Cette photo nous a été envoyée la première quinzaine d’octobre 2012 par Stéphane Deniziot, TCSiste dans l’Indre. Il s’agit bien de champignons tout à fait comestibles, des rosés des prés, récoltés dans les chaumes d’un précédent blé, parcelle conduite en AC. « A défaut, cette campagne, de colzas pour mon porte-monnaie, ni même de beaux couverts pour mes sols (même si, avec les pluies récentes, certains commencent à être intéressants), la nature est néanmoins bien faite : elle a pensé à mon estomac ! », indique, non sans humour, l’agriculteur. Peut-on parler, dans ce cas-là, de double récolte ?
Pour la petite histoire, S. Deniziot est en TCS depuis qu’il s’est installé en 1995. Produisant du blé, de l’orge, du colza, du maïs, du pois d’hiver et du tournesol, il a faillit arrêter le colza en raison de baisses de rendements et de salissements devenus récurrents. Une technique a permis de conserver cette culture dans sa rotation : le colza associé et Stéphane travaille depuis plusieurs années en étroite collaboration avec Gilles Sauzet, du Cetiom tout proche. Un reportage lui a été consacré dans la revue Cultivar de juillet/août 2012.
Cécile Waligora
Une double récolte surprenante (Rosé des prés)
Le sorgho, idéal pour compléter l’alimentation du sol
De bien belles photos spectaculaires que celles-ci envoyées par Hervé Chambe, éleveur SDiste en Savoie. Elles ont été prises cet automne 2012. Il s’agit d’un couvert de sorgho implanté en direct après une orge. L’éleveur est en train d’y semer un deuxième couvert, de radis-vesce-avoine. Suivra, au printemps prochain, un maïs semé en direct dans ce deuxième couvert maintenu vivant.
Pour lui, ce couvert de sorgho dont il est sûr, en général, d’obtenir un gros volume végétatif, est uniquement là pour produire de la biomasse en abondance pour son sol. Il ne l’utilise pas pour alimenter son élevage, seulement celui de vers de terre ! Il s’agit aussi d’un sorgho dont on sait que, sous son couvert, rien ou presque ne pousse, idéal pour maintenir une parcelle propre, sans compter l’effet double du second couvert. Pour l’agriculteur, les deux couverts successifs devraient produire entre 15 et 24 t MS/ha. Pour info, au printemps 2012, son couvert de radis-vesce-avoine avait produit 6 t/ha. Cet automne, son sorgho a déjà produit entre 15 et 18 t/ha.
Cette année, la Terre a subvenu à l’humanité… il reste encore 131 jours…
Quelques chiffres pour vous donner le moral dans cette atmosphère un peu grise, synonyme de rentrée pour beaucoup…
234, c’est le nombre de jours qu’il aura fallut à l’humanité toute entière, en 2012, pour consommer les ressources que la planète produit sur l’année. Cette évaluation a été faite par l’ONG Global Footprint Network. Nous sommes, bien sûr, en état de surconsommation.
Et, malheureusement, c’est encore moins que ce qui avait été estimé l’année passée. Ainsi, en 2012, il aura fallut 36 jours de moins pour dépasser l’ensemble des ressources planétaires produites en un an. C’est 1,5 Terre qu’il faut aujourd’hui pour satisfaire les besoins toujours croissants de l’humanité. Ce qui me fait penser aux propos d’un ancien astronaute, interrogé il y a quelques jours à l’occasion du décès du célèbre Neil Armstrong. Il évoquait les futures opportunités de voyage sur d’autres planètes. Il insinuait ainsi que ces possibles futurs voyages pourraient, pourquoi pas, offrir de nouveaux espaces de vie pour une humanité qui ne pourrait plus le faire sur une Terre dévastée… N’a-t-on pas vu déjà cela quelque part ? Oui, dans les films de Science-fiction… Et pourtant, dans ses propos, c’était presque une évidence… C’est assez choquant, non, même si c’est à une échelle très très lointaine… Désolée pour le moral !!!
Les généticiens ciblent désormais directement les ravageurs
L’homme n’aura de cesse, toujours, de trouver les astuces pour se débarrasser de ce qui le gêne. Il y a va parfois de manière bien radicale. Après tout, si la « nuisance » n’existe plus, on ne s’en portera pas plus mal, n’est-ce pas ?
