La plateforme qui catalyse l’agroécologie est en de train de germer… et sa fertilité dépend de vous

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Chronique Landfiles n°1 - janvier 2019

L’année 2019 naît dans un terreau - de challenges - très fertile. Défi de l’Agriculture Biologique de Conservation et du sans glyphosate. Donner à ceux qui mangent le pouvoir d’influencer les choix de ceux qui nourrissent. Et offrir aux étudiants qui manquent de situations concrètes la possibilité d’aider les agriculteurs qui ont du pain - complet - sur la planche.

Tout cela dans un contexte où ceux qui diffusent, forment, enseignent l’agroécologie commencent à être en compétition. Mais il reste un défi : comment favoriser le partage des connaissances et des expériences vécues par les agriculteurs sur le terrain, dans un monde où les informations circulent en masse sans capitalisation ? La jeune application Landfiles est sans aucun doute une réponse.

« J’ai déjà Twitté »

Voilà ce que me répond Dominique Luherne, agriculteur en Bretagne, lorsque je lui donne la possibilité de tester l’application sur son smartphone. Une première réponse que je comprends, après tout. Alors que les agriculteurs utilisent Facebook, Whatsapp, Twitter, Instagram, pour les réseaux sociaux, Mes Parcelles, Géofolia, pour le suivi des cultures, à quoi bon envahir mon écran avec une nouvelle application, dans un smartphone qui est parfois un parasite plutôt qu’une véritable aide au quotidien ? Dominique utilise son compte Twitter comme un vrai fil d’actualités de sa ferme : photos de parcelles suivies sur une campagne, approfondissement de certains sujets qui posent question dans son système. Pourtant, quand je cherche à mieux comprendre les choix agronomiques de Dominique, c’est juste impossible avec Twitter. Ou alors il faut prendre 2 heures pour éplucher les twitt et récupérer quelques informations. Rien n’est capitalisé.
Une étude menée par Terre-net en 2015 indique que 15% des agriculteurs ne sont pas satisfaits des applications agricoles qu’on leur propose. Ces derniers seraient-ils à la recherche d’une application qui connecte les cerveaux d’humains innovants en agroécologie ?

« WhatsApp répond à une partie de mes besoins »

2018 a vu l’explosion des groupes WhatsApp. L’application est accessible à ceux qui n’utilisent pas - ou ne veulent pas se laisser distraire par - Facebook. On y partage messages, photos, vidéos, documents. Félix Noblia, agriculteur dans le Pays-Basque, est très actif sur un groupe privé « Agriculture Biologique de Conservation » (ABC) partagé par une cinquantaine d’agriculteurs et conseillers. Mais ceux qui sont moins actifs ratent beaucoup de messages, ce qui laisse des « vides » dans la compréhension des thématiques et la communication au sein du groupe. Et les nouveaux arrivants dans le groupe n’ont accès à aucun des échanges précédents.
Alors, avec le co-créateur de Landfiles Nicolas Minary, Félix a impulsé la création d’un groupe Landfiles ABC, où sont capitalisés les suivis de parcelles des membres. Et en plus, ces derniers peuvent faire remonter à Landfiles leurs nouveaux besoins, comme par exemple la réalisation d’un tutoriel vidéo pour démarrer sur l’application.
Le réseau social Landfiles
Landfiles peut devenir une base solide de connaissances pour des groupes de producteurs. Elle peut aussi être un rendez-vous inter-générationnel - entre agriculteurs d’aujourd’hui et de demain - et inter-contextes pour renforcer le partage des expériences pour l’agroécologie sur notre planète. A travers l’application, vous avez un accès en direct à ce que font les agriculteurs des groupes que vous suivez sur leur ferme, un accès à des essais agroécologiques de France et du monde, et vous pouvez partager les actions du quotidien avec une communauté globale d’agriculteurs.

Pour Nicolas Minary, informaticien né dans l’agriculture, « l’innovation est faite par les agriculteurs. Je trouve que l’usage actuel de Whatsapp et Facebook est gênant : les informations sont diffusées, mais non capitalisées. Tout est perdu pour les agriculteurs, tout est gagné pour Facebook. Or, la recherche agronomique du futur sera participative ou ne sera pas. Sans capitalisation de la connaissance, on progresse très lentement . »

Landfiles répond à une demande là où d’autres applications sont absentes. Et de nombreuses possibilités d’utilisation de la plateforme ne sont pas encore nées, car elles dépendent de ceux que vous imaginez.

Je n’arrive pas à me défaire de cet « optimisme de survie » : je sais que cette nouvelle année sera plus riche en photosynthèse que la précédente. Landfiles trouve sa place dans la boîte à outils agroécologique de ceux qui veulent catalyser la transition.

Alors, un petit tuto vidéo pour commencer ?
https://youtu.be/PNTubm7QO4E

Plus d’informations sur https://landfiles.fr

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Nicolas, sur la ferme de son frère, éleveur de Montbéliardes dans le Haut Doubs


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