Thierry Stokkermans

  • Plantule de radis en SDSC aux Pays-Bas
  • Vue aérienne du site d'Oberacker, Suisse
  • Résultat levée de tournesol sans engrais organique
  • Hairpinning
  • Développement R.solani en boites de Pétri
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7
mars
2016

Maïs : semis, levée et récolte

Le maïs est largement cultivé en France. Au siècle dernier, lorsque cette culture a été introduite, l’AGPM (Association Générale des Producteurs de Maïs) a jeté les bases de l’itinéraire technique : l’écartement des rangs est de 75 ou 80 cm, il faut labourer puis affiner le sol pour augmenter le contact sol-graine, semer avec un monograine, récolter avec un bec cueilleur et « un binage vaut deux arrosages ». Aujourd’hui, un grand nombre de maïsiculteurs travaille selon ces grandes lignes. Néanmoins, il y a des marges de manœuvre pour optimiser agronomiquement ou économiquement cette culture. Il est intéressant tout d’abord de s’intéresser à la levée du maïs et ses effets sur le rendement, puis de réfléchir à la récolte et aux différentes possibilités en termes d’équipements. Enfin, la réflexion se tournera vers le semis.

Homogénéité de la levée

Un élément clé de la culture de maïs est la levée. Traditionnellement, le semoir monograine est utilisé au semis. Il a la capacité de semer graine par graine. Par conséquent, avoir une répartition type « piquet-de-clôture » semble le principal élément pour réussir la culture. Mais est-ce que c’est vraiment le cas ? Différents essais et plusieurs experts du maïs semblent dire que non. Ils disent que c’est l’homogénéité de la levée qui est le facteur le plus important. Il y a plusieurs articles à lire dans ce domaine. Pionner a fait un bon résumé en anglais avec un grand nombre de références utiles pour ceux et celles qui veulent en savoir plus. Le semencier présente 4 grands éléments qui sont dans l’ordre :
1. L’uniformité dans la levée du maïs  : Une levée hétérogène coute entre 5 et 9% du rendement maximum. Il n’y a pas une définition universelle de l’uniformité ou de l’hétérogénéité mais Pionner donne des éléments de réflexion : (a) une levée en moins de 48 heures n’est pas une nécessité pour atteindre le rendement maximum et (b) selon les terroirs et les années, une levée uniforme est comprise entre 2 et 7 jours. En effet les températures qui suivent le semis et le potentiel de rendement du terroir ont un effet sur la notion d’uniformité de la levée du maïs. Pour rappel, le zéro de germination du maïs est aux alentours de 8°C et son zéro de végétation est environ 6°C. Néanmoins, il est important de mettre en avant que le principal levier pour assurer l’uniformité de la levée est une bonne mise en terre des graines. Cette dernière est fonction de la capacité de la machine et du bon réglage de l’utilisateur. Il faut donc s’assurer d’un bon environnement pour la graine et pour la plantule, ainsi qu’une profondeur de semis constante.
2. La période de semis : dans les grandes régions de maïs d’Amérique du Nord, il est conseillé de planter le maïs dans une période optimale de 2 semaines environ pour atteindre le rendement maximum. Au-delà, les pertes vont de 2 à 5 % du rendement maximum. Ce sont des moyennes et elles donnent une tendance. L’important ici est de retenir que la période de semis est le second facteur le plus important trouvé ici.
3. Semer la bonne dose  : se tromper sur la dose coute entre 1 et 2% du rendement maximum. Semer la bonne dose est assez trivial et demande juste de régler convenablement la machine. Néanmoins, c’est ici le troisième facteur le plus important.
4. Les doubles et les manquants  : Ces derniers coutent entre 1 et 2% du rendement. Ce sont les manques qui impactent surtout le rendement. Les doubles ont peu d’effet. Sur un semoir à maïs monograine, le réglage de la machine permet de limiter les doubles et les manques. Néanmoins, il est intéressant de voir que cet élément est le quatrième et dernier que les experts citent lorsqu’il est question de l’impact de la levée sur le rendement.

Pas de compromis sur l’environnement de la graine, chez nous

Ces résultats Nord-Américains sont obtenus sur des essais où le maïs pousse dans des conditions quasi-idéales, c’est à dire dans de bonnes terres avec peu de stress. Par conséquent, il y a deux questions pratiques : est-ce que ces valeurs sont valables dans des conditions moins idéales ? Et, est-ce que ces valeurs sont valables chez nous ? A priori, les valeurs moyennes peuvent changer avec les conditions mais la hiérarchie reste la même : l’uniformité de la levée est le facteur le plus important, en second, il y a la date de semis et se disputant les troisième et quatrième places, il y a la dose et les doubles-&-manques. Par conséquent, dans notre coin du monde, il n’y a pas de compromis acceptable sur l’environnement de la graine, de la plantule et la profondeur de semis. Et lorsque la météo est incertaine, il vaut mieux semer un peu plus vite pour emblaver au bon moment que de ralentir pour limiter les doubles-&-manquants.

