Cécile Waligora

  • Plantation d'une haie avec une planteuse forestière
  • Bousiers dans un crottin de cheval Tarpan
  • Tas de pierres en bord de parcelle dans l'Yonne
  • Détails du couvert d'été : sorgho, tournesol, radis chinois et colza
22
décembre
2022

Mieux comprendre l’ACS, d’où elle vient et ce qu’elle représente

L'ACS qu'est-ce que c'est ? Version 2022En cette période de fin d’année, vous allez passer un peu plus de temps que d’ordinaire avec vos proches ou vos amis. C’est l’occasion de discussions en tous genres, souvent liées à l’actualité, donnant lieu, parfois, à des débats animés !
Il est donc fort possible que l’agriculture soit l’objet d’échanges... C’est pourquoi, il nous a paru intéressant, voire important, de publier à nouveau un document expliquant ce qu’est l’ACS, notamment auprès des personnes peu initiées à l’agriculture. La première version datait de 2019. Celle-ci, de 2022, a été revisitée.
Bonne lecture et bonne transmission !


15
février
2022

Il va être temps de remiser votre lamier jusqu’à l’hiver prochain

JPEG - 172.3 koBien que la réglementation mentionne le 1er avril comme date où il ne faut plus tailler les haies, pour cause de début de saison de reproduction de la faune, dans les faits, la nature se réveille bien avant. Le 15 mars, c’est beaucoup mieux ! Et si on pouvait accorder encore 15 jours supplémentaires après fin juillet, ce serait également bénéfique !


19
janvier
2022

Si les animaux dépendent des végétaux, l’inverse est également vrai

A la base des chaînes alimentaires, on a les organismes autotrophes, c’est-à-dire capables, de manière autonome, de fabriquer leur matière organique à partir de l’énergie du soleil via la photosynthèse. Les végétaux sont ces organismes. Les animaux, organismes hétérotrophes, ne savent pas fabriquer seuls, leur matière ; ils ont besoin de matière organique déjà fabriquée (végétaux, autres animaux...)
Beaucoup de végétaux dépendent cependant aussi des animaux. Pour leur reproduction et leur dispersion (environ la moitié des végétaux). C’est ainsi qu’en consommant par exemple leurs graines, nues ou enveloppées en fruits, les animaux, mobiles, déposent le patrimoine génétique des plantes ailleurs. Ils participent activement à la dispersion des végétaux. Parfois, ce n’est pas par le processus d’alimentation qu’il y a cette dispersion ; c’est parce que les graines ou les fruits s’accrochent au plumage ou au pelage des animaux. Ce processus permet, par exemple, de recoloniser des espaces qui ont subit une destruction. Mais cette interdépendance a aujourd’hui, dans un contexte planétaire très perturbé (dérèglement climatique, érosion générale de la biodiversité…) des conséquences importantes. On sait que certains végétaux peuvent s’adapter au réchauffement climatique en « allant voir ailleurs », là où les conditions leurs sont davantage propices. Êtres immobiles, ils le peuvent, comme nous l’avons dit plus haut, en dispersant leur patrimoine génétique, notamment via des animaux. Mais s’il y a moins d’animaux, comme c’est le cas de plus en plus, cette dispersion est affectée. C’est ce que vient d’indiquer, début janvier 2022, une nouvelle étude parue dans la revue Science (https://www.science.org/doi/10.1126/science.abk3510)
Selon le résumé relaté à l’AFP (Agence France Presse) : « Cette étude est la première à quantifier le problème au niveau mondial, et estime que la capacité à s’adapter au changement climatique des plantes réclamant la collaboration d’animaux a déjà été réduite de 60 %. »
A Evan Fricke, auteur principal de l’étude de conclure : « Les déclins chez les animaux peuvent perturber les réseaux écologiques d’une façon qui menace la résilience d’écosystèmes entiers ». Rien que ça !

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Fauvette à tête noire mâle, passereau commun de nos régions qui, lors de ses longs périples migratoires, participe activement à la dispersion des graines des végétaux consommés.
Photo reprise du site Vigienature.

A nous d’en déduire que s’il y a urgence à revégétaliser nos écosystèmes, notamment agricoles, il y a également urgence, de la même manière, à stopper cette érosion dramatique du nombre d’espèces animales.


