Piéger les nitrates et apporter de l’azote

Patrick Bégos ; Paysan Breton - Semaine du 24 au 30 juillet 2009 -

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Choisir une culture intermédiaire répond à deux objectifs : limiter le lessivage d’azote nitrique lors de l’interculture et réduire, si possible, la fertilisation azotée de la culture suivante.

La fonction environnementale d’une culture intermédiaire piège à nitrate (CIPAN) consiste à absorber le plus possible d’azote minéral du sol avant l’entrée en période de drainage. En effet, pendant cette période, l’azote nitrique peut être lessivé dans le réseau hydrographique. La quantité d’azote absorbé par le couvert est fonction de la biomasse produite et de la disponibilité en azote dans le sol. Les couverts non-légumineuses (crucifères, graminées, phacélie) présentent des quantités d’azote absorbé globalement assez proches, malgré des différences en terme de vitesse et de potentiel d’absorption. Grâce à leur double capacité à absorber l’azote du sol et à fixer l’azote de l’air, les légumineuses présentent de plus fortes teneurs en azote pour un niveau de biomasse donné. Les mélanges crucifères- légumineuses et graminées- légumineuses présentent des teneurs intermédiaires.

La capacité à piéger les nitrates dans le sol

La performance d’un couvert en tant que piège à nitrate s’évalue au moment de sa destruction. On constate, pour les espèces non-légumineuses, une relation entre l’effet piège à nitrate et les quantités d’azote accumulées dans les parties aériennes. Les résultats ne mettent pas en évidence de grande différence entre espèces.

Par contre, le comportement des légumineuses est particulier. Bien que, pouvant absorber des quantités globalement similaires d’azote dans les parties aériennes, leur capacité à réduire le stock d’azote minéral dans le sol est moindre que celle des non-légumineuses.

Cela s’explique d’une part par le fait que le système racinaire des légumineuses peut être moins performant que celui d’une graminée ou d’une crucifère pour absorber l’azote minéral dans le sol (enracinement moins profond et moins dense du pois par exemple). Là encore, les mélanges crucifères-légumineuses présentent des performances intermédiaires.

Restitution de l’azote à la culture suivante

Par rapport à un sol nu, un couvert a un effet dépressif sur le stock d’azote initial et restitue plus ou moins d’azote par minéralisation après destruction. Par rapport à un sol nu, les couverts non-légumineuses sont soit sans effet, soit réduisent le reliquat sortie hiver. En effet, ils réduisent assez fortement le stock initial, tout en restituant assez peu d’azote par minéralisation pendant l’hiver ce qui, en situation de faible lessivage, entraîne une diminution du reliquat sortie hiver.

À l’opposé, les couverts légumineuses présentent un effet neutre ou positif sur le reliquat sortie hiver, à la fois par une moindre efficacité dans la réduction du stock d’azote minéral à l’entrée drainage et par une minéralisation plus importante d’azote provenant des résidus après destruction. Les mélanges crucifères-légumineuses et graminées-légumineuses présentent des performances intermédiaires.

La minéralisation de l’azote des résidus du couvert débute dès sa destruction. Dans les 6/9 mois qui suivent, elle représente au maximum 50 % de l’azote total absorbé. Plus la teneur en azote du couvert et la quantité absorbée sont élevées, plus la minéralisation est importante. Plus la période entre la date de destruction du couvert et la date de mesure du reliquat sortie hiver est longue, plus la fraction restant à minéraliser est faible. Ce complément de minéralisation dû à la culture intermédiaire n’excède pas 30 kg N/ha, ce chiffre correspondant à un couvert de légumineuses pures.


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