La liberté du bec Kemper

La récolte est fonction de l’utilisation et le maïs en a deux principales : l’ensilage et le grain. En ensilage, la plante entière est récoltée et en grain, bien sûr, c’est le grain.
Depuis une quinzaine d’année, les ensileuses sont souvent équipées de bec rotatif (souvent appelé bec Kemper). Le grand avantage de ce bec est la liberté par rapport au semoir et au semis. En effet, de par sa conception, il est indépendant de l’opération de semis. Avec un bec rotatif, il est possible de récolter dans le sens du semis ou perpendiculairement à ce dernier ou dans m’importe quel sens. Et pour la même raison, il récolte derrière n’importe quel semoir. Il est indépendant de l’écartement des rangs. Ecartement de 75 cm, 80 cm ou semis à la volée : tout lui convient.

Cueilleurs à rangs serrés et coupe standard

En maïs grain, la majorité de la récolte se fait avec des becs cueilleurs à 75 cm ou à 80 cm. Néanmoins le paysage évolue et les alternatives se multiplient. Il y a deux nouvelles tendances : les cueilleurs à rangs serrés et la coupe standard. En matière de rangs serrés, il y a du choix chez les constructeurs. Par exemple : les cueilleurs autrichiens de Gerinhoff commencent à 45 cm, les Argentins de Maneiro offrent 5 interrangs différents de 35 à 70 cm, l’entreprise Illinoise Calmer Corn Heads a une gamme qui commence à 12 pouces d’interrang (soit environ 30 cm). Ce dernier est très intéressant car 12 pouces est un interrang standard pour les semoirs à blé Nord-Américains. Dans l’état du Dakota du Nord, il pleut en moyenne 400 mm par an. Les rendements sont par conséquent faibles et l’itinéraire technique est adapté : par exemple, le maïs est semé à 60 000 grains par hectare. Dans ce terroir semi-aride, les blés sont semés à 12 pouces d’interrang et l’intérêt d’un bec cueilleur à 12 pouces est de tout pouvoir semer avec un seul et même semoir. Dans la pratique, les agriculteurs qui optent pour ce choix technique ont un semoir volumétrique (ou semoir à blé) avec une très bonne mise en terre et sèment leur maïs avec cet unique semoir. Avec un semis à 30 cm, les pieds de maïs sont encore mieux répartis dans l’espace. Ils sont moins serrés, couvrent plus rapidement le sol face aux mauvaises herbes et utilisent mieux l’eau qui est ici le premier facteur limitant. Bien sûr, la distribution volumétrique d’un semoir à blé ne donne pas la même précision qu’un système monograine et, évidemment, le risque de « doublon » est augmenté. Mais dans la pratique, ça n’a pas l’air d’être un problème et, comme toujours en agriculture, c’est la pratique qui prend le dessus sur la théorie. Pour ces agriculteurs, ce choix permet de baisser les couts de production et les investissements sans perdre de rendement ou de débit de chantier.

A vos calculettes

En matière de récolte à la coupe standard, des agriculteurs français ont choisi de récolter leur maïs avec la « coupe-à-blé » car, lorsqu’ils prennent leurs calculettes, acheter un bec à maïs n’est pas rentable. En effet, il est techniquement possible de récolter le maïs de la même façon que le blé et, apparemment, ça se fait même plutôt bien. Philippe Auffret qui a plusieurs années d’expérience en la matière, y trouve même un certain nombre d’avantages techniques car, comme avec un bec rotatif pour l’ensilage, il peut récolter dans n’importe quel sens et s’en sert à son avantage quand c’est mouillé ou que la culture est versée. Au niveau économique, il est certain qu’avec la coupe standard, il y a plus de matières qui passent dans la machine, par conséquent cela va demander plus de travail et plus de carburant mais il y a une économie substantielle au niveau des investissements. Récolter le maïs à la coupe standard est donc techniquement possible et est économiquement plus avantageux pour un certain nombre d’exploitations. Par conséquent, la question se pose : à partir de quel moment la bec cueilleur devient-t-il rentable ? Est-ce que c’est à partir de 50 ha ? de 100 ha ? Malheureusement, comme toujours en matière de gestion, il y a une seule vraie réponse : « Mesdames, Messieurs, à vos calculettes ! ». Néanmoins, les barèmes d’entraides de plusieurs départements montrent un surcout pour l’utilisation des becs cueilleurs. Et, en prenant le cas d’une rotation blé-maïs, un rapide calcul montre qu’un bec cueilleur 6 rangs neuf ne se justifie qu’avec des surfaces en maïs à trois chiffres ou plus. Le calcul est donc à recommander.
Le maïs se sème à priori avec un semoir à maïs mais peut l’être aussi avec d’autres semoirs. Comme l’explique la section sur la levée, il est important en maïs de soigner l’environnement de la graine, de la plantule et la profondeur de semis. Historiquement, lorsque le maïs a été vulgarisé en France, le top des semoirs à blé était le Nodet mécanique avec distribution par cannelures et gravité et réglage de la force de terrage (mais pas de réglage de la profondeur). Ce semoir à blé n’était pas à la hauteur pour planter du maïs à la bonne dose et en garantissant la qualité de la mise en terre. Ceci est d’autant plus important avec des semences hybrides qui ont un coût non négligeable. Par conséquent le semoir à maïs était incontournable pour réussir les maïs.


