La vulpie queue-de-rat (Vulpia myuros) s’impose comme une nouvelle menace pour les systèmes agricoles d’Europe de l’Ouest.
À partir d’une enquête en ligne menée auprès de 471 agriculteurs (France, Royaume-Uni, Suisse, Italie, Belgique, Allemagne), que nous avions relayée sur notre site, cette étude dans laquelle l’Inrae de Dijon a participé, montre que 65% des répondants observent cette espèce sur leur exploitation, avec des infestations le plus souvent récentes (moins de 5 ans) mais en progression pour plus d’un tiers d’entre eux. La plante se développe surtout dans les cultures d’hiver et davantage en travail du sol réduit ou en semis direct qu’en labour, sans que ce dernier ne garantisse à lui seul un contrôle efficace.
Espèce difficile à maîtriser
Si 65% des agriculteurs concernés jugent l’espèce difficile à maîtriser, seuls 34% anticipent une perte de rendement, ce qui suggère que son impact réel pourrait être sous-estimé à long terme. Les résultats révèlent aussi des disparités notables entre la France, où les infestations sont plus anciennes et plus étendues, et le Royaume-Uni, où elles sont plus récentes. Ce travail souligne l’urgence d’une reconnaissance précoce et d’une gestion intégrée (combinant leviers chimiques et culturaux) pour limiter l’expansion de cette graminée avant qu’elle ne devienne un problème majeur.
L’ensemble des chercheurs impliqués tient à remercier les agriculteurs ayant répondu à l’enquête.