Emmanuelle Choné

  • Deuxième profil
  • Structure du sol sous graminée
  • Féveroles jaune et verte
  • Maïs comparaison inter-rangs
  • Après labour, le sol est très battant
  •  2 prairie à gauche et à droite de la route. 30 mars 2018
8
octobre
2026

Marges agro-économiques : un calcul indispensable pour piloter sa stratégie agronomique

Parler de chiffres en agriculture reste parfois délicat. Pourtant, dans un contexte marqué par les évolutions climatiques et économiques, connaître précisément ses coûts et ses marges devient indispensable pour prendre les bonnes décisions.

Chez Agronomie Terroirs, nous utilisons les marges agro-économiques comme un véritable outil de pilotage. L’objectif ne consiste pas simplement à déterminer si une culture gagne ou perd de l’argent. Il s’agit surtout de comparer les résultats, comprendre les écarts et adapter la stratégie agronomique au potentiel de chaque parcelle.

Comment calculer une marge agro-économique ?

Depuis sa création, Agronomie Terroirs calcule des marges agro-économiques simplifiées à partir des itinéraires techniques réellement mis en œuvre par les agriculteurs.

Le calcul intègre trois grandes catégories de charges :

1. Les charges opérationnelles
Elles correspondent aux coûts réels des intrants : semences, fumure, désherbage et protection des cultures.

2. Les charges de mécanisation
Agronomie Terroirs utilise un coût forfaitaire qui prend en compte le tracteur, le matériel, le carburant ainsi que la main-d’œuvre.

3. Les charges diverses
Selon les cultures et les exploitations, le calcul intègre également les coûts de séchage, d’assurance et d’irrigation.

Cette méthode volontairement simplifiée permet ainsi d’obtenir des repères technico-économiques facilement comparables.

Marge brute, agro-économique et nette
Marge brute, agro-économique et nette

L’approche se complète ensuite, par une approche POTENTIEL AGRONOMIQUE des parcelles pour cibler la stratégie.

Résultats des marges technico-économiques : comparer les cultures mais aussi les parcelles et les pratiques

L’intérêt du calcul ne réside pas uniquement dans le montant final de la marge. En effet, Agronomie Terroirs utilise ces données pour comparer les résultats obtenus au sein d’une même exploitation :

– entre différentes cultures ;
– entre différentes parcelles ;
– entre plusieurs modes de conduite ;
– ou encore entre plusieurs stratégies agronomiques.
Ces comparaisons permettent ensuite de poser les bonnes questions :

> Une augmentation des charges ou une diminution de charges améliore-t-elle le résultat ?
> Dois-je produire sur telle ou telle parcelle ? Si oui, quelle culture, quelle rotation (raisonner l’approche économique avec l’agronomie) ?
> Certaines parcelles justifient-elles le même niveau d’investissement que les terres au potentiel supérieur ?

Ainsi, la meilleure stratégie n’est pas nécessairement celle qui maximise le rendement mais celle qui recherche la meilleure cohérence entre potentiel agronomique, charges engagées et résultat économique.

Comparaison maïs d'avant la guerre en Ukraine et maïs 2025
Comparaison maïs d’avant la guerre en Ukraine et maïs 2025
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Associer marge économique et potentiel agronomique

Le calcul économique constitue toutefois une première étape.

Il faut compléter cette analyse par une approche du potentiel agronomique des parcelles.

Cette lecture permet d’adapter la stratégie selon le potentiel du terroir, les contraintes humaines de l’exploitation et les conditions climatiques.

Par conséquent, deux parcelles d’une même exploitation ne nécessitent pas forcément la même stratégie même lorsqu’elles accueillent la même culture.

C’est précisément l’intérêt d’une approche agro-économique : ne plus raisonner uniquement à l’échelle de la culture, mais replacer chaque décision dans son contexte agronomique et économique.

Des repères technico-économiques pour construire sa stratégie

Ces résultats présentés par Agronomie Terroirs constituent avant tout des repères. Les chiffres peuvent toujours faire l’objet de discussions et varier fortement selon les exploitations.

L’objectif consiste donc moins à comparer deux agriculteurs qu’à comprendre les différences au sein d’une même exploitation et à mesurer les conséquences économiques des choix agronomiques.