Semis de maïs au semoir à blé

Semis au semoir à blé haut de gamme

Aujourd’hui, cependant, les semoirs à blé ce sont beaucoup améliorés autant au niveau des doseurs que de la mise en terre. Ils ont des distributions du type Accord ou équivalent qui permettent de maitriser avec précision la dose de semis. Ils ont des mises en terre avec réglage de la force de terrage et réglage de la profondeur de semis. Les éléments semeurs sont indépendants, parfois même montés sur parallélogramme et avec une force de terrage automatisée (tel que chez Dawn Equipment par exemple). Par conséquent, il est possible de réussir ses semis de maïs en utilisant un semoir à blé haut de gamme. Un tel semoir permet de placer la graine dans des conditions similaires à un semoir à maïs, de délivrer la dose exacte et d’emblaver rapidement de grandes surfaces. Il est vrai qu’un tel semoir ne peut pas remédier aux manques-&-doubles mais, en théorie, ce n’est pas le facteur le plus important et, en pratique (voir photo jointe), les rendements restent élevés et similaires à ceux des champs voisins. Semer son maïs au semoir volumétrique est donc une bonne opération agronomique à condition que ce dernier ait un doseur précis et une mise en terre régulière et efficace. Au point de vue économique, un semoir volumétrique haut de gamme de 3 mètres est un investissement supérieur à un semoir monograine 6 rangs et est souvent plus tirant. Néanmoins le semoir volumétrique est souvent utilisé sur une plus grande surface que le semoir à maïs, ce qui tend à réduire son coût à l’hectare. Par conséquent, le calcul de rentabilité se fait au cas par cas avec un certain nombre de paramètres à prendre en compte. Après avoir fait plusieurs simulations, il en ressort que les principales questions sont : Quel est le matériel déjà présent sur l’exploitation ? Quel est l’assolement et la rotation ? Quels sont les conséquences du semis au semoir volumétrique sur la culture de maïs ? Y-a-t-il du binage par exemple ? Et quels sont les gains sur les autres cultures que permet un semoir volumétrique haut de gamme ? Sera-t-il possible de localiser l’engrais en semis de printemps par exemple ?

Aujourd’hui, l’idée de semer du maïs avec un semoir à blé surprend et étonne. Néanmoins, il y a déjà un petit nombre d’agriculteurs qui le font, y compris en France et avec du matériel conçu et fabriqué en Europe. En effet, lorsqu’il est su que l’uniformité de la levée, la date de semis et la dose sont les 3 premiers facteurs de la levée qui influent sur le rendement, il n’y a pas à rougir à utiliser un semoir à blé haut de gamme pour du maïs. De plus, les semoirs à blé continuent d’évoluer, ils innovent plus que les semoirs à maïs et, par ailleurs, le contexte économique pousse à la réduction du parc matériel. C’est pourquoi, il est fort possible que les semis de maïs au semoir à blé se démocratisent.

Bonne mise en terre

Le maïs est une culture rémunératrice, surtout quand l’agronomie de la plante est maitrisée et qu’elle prend place dans une rotation. C’est une culture haute et à cycle court par conséquent, les principaux leviers d’action de l’agriculteur sont en début de cycle et, en particulier, à la levée. Le premier facteur d’une bonne levée est une levée homogène : tous les pieds doivent être sortis en moins d’une semaine de temps. Le second facteur est la date de semis. C’est pourquoi le semoir se doit d’avoir une bonne mise en terre pour que les graines germent en même temps et qu’ils émergent en même temps. Dans l’idéal, le semis se doit aussi de prendre place à la bonne période par rapport à l’indice de l’hybride et au terroir. Si le temps est incertain, il vaut mieux semer un peu plus vite que de ralentir pour limiter les doubles et les manques. Pour la récolte en ensilage, le bec rotatif est un formidable outil qui permet de récolter avec plus de flexibilité et de liberté. Pour la récolte en grain, le bec cueilleur permet un plus grand débit de chantier car la moissonneuse a moins de matière à battre et, par conséquent, roule plus vite. Néanmoins la récolte du maïs à la coupe standard est possible, simple et pratique et représente une solution économique. En effet le bec cueilleur représente un investissement pour un usage très spécifique et c’est pourquoi, tout bon gestionnaire calculera la rentabilité des deux scénarios avant de faire son choix.


