Ulrich SCHREIER

  • Pâturage tournant dans le Gers
  • Pâturage tournant dynamique - brebis dans un couvert biomax
  • L'azote synthétique détruit les agrégats du sol
24
septembre
2019

L’expérience de Jéna sur la biodiversité végétale

La diversité l’emporte sur la monoculture : un mélange avec 16 plantes sans fertilisation produit plus de biomasse qu’une monoculture avec fertilisation NPK.

Photo site expérimentation JenaL’expérience de Jéna sur la biodiversité prairiale est l’une des plus anciennes de ce type en Europe. Implantée en Allemagne près de Iéna sur un terrain de 10 ha divisé en 400 parcelles, elle s’appuie en partie sur des expériences antérieures telles que BIODEPTH ou les expériences sur la biodiversité (E120) menées à Cedar Creek aux États-Unis. Installé en 2002, la partie principale de ce projet est basée sur des communautés de plantes composées de 1 à 60 espèces issues de 1 à 4 groupes fonctionnels.
Ce dispositif est utilisé par plusieurs équipes de chercheurs afin d’étudier des processus écosystémiques sur le long terme. Leurs observations montrent clairement que beaucoup de processus dans une prairie dépendent non seulement de la présence ou de l’absence de légumineuses ou de graminées, mais que la diversité en espèces et en groupes fonctionnels est aussi un facteur important : la plupart des processus pertinents pour l’agriculture tels que la production de biomasse, la perte d’azote, le stockage de carbone et les effets des pathogènes sur les différentes plantes ont bénéficié de l’augmentation de la diversité en espèces et en groupes fonctionnels. De plus, il a été noté que chaque plante contribue individuellement au fonctionnement de l’ensemble d’un écosystème (HECTOR et BAGCHI, 2007), suggérant qu’une augmentation de la diversité apporte des bénéfices à plusieurs processus simultanément.

Publication en anglais dans Basic and Applied Ecology Volume 23, Pages 1-74 (Septembre 2017) : Biodiversity effects on ecosystem functioning in a 15-year grassland experiment : Patterns, mechanisms, and open questions

Publication en français de septembre 2008 : L’expérience de Jéna montre les avantages de la biodiversité végétale pour les prairies

Vidéo Youtube
Site Web du Jena Experiment

La diversité l'emporte sur la monoculture

Abondance et diversité végétale dans le sol

Abondance et diversité végétale sur la partie aérienne

Effet sur différents processus de la diversité végétale


3
juin
2019

Les concepts de base de l’agriculture régénérative

Les concepts de base de l’agriculture régénérative de John Kempf - Advancing Eco Agriculture (AEA)
1 - Les plantes en bonne santé résistent aux maladies et aux ravageurs
2 - Une bonne nutrition minérale soutient l’immunité des plantes
3 - Les métabolites microbiens sont la meilleure source de nutrition
4 - La qualité détermine le rendement
5 - Des plantes saines créent des sols sains.
et en annexe : La Pyramide de Santé des Plantes de John Kempf.

A découvrir dans le document pdf ci-joint.

Des plantes saines créent des sols sains ; ici une association triticale-luzerne
Des plantes saines créent des sols sains ; ici une association triticale-luzerne

10
janvier
2019

Le développement successif et symbiotique des plantes et de la vie du sol

Dr. Elaine Ingham, biologiste américaine de réputation mondiale, connue aussi pour
ses travaux sur le réseau alimentaire du sol (Soil Food Web), le thé de compost et la fertilisation foliaire, a étudié des milliers d’échantillons de sol à travers le Globe. Cette étude a notamment révélé une relation entre les propriétés chimiques et micro-biologiques du sol et le type de plantes qui y poussent, chaque plante étant accompagnée d’un ”cheptel” micro-biologique caractéristique.
Un phénomène particulièrement intéressant concerne la corrélation entre le type de végétation qui pousse sur un lieu d’une part et le ratio champignons/bactéries (C/B) et carbone/azote (C/N) de l’autre.
La suite de cet article est à lire dans le document ci-joint, richement illustré.
Bonne lecture !
Le développement successif et symbiotique des plantes et de la vie du sol


31
août
2018

Inra - La régulation des bioagresseurs est meilleure en bio qu’en conventionnel

C’est la conclusion d’une méta-analyse de grande envergure de la littérature scientifique publiée par l’INRA dans "Nature Sustainability" du 16 juillet 2018 et repris dernièrement par les médias grand public (lien du communiqué de presse de l’INRA : http://presse.inra.fr/Communiques-de-presse/AB-regulation-bioagresseurs

Suite à télécharger dans ce document joint. Inra - La régulation des bio-agresseurs est meilleure en bio qu'en conventionnel


