Guillaume BODOVILLÉ

  • SD de blé dans un couvert après pois
  • Cédric Francinet, à Mailly-Champagne
  • Le couvert le 8 mai 2020
  • Le mini profil de sol 3D
  • Semis tournesol dans féverole d'hiver
9
janvier
2026

S’initier au semis sous couvert avec un combiné herse rotative – semoir à disques

Si vous disposez d’un combiné herse rotative - semoir à disques, il vous est possible de réduire ponctuellement l’intensité du travail du sol et de vous initier au semis sous couvert, avec le matériel déjà présent sur votre exploitation. Voici quelques exemples pour vous encourager à franchir le pas.

Extrait du TCS n°87 de mars/avril/mai 2016
Extrait du TCS n°87 de mars/avril/mai 2016

Dans le TCS n°87 de mars/avril/mai 2016, je vous parlais de Christine et Sébastien Rousseau, agriculteurs de la Chapelle-Iger (77) qui, suivant l’exemple du frère de Sébastien, semaient avec succès depuis 2009 des céréales (blé de féverole, blé de blé et orge de printemps) avec un combiné herse rotative/semoir à disques directement dans un couvert en place, sans broyage ni mulchage préalable. La herse rotative travaille à peine plus profond (1 à 2 cm plus creux) que la profondeur de semis. Les semences de céréales sont bien positionnées, il n’y a pas de bourrage ni dans la herse, ni dans les éléments semeurs. Les résidus du couvert se retrouvent quelque peu « andainés », mais cela n’est pas une gêne à la levée de la céréale.
Notons que les semences des couverts couvrant les intercultures féverole-blé, blé-blé et blé-orge de printemps sont épandues avec un DPS 12 et enfouies par un passage de déchaumeur à disques indépendants, qui gère à cette occasion les pailles de blé.

Nouvelles opportunités

Dans le TCS n°125 de novembre/décembre 2023, Christine et Sébastien nous indiquaient qu’ils pratiquent cela moins souvent désormais, d’une part car les couverts sont plus développés et donc plus difficiles à gérer directement avec la rotative du combiné, et d’autre part parce qu’il leur faut souvent reniveler les parcelles à cause des dégâts de sangliers. Disons aussi que l’arrivée récente d’un semoir de semis direct sur l’exploitation offre également de nouvelles opportunités.
D’autres agriculteurs utilisent toujours cette technique d’implantation de nos jours. Par exemple, Vincent Tomis, agriculteur de Gœulzin (59), la pratique depuis qu’il s’est équipé d’un combiné avec un semoir à disques, en 2018, pour des semis de blé après colza, pois et lin fibre, dans les repousses de ces cultures et dans les couverts d’interculture.
De son expérience, lorsque la biomasse du couvert est supérieure à 2,5 ou 3 t MS/ha, il vaut mieux broyer le couvert au préalable, pour ne pas dégrader la mise en terre des semences et pour éviter que les vesces ne s’enroulent trop dans les dents de la herse rotative.

S’initier sans investissement lourd

Semis de blé dans des repousses de colza
Semis de blé dans des repousses de colza

Vincent ne sème pas de blé de blé ainsi. En effet, sa moissonneuse batteuse n’est pas équipée d’éparpilleur de menues pailles et broie mal la paille. En l’absence de travail du sol avant le semis du blé de blé (le couvert d’interculture étant semé à la volée avant la moisson du premier blé), les pailles et menues pailles, mal broyées et mal réparties, gêneraient l’implantation du blé de blé et favoriseraient les limaces.

SD de blé dans un couvert après pois
SD de blé dans un couvert après pois
Après des pois, semis de blé dans un couvert d’interculture non broyé Le couvert avait produit entre 2 et 2,5 t MS/ha.
SD de blé dans un couvert après pois

À condition de disposer d’un combiné herse rotative/semoir à disques, il est donc possible de réduire ponctuellement l’intensité du travail du sol et de s’initier au semis sous couvert sans investissement initial lourd, avec du matériel déjà présent sur l’exploitation. Un couvert ayant produit une forte biomasse n’est pas un problème, il suffit de le broyer au préalable (en veillant à la faune qui y trouve refuge), la plus grosse gêne peut provenir des pailles et menues pailles de céréales si elles sont mal broyées et mal éparpillées.


14
novembre
2025

Le mini profil de sol 3D

Facile à réaliser et à interpréter, le mini-profil permet d’observer la structure du sol à hauteur d’homme. Depuis quinze ans, les agriculteurs et les techniciens l’utilisent pour diagnostiquer leurs structures, confirmer le bien-fondé de leurs pratiques ou décider d’une éventuelle intervention de fissuration.

