Adventices : pourquoi sont-elles là ?

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Et si vous vous posiez la question du « pourquoi » de leur présence ?

Chiendent, liseron, érigéron, chardon… En plus de lutter contre les nuisibles qui envahissent vos parcelles, il faut aussi se demander pourquoi elles s’y développent... C’est la notion de plantes dites « bio-indicatrices », défendue par un botaniste, Gérard Ducerf : « Une plante ne pousse pas par hasard. Lorsque vous la rencontrez dans une de vos parcelles, elle a un rôle à jouer dans cet endroit là, à ce moment là », explique l’expert botaniste. Les plantes et leur milieu sont en effet en fortes interactions : le développement d’un plante particulière ne sera possible que si un certain nombre de critères liés au sol sont réunis, comme par exemple l’érosion, l’hydromorphisme, le taux de matière organique, etc.

En se basant sur ce concept, la présence de telle ou telle adventice est donc à associer à des particularités du sol, qui sont eux-mêmes parfois la conséquence des pratiques d’entretien. D’un simple inventaire de la flore présente et de son taux de couverture, on peut ainsi en déduire l’état de son sol : « Les mauvaises herbes, dont on veut se débarrasser, sont en fait des indicatrices de l’évolution du sol et permettent de prévoir des dysfonctionnements avant qu’ils ne se manifestent et qu’il soit trop tard pour les réparer », explique le botaniste. En fonction des adventices présentes et de leur signification, on peut ensuite envisager une modification des pratiques d’entretien et/ou de fertilisation, ce qui suffit parfois pour faire disparaître « naturellement » des espèces envahissantes après seulement quelques années.

L’érigéron (ou vergerette) et le chardon sont par exemple associés à des problématiques de compaction des sols ; en viticulture, ces adventices peuvent apparaître dans des plantations, suite à d’importants travaux d’aménagement des parcelles ayant entrainé un tassement des sols. En grandes cultures, on les retrouve également bien souvent sur des parcelles ayant longtemps été désherbées chimiquement, où l’absence de tout travail mécanique et la multiplication des passages ont accentué le phénomène. « Dans bien des cas, le recours à quelques interventions de travail superficiel des sols permet de voir disparaître ces adventices au bout de 2 à 3 années », confirmait Maxime Christen, de la chambre d’agriculture de Gironde, lors des rencontres Tech n’ bio en juillet 2012 à Montagne (33).

L’Amaranthe, le chénopode, la morelle ou encore le liseron, sont quant à eux souvent liés à des excès de fumure minérales - azote et/ou potasse - et à des déficits associés en matières organiques. « Le retour à des amendements organiques, massifs au besoin, peut permettre de restructurer les sols, d’améliorer leur capacité de rétention et de recréer ainsi des conditions moins favorables au développement de ces adventices envahissantes. », a aussi expliqué le conseiller.

En d’autres termes, voilà de quoi se remettre en question sur ses pratiques... Qui peuvent parfois être ancrées depuis bien longtemps !



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