23
février
2016

Agriculture de Conservation et Science Appliquée

Vue aérienne du site d'Oberacker, Suisse

Le monde de la science se compose de 2 groupes. D’un côté, il y a la science fondamentale qui est vue comme la science noble car elle demande une grande capacité d’abstraction. Et de l’autre, il y a la science appliquée qui est la science pratique : elle pourvoit des solutions à des problèmes identifiés. Dans le domaine des plantes, la biologie est la science fondamentale et l’agronomie est une des sciences appliquées.
L’agronomie est une science complexe et le sol l’est tout autant. En effet, l’agriculture et le sol ont un nombre quasi-infini de paramètres et de variations. A titre d’exemple, un gramme de sol vivant contient entre un million et dix millions d’êtres vivants répartis entre 10000 et 100000 espèces et il est impossible de s’imaginer toutes les situations de vie et les évènements qui se produisent avec tant d’êtres vivants Par conséquent, les sciences appliquées en Agriculture de Conservation des sols (AC) sont complexes et pour arriver à des solutions tangibles et pratiques, certains scientifiques sont très créatifs dans leur méthode de travail. Voici 3 exemples frappant en la matière.
Le premier exemple parle de protocole, de répétitions et d’études statistiques : la méthode d’Oberacker. Cette plateforme est une formidable réussite. Cette expérimentation apporte énormément d’informations viables et robustes en matière de système agricole, d’AC et d’agroécologie. Il y a un grand nombre de raisons à cette réussite et l’une d’entre elles est l’abandon de méthodes scientifiques traditionnelles. En effet, cette dernière demande une procédure bien établie dont l’écriture et le suivi d’un protocole strict, l’utilisation de répétitions (le florilège étant le carré latin) et la réalisation d’études statistiques sont des éléments récurrents. Oberacker a fait table rase de ces trois éléments. Oberacker n’a pas de protocole strict mais un protocole flexible pour s’adapter avec les observations et les connaissances. Oberacker n’a pas de répétition mais possède des mini-parcelles, soient des parcelles de plusieurs ares par opposition au micro-parcelles, qui ont souvent une surface comprise entre 1 et 10 mètres-carré. L’avantage des mini-parcelles est de réduire les coûts en utilisant des outils d’agriculteurs (semoir d’agriculteurs par exemple) et de faciliter l’observation car la surface est significative. De plus, il y a autant de mini-parcelles qu’il y a de cultures dans le système, cela permet de capitaliser le savoir en retrouvant chaque année la culture (ce n’est pas le cas de tous les essais à long terme). De plus, la présence de bandes enherbées permet de facilement se déplacer autour des parcelles et d’accueillir de grands groupes d’étudiants ou de visiteurs. Le 4 juin dernier, lors de la célébration des 20 ans, il y avait entre 400 et 500 personnes. Oberacker n’a pas d’études statistiques, c’est dû à l’absence de répétitions, c’est peut-être un peu dommage, cela peut poser problème auprès de certains scientifiques puristes de la probabilité. Mais cela s’explique bien : en premier lieu, le public visé par Oberacker sont les agriculteurs et les agronomes. Les puristes de la probabilité sont les bienvenus mais, pour profiter de la visite et du savoir, il leur faut accepter que l’on peut aussi bien apprendre avec des mini-parcelles qu’avec des répétitions de micro-parcelles. Oberacker peut être fier de ses résultats. Ce champ permet à toute une communauté d’évoluer et de gagner en performances agricoles, économiques et écologiques. Avec d’autres mots : Oberacker est un accélérateur d’agronomie.

Le deuxième exemple parle d’indépendance financière : Dakota Lakes Research Farm. Cette ferme expérimentale a été créée en 1983 et l’université de l’état du Sud Dakota (South Dakota State University en anglais) a rejoint la structure en 1990. De 1983 à 1990, le financement a été majoritairement assuré par la vente des produits. En effet, à la création de la ferme et pour les 7 premières années, le financement extérieur fut très limité et ne permettait pas de financer les recherches. Par conséquent, la ferme a été organisée de manière à s’autofinancer, c’est à dire que la vente des produits et leurs bénéfices financent la partie recherche. Cela requiert du talent et du courage, beaucoup de courage, et leur a permis d’être indépendants dans le programme de recherche et dans la réalisation des essais. L’esprit n’a pas changé malgré les années. Aujourd’hui encore, en parallèle du financement universitaire et public, la ferme produit et vend des cultures dans le but de financer sa recherche et d’être indépendant dans ses choix. Ils ont réussi. Les résultats de leurs essais ont marqué et continuent de marquer le monde de l’AC. Dakota Lakes Research Farm est moteur dans la réflexion sur les systèmes agroécologiques.

