Jean-Marc Sanchez

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18
août
2012

Blé, enjeux et perspectives

JPEG - 139.9 koQuels sont les enjeux de la production de blé ? A la fois céréale à haute valeur nutritive, plante « porte-bonheur », symbole de fertilité et objet de spéculation ? Le blé, céréale « ensoleillée » vieille comme le monde, peut-il encore nourrir l’humanité ? Le potentiel de découvertes à venir peut-il permettre des avancées décisives dans le respect de l’homme et de l’environnement, pour un « plus » et « mieux » produire au service de l’homme et de son « mieux-être » ?

Le saviez-vous ? Les plus lointaines traces de cueillette et d’utilisation du blé datent d’il y 12 000 ans ! (blé sauvage dans le Croissant Fertile). L’ancêtre commun de toutes les variétés serait l’engrain sauvage (triticum monococcum) retrouvé en Mésopotamie et en Asie du sud-ouest. Depuis la nuit des temps l’histoire du blé est étroitement liée à celle de l’humanité. Dès la plus haute antiquité, cette céréale « ensoleillée » constitue en effet la base de l’alimentation humaine du fait de sa très haute valeur nutritive.

Les tous premiers procédés de panification – ou premières galettes à base de blé – datent de 3000 ans avant notre ère (Egypte). Au-delà de sa haute valeur nutritive, le blé est aussi une céréale à haute valeur symbolique.

Dans la Rome Antique, les grains de blé traditionnellement jetés sur les jeunes mariés étaient censés assurer aux époux une grande et belle descendance (fertilité). Ce geste qui a traversé les siècles ne peut manquer d’être relié à celui « auguste » du semeur. Par sa régularité, sa noblesse, sa précision de balancier, il évoque la mesure du temps qui s’écoule, l’inaliénable succession des saisons, le temps des semailles suivi de celui des récoltes et par-dessus tout l’Homme intégré à la Nature

Et ce n’est peut-être pas le fruit du seul hasard si cette céréale à haute valeur nutritive, hautement symbolique s’est avérée lors de la crise mondiale de 2007 au cœur d’une spéculation à nulle autre pareille ! L’expression populaire « se faire du blé » étant significative à cet égard.

Le blé aujourd’hui Cette plante annuelle mesure de 60 cm à 1,20 m de haut selon les variétés. Les épis sont formés de groupes de fleurs (épillets) comportant chacun 3 à 5 fleurs. Chaque épi de blé porte au moins 45, parfois 50 ou 60 grains d’une taille d’environ 6 mm oscillant entre le jaune pâle et l’ocre roux (selon les nombreuses variétés).

Le blé d’hiver ou blé tendre sert à faire la farine panifiable, tandis que le blé dur sert à fabriquer les semoules, les pâtes et autres couscous. Le blé qui s’adapte à des sols et climats variés est considéré comme une culture « facile » (pas de décorticage). En volume de production (2009/2010) le blé est la quatrième céréale mondiale derrière la canne à sucre, le maïs, et le riz (statistiques mondiales calculées par le Conseil International des céréales).

Ses épis, très convoités constituent 19 % des apports caloriques pour l’espèce humaine et font l’objet d’un commerce particulièrement intensif. Le blé est en effet le produit le plus échangé au monde. Depuis 1950, les progrès techniques et une innovation constante dans les méthodes de production ont permis une augmentation spectaculaire des rendements : multipliés par 2,7 entre 1961 et 2005. Cette augmentation correspond en grande partie à une demande de plus en plus forte liée à un changement des habitudes alimentaires dans les pays émergents qui consomment davantage de viande et de céréales.

Blé de demain Alors comment faire augmenter les rendements moyens à l’ha en combinant une meilleure utilisation des intrants « classiques » (fertilisants et phytosanitaires), dont les prix augmentent pour certains et dont l’utilisation est de plus en plus contrôlée ? Du fait de cette réalité à la fois géographique et économique, le blé est l’objet d’attentions multiples notamment au plan scientifique (recherches sur le génome…).

