Journée agronomie Sulky / RECO

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RECO, l’importateur de la gamme de semoir Sulky au Royaume-Uni a récemment organisé une journée technique pour lancer l’EasyDrill sur le marché anglais. Beaucoup d’agriculteurs pratiquent une forme ou une autre de TCS (45%), cependant, les rotations de cultures restent très banales (le plus souvent limitées à une, deux ou trois espèces). Quoiqu’il en soit, le concept de couverture continue des sols entre les cultures avec autre chose que des résidus est une idée totalement nouvelle.

Nous avons eu la chance d’avoir Frédéric Thomas, venu nous apporter son expérience de l’agriculture de conservation, non seulement comme agronome et conseiller mais aussi comme agriculteur. Sa vision de l’agriculture écologiquement intensive semble être la voie d’avenir de l’agriculture européenne. Non seulement, elle résout beaucoup de problèmes environnementaux créés par l’agriculture, mais permet également aux agriculteurs de travailler dans une situation financière plus stable. La particularité de ce type d’agriculture est que chaque élément du système doit être connu au préalable pour avoir une vue d’ensemble.

Frédéric a commencé par souligner l’importance de demeurer rentable avec le poids croissant de l’énergie dans les coûts de production, qu’il s’agisse du fuel, de la mécanisation, des phytosanitaires ou des engrais. Ainsi, la fertilisation azotée représente un coût de 50% des besoins énergétiques en céréaliculture, nécessite de développer des pistes destinées à maintenir l’azote dans les sols, à en perdre moins, voire à en fixer avec des cultures de légumineuses ou des couverts végétaux.

Dans beaucoup de pays européens le semis de couverts végétaux est maintenant obligatoire pour les longues périodes d’interculture, les intercultures hivernales par exemple. La lixiviation de l’azote peut être réduite de 50% quand un couvert efficace est mis en place. Frédéric a expliqué l’importance de faire pousser des couverts avec le même soin technique que l’on met à faire pousser des cultures de vente : avec des biomasses de 7-8 t/ha on peut fixer quelque chose comme 50 à 100 unités d’azote. Un mélange d’espèces va de plus croître sur différents niveaux dans l’espace, diverses architectures aériennes, différents systèmes racinaires et , en plus, on est assuré d’avoir une couverture sans compter l’étouffement des adventices. Le choix des espèces du mélange est très complexe et influence non seulement la demande de technicité mais également le coût, la disponibilité et l’adaptation des semences.

Il a ensuite souligné l’importance d’avoir une structure de sol verticale qui permette à l’eau de monter et de descendre dans le profil ; cette organisation pouvant s’obtenir si besoin à l’aide de fissurations. Les vers de terre sont des acteurs essentiels pour maintenir ce type d’organisation et doivent être favorisés : ils ont pour cela besoin de ressources alimentaires telles que les résidus de culture et de couverts végétaux. Le concept de travail très superficiel fut également abordé, dans le but non seulement de contrôler les adventices mais également les limaces.

La rotation est la clé de la réussite en agriculture écologiquement intensive. A ce titre, introduire une légumineuse et si possible une culture de printemps dans la rotation est bénéfique non seulement en terme de fertilité du sol mais aussi pour contrôler le salissement. Avec les possibles restrictions européennes d’usage de certains pesticides et de réduction des doses d’azote, la diversification des rotations va devenir essentielle.

Laurent Martinez, de la société Agronutrition, a développé le concept de fertilisation starter qui est actuellement développé en complément du semis direct. Agronutrition n’est pas seulement spécialisé dans la fertilisation des grandes cultures mais également dans l’arboriculture, le maraîchage et la vigne. En Angleterre il arrive souvent qu’une culture correctement semée devienne vulnérable une fois que la semence a consommé toutes ses réserves nutritives : attaques de limaces, hydromorphie ou mauvaises enracinement sont des facteurs à risque.

Le facteur sans doute le plus important est l’immobilité de certains éléments clés dans le sol, par exemple le phosphore qui doit se situer à moins de 2,5 mm des racines, le calcium ou le magnésium à 5 mm et le potassium à 7,5 mm. La température du sol à un impact sur l’assimilabilité du phosphore, sachant que seulement 30% du phosphore chimiquement disponible le sera effectivement à une température de 13°C (100% à 20°C). Ce paramètre explique sans doute une partie des problèmes que l’on peut rencontrer sur des cultures en semis direct.

Les engrais starter d’Agronutrition destinés aux céréales et au colza ont été développés pour éviter les phytotoxicités au semis et sont sous forme de micro-granulés qui peuvent être placés au plus près de la racine pour une absorption maximale. La dose d’application est inférieure à 20 kg/ha (selon le produit et la culture) ce qui devrait ne pas poser de problèmes de surpoids et de manipulation lors des semis.

Lors du tour de plaine, Frédéric a pu démontrer sur le terrain, dans un profil de sol, les concepts qu’il avait développé dans la matinée. Christophe de Carville a expliqué de manière approfondie le concept de l’EasyDrill, avant qu’ait lieu une démonstration de la machine. Même si le semoir ressemble beaucoup à d’autres machines présentes sur le marché, c’est l’une des seules qui soit utilisable aussi bien en système labouré, quen TCS ou en semis direct dans de gros volumes de résidus. Sulky a travaillé avec Agronutrition sur le concept FertiSem, une version de l’EasyDrill adaptée à la fertilisation starter.

Pour ma part, en tant qu’agriculteur suivant cet évènement, cela m’a permis de reconsidérer une nouvelle fois beaucoup d’aspects de nos systèmes de culture. Quand nous avons commencé à réduire le travail du sol et à semer en direct voilà déjà 12 ans de cela, tout ce que nous regardions c’était la manière de travailler et les solutions mécaniques et chimiques à nos problèmes d’implantation. Je comprends maintenant qu’il s’agit en fait d’un système complet et que nous n’avons pas assez prêté suffisamment d’attention à nos rotations et à la fertilité du sol. Nous allons sûrement regarder de plus près les fertilisations starter et je pense que nous avons au moins la place pour un couvert végétal dans notre rotation (entre le blé et le maïs grain). Je suis maintenant dans une démarche d’acquisition d’un nouveau semoir et l’EasyDrill FertiSem semble avoir la plupart des caractéristiques que nous recherchons ... tous ce que nous avons besoin après c’est d’une bonne récolte et des prix de vente corrects !



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