Le troisième exemple : tester et valider un outil dans tous les terroirs : l’Entreprise de Travaux Agricoles (ETA) de Massey University. L’université de Massey, en Nouvelle Zélande, a beaucoup travaillé sur les semoirs de semis direct et ses travaux ont débouché sur le Baker Boot, appelé soc Aitchison en France, et le Bio Blade, commercialisé sous le nom de Cross Slot. Pour arriver à ses fins, l’université a possédé une ETA de semis direct qui se déplaçait dans tout le pays. Pendant 10 ans, elle emblava environ 400 hectares par an. Pour expliquer la démarche, il faut expliquer qu’un semoir fonctionne très bien dans le terroir (ou les terroirs) dans lequel (lesquels) il a été développé, testé et validé mais, dans les autres terroirs, ses performances mécaniques et/ou biologiques restent à tester et ne sont pas garanties. Dans la pratique, parfois ça se passe bien et parfois ça se passe mal. Par exemple, un semoir développé dans des terres légères du Sud-Ouest sera très bon dans son terroir mais il est probable que les argilo-calcaires du Centre lui pose des problèmes. Ceci n’est qu’un exemple et l’inverse est également vrai : un semoir développé dans des terres fortes travaillera bien dans son terroir mais risque aussi d’avoir son lot de problèmes dans des terres légères. Une des solutions est de développer la technologie dans un grand nombre de terroirs variés et différents. C’est pourquoi l’université a monté une ETA de semis direct se déplaçant dans tout le pays. Dans la pratique, elle avait un tracteur, un semoir et un camion pour transporter le tout rapidement à travers les deux iles. La prestation de semis était facturée à un prix normal de semis. L’agriculteur était au courant que le semoir était un prototype et que les réglages pouvaient prendre un peu de temps mais en contrepartie, il recevait des conseils d’experts pour réussir sa culture (dans les années 80, le semis direct était une pratique nouvelle et recevoir un avis d’expert était un réel plus). L’université a donc testé et adapté la technologie jusqu’à satisfaction dans un grand nombre de terroirs. La conséquence est un semoir qui fonctionne bien à travers tout un pays long de 1600 km et bien connu pour la diversité de ses terroirs. L’ETA de Massey University fut un accélérateur d’agroéquipement.
Comme le montrent les 3 exemples ci-dessus, l’innovation en AC et en agroécologie passe par les sciences appliquées et les chercheurs qui s’investissent pour trouver des solutions. Le sol et l’agriculture étant tous deux des sciences complexes, il faut savoir sortir du cadre établi pour aller chercher et trouver des solutions qui fonctionnent.


4
février
2016

Semer 3000 ha par an avec un semoir de 3 m

SD au Cross Slot en Nouvelle ZélandeIl est un pays où des entrepreneurs sèment 3000 hectares par an avec un semoir de 3 mètres de large : c’est la Nouvelle Zélande. Ce n’est pas un pays de grandes plaines et le parcellaire est morcelé. Alors comment font-ils ?
La Nouvelle Zélande a un climat océanique doux et est un pays de montagnes. Ce climat permet à l’herbe de pousser toute l’année. Ils élèvent des moutons et des vaches, aussi bien pour la viande que pour le lait. Il y a aussi des grandes cultures mais rares sont les exploitations spécialisées en grandes cultures. La majorité des exploitations sont en élevage ou en polyculture-élevage. Dans un tel terroir et dans de tels systèmes, il est possible de semer 10 mois par an, marqués par une pause hivernale de plus ou moins 2 mois.
Le calendrier de semis est environ le suivant  :
• En sortie d’hiver, les agriculteurs sèment les orges de printemps, les pois de printemps et des cultures fourragères telles que des associations plantain-trèfle.
• Au cours du printemps, ils sèment un certain nombre de cultures fourragères qui permettront de tenir l’hiver suivant tel que du chou ou des betteraves fourragères. Suivies de près par les semis de maïs.
• Au fur-et-à mesure que le printemps avance, les températures augmentent et les semis prennent de l’altitude dans ce pays de montagnes.
• En début d’été, les prairies en altitude (jusqu’à 1000 mètres) sont ressemées avec des pluriannuelles tels que du trèfle ou du ray-grass.
• Tout au long de l’été, les semoirs suivent les batteuses pour semer des fourragères dans les chaumes et produire un maximum de fourrages pour l’hiver.
• En fin d’été, certains agriculteurs sèment du colza mais c’est une culture assez rare et un grand nombre refont les prairies vieillissantes pour gagner en production de fourrages les années suivantes.
• Et finalement, en automne, les céréales d’hiver sont semées ainsi que les dernières plantes fourragères juste après les récoltes d’automne.