Un article est consacré au mini profil dans le TCS 135 de novembre/décembre 2025. Si vous n’êtes pas abonné, n’hésitez plus, c’est ICI.

Voici quelques photos légendées illustrant la technique chez des ACSistes. Elles viennent compléter l’article de TCS ou l’introduire...

Les origines du mini profil de sol

Le mini profil de sol 3D Le mini profil de sol 3D Le mini profil de sol 3D

Prélèvement du deuxième mini-profil 3D de l’histoire, début 2010, chez Nicolas Duboust, à Lonrai (61), aux confins de la plaine limoneuse de Caen et du massif granitique armoricain. Cette parcelle était en non labour depuis 4 ou 5 ans à l’époque. Le taux d’argile y atteint 15 à 20%. Avec une interculture non couverte, la structure s’était fortement reprise en masse sur la profondeur de l’horizon travaillé : le tassement assez sévère avait tout de même un peu évolué puisque l’on distingue quelques fissures et galeries d’anéciques. À n’en pas douter, le mini-profil a permis à de nombreux agriculteurs de mieux connaître leurs sols, de diagnostiquer les accidents de structure, d’y remédier (fissuration mécanique par exemple) et de prévenir tout nouveau tassement (couverture du sol en interculture, amendements organiques…).

Mini-profil sous un maïs en juin 2025

Le mini profil de sol 3D sous maïsÀ Saint-Lothain (39), ce mini-profil montre une magnifique structure grumeleuse : pas de tassement, beaucoup d’agrégats d’origine biologique, les quelques mottes sont constituées de petits agrégats tenus par des racines, les racines colonisent tout l’échantillon. Ce mini-profil a été réalisé en juin 2025 sous un maïs. Cette parcelle a été mise en culture sans retournement après une vieille prairie en 2014 et est conduite en ACS depuis. Les intercultures avant maïs, soja et tournesol sont toujours couvertes. Le sol est un limon argileux (23% d’argile) drainé, profond de 60/70 cm, posé sur une couche de marne imperméable. Avec beaucoup de limons fins, cette structure reste fragile et de ne doit pas être trop affinée. S. Picaud et son frère réalisent régulièrement des mini-profils pour s’assurer de l’état de la structure, et décider d’une éventuelle fissuration.

Une structure de rêve...

Mini profil de sol 3D en boulbènesÀ Labarthe (32) chez Guillaume Richard (voir le TCS 131 page 6), une superbe structure qui fait même rêver des agronomes (photo ici à droite du texte). Les sols de l’exploitation sont des boulbènes, conduites de longue date en ACS. Malgré l’exportation des pailles de blé, l’horizon superficiel est très riche en MOS, en lien avec le retour au sol des résidus de maïs, la couverture du sol en interculture, les apports de compost de déchets verts et de MIATE depuis une dizaine d’années, et le non bouleversement des horizons.

Une bonne transition entre les horizons

À Virieu (38) chez Guillaume Revol. Sol limoneux (10 à 15% d’argile) avec beaucoup de cailloux, en non labour depuis 2010 avec couverture du sol en interculture et apports d’effluents d’élevage. Sur cette parcelle, la rotation est 2 ou 3 maïs ensilage / blé / colza / blé. Le fond de travail du sol par la charrue express (avant maïs, mais de moins en moins utilisée) est visible.
Mini-profil à Virieu (38) chez Guillaume RevolSi cet outil bouleverse les horizons, nous remarquons qu’il n’a pas créé de semelle, il y a même une bonne transition entre les horizons. Malgré ce brassage et malgré l’inévitable circulation sur les parcelles de cet élevage de bovins lait (ensilage du maïs, exportation de la paille de blé, épandeur à fumier, tonne à lisier), la structure est belle, la terre est grumeleuse avec des agrégats, sans présence de tassement. La colonisation racinaire est bonne. Nous notons également une bonne bioturbation par les endogés, ainsi que la présence de fissures. S’il est raisonnable de semer de plus en plus souvent en direct, le mini-profil, réalisé régulièrement, permettra de s’assurer que la circulation sur les parcelles ne cause pas de tassement.

Observez vos sols, et envoyez-nous vos photos de mini-profils !
ICI, le lien vers le guide méthodologique du mini profil 3D


8
octobre
2025

A la volée ou au semoir de SD ?

