Cécile Waligora

  • Bousiers dans un crottin de cheval Tarpan
  • Tas de pierres en bord de parcelle dans l'Yonne
  • Détails du couvert d'été : sorgho, tournesol, radis chinois et colza
  • Perchoir en bord de route
21
octobre
2008

Partenariat LPO et agriculteurs au sujet des busards

busard en volUn peu sur le même registre, celui de la biodiversité de nos écosystèmes, j’ai aussi envie d’évoquer le cas du busard et des programmes de protection qui fleurissent, depuis quelques années, dans nos campagnes. A l’instar du renard, le busard et ses « collègues » rapaces (buses, chouettes, faucons…), sont de formidables prédateurs de rongeurs. Le busard niche préférentiellement dans les plaines, notamment dans les céréales. Or, avec l’avancée des dates de moisson, les jeunes n’ont plus le temps de s’envoler et se retrouvent happés dans les machines. 70 à 90 % de la mortalité des jeunes survient ainsi à la récolte. En Haute-Marne, entre 1992 et aujourd’hui, la population est passée de 120 couples à une petite trentaine, à peine.

Un partenariat s’est alors instauré, dans certaines régions, entre agriculteurs et membres d’associations de protection des oiseaux, LPO en général, pour assurer leur protection. Le principe est simple : si vous découvrez un nid dans l’une de vos parcelles, prévenez le contact local de la LPO (l’association nationale, à trouver sur annuaire ou sur internet, peut vous le donner). Celui-ci se chargera de poser un grillage de protection d’un mètre carré autour du nid et de le visualiser (piquet et fanion, par exemple). Cette action n’entrave pas la poursuite du nourrissage des poussins par les adultes. A la moisson, il vous suffit de contourner cet « obstacle ». L’association se charge, ensuite, d’ôter le grillage. Pour reprendre l’exemple de la Haute-Marne, que je connais mieux, si, en 2001, il n’avait été recensé que 10 jeunes envolés, en 2007, grâce au programme, 74 ont pu le faire.

Mais au-delà de la protection du rapace, il faut souligner ce grand pas en avant dans les relations, autrefois peu évidentes, entre acteurs du monde agricole et associations de protection de la nature. Bravo !


18
octobre
2008

Le renard est aussi un auxiliaire

renard (ONCFS)Il y a trois ans, j’avais écris un article sur la lutte contre le campagnol dans la revue TCS (n° 31 de janvier/février/mars 2005). J’y évoquais la nécessaire prise en compte des prédateurs naturels du rongeur. L’occasion m’est donnée, aujourd’hui, à travers ces quelques lignes, d’y revenir et de parler des renards. L’animal est toujours classé dans les « nuisibles ». Je n’aime pas ce terme.

Sans baigner dans le sentimentalisme, je pose la question : en quoi, aujourd’hui, le renard est-il « nuisible » ? Pour la rage ? Grâce à une campagne de vaccination efficace, elle est éradiquée de notre territoire, même si la surveillance reste de rigueur. Pour les poulaillers ? Ils se font rares aujourd’hui et il n’est pas très difficile d’en assurer la protection. Pour le petit gibier ? Hum…c’est sans doute là que le bas blesse. Qu’on ne nous rabatte pas les oreilles, alors, avec la biodiversité ! On veut bien du carabe contre la limace. On veut bien de la coccinelle contre les pucerons. Mais ces auxiliaires là dévorent aussi d’autres organismes. Ils ne sont pas tout « roses »…Le renard, s’il prélève un ou deux perdreaux, se nourrit surtout de petits rongeurs et notamment du célèbre campagnol, parfois très envahissant dans nos culture et nos couverts.

La nature et tout particulièrement l’agro-écosystème a besoin de biodiversité. Et celle-ci passe par TOUS les éléments de la chaîne alimentaire. Sans en exclure un. Car c’est toute la chaîne qui s’en trouve affaiblie. Alors laissons le renard travailler pour nous…comme le ver de terre…Pour rappel, un seul renard adulte peut, si on le laisse faire, se nourrir de 6 000 à 10 000 rongeurs dans l’année. De quoi réfléchir…


15
octobre
2008

Pour que les piquets fleurissent …

Les campagnes se sont quelque peu désertées de leurs arbres, arbustes et autres haies. En plaine, de grands espaces s’ouvrent, n’offrant plus aucune protection pour la faune. Les buses n’ont plus que les poteaux porteurs de fils électriques pour se percher et débusquer leur proie. Ce qui restreint assez leur terrain de chasse…

perchoir rapaces AllemagneCe piquet à buse a été photographié en Allemagne, au mois de juin 2008. Il est assez « sophistiqué ». L’autre photo vous montre un piquet plus simple, en espérant qu’il soit aussi durable…Compte-tenu de ce que j’ai indiqué plus haut, les piquets sont donc à placer au sein même des parcelles, lorsque celles-ci n’offrent aucun autre type de perchoir et qu’elles présentent une pression campagnol avérée. Ils doivent mesurer, au minimum, 2 m de hauteur. L’hiver est toujours propice aux inspirations. Alors avis aux bricoleurs !

perchoir rapace Arbot