AMAZONE CAYENA : UN SEMOIR À DENTS PERFORMANT, SIMPLE ET POLYVALENT

Frédéric Thomas ; TCS n°67 - mars/avril/mai 2012 -

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Fort de l’expérience du NT 300 et ensuite du Primera, Amazone continue d’innover dans le sillage du semis simplifié et direct avec un semoir de 6 m à dents. Conçu pour les semis rapides avec et sans préparation du sol, le Cayena est de conception simple et compacte. La trémie d’une grande capacité (3 600 l) mais étroite repose sur une forme de chariot porté à l’arrière par le rouleau Matrix et à l’avant par le relevage du tracteur.

La partie semis est divisée en deux éléments se repliant en portefeuille de chaque côté de la trémie pour une largeur hors tout en transport de 2,90 m. Au travail, deux vérins de repliage couplés à une boule d’azote maintiennent les éléments en appui entre le rouleau arrière et le relevage du tracteur assurant un bon report de charge afin de sécuriser l’adhérence. Des roues positionnées à l’avant et aux extrémités de chaque élément complètent l’aplomb de la machine en apportant un meilleur suivi du terrain. Ce dispositif permet une flexion du semoir par tronçon de 3 m. En fonction des conditions de semis, il est possible d’ajuster la pression dans le vérin central pour mieux suivre le relief du sol.

La profondeur de semis est ensuite réglable par section avec une grande précision en faisant varier la hauteur du second bâti qui supporte les dents par l’intermédiaire d’un tirant à cliquet.

Une dent étroite

Avec la dent « Tine Tec » fine (1,5 cm) et droite, équipée d’une protection carbure, l’ouverture du sillon bouleverse peu de terre mais permet un très bon positionnement des graines dans des sols qui peuvent être durs et/ou avec beaucoup de paille et de cailloux.

En complément, la demande de puissance est elle aussi réduite : un tracteur de 130 à 150 ch est capable de tracter le semoir dans les conditions classiques d’utilisation. Les dents sont montées sur les bâtis avec une sécurité (boudins de caoutchouc) qui permet d’absorber les chocs voire de servir de système non-stop dans les trois dimensions en cas d’obstacle. Enfin, Amazone a fait le choix de conserver sur le Cayena une largeur entre sillons standard de 16,6 cm mais la disposition en 3 rangées et la finesse de la dent permet au semoir de rester relativement à l’aise en sol encombré. Comme le réglage de profondeur, l’entretien est donc extrêmement simplifié.

Un rappuyage localisé

Une herse « FlexiDoigts » avec une pression réglable finit et homogénéise le recouvrement, avant que le rouleau « Matrix  », grâce à son empreinte particulière, rappuie plus spécifiquement les lignes de semis.

Cette approche sécurise bien entendu les semis d’été ou d’automne en conditions sèches sans prendre le risque de trop comprimer la graine en conditions plus fraîches ou plus meubles comme le rouleau va rapidement appuyer sur toute sa surface. Dans les sols pierreux, il permet également de replacer les cailloux pour faciliter la récolte.

En manœuvre et au transport, 4 roues intégrées au rouleau assurent le maintien de la machine.

Dosage centralisé électrique

L’entraînement électrique du rouleau doseur permet un réglage précis et rapide. Il autorise également tous les ajustements et variations envisageables. En fonction du type de semences et des débits, Amazone propose trois types de rouleaux interchangeables. Ils peuvent être remplacés rapidement et sans outils quel que soit le niveau de remplissage de la trémie. Le dispositif d’étalonnage, la vidange et le changement de rouleaux doseurs sont parfaitement accessibles, du côté gauche de la machine.

Une seconde trémie et distribution

Avec le développement de la demande pour la localisation de tout ou partie de la fertilisation, le Cayena peut être équipé d’une double trémie et distribution. Dans cette configuration, la capacité passe à 4 000 l avec une trémie arrière de 2 400 l et une seconde à l’avant de 1 600 l. Le capot devient alors rigide et étanche ce qui permet de mettre sous pression les trémies en détournant une partie de l’air pulsé par la turbine. Cette astuce évite les infiltrations d’humidité toujours ennuyeuses avec l’utilisation d’un fertilisant mais aussi permet de forcer le débit afin de faciliter le dosage avec l’engrais solide voire d’augmenter le débit lors de semis à grandes vitesses.

Autre originalité, les deux doseurs peuvent être soit gérés en parallèle avec des débits différenciés (semence et engrais ou deux types de semences) ou soit en série (même type de semence). Dans ce cas, c’est le doseur arrière qui travaille en premier et une fois la trémie vidée le doseur avant prend le relais. Cela évite de multiplier les fonds de trémie et permet de garder un maximum de report de charge sur le tracteur. Enfin, les semences et l’engrais arrivent dans le même disque répartiteur et sont mélangés et positionnés ensemble dans le sillon.

Simple, efficace, polyvalent et compact, le Cayena possède beaucoup d’atouts pour séduire de nombreux TCSistes. Très à l’aise dans les sols avec beaucoup de cailloux et pour les implantations d’été de couverts et/ou de colza où il assurera un semis de qualité avec des coûts de chantier (semoir, tracteur, entretien, fuel, main-d’oeuvre) très réduits. Il sera certainement plus pénalisé dans les couverts bien que le disque avant devrait lui donner plus d’agilité dans ce type de conditions.

