ALGERIE, SEMIS DIRECT EN ZONE STEPPIQUE

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En Algérie, la steppe correspond à une zone de plus de 20 millions d’hectares. La pluviométrie y est en moyenne de 250 mm et les sols superficiels. C’est le pays du mouton et de l’alfa. Les ressources fourragères des parcours étant insuffisantes, les éleveurs ont tendance à distribuer des rations d’orge en grains. Pour pallier à l’insuffisance des quotas d’orge subventionnés vendus par les antennes de l’Office des Céréales, les éleveurs ont tendance à semer de l’orge. Ils défrichent la steppe à l’aide de charrues ou de cover-crop ce qui accélère l’érosion éolienne et entretient un processus de désertification préoccupant.

SD en Algérie
SD en Algérie
Technicien de l’ITGC expliquant le réglage de la dose de semis

Dans les zones à sols plus profonds, il est possible de pratiquer une céréaliculture d’appoint. Le Haut Commissariat au Développement de la Steppe (HCDS) et l’Institut Technique des Grandes Cultures (ITGC) vulgarisent le semis direct. Ils utilisent notamment le semoir de type Aschbel conçu en Syrie entre 2005 et 2011 avec l’aide australienne. Il s’agit d’engins rustiques à distribution proportionnelle à l’avancement permettant la localisation des engrais. Dans ces sols calcaires, ce mode de fertilisation réduit les risques d’insolubilisation des engrais phosphatés.

« UNE EXPERIENCE REUSSIE »

Les quelques parcelles tests où des essais ont été réalisés ont suscité une large adhésion des éleveurs. C’est le cas de Mohamed ATOUAT, agriculteur à Djelfa. Interrogé en novembre 2015 par les ingénieurs du HCDS sur l’utilisation du semis direct en remplacement du labour, il déclare qu’il s’agit d’une « expérience réussie ». Témoignage (https://youtu.be/5daD0qjWHTk) :

Témoignage de M. Atouat sur le SD en Algérie
Témoignage de M. Atouat sur le SD en Algérie
Mohamed ATOUAT, agriculteur à Djelfa, adepte du semis direct

« Cette façon de faire... Cet engin... Il a réussi à 100 pour 100. On a fait l’expérience l’an passé. Cela a donné une bonne production. Nous avons comparé le labour avec le tracteur et le travail avec cet engin. On a donc labouré, mis de l’engrais et du fumier. Et on a comparé avec l’autre parcelle. On a mis la même dose de semis. La parcelle labourée a donné un rendement de 25 qx/ha alors qu’on avait mis de l’engrais et du fumier. On lui avait tout mis. Et l’autre qu’on avait travaillé avec l’engin, on ne lui a rien donné de tout cela [l’engrais et le fumier. Ndlr.] Elle n’était arrosée qu’avec la pluie. On lui a mis ni engrais ni fumier. Le travail de cet engin a donné 36 qx/ha. ’’Tadjriba nadjeha’’. C’est une expérience réussie. »

UNE STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT RURAL

Le semis direct constitue donc une opportunité afin de développer une production locale d’orge. Comme en Australie, l’orge peut être utilisée selon la technique du double emploi ou « grain and graze ». A un pâturage d’automne de l’orge en vert ou « g’sil », s’ensuit une production de grain. Ce qui implique d’arrêter le pâturage à la fin tallage. Les modèles syriens ou turcs de semoirs low-cost correspondent à l’attente des éleveurs (voir la vidéo : https://youtu.be/vgc9SXhNbtE ).

Il s’agit de semoirs à dents dont les sillons jouent le rôle de collecteurs d’eau de pluie (impluvium). Face aux sécheresses automnales, c’est là un atout non négligeable afin d’assurer la réussite des semis précoces.
Le défi actuel est d’arriver rapidement à une production locale de semoirs dont les réparations pourraient être assurées par des artisans locaux.



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