Cette démarche permet finalement de construire une stratégie plus cohérente avec le sol, le potentiel des parcelles, les pratiques culturales, le climat et les objectifs économiques de l’exploitation.


27
avril
2026

Dépérissement du kiwi : comprendre les causes grâce à l’agro-pédologie et un accompagnement pertinent

Le dépérissement du kiwi, appelé “Moria”, est aujourd’hui une problématique majeure pour de nombreuses exploitations.
À Palau-del-Vidre, près de Perpignan, l’exploitation Vertigo a choisi de s’appuyer sur Agronomie Terroirs pour comprendre les causes et agir avec justesse.

En production de kiwis dans les Pyrénées Orientales
En production de kiwis dans les Pyrénées Orientales
À Palau-del-Vidre, près de Perpignan, l’exploitation Vertigo a choisi de s’appuyer sur Agronomie Terroirs pour comprendre les causes du dépérissement du kiwi et agir avec justesse.

Les fausses solutions agronomiques à la mode

Apports organiques massifs, LiFoFer, Extraits fermentés végétaux, thés de compost, bactéries lactiques, oligo-élements …
Ces solutions sont souvent présentées comme des remèdes miracles.
Vous avez un problème de sol ?
On vous répond en quelques minutes : « problème de structure », « manque de vie biologique », « déséquilibre en oligo-éléments ».
Diagnostic posé...
Et derrière, la même ordonnance pour tout le monde :
→ plus de matière organique,
→ des produits pour “stimuler la vie du sol”.
Et la magie va s’opérer.
Sauf que… cela ne marche pas.
Pourquoi ?
Parce que le diagnostic est bâclé.
– On plaque une explication générique sur des situations complexes.
– On sert la même tarte à la crème, sans réellement comprendre le sol, l’impact du climat sur ce sol, le lien avec l’arbre et l’irrigation.

Un sol ne se résume pas à “manque de vie” ou un “problème de structure”.
Et un mauvais diagnostic ne peut produire que de mauvaises solutions.

Un vrai diagnostic demande du temps, des compétences, de l’analyse.

Un bon diagnostic, c’est l’assurance de solutions efficaces et justes.

Enracinement du kiwi : des idées reçues à nuancer

Enracinement du kiwi : des idées reçues à nuancer
Enracinement du kiwi : des idées reçues à nuancer

Contrairement à certaines idées reçues, le kiwi peut présenter un enracinement profond.
Les observations terrain montrent que celui-ci dépend fortement de :
– l’état de santé des arbres,
– du contexte pédoclimatique,
– du porte-greffe.
Chez Vertigo, les profils de sol réalisés sur l’exploitation révèlent des situations contrastées : des racines observées jusqu’à 1 mètre de profondeur
mais aussi des systèmes racinaires concentrés entre 0 et 50 cm selon les parcelles.

Moria du kiwi : un déséquilibre du système Sol-Plante/Climat

Profil de sol en verger de kiwis
Profil de sol en verger de kiwis
Moria du kiwi : un déséquilibre du système sol, plante, climat.

Aujourd’hui, il est reconnu que les champignons ne sont pas la cause du dépérissement, mais bien la conséquence d’un déséquilibre du système.
Des analyses approfondies sont en cours afin de décrypter la nature, l’état et la dynamique du Sol en lien avec le kiwi et le climat.
L’enjeu n’est pas de s’intéresser uniquement à la vie du sol mais surtout aux liens entre le sol, l’arbre, le climat et l’irrigation.

Des solutions fiables et efficaces pourront alors émergées, grâce à une expertise solide et un accompagnement global.

Pour plus d’informations : le site de Agronomie et Terroir


16
février
2026

Régénération des prairies à la Ferme Guillot (Gers)

Lors d’une visite agronomique et agro-pédologique à la Ferme Guillot (Gers), où sont élevées 80 brebis laitières avec transformation, plusieurs observations ont été faites sur des sols argilo-calcaires, typiques du secteur.

Structure du sol sous la mousse
Structure du sol sous la mousse
Structure du sol sous graminée
Structure du sol sous graminée

La présence de mousse dans la prairie indique une fermeture de la structure du sol : porosité réduite, manque d’air et activité biologique réduite réduite, humidité.
Objectif : Aérer le structure, favoriser l’infiltration et relancer la vie du sol.
À l’inverse, sous les graminées ou légumineuses de la prairie, nous observons une meilleure aération du sol grâce à leur système racinaire et aux exsudats racinaires, une stimulation de la vie biologique et une meilleure structure, essentielles à la santé et à la productivité des prairies.