23
décembre
2021

Faire découvrir l’ACS aux enfants

Les défis de l’APAD est un projet pédagogique de sensibilisation à l’agriculture et plus particulièrement à l’Agriculture de Conservation des Sols (ACS). Le public : tout un chacun mais plus particulièrement, les élèves de primaires.
L’association a ainsi construit un kit pédagogique, qui pourra être utilisé par les enseignants pour sensibiliser les élèves (du CP au CM2) durant toute l’année scolaire.
"Comme nous sommes convaincus qu’on apprend mieux en s’amusant, nous avons basé ce projet éducatif sur des défis, que chaque classe pourra tenter de relever durant l’année. Pas d’inquiétude : chaque classe peut choisir ses défis et adapter ce parcours pédagogique à la carte", indique l’APAD dans son communiqué.

Kit pédagogique de l'APAD - l'un des défis proposés pour découvrir l'ACS
Kit pédagogique de l’APAD - l’un des défis proposés pour découvrir l’ACS

Des posters et des fiches explicatives complètent ce kit, pour permettre aux enseignants et aux élèves d’en apprendre encore plus sur l’agriculture et sur l’agriculture de conservation des sols.

Ces défis peuvent être réalisés dans tout type d’établissement scolaire, qu’il soit "à la ville" ou "à la campagne", puisque des variantes sont proposées pour les classes qui ne bénéficieraient pas de jardins/espaces verts ou qui n’auraient pas la possibilité d’organiser des visites à l’extérieur de l’école.

"Pour les classes les plus intéressées, il est également possible de les mettre en relation avec un agriculteur-trice en Agriculture de Conservation des Sols, pour échanger avec lui/elle et (pourquoi pas !) organiser une visite de ferme".

Pour recevoir le kit, c’est sur ce lien.


16
juillet
2021

Repensons l’aménagement de nos agroécosystèmes

Plantation d'une haie avec une planteuse forestière
Plantation d’une haie avec une planteuse forestière
Installation d’une haie sur la ferme de Philippe Jacquemin, à Sompuis dans la Marne. Le prestataire a, pour cela, utilisé une planteuse forestière qui ouvre un sillon grâce à 2 disques, permettant à l’opérateur, assis à l’arrière de l’outil, de planter, en direct, chaque plant, racines nues. Deux roues plombeuses finissent l’implantation.
Un reportage est consacré à la ferme de P. Jacquemin dans le TCS de l’automne 2021

La vie, c’est le mouvement. Bouger pour se nourrir, bouger pour trouver à se reposer, bouger pour échapper à un danger, bouger pour se reproduire ou encore bouger pour trouver un nouveau territoire. Il y a des tas de raisons au déplacement. Même le monde végétal bouge et a trouvé des solutions pour le faire. Mais pour cela, il ne doit pas y avoir d’entraves au déplacement. Sinon, cela peut compromettre la survie et l’existence même de l’individu, d’une population ou pire, de l’espèce !
Or, chaque espèce a sa propre façon de bouger avec ses propres exigences d’alimentation, de reproduction, de dispersion etc. Un environnement accueillant pour la biodiversité l’est pour toutes les espèces qui le composent et pas seulement pour les espèces qui vous seraient utiles….

Notions de réservoirs et de corridors

En écologie (au sens premier du terme, scientifique), un réservoir de biodiversité est un espace où la biodiversité est la plus riche d’un territoire ou, tout du moins, la mieux représentée. Dans un réservoir de biodiversité, les espèces y assurent tout ou partie de leur cycle de vie, permis par un habitat naturel suffisant. Une forêt est un réservoir de biodiversité. Une prairie à la flore diversifiée l’est aussi, tout comme un couvert végétal d’interculture multi-espèces (seul bémol : il est temporaire). Un cours d’eau est aussi un réservoir de biodiversité mais aussi un vieil arbre isolé !
Afin d’assurer tout leur cycle de vie mais aussi le nécessaire brassage génétique entre populations d’une même espèce, les réservoirs de biodiversité doivent être connectés les uns aux autres, via des corridors écologiques (ou biologiques), permettant la libre circulation des individus. On imagine toujours un corridor écologique comme un élément linéaire, une haie, une rangée de végétation, un cours d’eau, une bande enherbée. Les corridors, vus à une échelle plus grande, ne sont pas toujours contigus. Ce peut être, par exemple, des bosquets disséminés dans un paysage agricole, proches les uns des autres mais participant, néanmoins, à l’interconnexion des espèces. N’oublions pas que si certaines espèces se complaisent dans un biotope plutôt fermé, d’autres ont besoin de milieux ouverts pour vivre. Un exemple : la chauve-souris. Certaines espèces comme les rhinolophes suivent des linéaires pour se déplacer et rejoindre, pour chasser, des espaces ouverts tels que des parcelles agricoles.

