De la diversité naît la stabilité

Bérengère de Butler - Est agricole et viticole - 31 octobre 2008 -

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Les généticiens le savent bien, la stabilité d’une espèce est étroitement liée à sa diversité. Ce principe se vérifie avec les systèmes culturaux, et les couverts végétaux en particulier. Leurs avantages sont nombreux : outre la lutte contre le lessivage des nitrates et l’érosion, ils sont aussi des outils de maîtrise des adventices, de recyclage des minéraux, de structuration du sol, de réduction de la pression sanitaire... L’utilisation de cocktails d’espèces permet d’en tirer un bénéfice réciproque.

Réussir un couvert végétal n’est pas toujours aisé, surtout après une culture de printemps qui ne lui laisse guère le temps de se développer. Mais à l’heure où fleurissent les moutardes, force est de constater que leur usage se développe. De nombreuses espèces peuvent jouer le rôle de couvert végétal. Certaines présentent une impressionnante capacité à couvrir le sol et peuvent donc être intéressantes à implanter sur des parcelles traditionnellement sensibles aux adventices. D’autres, grâce à leur système racinaire puissant, ameublissent le sol et le travaillent aussi bien qu’une machine. Et les légumineuses, en fixant l’azote atmosphérique, contribuent à enrichir le sol. En plus de l’azote, les couverts recyclent les autres éléments. D’abord stockés sous forme organique, ils seront ensuite restitués, mais pas dès la première année où une faim en azote peut se produire. Comme toujours en agronomie, la solution simple et unique n’existe pas car chaque espèce présente aussi des inconvénients. La solution se trouve dans la diversité : alterner les couverts en fonction du précédent et du suivant, utiliser des mélanges de couvert... Mélanger pour mieux régner Les mélanges ou cocktails de couverts sont de plus en plus étudiés car leurs avantages sont multiples. Le choix d’espèces complémentaires entraîne des bénéfices réciproques qui se soldent par une augmentation de la biomasse. Chaque plante a sa propre nutrition et privilégie certains nutriments qui seront intégrés au pool organique. Les différents systèmes racinaires vont se compléter et se concurrencer pour une meilleure exploration du sol et une fissuration qu’emprunteront les racines de la culture suivante. La diversité des espèces limite les risques liés aux accidents climatiques et aux ravageurs. Si une espèce ne résiste pas, il y en aura toujours une autre qui proliférera d’autant plus aisément. Les cocktails, en favorisant la production de biomasse, tendent aussi à améliorer la couverture du sol, donc à limiter le salissement et à occuper un maximum de niches écologiques au détriment d’espèces indésirables. Utiliser des plantes se développant plus ou moins tôt dans la saison permet d’avoir un couvert efficace plus longtemps. Enfin, cette technique permet de réduire le coût des semences en “diluant” les graines les plus chères avec celles meilleur marché. Trois règles d’or pour un cocktail réussi Trois règles sont à respecter pour réussir un mélange de couverts végétaux :

- associer des plantes au développement végétatif différent : port érigé et port étalé, des plantes élancées sur lesquels prendront appui des plantes grimpantes...
- adapter la densité de chacune des espèces pour un développement harmonieux
- ne pas hésiter à tester un maximum d’associations.

Un essai à visiter

La Chambre d’agriculture du Bas-Rhin a mis en place une plateforme Engrais verts chez Pierre Ehrhardt à Mundolsheim. 25 modalités implantées après un blé d’hiver apache (96 q/ha) sans effluents organiques sont réunies. Le semis a été réalisé le 1er août sauf pour six modalités implantées en semis direct le 25 juillet. Une visite est organisée le mercredi 5 novembre à 13 h 30. Elle se fera avant le broyage des couverts et les premiers effets du gel (notamment sur moha, sarrasin, sarrasin en semis direct, nyger et nyger en semis direct et trois moutardes de précocités différentes) seront visibles. Des mesures de biomasse et d’azote absorbés seront présentées. Si vous n’êtes pas disponible à cette date, n’hésitez pas à y aller à un autre moment : des panneaux indiquent les espèces semées, à quelle dose et selon quelle modalité. Les couverts sont actuellement bien développés et la plupart sont en fleur, ce qui ne gâche rien. L’essai est situé au bord de la RD63 entre Mundolsheim et Niederhausbergen. Pour plus de renseignements, contactez l’Adar du Kochersberg au 03 88 69 63 44.


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