Yvon Le Caro est ingénieur agricole de formation, géographe de profession, mais aussi petit paysan bio, intéressé depuis longtemps par les questions agronomiques.
Il y a quelques semaines, il nous a proposé de diffuser une enquête. Celle-ci appuie ses travaux de recherche sur l’évolution contemporaine des systèmes agraires et, en particulier, sur l’évolution des significations et représentations associées au pacte néolithique (depuis 10000 ans, « ce sont les paysans qui nourrissent les gens »)
Cette enquête s’adressait à des agriculteurs et agricultrices, paysans et paysannes qui se reconnaissent dans une forme d’agroécologie, soit qu’ils et elles estiment la pratiquer déjà soit qu’elle guide le futur de leur ferme…
Une majorité de répondants bio bretons
Yvon Le Caro nous a aimablement transmis le résultat de cette enquête que vous trouverez dans son intégralité en pièce jointe.
60 personnes ont répondu à l’enquête dont 37 entièrement. Sur ces 37 réponses, 34 exploitations sont certifiées bio et 30 ont un élevage. Leur taille moyenne est de 51 ha, un peu inférieure à la moyenne nationale du fait du taux de fermes maraichères et bretonnes. En effet, une grande proportion de répondants sont en Bretagne.
Dans l’enquête, il était demandé d’apprécier l’impact soit de l’agroécologie, soit de l’agriculture industrielle sur différents sujets. L’étude de l’enquête a, in fine, permis de classer les facteurs qui semblent les plus favorables aux agroécologistes interrogés.
Facteurs clé favorables à l’agroécologie et éléments dangereux
6 facteurs sont retenus par plus d’un répondant sur deux et semblent donc des clefs favorables pour l’agroécologie :
Les réglementations de protection de la nature et de l’environnement ;
L’exigence d’égalité entre les femmes et les hommes en agriculture ;
L’attention de la société au bien-être des animaux d’élevage ;
L’attrait des consommateurs pour les produits locaux ;
Les produits locaux et bio en restauration collective (loi Egalim) ;
Le soutien public aux voies de diversification (vente directe, tourisme, etc.).
Les éléments qui semblent les plus dangereux pour l’agroécologie, pour les interrogés, tiennent :
à la mondialisation (commoditization, importations),
à la recherche de prix bas par les consommateurs,
à la compétition entre agriculteurs (agrandissement, technologies),
aux inégalités,
au changement climatique,
aux critiques morales (rewilding et antispécisme), quoique faiblement.
la conclusion de cette enquête n’est pas si aisée puisqu’il aurait fallu au minimum 100 réponses. La région bretonne est également sur-représentée ainsi que les petites exploitations en bio (très peu, au final, en ACS).
Nous vous laissons découvrir dans le document joint, les éléments de "conclusion" avancés néanmoins par l’auteur.