Nécessaire connectivité

En termes de protection de la biodiversité, on a trop longtemps abordé le problème uniquement sur le plan du réservoir. Or, il ne suffit pas de permettre l’implantation d’une haie ou d’une mare si celles-ci se retrouvent isolées dans leur environnement. Il est urgent de repenser la problématique sous l’angle de la connectivité entre réservoirs de biodiversité. Il faut des réservoirs mais il faut AUSSI des corridors. C’est ainsi que, de plus en plus, par exemple, des passages à faune sont aménagés pour palier à l’entrave énorme que représentent les infrastructures routières pour le déplacement des espèces.
Dans certains agroécosystèmes (je pense, notamment, aux grandes plaines céréalières très ouvertes), il faut repenser l’organisation du paysage en imaginant de nécessaires corridors, sous la forme parfois de haies mais pas seulement : ce peuvent être ici, des bandes enherbées, ici des fossés avec bandes enherbées, là des lignes agroforestières etc. Il faut des corridors diversifiés, de l’herbe à l’arbre. Attention, on ne dit pas qu’il faut revenir, partout, à du paysage de bocage ! Non, il faut juste repenser intelligemment l’espace, en ayant bien en tête ces notions de réservoirs de biodiversité et de corridors biologiques et, en prenant également en compte, tout ce qui fait la vie d’un agroécosystème comme vos propres activités de production et leurs impératifs.


18
septembre
2020

Tas de branches et de pierres pour la biodiversité

Cet automne, faites un geste de plus pour la biodiversité : installez, sur votre parcellaire, des tas de branches ou de pierres. Ils seront des abris très utiles pour nombres d’espèces, vertébrés comme invertébrés ; abris pour se reposer, passer la mauvaise saison ou, si l’endroit convient vraiment bien, élever leur progéniture.

Tas de pierres en bord de parcelle dans l'Yonne
Tas de pierres en bord de parcelle dans l’Yonne
Tas de pierres issues de la parcelle voisine, photographié dans l’Yonne. Il peut être un refuge pour insectes, reptiles ou même abriter la nichée d’un oiseau cavernicole. Toutefois, si on veut qu’il abrite plus et notamment une hermine, une belette ou des hérissons, il faut mieux l’aménager avec une chambre à l’intérieur, garnie de paille ou de foin. Ceci est très bien expliqué dans la video jointe à cet article.

C’est ainsi que ces abris pourront profiter aussi bien aux petits mustélidés de type hermines et belettes, grandes amatrices de campagnols qu’aux hérissons, consommateurs d’insectes et de gastéropodes ou abriter les nids de certains oiseaux ou insectes. On y trouvera également des batraciens ou des reptiles.
Ces tas de pierres ou de branches doit être relativement gros (ce n’est pas parce qu’ils doivent abriter de petites espèces qu’ils doivent être de petite taille). Ils feront dans les 1 mètre de hauteur pour 2-3 mètres de largeur ou diamètre. L’espace entre les branches ou les pierres ne doit pas être inférieur à 4 cm pour laisser passer les petits mustélidés mais pas plus pour éviter que leurs prédateurs puissent y pénétrer (renards ou chats). Ils seront positionnés près des zones de chasse : parcelles à campagnols, par exemple, en bordure de bois ou dans une bande enherbée ou tout espace "non productif". La présence de ronces à proximité est un plus. Attention cependant à ne pas les installer près d’une voie passante, route ou chemin (risques de mortalité avec les véhicules ou les chiens de promeneurs...)
Tout cela est très bien expliqué dans cet article relatant l’expérience suisse en la matière. Attention, une petite erreur de traduction persiste : dans la video, ce sont bien des hermines qui sont filmées et non des belettes !
Bon visionnage et bonnes installations !