« L’épandage centrifuge à la volée n’est pas aussi précis qu’un semoir classique, bien sûr, mais il permet de gagner du temps, de semer plus tôt le couvert et ainsi de produire davantage de biomasse", indique Vincent Tomis, Agro-Transfert Ressources et Territoires et agriculteur à Gœulzin (59).
Couvert semé à la volée en 2024 dans le Nord"En 2024, mon plus beau couvert (en photo) a été semé à la volée sur 27 m de large le 14 juillet, avant la récolte du blé le 24 juillet. Constitué de vesce velue (11 kg/ha), de radis (8 kg/ha), de phacélie (2 kg/ha) et de tournesol (9 kg/ha), il a produit 5,9 t MS/ha en octobre.
En 2025, j’ai semé les deux tiers de mes couverts à la volée avant moisson. Les autres parcelles étaient soit un peu sales (chénopodes, vivaces…), soit sur précédent pois, qui ne laisse pas assez de résidus au sol post-récolte pour que la technique soit efficace. Je fauche plutôt haut les chaumes à la moisson pour améliorer le débit de chantier, la répartition des pailles et maintenir l’humidité du sol. Puis je rebroie les chaumes 15 jours après la récolte. »
Si vous voulez en savoir plus, un article sur les semis à la volée de couverts ou de colza est publié dans un dossier consacré à la graine dans TCS n°134 de septembre-octobre 2025.


23
septembre
2025

Humidité du sol et gestion des résidus de récolte

PNG - 55.5 kioEn 2018, Agro-Transfert a conduit un essai pour mesurer l’évolution de l’humidité dans les 5 premiers centimètres du sol selon la gestion des résidus (hauteur de coupe des chaumes, environ 10 cm de hauteur et environ 35/40 cm de hauteur, déchaumage précoce).
Dans cet essai, la différence d’humidité observée 15 jours après la récolte induite par des hauteurs de chaumes différentes correspond à un écart de disponibilité en eau de 2 mm sur les 5 premiers centimètres de sol. Des travaux conduits en milieu aride expliquent ce phénomène par la modification du microclimat au sol (vitesse du vent réduite de 70 %, ombrage, réduction de l’interception de l’eau par le mulch). Cet effet semble limité dans le temps puisque 20 jours après la récolte, les humidités ne sont plus différentes entre les deux hauteurs de chaumes. La réalisation d’un déchaumage précoce a eu pour effet d’assécher très fortement le lit de semences.
Ainsi dans un contexte de sècheresse, la stratégie la plus pertinente pour conserver l’eau consiste à conserver une hauteur importante de résidus et à limiter, voire supprimer totalement, le travail du sol.


8
mars
2021

Des couverts dans les Galipes (2020/2021)

L’itinéraire de couverture des inter-rangs des vignes de Champagne, décrit en détail dans l’article « Des couverts dans les galipes » paru dans le TCS n°111 de janvier/février 2021, essaime petit à petit dans toute l’appellation.
Voici, en complément de cet article de la tribune consacrée à la campagne 2019/2020, quelques photos illustrant l’implantation du couvert à l’automne 2020.

Chez Jérôme Courgey, à Prouilly

Jérôme Courgey, Prouilly
Jérôme Courgey, Prouilly
Semis direct du couvert le 9 septembre 2020
Jérôme Courgey, Prouilly
Jérôme Courgey, Prouilly
Le couvert le 30 octobre 2020

Chez Arnaud Duval, à Sillery

Arnaud Duval, à Sillery
Arnaud Duval, à Sillery
Le semoir à disques auto-construit à partir d’éléments Sky Maxi Drill (4 rangs sur 44 cm)
Arnaud Duval, à Sillery
Arnaud Duval, à Sillery
Le couvert le 2 novembre 2020. Le couvert avait été semé en direct le 24 septembre 2020.

À l’EARL Leclère-Cochet, à Berru

EARL Leclère-Cochet, à Berru
EARL Leclère-Cochet, à Berru
Le couvert le 3 novembre 2020. Il avait été semé le 12 octobre après deux passages de cover-crop.

Chez Cédric Francinet, à Mailly-Champagne

Cédric Francinet, à Mailly-Champagne
Cédric Francinet, à Mailly-Champagne
Le couvert le 4 novembre 2020. Il avait été semé le 23 septembre après travail superficiel du sol. Ici, la féverole est de la variété Avalon et le seigle de la variété Protector.

Chez Baptiste Debargue, à Épernay

Baptiste Debargue, à Épernay
Baptiste Debargue, à Épernay
Le couvert le 7 novembre 2020. Le couvert avait été implanté le 26 septembre 2020 avec un semoir Nodet modifié, après un passage de rotavator.

