Un manque de soufre fait souffrir tout le monde !

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Le manque de soufreAu même titre que le carbone (C), l’azote (N), l’oxygène (O) et l’hydrogène (H), le soufre (S) fait également partie des éléments essentiels aussi bien du sol que de la plante. C’est un constituant incontournable de deux acides aminés, la méthionine et la cystéine, de nombreuses protéines, de différentes enzymes et notamment du complexe argilo-humique qui est aussi bien le ”garde manger” que la ”charpente” du sol. Le soufre a ainsi une influence directe sur la vigueur et la santé des plantes, les rendements, le taux et la qualité des protéines, la formation d’humus et, par voie de conséquence, sur la vitesse de développement et la fertilité d’un sol. Or, contrairement à ses quatre frères, présents en grandes quantités dans l’atmosphère, le soufre est beaucoup moins disponible, notamment dans les fermes sans élevage, et demande donc une attention tout à fait particulière de la part de l’agriculteur.
Comme la formation d’humus et la progression vers l’auto-fertilité du sol sont impossibles sans soufre, on ne peut que s’étonner que cet élément ne soit presque jamais inclus dans les analyses. D’habitude on n’évoque que le C, le N et le rapport C sur N, mais on ne parle que rarement du S et du rapport C sur S, cet autre paramètre essentiel du complexe argilo-humique dont le rapport se situe aux alentours de 50 à 70 sur 1. Pour pouvoir augmenter le taux d’humus d’un sol, il faut donc un rapport C/N/S de 100/10-13/1-1,5, c’est à dire la présence en quantités suffisantes de chacun de ces trois éléments clé . Dès qu’il y en a un qui fait défaut, le développement de la plante et la formation d’humus sont affectés, l’élément manquant étant souvent lié au mode de production : l’azote en bio, le carbone en conventionnel, le soufre étant le parent pauvre un peu partout.
Symptômes carence en soufre sur bléTout le monde souffre donc dès l’instant où le soufre manque  : la plante pour son développement et sa santé, le sol par son incapacité de former de l’humus et une bonne structure, l’agriculteur par des pertes de rendements et un déclassement éventuel de sa récolte, le consommateur par une moindre qualité de son alimentation avec son effet délétère sur la santé ! A ces problèmes, s’ajoutent les effets négatifs sur l’environnement et le climat.
Des cultures diversifiées, des sous-semis et des inter-cultures composés de graminées (C), de légumineuses (N) et de crucifères (S), augmentés si nécessaire par des apports d’engrais soufrés sont un bon moyen pour gérer l’équilibre C/N/S et augmenter progressivement le taux d’humus et le volant d’auto-fertilité du sol. Cette stratégie peut se combiner avec la fertilisation foliaire et, pour les fermes en bio, par l’emploi de certaines substances issues de la biodynamie dont notamment la bouse de corne (500P), la silice de corne (501) et la préparation 502 à base d’achillée millefeuille qui agit plus particulièrement sur le métabolisme et la mobilisation du soufre.
Liens :
Ulrich Schreier : Est-ce que notre agriculture fait la vie belle aux adventices et aux ravageurs
Ulrich Schreier : Nourrir la plante par l’humus
Adresse URL de ce document : http://vernoux.org/agronomie/un_manque_de_soufre_fait_souffrir_tout_le_monde.pdf



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