Mais les recherches en cours et à venir et les nouvelles méthodes et techniques, permettront-elles des avancées décisives pour un « plus » et « mieux produire » dans le respect des lieux très variés où elle s’exerce ? Les sécheresses aux Etats-Unis et en Russie présagent une mauvaise récolte cette année. Avec à la clé une pénurie possible et une flambée des prix qui profitera aux agriculteurs céréaliers, mais désavantagera les éleveurs…


29
juillet
2012

Le Phosphore : un élément indispensable

Le phosphore : un élément indispensable mais pas toujours disponible dans le sol.

Phosphore et maïs L’agriculture a besoin du phosphore pour nourrir les plantes. Cependant, il est de plus en plus onéreux et souvent bloqués dans les sols. Des micro-organismes apportent des solutions pour débloquer le phosphore déjà présent dans les sols ou apporter par la fertilisation.

Le phosphore entre dans les processus vitaux de l’homme, l’animal et la plante : c’est la clef de voûte de l’ADN et de l’ARN. Il est indispensable à la croissance cellulaire et à la constitution des graines, du pollen etc… Le phosphore crée des liaisons extrêmement forte avec d’autres atomes, c’est dans ces liaisons que tous les êtres vivants stockent leur énergie sous forme d’ATP (Adénosine Tri-Phosphate), Il est au centre du métabolisme énergétique de tous les êtres vivants : végétaux, animaux, bactéries, champignons …. Sans le phosphore, pas de photosynthèse, la plante ne peut plus utiliser l’énergie solaire. Elle ne peut plus respirer ni dupliquer son patrimoine génétique. En cas de carence en phosphore, la plante ralentie, ou cesse toute croissance (nanisme), à l’extrême jusqu’à la mort. D’où l’importance de l’alimentation phosphorique via les racines.

Le phosphore se trouve le plus souvent dans les roches sous des formes totalement inutilisables. Les plantes s’alimentent essentiellement à partir du phosphore des matières organiques du sol ou des engrais minéraux.

Le phosphore est prélevé par l’homme dans des mines qui sont en fait des dépôts organiques fossiles d’animaux marins ou lacustres. C’est à partir de ce phosphore naturel que sont élaborés les fertilisants minéraux après attaque à l’acide pour donner une forme oxydée, le PHOSPHATE, forme dite « assimilable » car soluble dans l’eau.

C’est une ressource non renouvelable dont, certains (pessimistes ?), annoncent la diminution dans 40 ans !! Quoi qu’il en soit, les fluctuations et parfois les flambées des prix de cette matière première, rendent son approvisionnement difficile et son usage de plus en plus onéreux pour l’agriculteur.

Les exploitants agricoles apportent le phosphore via les engrais organiques (le phosphore est présent naturellement dans les déchets animaux et végétaux) ou les engrais minéraux. Oui, mais voilà, le phosphore est souvent rétrogradé et bloqué rapidement dans le sol. La grande majorité du Phosphore est sous une forme non disponible dans les sols à pH alcalins (>7,0) ou acides (<6,4). Le « P2O5 » inscrit sur vos étiquettes est une molécule qui n’existe ni à l’état naturel ni dans les engrais, il s’agit en fait d’une simple unité de mesure.

Le Phosphore est prélevé par la plante sous forme ionique (HPO42- ) présente en très faible quantité dans la solution du sol . Tout consiste donc à solubiliser le phosphore pour le rendre assimilable par la plante.

Des solutions existent pour optimiser un apport de phosphore de plus en plus cher : Certains micro-organismes (bacteries, mycorhizes), véritables liens entre le sol et la plante, solubilisent le phosphore et le rendent bio disponible. Mais ils ne remplacent pas les apports de phosphore qui restent nécessaires pour équilibrer les exportations de cultures, mais ces solutions optimisent les ressources déjà présentes ou apportés via la fertilisation phosphatée.