La nouvelle nous vient donc de la société britannique Oxitec et l’information plus précisément de la revue scientifique Molecular Insect Biology. Une troisième voie « radicale » de contrôle des ravageurs s’ouvre après celle des pesticides et celle des plantes génétiquement modifiées. Des chercheurs ont ainsi décidé de directement modifier génétiquement les insectes ravageurs en les rendant stériles (les insectes mâles). Leur cible a été, pour le moment, la teigne des crucifères. Pour les chercheurs, pas de risques de dissémination des insectes OGM puisqu’ils sont justement stériles. Soit… Mais qu’en est-il de la sacro-sainte Biodiversité ? Si on supprime carrément une espèce d’un écosystème, ne va-t-on pas, encore une fois, perturber ses équilibres ? Ne risque-t-on pas d’impacter sur les prédateurs naturels de ces ravageurs et donc sur toute une chaîne alimentaire ? Ne risque-t-on pas que cette « extinction » profite à une autre espèce, peut-être plus virulente encore ? Les généticiens ont, à coup sûr, remisé aux oubliettes leurs cours de biologie des écosystèmes et d’ailleurs, le fonctionnement même de Dame Nature…
Impact des travaux sur la biodiversité
Cette photo m’est parvenue il y a quelques jours. Déjà, que son auteur et son « transmetteur » ne m’en veuillent pas de l’utiliser pour les propos qui vont suivre. Car les connaissant, je sais fort bien à quel point la biodiversité est importante à leurs yeux et les accidents de ce type (ici, lors d’un semis de maïs dans un couvert imposant) sont vraiment des accidents.
Au-delà de toute sensiblerie, il n’est jamais agréable de faire ce genre de découverte sachant qu’on en est l’auteur involontaire… Je profite donc de l’occasion qui m’est donnée pour rappeler qu’en effet, les travaux dans les champs ne sont pas sans risques directs sur la biodiversité. Par « directs », on parle ici de mortalité ou de traumatismes physiques subis par le passage des machines.
Pour autant, il y a toujours moyen de limiter cet impact.
Déjà, avant d’entamer le chantier, il est possible de procéder à un effarouchement dans la parcelle, soit par du bruit, soit… en envoyant votre chien… Si, si, çà marche !
Durant le chantier et là, je pense à la récolte qui est l’opération qui engendre, en moyenne, le plus d’hécatombes dans la faune, trois astuces peuvent être employées pour limiter les dégâts :
– Le réglage de la barre de coupe, le plus haut possible,
– L’utilisation d’une barre d’envol de la largeur de la coupe et disposée sur le côté de manière à balayer la bande qui va être fauchée au prochain passage. Cette barre peut aussi être placée devant le tracteur lors d’autres travaux.
– Et, c’est du bon sens mais il faut préférer une fauche commençant par le centre de la parcelle plutôt que par ses côtés (voire par bandes). En procédant ainsi, on permet à la faune présente dans la parcelle de s’échapper plutôt que de la coincer.
Puis, un broyage des pailles en même temps que la moisson évite aussi les accidents lors de la reprise pour un pressage des andains. Les animaux se réfugient en effet beaucoup dans les andains et il est aussi possible d’utiliser des techniques d’effarouchement comme, par exemple, des chaînes disposées sur une perche fixée sous le tracteur.
Enfin, je ne saurais terminer ce carnet sans évoquer un papier déjà paru dans TCS sur la protection des oiseaux nichant au sol et notamment les rapaces tels que les busards. Si vous repérez un nid, marquez le et prévenez la LPO de votre département : vidéo
Sur ce, passez une bonne fin de saison !
Les abeilles n’ont pas fini de nous surprendre
On pensait que l’homme et plus globalement les primates étaient les seuls à être capables de faire la différence entre des concepts tels que « même », « différent », « au-dessus », « en-dessous ». Il n’en est rien puisqu’une étude scientifique, publiée dans la revue PNAS et coordonnée par l’équipe française de Toulouse du professeur Martin Giurfa et celle, australienne, du Pr. Adrian Dyer viennent de mettre en évidence que les abeilles savent, également, manier ce genre de concept.
Dans le but d’accéder à une source de nourriture, l’expérience a consisté à délivrer à des abeilles soit une récompense sous la forme d’une goutte d’eau sucrée, soit une goutte de quinine, (« punition »). Autour du distributeur, étaient placées des images dont le dessin et la disposition indiquaient, par associations respectives, où se trouvaient la récompense et la « punition ». Au bout d’une trentaine de tentatives, les abeilles étaient capables d’identifier sans faute l’association d’images les conduisant à l’aliment sucré. Les chercheurs ont ainsi eu la preuve qu’elles étaient à même de faire la différence entre les concepts de « au dessus / en dessous » ou encore de « à côté » et de « différence ».
Ainsi, les cerveaux de mammifères ne sont pas les seuls à pouvoir élaborer un savoir conceptuel. Et si cela ne s’arrêtait pas qu’aux abeilles ? Bien des énigmes, à l’époque du XXIème siècle, restent à lever. La Nature n’a pas fini de nous étonner et bien heureusement…







