Méthanisation : En quoi ça consiste ?

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Méthanisation : des éléments de réponse :

JPEG - 271.4 koAppelée aussi « digestion anaérobie », ce qu’on appelle méthanisation est simplement le processus de dégradation de la matière organique contenu dans :

des substrats agricoles, tels que les lisiers, fumier, résidus de récolte, eaux de salle de traite, marcs de raisins, etc... des sous-produits agro-industriels : abattoirs, effluents de chais, laiteries, fromageries, etc... ou des déchets de collectivités : tontes, boues d’épuration... …Le tout sans oxygène (anaérobie) et en conditions contrôlées. Cette « digestion » se fait grâce à des micro-organismes, bactéries et archée, présents naturellement dans les déjections animales notamment, qui minéralisent la matière organique en un « biogaz ». Celui-ci est composé de méthane (CH4) et de dioxyde de carbone (CO2) et valorisable sous forme d’énergie : il peut être transformé directement en électricité revendu à EDF –via un « cogénérateur » - en chaleur –via une chaudière - ou alors être injecté directement dans le réseau de gaz naturel après une étape de purification, devenant du « biométhane ».

La décomposition de la matière organique produit également de la matière humide riche en matière organique et partiellement stabilisée, appelée « digestat ». Ce dernier possède des qualités agronomiques et économiques très intéressantes, donc valorisable sous forme de fertilisant.

JPEG - 26.7 ko Source : guide pratique Ademe Le processus comporte quatre étapes, dont celle, ultime, de la « méthanogénèse », pendant laquelle est produit le méthane. Pour favoriser une bonne activité enzymatique des micro-organismes, elle doit se dérouler à des températures comprises entre 35°C et 60 °C en fonction des technologies, dans une enceinte fermée calorifugée, appelée « digesteur »... Ce qui demande donc un investissement important de départ.

Pour la digestion dite « mésophile » (à 35°C), le temps de séjour moyen est de 3 semaines en moyenne. Pour la « thermophile », qui atteint une température supérieure (55-60°C), le temps nécessaire est plus court : de 10 à 15 jours.

Le travail de l’exploitant pendant le processus consiste à maintenir l’équilibre au sein de cette chaîne de dégradation, en apportant dans le digesteur une alimentation stable et équilibrée, conjuguée à une surveillance des paramètres du milieu.

Selon la teneur en matière sèche du déchet à dégrader, on distingue deux types de digestion :

Par voie humide : la plus répandue en Allemagne et la majorité des installations actuelles sont conçues sur ce principe. Elle est bien adaptée aux effluents liquides car la teneur en matière sèche doit être inférieure à 15%. Les digesteurs fonctionnent généralement en alimentation continue, avec des quantités entrante et sortante équivalentes et une production de biogaz importante. Ce sont les installations les moins exigeantes en maintenance. Le digesteur a souvent une forme cylindrique.

JPEG - 516.1 ko Unité de méthanisation liquide en Ille-et-Vilaine. Source : www.aile.asso.fr

Par voie sèche : moins répandue à ce jour, elle concerne les déchets agricoles solides, dont les teneurs en matière sèche sont importantes, entre 15% et 40%. Nécessitant un volume d’installation moindre (donc un coût moins important), les digesteurs par voie sèche sont plus adaptés aux petites structures. Ils peuvent fonctionner en alimentation discontinue, avec des remplissages et vidanges séquentiels, et permettent donc aussi une plus grande flexibilité d’approvisionnement au cours de l’année. L’installation consiste en plusieurs digesteurs (silo ou batchs), placés en parallèle et qui fonctionnent en même temps, mais qui sont chargés en différé.

méthanisation sur fumiers JPEG - 510.3 ko Unité de méthanisation sur fumiers en Vendé, en "batch". source : www.aile.asso.fr



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