Météo, cultures de printemps et vulpin

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Parcelle de blé infestée de vulpin (J. Bullock)Mes remarques et pensées sur ce blog ont été un peu limités cette année en raison des extrêmes climatiques que nous avons connus : pluies excessives, inondations, sécheresses, … ce qui a mis le chaos dans les cultures et les rotations. J’ai compris que cela avait été pareil pour de nombreux agriculteurs dans la partie Ouest de la France.

Une chose que je suis vraiment content de vous rapporter est que l’agriculture de conservation et une bonne gestion des sols a été capable de mieux gérer ces conditions climatiques extrêmes que ceux qui utilisent la charrue comme base de leur système de production. Pour notre part nous avons dû semer davantage de cultures de printemps mais ceci a ses avantages.

Un promeneur qui visiterait les terres cultivées du Royaume-Uni pourrait penser que le blé d’hiver et le colza étaient les seules cultures capables de pousser cette année, cela est vrai sur beaucoup de fermes puisqu’il s’agit des cultures qui rapportent le plus : si vous êtes un bon « business man », ce sont les cultures à produire (nous appelons ça l’agriculture de la calculette). Mais si vous êtes un bon agriculteur et « gardien de la terre » il s’agit d’une rotation extrêmement pauvre. Nous savons depuis des années que notre adventices principale est le vulpin qui deviendra incontrôlable si nous continuons à enchaîner les cultures d’hiver et que de plus en plus de fermes ont des problèmes de résistance à la solution chimique principale à notre disposition (Atlantis de Bayer : mesosulfuron-methyl/iodosulfuron-methyl-sodium). Mais les extrêmes récents qu’à connu notre météo ont accéléré le processus puisque beaucoup ont été obligés de détruire leurs cultures et de ressemer au printemps, uniquement en raison des hauts niveau d’infestation en vulpin de leurs parcelles.

La culture de printemps n’est pas une solution totalement efficace pour contrôler le vulpin car c’est une plante sauvage qui peut germer durant des périodes très longues, principalement en automne tardif mais parfois aussi en mai dans le maïs. Nous avons d’ailleurs encourager ces dernières en appliquant les herbicides uniquement à l’automne sans avoir rien d’efficace au printemps (tout du moins légalement).

Pour nous la solution a été de cultiver davantage de cultures de printemps, ce que nous avons tenté d’éviter dans le passé puisque le rendement des cultures de printemps n’est pas fiable, étant lié aux pluies de la saison. Cependant, comme l’agriculture de conservation et le semis direct nous ont permis d’augmenter nos chances de succès au printemps (spécialement le blé de printemps et les féveroles), si bien qu’aujourd’hui elles sont aussi rentables que les cultures d’hiver ; nous avons converti notre rotation en faisant se succéder un blé d’hiver et un blé de printemps, puis des féveroles avant un colza ou un autre blé. Cela nous permet à la fois de contrôler efficacement les adventices tout en installant des couverts végétaux (le sujet d’un prochain post). Au final, nous pensions aller vers un désastre complet mais à long terme il semble que nous soyons devenus de meilleurs agriculteurs.

Je rajouterai pour finir que nous avons maintenant plus de 100 membres à BASE UK et que nous sommes ravis d’être entrés en contact avec les membres des groupes français de BASE. J’attends avec impatience d’être capable de partager plus encore avec les producteurs de l’autre côté de la Manche… c’est à nous de développer l’AC pour l’adapter à nos propres conditions en Europe de l’Ouest.

Semis direct du colza derrière couvert (J. Bullock)

Colza d'hiver une semaine après le semis (crédit : J. Bullock)

Féverole de printemps deux semaines après le semis (crédit : J. Bullock)

Blé de printemps deux semaines après le semis (crédit : J. Bullock)



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