Hervé Vanderhaeghe, Nord : Savoir respecter ses sols

recommander cette page


Agriculteur dans le Nord de la France, en Flandre Maritime, Hervé Vanderhaeghe est à la tête d’une exploitation de polyculture sur 110 ha, où se mêlent blé, escourgeon, colza, pois protéagineux, lin, betteraves et pommes de terre. Dans un secteur où les sols sont de type argilo-sableux à teneur élevée en argile, jusqu’à 40%, il convient de savoir respecter ses terres pour qu’elles expriment leur potentiel. Il y a encore 10 ans, M. Vanderhaeghe était en système conventionnel pour la totalité des cultures. Mais en 1999 les semis d’automne ne le satisfont plus. « Entre la moisson et la récolte du lin parfois tardives dans nos secteurs, et les premiers semis dès la fin septembre, le temps est parfois compté. Il n’était alors possible que de réaliser un unique passage de charrue sans déchaumage au préalable », explique M. Vanderhaeghe. Système qui ne permettait donc aucun mélange des résidus et par voie de conséquence une très mauvaise dégradation. Il a alors été décidé de semer les blés et escourgeon directement après plusieurs passages de déchaumeur. Le semoir classique a donc été changé pour un Pronto ajusté. « En effet ne labourant plus et souhaitant gagner en débit de chantier, je voulais pouvoir décompacter en semant » précise t-il. La trémie a donc été adaptée à l’avant du tracteur permettant de combiner décompacteur, herse rotative et rampe de semis à l’arrière. Système adopté dans un premier temps pour aller plus vite, il a rapidement été concluant pour des raisons agronomiques. « Auparavant j’avais des levées très hétérogènes, la profondeur de semis étant irrégulière. Les plantes implantées plus profondément étaient plus chétives au passage de l’hiver, des attaques de mouches grises sur les parcelles après betteraves survenaient fréquemment… » explique t-il. Problèmes que l’agriculteur ne rencontre plus grâce notamment à un parfait maintien en terre des éléments semeurs et au système de plombage de la graine.

Mais 5 ans après, le déchaumage n’était plus satisfaisant. « Je souhaitais pouvoir réaliser mes passages à des horizons différents mais le travail n’était pas concluant, l’outil bourrait trop facilement et j’étais limité en vitesse » précise t-il. Il a donc été décidé de tester un Terrano 4FX. « Essayer c’est adopter » dit le proverbe, et c’est bien ce qui a été fait. Et le système fonctionnait tellement bien que depuis deux ans toutes les cultures sont maintenant préparées au Terrano, exit la charrue et même le décompacteur qui finissait par « sortir des lards de terres ». « Cet outil me permet des passages de 5 à 20 cm avec un maintien parfait de la profondeur et à une vitesse moyenne de 13 km/h ». Ayant opté pour le rouleau roll-flex, il constate que le système de rappui avec une alternance de bande tassée et non tassée, permet un meilleur passage de l’eau durant l’hiver. Il conclut que « agronomiquement mon sol revit avec une meilleure activité des lombrics et des insectes comme les carabes nettement plus présents ». Enfin Hervé Vanderhaeghe tient à préciser que le non-labour est un ensemble de pratiques qu’il faut adopter tout au long de l’année, sur l’ensemble de son itinéraire, comme les pneus basse pression ou encore les bennes en bout de champ lors des récoltes. Et d’ajouter « j’ai appris à être patient pour aller sur les terres car nos types de sols associés à la pratique de non labour ne permettent aucune erreur ».



Contact - Mentions Légales - Problème technique ?