Du fait de son climat clément, de la diversité des cultures et du relief, les semis sont répartis sur toute l’année et un grand nombre d’Entreprises de Travaux Agricoles (ETA) proposent du semis à leurs clients. Certaines ETA font plusieurs centaines d’hectares avec un semoir, d’autres dépassent le millier d’hectares et plusieurs font 3000 hectares avec un seul semoir rigide de 3 mètres de large.
Avec un semoir de 3 m travaillant à 12-13 km/h, il est possible de semer 3 hectares par heure. Mais quand la parcelle est biscornue ou que la pente oblige à ne semer que dans un sens, celui de la descente, le rendement horaire chute rapidement. De plus, si on ajoute le temps de route, l’entretien et la relation client, le tracteur tourne 1500 heures par an devant le semoir et l’attelage occupe 1 UTH, soit une personne à temps plein.
En regardant de plus près les ETA qui sèment plus de 2000 ha par semoir, on observe deux points communs : le suivi agronomique et la qualité du semis.
Ces ETA de semis visitent souvent les parcelles lors de la levée. En effet, faire un tour de plaine et passer chez le client dans les semaines qui suivent est un exercice agronomique et de relation clientèle auquel se prêtent souvent ces ETA. Cela a plusieurs effets positifs : observer les réussites et les problèmes, affuter ses connaissances agronomiques et la qualité du semis, connaître son client et gagner sa confiance. A terme, les clients voient leur ETA comme leur expert et conseiller du semis et, dans ce pays d’élevage, peuvent leur donner un rôle de décideur pour l’implantation des cultures.

Ces ETA travaillent en semis direct et avec des semoirs Cross Slot. En Nouvelle Zélande, certains agriculteurs labourent, d’autres font des TCS et d’autres font du semis direct. Au niveau du matériel, il y a les mêmes semoirs qu’en Europe tels que John Deere, Great Plains ou Aitchison (ce dernier est un constructeur néo-zélandais). Il y a des entrepreneurs qui proposent un gamme complète en travail du sol, d’autres proposent du semis direct avec John Deere ou Aitchison. Mais les seuls qui arrivent à utiliser leur semoir 1000 heures et plus par an sont les propriétaires de Cross Slot à châssis court. La principale raison est la capacité du Cross Slot à passer toute l’année et dans tous les terrains. Et de part ce fait, à assurer une production élevée de fourrages et de matières sèches. L’intérêt du châssis rigide sur un Cross Slot est que les deux barres de semis sont rapprochées pour facilement semer en dévers dans un grand nombre de pentes. Les châssis repliables ont des roues plus grandes qui éloignent les deux poutres de semis et accentuent les effets de dévers.
A titre de comparaison, une ETA dans la région du Waikato n’utilise son semoir John Deere 750A de 6 mètres que sur des terrains plats ou suffisamment nivelés et uniquement à l’automne. Le faible débattement vertical de l’élément semeur ne lui permet pas de semer dans les prairies permanentes qui comportent un grand nombre de trous et de bosses. Et la qualité de la mise en terre lui permet uniquement de vendre ses services pour les semis d’automne. En effet, en Nouvelle Zélande comme en France, les semis d’automne sont les plus faciles à réaliser en semis direct.
En Nouvelle Zélande comme en France, l’élément semeur Cross Slot est lourd à tirer. De plus pour tirer le semoir en montagne, il faut majorer la taille du tracteur et sa puissance. Les néo-zélandais sèment avec l’inter-rang de 6 pouces soit 150 mm. Un semoir de 3 mètres a donc 20 éléments semeurs. Sur le plat, il faut 200 chevaux pour le tirer. Mais la Nouvelle Zélande étant un pays de montagnes, le tracteur moyen pour un tel semoir est d’environ 280 chevaux. Pour assurer la traction, le tracteur est jumelé si possible et est lesté à 45-50 kilogrammes par cheval. Ce qui donne un poney de 14 tonnes. Ces chiffres donnent le vertige mais ils font moins peur que certaines de leurs parcelles qui ne se sèment qu’en descendant.

La facturation d’un semis Cross Slot est d’environ 200 dollars néo-zélandais ($NZ) par hectare. Cela varie de 180 à 220 $NZ selon la région et l’ETA. Et pour des chantiers où la productivité est très basse, petite parcelle et semis en descente par exemple, certaines ETA facturent à l’heure au lieu de facturer à l’hectare. A titre de comparaison, un semis Aitchison ou au John Deere est facturé moitié prix. Et c’est donc bien la polyvalence, la qualité du semis, le gain de rendement et le suivi agronomique qui justifient l’écart de prix auprès des clients.
En termes d‘investissement, un ensemble tracteur-semoir neuf et de largeur 3 mètres coûte environ 600 000 $NZ. Le semoir coûte autant que le tracteur (ou inversement). Pour calculer rapidement la rentabilité d’un investissement, les ETA néo-zélandaises appliquent la règle du tiers : il faut au moins dégager l’équivalent du tiers de l’investissement en chiffre d’affaires annuel. Soit pour l’ensemble neuf ci-dessus, il faut au moins facturer 200 000 $NZ/an, soit plus de 1000 ha/an.

Pour ces ETA, les clients ont des profils différents et variés. Certains sont engagés dans une démarche d’Agriculture de Conservation et construisent leur sol. D’autres sont à la recherche de l’efficience économique et font pâturer jusqu’aux racines (voir photo ci jointe). Comme tout métier qui comporte une relation de confiance avec le client : accepter le chantier, c’est s’engager à satisfaire le client. Ces ETA l’ont très bien compris et ils travaillent pour et avec leurs clients. Pour valoriser au maximum leur ensemble tracteur-semoir, il leur faut être mobile et disponible. Travailler le dimanche est monnaie courante. La majorité de leurs clients est à moins d’une demi-heure de route en voiture des bâtiments de l’ETA mais, parfois, deux bonnes heures en voiture sont nécessaires pour les clients les plus éloignés.