Un Jeu concours sur le Phosphore


14
juillet
2012

Le Stress des plantes

Attaque d'oïdium sur maïsUne plante a beaucoup d’ennemis et ça la stresse ! Heureusement elle a des systèmes de résistance pour lutter contre les agressions tellement redoutées en agriculture : gel, sécheresse, maladies, ravageurs… Il existe des moyens, comme les éliciteurs pour les aider à résister et ainsi limiter les traitements.

Le stress biotique : c’est quoi ? Il y a tout d’abord le stress biotique : déclenché par des champignons, des insectes, des bactéries, des adventices. Nous parlerons du stress abiotique ans le prochain article. Un peu d’histoire : dès 1961, Ross a montré qu’après inoculation d’une feuille de tomate avec une souche du virus de la mosaïque (TMV), il y avait une augmentation de la résistance des autres feuilles à ce virus ainsi qu’à d’autres pathogènes. Les plantes auraient-elles un système immunitaire ?

Par la suite, les progrès de la biologie cellulaire et moléculaire ont permis de démontrer des acquisitions ou des inductions de résistance. Certes moins développés que le système immunitaire animal, les plantes ont bien des systèmes de résistances pour lutter contre les agressions.

Les plantes « reconnaissent » les micro-organismes grâce à des molécules « signal » inclues dans les parois de ces derniers. Certains micro-organismes sont bénéfiques et symbiotiques (mycorhizes, rhizobium,…). D’autres sont pathogènes et responsables de maladies (oïdium, mildiou, botrytis, fusarium, pythium, rhizoctonia ….). Lorsqu’un pathogène « attaque » une plante, cette dernière va déclencher une cascade de réactions de défense au sein de la cellule.

Comment répondent les plantes ?

- par le « Suicide Cellulaire ». Sur le site de l’infection afin de bloquer le pathogène, la plante sacrifie des cellules.
- par renforcement de la barrière mécanique par épaississement de la paroi de la cellule.
- par la production de métabolites à activité anti-microbienne, en particulier les phytoalexines (Langcake et Pryce, 1976).
- par la production d’enzymes qui dégradent la paroi des pathogènes comme la glucanase et la chitinase (Van Loon, 1997).

Il faut souligner que, souvent, la « réponse immunitaire » a une caractéristique systémique (dans toute la plante) et non plus localisée (comme le suicide cellulaire).

Cette RSA (Réponse Systémique Acquise) a pour principe l’activation de gènes qui maintiendront la plante entière dans un état de résistance contre un large spectre de pathogènes

Eliciteurs : une solutions aux maladies ?

Des SDP (Stimulateurs des Défenses des Plantes) ou Eliciteurs peuvent « Mimer » l’attaque d’un pathogène pour préparer la plante à une véritable arrivée de la maladie. Un grand nombre d’agents peuvent provoquer une réaction chez la plante, sans toutefois provoquer la maladie. Il s’agit le plus souvent d’extraits microbiens, d’extraits de plantes, de composés organiques, de minéraux et d’agents physiques. Ils sont reconnus par les récepteurs membranaires de la plante, au même titre qu’un véritable pathogène, et la préparent à être plus résistante aux maladies par la suite. Un éliciteur (ou SDP) est un produit visant à déclencher le système de défense de la plante suffisamment tôt pour éviter le développement de la maladie. Ils ne peuvent donc avoir qu’une efficacité préventive. Quand le pathogène est installé il est alors difficile de le déloger. Des actions directes peuvent être nécessaires (insecticides, fongicides…). Les éliciteurs (ou SDP) sont des éléments à prendre en compte si l’on veut aller vers une agriculture raisonnée. Ils permettent parfois de limiter les passages, les traitements. Mais ils restent complémentaires de stratégies de lutte conventionnelle.

stimulation défenses des plantes

Stress abiotique : c’est quoi ? Le stress abiotique est déclenché par : • le gel, • la chaleur, • les chocs de températures, • la salinité, • le manque d’eau, • le rayonnement solaire, • les carences nutritives, • le vent ou verse… Comment réagissent les cultures lors de brusques changements de températures ? Les écarts de températures peuvent provoquer des nécroses foliaires comme le « tip burn » de la salade ; des variations de régime hydrique, la « maladie du cul noir » de la tomate.