Actions pour régénérer la fertilité de cette prairie :
– Poursuivre les efforts et améliorer le pâturage tournant dynamique,
– Scarifier le sol (dent à 5 cm) – l’action des dents accélère l’amélioration de la structure, si c’est associé à des racines,
– Réaliser un sur-semis d’avoine (pour envoyer du sucre dans le sol au travers des exsudats racinaires),
– Nourrir le sol et les plantes (matière organique, fertilisation …)
Plus d’infos sur le site d’Agronomie Terroirs !


11
mars
2025

Quand les prairies expriment la sous-nutrition

Prairie en sous nutritionFin février 2025, près de Lourdes (65). Dans un champ en légère pente, le fumier épandu laisse échapper son précieux lixiviat. L’herbe, d’un vert éclatant, se nourrit avidement des éléments minéraux de ce lixiviat, témoignant de la richesse en fertilité chimique du sol.

Autour, la prairie contraste fortement : le jaune domine, signe évident d’un manque de fertilisation. Cette couleur est un indicateur visuel du besoin urgent de soins pour cette prairie.

« Une prairie, ça se soigne »

Les prairies, qu’elles soient gérées en fauche ou en mixte (pâture et fauche), sont souvent exploitées sans que la restitution des nutriments soit suffisante. Cette situation entraîne une dégradation progressive de la fertilité du sol.
Lorsque les prairies sont intégrées dans une rotation culturale, elles jouent un rôle crucial de régénération du sol. Pour maintenir cette fonction, il est essentiel de les nourrir correctement afin de ne pas pénaliser la fertilité de la parcelle.
Les parcelles où les prairies sont « mal soignées », comme le disent les éleveurs, c’est-à-dire mal nourries, présentent souvent des carences en phosphore et en potasse lors des analyses de sol.
J’ai pu voir des répercussions sur les cultures suivantes montrant des signes de carence en potasse (en soja par exemple).
Il est donc crucial de veiller à une fertilisation adéquate pour garantir la santé et la productivité des prairies, et par extension, des cultures qui suivront.


26
avril
2024

Mieux choisir vos produits organiques par des analyses complémentaires, le C/N n’est pas toujours suffisant

Les apports organiques sont utilisés aujourd’hui pour améliorer le fonctionnement du sol et participer à la nutrition du sol et de la plante.
Combien cela coûte ? Qu’est-ce que l’on apporte ?
Que ce soient des fumiers, des composts, des fientes, des produits commerciaux, … une analyse complète et une interprétation indépendante sont importantes pour optimiser vos amendements et votre fertilisation.
– Qu’est-ce que vous apportez avec vos produits organiques ?
– Quelle est la disponibilité probable de l’azote ?
– Quelle est la restitution humique ?
– Quelle différence de coût et d’intérêt agronomique entre différents produits ?

Agronomie Terroirs a mené une réflexion depuis plusieurs années pour apporter des réponses.
Les analyses classiques offrent des informations nécessaires mais dans certains cas, il est préférable d’approfondir.
Le C/N est une valeur essentielle pour désigner les grandes typologies d’apports. Mais, pour les produits dont les C/N sont compris entre 9 et 16, leurs comportements peuvent être très différents. Le C/N ne suffit plus pour les départager.

Dans le rapport organique qui suit, 3 produits sont en comparaison :
– Produit 1 : fumier pailleux plus ou moins composté,
– Produit 2 : compost de bovin viande pailleux,
– Produit 3 : un produit commercial « type amendement ».
Les C/N se ressemblent tous : autour de 13-14. Mais le résultat de l’azote disponible probable et de la restitution humique sont très différents. Le calcul des coefficients de disponibilité probable de l’azote varie entre 12 et 47 % !

Analyse physique de trois types de produits organiques
Analyse physique de trois types de produits organiques
Fractionnement organique de trois types de produits organiques
Fractionnement organique de trois types de produits organiques

Tout d’abord :
– Il faut comparer les taux de Matière sèche / Matière brute.
– Ensuite : cette matière sèche se compose de matière organique et de matière minérale. Y a-t-il une différence ?