19
janvier
2016

Le taux de matière organique en ‘‘live’’ sur le téléphone portable : SOCiT

En Ecosse, depuis 3 ans, il est possible de “mesurer” le taux de matière organique du sol avec son Smartphone ou sa tablette. Pour cela, il suffit d’avoir l’application et le témoin SOCiT, de prendre une photo du sol et de la faire analyser. C’est simple, gratuit et rapide.
SOCiT veut dire Soil Organic Carbon information, soit Information sur le Carbone Organique du Sol. L’initiative est gérée par le James Hutton Instituteet Dr. Matt Aitkenhead est le chef de projet. L’outil est gratuit et disponible pour tout le monde en Ecosse (agriculteurs, agronomes, …). Avant d’aller au champ, l’utilisateur doit télécharger SOCiT sur son téléphone ou sa tablette, s’enregistrer en tant qu’utilisateur et recevoir la carte-témoin SOCiT (voir photo).


Illustration application outil Socit

Une fois l’application et le témoin en poche, l’utilisateur va au champ et prend une photo du sol avec le témoin en évidence dans le champ de vision. Il envoie la photo géo-référencée au serveur (utilisation de la 3G, 4G ou wifi) et reçoit dans la minute le taux de matière organique et le taux de carbone du sol. Le passage par le serveur est obligatoire car l’algorithme est trop lourd pour un Smartphone et il y a une base de données contenant des informations pédologiques, climatiques et topographiques (altitude) nécessaires au calcul.
Le code qui calcule le taux de matière organique est basé sur la méthode LUCAS, mise au point au JRC Ispra en Italie. La méthode consiste à utiliser la spectrométrie infra-rouge pour déterminer le taux de matière organique. C’est à priori la méthode que l’IRSTEA utilise en France (voir article de Christophe De Carville). Mais sur les Smartphones et les tablettes, il n’y a pas (encore) de capteur infra-rouge. Du coup, l’équipe du James Hutton Institute a convertit le spectre infra-rouge en palettes RGB (Red, Green, Blue soit rouge, vert et bleue en français) qui sont capturées par les photos numériques. Un algorithme a été écrit pour traiter la photo et donne le taux de matière organique.
Selon Matt Aitkenhead, il y a entre 100 et 200 utilisateurs en Ecosse et un peu plus de 1000 photos ont été traitées en 3 ans. La précision reste faible. Elle est de +/- 20%. Par exemple, pour un taux de matière organique de 2%, il est possible de recevoir n’importe quelle valeur de 1,6 (-20%) à 2,4 (+20%). Ce sont des variations importantes. En effet, si on veut comparer un champ en agriculture de conservation à un champ voisin en labour traditionnel, il n’est pas certain que l’on puisse en tirer des enseignements précis. Néanmoins, Matt Aitkenhead précise que 90% des résultats sont dans une plus petite fourchette : +/-10%. Soit pour un taux de matière organique de 2%, 90% du temps, le résultat SOCiT sera compris entre 1,8 et 2,2. Ce qui est déjà plus acceptable. Le chef de projet explique que le principal facteur de variation est le taux d’humidité du sol. En effet, il est connu que la couleur du sol change avec l’humidité. Un sol sec est souvent de couleur claire alors qu’un sol détrempé est souvent sombre. Malheureusement, la photo RGB ne sait pas calculer le taux d’humidité du sol.
Ce système est aujourd’hui disponible en Ecosse et Matt Aitkenhead a le projet de le rendre européen. Cela passe par l’extension de la base de données à toute l’Europe et la mise en place d’un service d’envoi de carte témoin à tout le territoire. Le but ici est de conserver la gratuité du service pour que chaque utilisateur puisse mesurer le taux de matière organique rapidement et simplement.