11
avril
2018

La vie du sol change les règles de la fertilisation

Les analyses de sol habituelles ne donnent pas une image complète des éléments fertilisants présents dans un sol. Elles ne tiennent compte que des minéraux facilement mobilisables par les solutions d’extraction utilisées dans le contexte des méthodes analytiques classiques, et non pas de tous les éléments présents dans la roche mère, les limons, le sable, l’argile et certains complexes carbonés que seuls les microorganismes sont capables de mobiliser.
Obéissant aux lois du monde de la vie, la biologie peut nous libérer de certaines contraintes purement physiques et chimiques, qui dominent dans un système pauvre en humus et en micro-organismes, où la disponibilité des différents éléments est étroitement liée au pH et à leur présence dans une forme soluble ou facilement mobilisable.
Les modèles basés sur les analyses de sol classiques et la restitution des éléments exportés par la récolte n’ont donc qu’une valeur limitée étant donné que le stock effectif de nutriments est beaucoup plus important que les valeurs indiquées par les analyses habituelles. Quant à l’azote, généralement le facteur limitant, notamment en bio, les bactéries et les complexes humiques présents dans un sol en bon état et riche en microorganismes et en matière organique, peuvent fournir tout l’azote dont les cultures ont besoin (voir l’exemple du maïs montré dans le document joint)
La vie du sol change les règles de la fertilisation


6
juin
2017

Un manque de soufre fait souffrir tout le monde !

Le manque de soufreAu même titre que le carbone (C), l’azote (N), l’oxygène (O) et l’hydrogène (H), le soufre (S) fait également partie des éléments essentiels aussi bien du sol que de la plante. C’est un constituant incontournable de deux acides aminés, la méthionine et la cystéine, de nombreuses protéines, de différentes enzymes et notamment du complexe argilo-humique qui est aussi bien le ”garde manger” que la ”charpente” du sol. Le soufre a ainsi une influence directe sur la vigueur et la santé des plantes, les rendements, le taux et la qualité des protéines, la formation d’humus et, par voie de conséquence, sur la vitesse de développement et la fertilité d’un sol. Or, contrairement à ses quatre frères, présents en grandes quantités dans l’atmosphère, le soufre est beaucoup moins disponible, notamment dans les fermes sans élevage, et demande donc une attention tout à fait particulière de la part de l’agriculteur.
Comme la formation d’humus et la progression vers l’auto-fertilité du sol sont impossibles sans soufre, on ne peut que s’étonner que cet élément ne soit presque jamais inclus dans les analyses. D’habitude on n’évoque que le C, le N et le rapport C sur N, mais on ne parle que rarement du S et du rapport C sur S, cet autre paramètre essentiel du complexe argilo-humique dont le rapport se situe aux alentours de 50 à 70 sur 1. Pour pouvoir augmenter le taux d’humus d’un sol, il faut donc un rapport C/N/S de 100/10-13/1-1,5, c’est à dire la présence en quantités suffisantes de chacun de ces trois éléments clé . Dès qu’il y en a un qui fait défaut, le développement de la plante et la formation d’humus sont affectés, l’élément manquant étant souvent lié au mode de production : l’azote en bio, le carbone en conventionnel, le soufre étant le parent pauvre un peu partout.
Symptômes carence en soufre sur bléTout le monde souffre donc dès l’instant où le soufre manque  : la plante pour son développement et sa santé, le sol par son incapacité de former de l’humus et une bonne structure, l’agriculteur par des pertes de rendements et un déclassement éventuel de sa récolte, le consommateur par une moindre qualité de son alimentation avec son effet délétère sur la santé ! A ces problèmes, s’ajoutent les effets négatifs sur l’environnement et le climat.
Des cultures diversifiées, des sous-semis et des inter-cultures composés de graminées (C), de légumineuses (N) et de crucifères (S), augmentés si nécessaire par des apports d’engrais soufrés sont un bon moyen pour gérer l’équilibre C/N/S et augmenter progressivement le taux d’humus et le volant d’auto-fertilité du sol. Cette stratégie peut se combiner avec la fertilisation foliaire et, pour les fermes en bio, par l’emploi de certaines substances issues de la biodynamie dont notamment la bouse de corne (500P), la silice de corne (501) et la préparation 502 à base d’achillée millefeuille qui agit plus particulièrement sur le métabolisme et la mobilisation du soufre.
Liens :
Ulrich Schreier : Est-ce que notre agriculture fait la vie belle aux adventices et aux ravageurs
Ulrich Schreier : Nourrir la plante par l’humus
Adresse URL de ce document : http://vernoux.org/agronomie/un_manque_de_soufre_fait_souffrir_tout_le_monde.pdf