M. Leclere (10) : une continuité après le Primera

Depuis plus de 30 ans en nonlabour dans les terres superficielles et argileuses du Barrois, M. Leclere est passé, pour ses techniques d’implantation, du Roto-tiller, à l’Amazone Primera pendant 10 ans avant d’opter en 2009 pour l’un des premiers Cayena. « En système colza/blé/orge avec un peu de pois d’hiver, nous sommes depuis longtemps des adeptes de la dent rigide pour semer nos cultures », affirme le TCSiste. Peu de semis sont réalisés en situation direct strict : généralement une reprise moyenne au Horsch Terrano est réalisée dans les argiles et une plus superficielle avec un déchaumeur Köckerling dans les autres sols.

« Pour une dent quasi identique au Primera, l’appareil est beaucoup plus simple et compact sans toutes les articulations qui finissent toujours par prendre du jeu, argumente-t-il. Depuis maintenant trois campagnes, nous apprécions le positionnement des graines tout en foisonnant peu de terre pour limiter les levées d’adventices avec une puissance limitée. » L’ensemble des semis est réalisé avec un tracteur de 150 ch malgré des zones assez pentues pour des vitesses d’exécution comprises entre 10 et 13 km/h.

Pour ce qui est de la régularité de profondeur, cet utilisateur signale que le système modulaire fonctionne bien mais que les parcelles doivent cependant être bien nivelées. Il est plutôt satisfait de retrouver un écartement plus faible (20 cm dans le cas du Primera) et lui attribue une meilleure compétition sur le salissement. M. Leclere apprécie enfin le rappui localisé du rouleau Matrix qui semble limiter les attaques de limaces et place la plantule dans une petite cavité qui la protège. Il signale que celui-ci retient également relativement bien la machine lors de semis en dévers en évitant les croisements de lignes.

Pour ce qui est des couverts, M. Leclere, qui progresse prudemment, a semé l’été dernier un mélange de blé/avoine/pois d’hiver dans lequel il compte implanter en direct son orge de printemps. Avec environ 2 t de biomasse bien consommée par l’hiver, le semoir devrait passer sans souci, d’autant plus qu’il est équipé de disques à l’avant en test depuis l’automne dernier. Il s’agit là d’un premier essai pour se faire aux couverts mais aussi pour valider l’aisance du Cayena dans ce type de situation. En revanche derrière maïs grain, cultivé dans des terres de vallée, le semoir, comme tous les outils de même configuration, a trouvé à l’automne dernier ses limites. Il devrait cependant être beaucoup moins limité au printemps, toujours pour des semis d’orge, après le travail des résidus par l’hiver.

M. Leclere trouve que le Cayena, simple, polyvalent et peu gourmand en puissance, est le meilleur compromis pour ses conditions, son type d’exploitation et ses objectifs agronomiques qui vont continuer d’évoluer vers plus de couverts et de semis direct.

Jean-Marie Pettini (52) : le même semoir pour toutes les cultures et tous les types de sols

Céréalier et éleveur laitier, le Gaec des Charrières regroupe toutes sortes de sols entre des limons profonds de la vallée de la Meuse, des argilo-calcaires sur le plateau du Barrois mais aussi des sables. En TCS depuis un peu plus de 10 ans avec un Primera, J.-M. Pettini a choisi de passer au Cayena suite à un essai comparatif. « Vu que l’on obtient pratiquement la même qualité de travail avec la complexité en moins et surtout la corvée de graissage, ce semoir m’a tout de suite séduit », explique l’agriculteur. « C’est une mécanique très simple et même si l’on perd un peu en dégagement et souplesse en matière de suivi de sol et profondeur de semis, c’est un très bon compromis », complète-t-il.

En colza/blé/orge pour une grande partie de la sole, il ne pratique pas pour l’instant les couverts végétaux. En tant que producteur de semences certifiées, il préfère faire des faux semis d’été et semer sans rebrasser le sol après un glyphosate afin de limiter le salissement. « La dent étroite du Cayena me permet d’obtenir ce type de résultat avec un bon positionnement. De plus, il est plus facile à régler sur un sol ferme que sur une terre qui vient d’être travaillée », complète le TCSiste.

Pratiquant déjà la localisation de la fertilisation avec l’ancien semoir, J.-M. Pettini a installé une trémie à l’avant du tracteur pour incorporer de l’engrais au semis. Ainsi toutes les cultures d’automne reçoivent systématiquement 100 kg de Super 46.

« La majorité de nos sols sont pauvres en P et, de cette manière, je positionne la fertilisation de fond au semis. Depuis 5 ans que l’on applique cette stratégie, je constate un bien meilleur démarrage  », assure-t-il. Pour les cultures de printemps (orge ou maïs), c’est en revanche du 18- 46 qui est apporté en localisé. Cependant, J.-M. Pettini vient de changer son premier Cayena pour une machine avec la double trémie. « De cette manière, avec la distribution électrique, je vais pouvoir beaucoup mieux adapter les doses localisées en fonction des parcelles, être plus précis mais aussi faire des économies  », anticipe-t-il.

Enfin, les 70 ha de maïs qui servent à l’alimentation du troupeau laitier sont aussi implantés avec le Cayena après une reprise à 10-12 cm. « On sème 100 000 p/ha sur toutes les lignes en réparti avec 100 à 150 kg/ha de 18-46. Avec une production de 14 t de MS/ha comme l’année dernière, le système nous convient, d’autant plus que nous réalisons l’économie d’un semoir spécifique avec en prime un gain de débit de chantier », complète le céréalier-éleveur. Cependant pour obtenir un semis de qualité, il augmente le terrage et surtout ralentit la vitesse de semis entre 8 et 10 km/h contre 12 à 15 en céréales. Des argilo-calcaires aux sables et du colza au maïs, J.-M. Pettini apprécie le Cayena qui est relativement habile dans toutes les situations même si cela demande une petite prise en main.


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