14
décembre
2015

Le semoir sur la planche à dessin

Semis directL’agriculture évolue et ses outils changent. En semis-direct (SD) et en semis-direct-sous-couvert (SDSC), les semoirs ont beaucoup évolué ces 50 dernières années. Il y a 50 ans, les premiers semoirs de semis direct avaient des éléments semeurs à double-disques ou à dent droite. Aujourd’hui en plus de ces deux derniers, il y a des mono-disques, des mono-disques inclinés, des double-disques inclinés, des socs à ailettes, des dents fines, des socs larges et des combinaisons dent-disque. Les SDistes et les SDSCistes ont aujourd’hui le choix. Mais y-a-t-il une machine optimale ? Une technologie supérieure à toutes les autres et à maturité ? Et bien la réponse est « non ». En effet, le semis direct n’a que 50 ans et reste une technique jeune. L’agroécologie (dans sa version moderne) est encore plus jeune. Le SD et SDSC fonctionnent bien, il y a des exploitations entières qui produisent de belles récoltes et des bilans comptables dorés avec ces systèmes. Néanmoins, il y a beaucoup à apprendre avec ces techniques et il reste beaucoup à apprendre. C’est pourquoi il est possible de dire que le SD est, encore aujourd’hui, au stade du « gentil bordel créatif ».
En observant les champs, les cultures, les sols, en lisant les livres en anglais, en français ou en espagnol et en écoutant les experts, il est possible de voir plusieurs axes sur lesquels les semoirs vont évoluer/s’améliorer dans les années à venir. En voici quelques-uns :
1) La micro-gestion de l’eau autour de la graine  : on observe encore assez fréquemment des levées décalées dans le temps au niveau de la parcelle ou des levées en deux temps. La disponibilité de l’eau autour de la graine est souvent une ou la raison. En effet, certains sillons ne gardent pas bien l’eau (gazeuse ou liquide) autour de la graine, ils ont tendance à sécher. Et là où l’humidité est critique au moment du semis, on peut observer des graines qui prennent beaucoup de temps à s’hydrater et/ou qui marquent un arrêt dans le processus de germination. Ceci peut porter à conséquence sur la gestion de la culture et/ou sur le rendement. Comme le savent beaucoup de maïsiculteurs : une levée homogène et rapide est un élément important pour réussir une culture et un bon rendement.
2) La micro-gestion des résidus autour de la graine  : lorsqu’on évoque résidus et semences, il y a 2 mots qui viennent de suite à l’esprit des SDistes : hairpinning et allélopathie. En effet, lorsqu’il y a des résidus dans le sillon et qu’un épisode pluvieux s’en suit, les résidus sont décomposés et ce processus libère des jus acides qui vont brûler les germes des semences à proximité. C’est une des raisons pour lesquelles il est important d’éviter la présence de résidus dans le sillon.
3) La compaction au niveau du sillon  : les semoirs à double disques sont connus pour pouvoir compacter le sillon mais ils ne sont pas les seuls. Les conditions idéales de semis sont très rares et les parcelles sont souvent hétérogènes, c’est pourquoi il arrive souvent (avec certains semoirs) de compacter le sillon et la principale conséquence est une difficulté d’enracinement. Cela peut ressembler à ça. Un problème d’enracinement se traduit par une perte de rendement. Les cultures à cycle court tel que l’orge de printemps par exemple sont très sensibles à ce type de problème. En effet, il y a peu de temps entre le semis et la récolte et le sol n’a pas le temps de se refaire.
Les semoirs de semis direct ne sont pas égaux, certains sont plus performants que d’autres et il faut s’attendre à beaucoup d’évolutions dans les années à venir, en particulier au niveau des fonctions biologiques de ces semoirs tel que la germination ou l’enracinement. On sait aujourd’hui qu’un sol en SDSC est plus fertile qu’un sol labouré. Un meilleur sol doit mener à un meilleur rendement, à de meilleures récoltes. Aujourd’hui, les rendements sont souvent égaux voire légèrement en dessous des itinéraires labourés. Il est donc évident que nos pratiques et nos outils peuvent et doivent encore évoluer et, à mes yeux, les semoirs ont leur rôle à jouer dans ce défi.
Pour ceux que le sujet intéresse, il y a un très bon livre qui parle de la biologie du semis direct. C’est un livre de la FAO des Nations Unies qui fait intervenir les principaux experts du domaine. Il est gratuitement disponible en anglais et en espagnol. J’ai participé, fut un temps, à la version français mais elle n’a malheureusement pas abouti.


6
décembre
2015

Des arbres au frais

C’est bientôt Noël. C’est l’époque des sapins. C’est le bon moment pour parler des arbres. Malheureusement, je n’ai rien à raconter sur les arbres du pays du Père Noël avec les branches pleines de neige. Par contre, j’ai trouvé une initiative intéressante sur les arbres en milieu aride. C’est le bon moment pour parler des arbres qu’il faut garder au frais et au frais malgré la chaleur et le sec. Ce sont les arbres du sud où les deserts de pierre et de sable avancent.
Pour lutter contre la désertification, planter des arbres est une solution qui fonctionne bien. Seul hic, il faut apporter de l’eau aux arbres lorsqu’ils sont jeunes. C’est un problème technique car l’eau est souvent rare dans ces régions et c’est beaucoup de travail. Pieter Hoff, un horticulteur des Pays Bas, a retourné le problème en pensant : il y a assez de pluie et d’humidité dans l’air ambiant, il faut juste l’optimiser.
Plantation d'arbre au Kenya avec la technologie Groasis
Il a conçu un outil astucieux qui collecte l’eau, la garde, arrose l’arbre avec mesure et lui fournit une couverture du sol qui climatise l’environnement des racines. Ils l’ont nommé Groasis Technology. Pour valider à grande échelle l’outil et le principe, un projet comportant 5 sites en Espagne et totalisant 63 ha est en train de se mettre en place. Il est nommé The Green Deserts(site en anglais).



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