Il y a organique et organique !

Cette matière organique se décompose en 4 fractions :
– La lignine : la matière organique « dure »,
– Et la partie facilement décomposable : la cellulose, l’hémicellulose, et la fraction soluble. Ces 2 dernières sont très facilement minéralisables.
Que se passe t’il ensuite ? Votre produit va immobiliser de l’azote pour se dégrader. Plus il y aura de la lignine, plus l’immobilisation de l’azote sera importante et plus la restitution humique sera importante. Alors, votre produit, va-t-il fournir de l’azote ou prendre de l’azote au sol ?
Il sera important de déterminer :
– l’objectif de votre apport organique selon les besoins de votre sol, de votre culture et du climat ;
– si votre produit immobilise ou relargue de l’azote ;
– la restitution humique probable.

En reprenant les travaux de Lefèvre, Hiroux et Yvart :
– Nous estimons l’azote probable disponible,
– Nous comparons les coefficients de disponibilité probable de l’azote,
– Nous estimons une approximation de la restitution humique.


3
avril
2024

Sol sableux des Landes, « dans le coin »

Formation GEDA Adour Atlantique en mars 2024
Formation GEDA Adour Atlantique en mars 2024

En 2019, j’avais fait une formation pour le groupe GEDA Adour Atlantique sur la fertilisation. Grâce à Jérôme Dubertrand, j’ai la chance de les rencontrer de nouveau, pour creuser le sol et échanger sur les stratégies agronomiques.
Cette journée s’est passée le 13 mars 2024 à Soustons (40), au-dessus de Bayonne, dans le Sud-Ouest.

Examens de deux profils de sol

Premier profil de sol
Premier profil de sol

Ouille ! Sol très sableux et quel manque de porosité !
Le 13 mars, c’était humide, donc le sol s’effritait. Mais je n’ose pas imaginer en plein d’été quand le sol est sec ! ça doit être du béton et en plus, il y a très très peu de porosité visible.

Deuxième profil
Deuxième profil

De 30 à 70 cm, très très peu de porosité.
De 0 à 30 cm, la structure s’effrite très fortement malgré les racines.
La parcelle est en labour, monoculture de maïs conso, avec couvert végétal.

« Nous, on est au coin », dit Christophe.
Le coin, au niveau texture du sol, avec plus de 90% de sable (dont 70% de de sable grossier). Et cela, même en profondeur à 70 cm, dans certains profils (pas tous).
« Au coin », sous-entendu « à part ». La CEC est extrêmement faible autour 3 meq/100g Terre (la CEC s’étend généralement de 3 à 25 meq/100 g terre sur nos sols). La capacité de fixation est extrêmement faible, on le sait. Ces sols ont une structure très fragile. Tout le monde le sait.

Triangle des textures
Triangle des textures

Mais en regardant ce tableau des textures, ils ont vu à quel point ils étaient « dans le coin »...

Évolution des pratiques culturales vitales pour la durabilité

Pluviométrie à Magescq
Pluviométrie à Magescq

Vers Soustons (Magescq à quelques km), ils ont par chance 1 300 mm de pluie par an en moyenne et de l’irrigation (entre 1700-3000 m3/ha).
La diversification est grande ….. dans le maïs : maïs grain, maïs doux, maïs semence….
La plupart du groupe pratique les couverts végétaux. Certains font du non labour (peu) et très peu font de la rotation.

Les évolutions agronomiques seront axées sur :
– la densification des couverts végétaux.
– le non labour sur les parcelles en maïs grain et maïs doux, au moins. En maïs semence, la pression des « firmes » est forte. Elle refroidit le changement pour des questions de salissement, notamment.
– Pour augmenter les chances d’évolution, j’ai insisté sur le fait que faire du non labour ne signifie pas de rentrer par une porte et ne plus y ressortir.
Le fait de dire : "qu’ils peuvent revenir au labour selon leurs besoins, que cela n’allait pas tout détruire ce qu’ils construisaient", les a rassuré et conforté dans l’envie d’essayer le non labour.
– Les semis à 40 ou 60 cm permettent de limiter le salissement, notamment en non labour.
– Enfin, introduire du soja dans la rotation, permettrait de déplafonner des parcelles qui sont limites en rendement et d’améliorer la marge économique.