Tarpan
  • Tas de pierres en bord de parcelle dans l'Yonne
  • Pollinisation
  • Journées de l'ABC 2024
28
juin
2017

Ouvrez l’oeil !

Poussins de busard cendré dans céréales
Poussins de busard cendré dans céréales

Les moissons des céréales ont commencé. Un cycle s’achève. Mais pas celui de nombre d’espèces animales dont le cycle n’est plus en accord avec celui de leur biotope de prédilection. C’est le cas, entre autres, du busard cendré, ce précieux allié dans la lutte contre les campagnols.
Ce rapace fait son nid dans vos céréales. On n’y peut rien ; c’est ainsi. Le problème est qu’aujourd’hui, les céréales sont matures avant que les poussins du busard ne le soient. Incapables de se sauver à l’approche des moissonneuses, faute de plumes, ils payent chaque année un lourd tribu à l’époque de la moisson. 30 à 80 % d’entre eux meurent sous la barre de coupe...
Déjà qu’il n’y en a plus beaucoup, c’est quand même dommage que ce genre d’accident évitable fasse encore chuter leurs populations.
Alors, ouvrez l’œil du haut de votre machine !


14
avril
2017

Les dessous de la matière organique

Le 26 septembre 2016, la Chambre d’Agriculture du Tarn et la Fédération Départementale des CUMA ont organisé un colloque « un sol vivant pour une agriculture performante – les dessous de la matière organique » à l’Ineopôle de Brens.
Les diverses présentations et ateliers de ce colloque sont à visualiser ici :
– intervention de M. Xavier SALDUCCI : https://youtu.be/Fbdjoyi9kNQ
– le slake-test : https://youtu.be/2CQz9lKBdfg
– le résumé de la journée : http://dai.ly/x4xbta0

Au cours de ce colloque, un outil d’appréciation de l’intensité de l’activité biologique des sols a été distribué à tous les participants : un slip en coton à enterrer dans une parcelle afin d’évaluer son activité biologique en fonction de la vitesse de dégradation du tissu. Si, souvenez-vous, on vous en avait aussi parler dans le TCS n° 84 de septembre/octobre 2015.
Cette méthode ne répond pas à un protocole scientifique établi mais elle est un indicateur parmi de nombreux autres qui permet de contribuer à mieux connaître son sol.
La série de photos ci-dessous présente les résultats de la dégradation chez ceux qui ont volontiers participé au test. Les slips ont été enterrés le 1er novembre 2016 et ressortis le 1er avril 2017 chez tout le monde.« Vous pourrez remarquer que le tissu a été presque entièrement digéré dans de nombreuses parcelles. Nous trouvons cependant un gradient complet dans les retours, du tissu presque intact au seul élastique encore présent », note Yves Ferrié de la CA du Tarn et à l’initiative de cette opération.

1er novembre 2016

  • Test slip - CA Tarn
  • Test slip - CA Tarn

1er avril 2017, 5 mois plus tard...

Résultats en système de polyculture élevage.

  • Slip pesée initiale
  • Le slip 5 mois après Polyculture élevage

Résultats dans diverses parcelles de jardins.

  • Test du slip - parcelle de jardin
  • Test du slip - parcelle de jardin
  • Test du slip - parcelle de jardin

Série de résultats avec, de gauche à droite : pelouses en boulbènes, prairie, vigne, maraîchage et en système céréales + élevage. Voyez la différence ! Notamment en vigne.

  • Test slip - CA Tarn - Pelouses en boulbènes
  • Test slip - CA Tarn - Prairie
  • Test slip - CA Tarn - Vigne
  • Test slip - CA Tarn - Maraîchage
  • Test slip - CA Tarn - Céréales élevage

En complément, voici également un lien très bien fait qui explique le "protocole" selon les canadiens : http://www.soilcc.ca/soilsweek/2017/Soil-Your-Undies-Protocol_FR.pdf


6
avril
2017

Oeufs d’avant Pâques

Nid de perdrix dans couvertC’est précoce cette année. Voici une photo d’un nid vraisemblablement de perdrix dans un très beau couvert de féverole, phacélie et radis chez Olivier Bilhé dans les Pyrénées Atlantiques.
L’oiseau aime en effet nicher dans des endroits protégés en plaine, souvent dans les haies. Ce couvert maintenu vivant jusqu’au semis prochain de maïs semble tout à fait lui convenir. Photo généreusement partagée par Marie-José Blazian d’Agro D’Oc