Quel mécanisme utilisent les plantes pour survivre aux carences nutritives ? Elles ralentissent leur métabolisme et diminuent les dépenses énergétiques. Ce qui réduit la croissance, la photosynthèse et donc le rendement !

Certaines plantes se défendent mieux que d’autres aux conditions extrêmes d’aridité, de températures froides ou de salinité. Pour exemple, les algues vivent dans un environnement hyper-salins (le sel est toxique pour les plantes), certaines espèces comme la rose de Jericho résistent des dizaines d’années sans eau dans le désert…

Rose de Jericho
Rose de Jericho réhydratée

La rose de Jericho peut résister à l’absence d’eau pendant plusieurs années. Elle se déploie à nouveau (temps réel : 3 heures) lorsque ‘elle est dans un environnement humide. Progressivement les feuilles redeviennent vertes.

Les plantes ont la capacité génétique de synthétiser des substances protectrices comme les « osmolytes ».

La glycine bétaïne est l’osmoprotecteur le plus puissant du monde végétal. Elle augmente la pression osmotique dans la cellule végétale afin d’éviter la fuite de l’eau hors de la cellule aboutissant à sa mort. Elle permet la rétention ou la diffusion de l’eau et des oligo-éléments par la gestion de cette pression osmotique. De la même manière elle diminue le point de cristallisation de l’eau à l’intérieur des cellules de la plante ? Cela permet de baisser la température de gelée et donc d’éviter l’éclatement des cellules et la mort de la plante.

Régulation osmotique

En viticulture, par exemple, en application foliaire à la fin de la floraison, la glycine bétaïne améliore la nutrition en cas de fortes chaleurs. Et 3 semaines avant la récolte, elle permet une meilleure résistance à l’éclatement / fissuration des baies et tenue des fruits post récolte (raisin de table). Pour les fruits, il a été démontré qu’elle permet d’améliorer la conservation après récolte (Momilia).

Toute la réussite réside dans la prévision des agressions. Chaque agriculteur connaît les risques de fortes chaleurs (la météo l’y aide bien..) et sait jusqu’à quand une gelée peut encore avoir lieu au printemps. Les osmoprotecteurs ont un bel avenir en agriculture pour limiter les dégâts de la météo de l’environnement. www.agriculture-nouvelle.fr


30
juin
2012

Labour : idées reçues

« Un bon labour ça aère le sol »

Oui et non. Le labour est avant tout une méthode de désherbage en agriculture. Le sol est un milieu de vie organisé et structuré. Un labour perturbe et détruit des milliers de vies microscopiques ou pas. Vies bien utiles pour l’agriculteur et qui permettent aux plantes de trouver tout ce dont elles on besoin pour pousser :

  1. les mycorhizes (un champignon microscopique) qui rendent disponibles des nutriments directement aux racines,
  2. les vers de terres qui aèrent le sol,
  3. la micro faune dont les bactéries, algues, champignons.

« Chez moi, il n’y a pas de sol, je suis tout de suite sur la terre jaune ! »

La « terre jaune » ? Le plus souvent ce sont des limons argileux ou limons francs qui font partie du sol. Cette « terre jaune » constitue la plus grande partie de la réserve hydrique du sol, elle contient des éléments nutritifs venant de la surface (azote, potasse, calcium..). C’est un milieu de vie essentiel pour bon nombre d’être vivants (vers de terre, bactéries, nématodes, insectes).