Chez Alain Legret, à Talus-Saint-Prix

Alain Legret, à Talus-Saint-Prix
Alain Legret, à Talus-Saint-Prix
Le couvert le 14 novembre 2020. Il avait été implanté le 18 septembre avec le même semoir que chez Jérôme Courgey. Une pluie une semaine près le semis a permis une belle levée.

Chez Clément Rigaut, à Sacy

Clément Rigaut, à Sacy
Clément Rigaut, à Sacy
Semoir auto-construit à dents vibrantes.
Clément Rigaut, à Sacy
Clément Rigaut, à Sacy
Le couvert le 21 novembre. Il avait été implanté le 23 septembre avec un semoir auto-construit à dents vibrantes. Il n’y a que sur 2 lignes de semis, espacées de 34 cm. Il n’y a eu aucun problème d’implantation après les 4 passages de vibroculteur dans l’année, nécessaires pour maintenir la parcelle propre sans herbicide. La levée est réussie dans les 7 parcelles semées (surface totale 1 ha). L’an prochain, le semis devrait être réalisé avec un semoir à disque.

Remerciements à Jérôme Courgey (Arbre & Paysage en Champagne), Vincent Cuillier (viticulteur à Pouillon), Hervé Dantan (chef de caves du champagne Lanson), Baptiste Debargue (viticulteur à Épernay), Arnaud Duval (viticulteur et entrepreneur à Sillery), Cédric Francinet (viticulteur à Mailly-Champagne), Pierre Gachignat (chambre d’agriculture de la Marne), Florent Grados (viticulteur aux Riceys), Dominique Laluc (viticulteur à Mailly-Champagne), Jéméry Lebeau (chef de culture du vignoble Mumm - Perrier-Jouët de Mailly-Champagne), Alain Legret (viticulteur à Talus-Saint-Prix), Fabrice Pouillon (viticulteur à Mareuil-sur-Ay), Clément Rigaut (viticulteur à Sacy) et Brigitte Soriat (viticultrice à Berru).


1er
mars
2021

Des couverts dans les Galipes (2019/2020)

L’itinéraire de couverture des inter-rangs des vignes de Champagne, décrit en détail dans l’article « Des couverts dans les galipes » paru dans le TCS n°111 de janvier/février 2021, essaime petit à petit dans toute l’appellation.
Cet article vous est présenté dans le document pdf proposé à la fin de cet article.
Voici, en complément de cet article, quelques photos illustrant des réussites de la campagne 2019/2020.
Des photos de l’implantation du couvert à l’automne 2020 vous seront également proposées dans une deuxième tribune.

Chez Florent Grados, aux Riceys :

Le couvert le 10 avril 2020
Le couvert le 10 avril 2020
Le couvert le 8 mai 2020
Le couvert le 8 mai 2020

Bien que son implantation, sous la pluie, avait été assez mauvaise, le couvert s’est bien installé. Il a été conservé au-delà des saints de glace et n’a été roulé que le 22 mai 2020. L’expérience est reproduite pour la campagne 2020/2021 sur la moitié de la SAU de l’exploitation.

Chez Vincent Cuillier, à Pouillon :

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Le 22 avril, la féverole à floraison fait le bonheur des pollinisateurs. La pesée de biomasse donne 3,2 t MS/ha (56% de féverole, 31% de trèfles et 13% de seigle), correspondant à 49,5 kg N restituable/ha et 138,4 kg K restituable/ha d’après la méthode MERCI
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Le 5 mai 2020, juste avant destruction par roulage, la pesée donne 6,0 t MS/ha (68% de féverole, 18% de seigle et 14% de trèfles), correspondant à 101,8 kg N restituable/ha et 214,5 kg K restituable/ha.

Chez Dominique Laluc, à Mailly-Champagne :

Le couvert le 29 avril 2020
Le couvert le 29 avril 2020

Remerciements à Jérôme Courgey (Arbre & Paysage en Champagne), Vincent Cuillier (viticulteur à Pouillon), Hervé Dantan (chef de caves du champagne Lanson), Baptiste Debargue (viticulteur à Épernay), Arnaud Duval (viticulteur et entrepreneur à Sillery), Cédric Francinet (viticulteur à Mailly-Champagne), Pierre Gachignat (chambre d’agriculture de la Marne), Florent Grados (viticulteur aux Riceys), Dominique Laluc (viticulteur à Mailly-Champagne), Jéméry Lebeau (chef de culture du vignoble Mumm - Perrier-Jouët de Mailly-Champagne), Alain Legret (viticulteur à Talus-Saint-Prix), Fabrice Pouillon (viticulteur à Mareuil-sur-Ay), Clément Rigaut (viticulteur à Sacy) et Brigitte Soriat (viticultrice à Berru).