17
février
2017

Les couverts d’automne augmentent le taux de survie hivernal des abeilles

L’hiver est une saison difficile pour tous. Les insectes pollinisateurs, si essentiels à la reproduction des plantes, ne sont pas épargnés.
Une étude associant l’Inra, l’Acta et l’ITSAP-Institut de l’abeilles’est penchée sur les mécanismes biologiques impliqués dans la survie hivernale des abeilles mellifères.
Les scientifiques ont isolé une protéine, dotée de propriétés anti-oxydantes, la vitellogénine, dont la production assure une augmentation de 30 %, la probabilité de survie des abeilles en hiver. Ainsi, les colonies composées d’individus avec de forts taux de vitellogénine atteignent des taux de survie hivernale d’environ 90 %. Ce taux de survie n’est que de 60 % lorsque les insectes ont un faible taux de vitellogénine.

La production de cette protéine « de vitalité » est favorisée par la qualité de l’environnement dans lequel les insectes vivent et surtout celui présent à l’automne. Sans surprise, cette étude a ainsi montré l’importance de couverts fleuris et autres ressources liées aux habitats naturels. L’étude met ainsi en exergue l’impact positif des haies et lisières forestières mais aussi celui des couverts d’interculture implantés dès le mois de septembre et présentant des espèces appréciées des abeilles car hautement nutritives, telles que les moutardes blanche et brune, le trèfle d’Alexandrie, les vesces pourpre et commune, la phacélie et le tournesol.
Biomax canton Genève


23
décembre
2016

Drôles de bêtes sur des couverts

Il se passe des choses bizarres en Seine et Marne !

Chameaux dans des couverts

En AC, ces dernières années, un nombre grandissant de céréaliers fait le choix judicieux de réintroduire de l’élevage dans son système. Des moutons, le plus souvent, mais aussi des vaches, voire des volailles.
Mais des chameaux ! Voilà bien une idée très originale ! Et pourtant, ce sont bien des chameaux qui, cet automne, sont venus pâturer cette parcelle de couverts de Dominique Guyot, ACiste averti. Ce ne sont évidemment pas ses animaux mais ceux d’un cirque de passage sur Provins. Les propriétaires étaient ravis car voilà une nourriture intéressante pour leurs bêtes, qu’ils n’ont pas l’habitude d’avoir.

Alors, Dominique, quels effets de la bouse de chameau ???


5
décembre
2016

L’homme, l’agriculture, le chien

Berger et son chienLe chien, quelle que soit sa race (environ 400 à ce jour), est issu du loup gris. Les premières domestications ont eu lieu, au minimum, vers 15 000 ans avant JC.
Les dernières recherches en la matière évoquent deux grandes aires géographiques de domestication du loup gris : l’Asie et l’Europe, engendrant deux types d’ancêtres de chiens. A la faveur des migrations humaines, les chiens « asiatiques » auraient ensuite pris le dessus sur les chiens de type européen. Ces trouvailles sont aujourd’hui permises grâce à l’analyse de l’ADN où il est possible de comparer l’ADN de nos chiens actuels avec celui de loups actuels, de loups anciens et de chiens anciens, à partir de leurs fossiles.

La sélection de loups capables de digérer l’amidon...

C’est ainsi qu’on a fait la découverte suivante : une partie du génome du chien diffère de celui du loup par sa capacité à fabriquer des protéines rendant l’amidon plus assimilable (plus digeste). C’est alors qu’on a fait le lien avec l’agriculture. Au fur et à mesure du développement de l’agriculture et de formes de nourriture qui y sont liées (productions de céréales, de féculents), l’homme a progressivement sélectionné des loups puis des chiens s’adaptant à cette variante dans leur alimentation à l’origine quasi exclusivement carnée. Quant à la manière dont les premières domestications de loup gris se sont faites, il y a plusieurs pistes, l’une n’excluant pas l’autre : la récupération de louveteaux ou, tout bonnement, des loups s’approchant des camps humains, attirés par les restes de repas. La sélection a fait le reste ! Seuls les individus les plus à même de digérer des ressources riches en amidon ont perduré et, à la faveur d’évolutions de leur génome, ont engendré les chiens.

La domestication du loup qui a donné le chien est donc, semble-t-il, étroitement lié, au développement de l’agriculture.