Contrairement à ce que l’on pense, pas de soucis pour les cultures, au contraire !

« J’ai sous solé, le sol était bien frais ! Je n’ai pas consommé beaucoup de fuel ! »

Si l’outil passe dans le sol sans effort, ARRETEZ ! Cela veut dire que le sol est malléable et fragile et que vous êtes en train de créer des indurations (couche tassée qui va réduire le potentiel du sol pour de nombreuses années).

Vous avez de la chance, profitez en pour économiser des passages.

« Mon sol était parfait au semis, pas une bosse, du beau travail ! »

C’est peut-être joli, mais pas efficace. En préparation de semis, laissez des mottes de deux à trois cm. En limon il est préférable de ne pas casser la structure du sol sous peine d’avoir une croûte de battance (définition) à la première ondée un peu musclée.

Attention des idées reçues : les pratiques culturales doivent être adaptées à chaque contexte pédoclimatique.


20
juin
2012

Vidéo : Pratique culturale innovante de la vigne

http://www.youtube.com/watch?v=1y9lda8Y40Y

Sur une parcelle de raisin de table Chasselas de Moissac en mai 2012. Une conduite de la vigne qui protège des aléas climatiques, réduit les heures de travail manuel et facilite le travail... Filmé par ITHEC pour Agriculture Nouvelle


15
juin
2012

Qu’est ce qu’un intrant ?

(crédit : ITHEC)

En agriculture, on appelle « intrants  » les différents produits apportés aux terres et aux cultures, qui ne proviennent ni de l’exploitation agricole, ni de sa proximité. Les intrants ne sont pas naturellement présents dans le sol, ils y sont rajoutés pour améliorer le rendement des cultures.

Les principaux d’entre eux :

- les produits fertilisants : engrais et amendements,
- les produits phytosanitaires, de la famille des pesticides : produits utilisés pour l’éradication des parasites des cultures,
- les activateurs ou retardateurs de croissance,
- les semences et plants.

Plus généralement on entend par intrant tout produit nécessaire à la marche d’une exploitation agricole. Cela va du matériel agricole aux honoraires du vétérinaire.

Depuis quand parle-t-on d’intrants ?

Les principaux intrants que connaît et utilise notre agriculteur du XXI ème siècle sont progressivement apparus entre les deux guerres avec l’essor de la chimie.

La « révolution verte » (1960/1990) a permis dans une logique d’industrialisation (utilisation de céréales à haut potentiel de rendement) l’introduction de plus en plus massive de certains d’entre eux, comme les fertilisants et les phyto.

Mais à la fin du XXème siècle une prise de conscience aiguë de la nécessité de préserver l’environnement conduira (automne 2007) au Grenelle de l’environnement, organisé en France.

C’est en effet au cours de ce sommet que la décision, entre autres, de réduire pour moitié – en l’espace de 10 ans – l’utilisation des phytosanitaires en cultures sera actée. On voit ici comment la notion d’ « intrant » en agriculture est apparue et a évolué au cours des cent dernières années. Combien cette évolution est encore en marche en ce tout début de siècle…

Si les intrants sont, au sens le plus large, nécessaires à la marche d’une exploitation agricole - notre agriculteur ne peut en effet se suffire à lui-même, fonctionner sans faire appel à des éléments extérieurs – la nature de certains des intrants se voit aujourd’hui interrogée, chahutée…

Et si l’image d’Epinal d’un beau poulet né à la ferme, copieusement nourri de vers issus du sol de l’exploitation, picorant exclusivement les céréales y étant produites semble encore tout droit sortie d’une histoire enfantine, l’agriculteur doit aujourd’hui repenser sa façon d’être et d’agir. Se mettre à la recherche de nouvelles solutions, en quête de nouveaux intrants. Intrants compatibles avec une agriculture économiquement viable et que respectueuse sur le long terme des lieux où elle s’exerce.



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