Cécile Waligora

  • Bousiers dans un crottin de cheval Tarpan
  • Petit îlot de graminées indésirables dans une orge cultivée en semis direct (photo : C. Waligora)
  • Berger et son chien
18
juillet
2018

La seconde édition du concours Sors tes couverts est lancée

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L’année passée, plusieurs partenaires lançaient un concept tout nouveau : un concours de couverts végétaux ; la FDSEA 51 étant fer de lance dans cette initiative.
Cette première édition rencontrait un franc succès avec 84 participants sur les 4 départements concernés : la Marne, l’Aisne, l’Aube et les Ardennes.
La seconde édition est donc lancée cette année, toujours sur ces mêmes départements, espérant doubler le nombre de participants.
Signe de l’engouement pour cette belle initiative : d’autres structures d’autres départements sont intéressées.

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28
mars
2018

Nos campagnes battent de l’aile

Un tiers d’oiseaux en moins dans nos campagnes en seulement 15 ans.... C’est un nouveau chiffre édifiant de la spectaculaire régression de la biodiversité que nous apportent deux études distinctes portées par, d’un côté, le CNRS et de l’autre, le MNHN (Muséum national d’histoires naturelles).
Et dans 15 ans, qu’en sera-t-il ? 15 ans... c’est demain ! Doit-on s’attendre à ne plus entendre aucun oiseau dans nos campagnes (et dans nos villes aussi) ? Impensable...
Alors la faute à qui ? Toujours le même, bien entendu : l’humain ! Puisque ces études-là ont porté sur les oiseaux des campagnes, elles pointent du doigt l’agriculture. Vous allez me dire : encore nous ! Et oui.... tout comme l’industrie, les villes... sont responsables de la régression d’autres espèces !
Pourquoi les oiseaux sont-ils moins nombreux dans nos agroécosystèmes ? En premier lieu, parce que leur alimentation a diminué. Et de quoi se nourrissent nos petits passereaux des campagnes ? D’insectes et de graines principalement. Il y a donc moins d’insectes et moins d’espèces végétales productrices de graines nourricières. Une étude européenne vient d’ailleurs d’apporter un autre chiffre qui corrobore ce constat. A l’automne 2017, une équipe de scientifiques allemands et britanniques a estimé que le nombre d’insectes volants avait chuté de 75 à 80 % sur le territoire allemand depuis le début des années 1990 (étude publiée en octobre 2017 dans la revue PloS One). C’est donc toute la chaîne alimentaire qui est touchée...

Bruant proyer
Bruant proyer
Le bruant proyer est un passereau inféodé aux agroécosystèmes. Tout comme l’alouette des champs ou la bergeronette printanière, lui aussi voit ses populations nettement diminuer. Son régime alimentaire est fait d’insectes lorsqu’il est encore oisillon. En grandissant, les adultes de bruant proyer se nourrissent à 85 % de graines.

Une autre étude, enfin, rentre un peu plus dans le détail des pratiques agricoles qui sont en cause. Il s’agit d’une thèse menée dans le cadre du MNHN dont nous relayons les résultats dans un prochain numéro de TCS. En résumé : le labour, ce n’est pas bon (on pouvait l’imaginer !) mais, encore plus que le type de travail du sol, ce sont les herbicides (puisque ce sont ces intrants qui ont été analysés dans cette thèse). C’est-à-dire qu’un semis direct avec encore pas mal d’applications herbicides s’avère très impactant sur la faune. Par contre, dès lors qu’on introduit des couverts végétaux, c’est déjà beaucoup mieux. L’étude rend compte de résultats du même type sur les chauves-souris dont le régime alimentaire est insectivore.
Il n’y a donc pas lieu de baisser les bras ! Notre agriculture de conservation est sur la bonne voie, même si des marges de progression restent à faire.


12
février
2018

Concours « Sors tes couverts » : inédit, réussi et reconduit !

PNG - 84.3 koUne belle initiative que ce concours sur les couverts végétaux organisé la saison passée sur les départements de la Marne, l’Aisne, l’Aube et les Ardennes. Initiative d’intérêt, inédite et novatrice, lorsqu’on sait que durant longtemps, la moutarde a été reine de l’interculture sur ces territoires.
12 partenaires(1) dont l’animateur du concours, la FDSEA 51 en la personne de Léa Thomas, ont voulu montrer, à travers cet évènement, que dans ces départements, on pouvait aussi y produire de beaux couverts multi-espèces, beaucoup plus intéressants agronomiquement parlant. Un concours dont l’objectif était aussi, à travers cette porte d’entrée des couverts, de promouvoir l’agriculture de conservation auprès d’un plus grand nombre.
4 jurés ont été désignés pour étudier les dossiers, sélectionner en novembre les 10 meilleurs (sur photos) puis, après visite sur le terrain, en retirer les gagnants. Les 4 jurés étaient Jean Luc Forrler de Vivescia, Thierry Ghewy de l’association « Sol Agronomie et Innovation », Aurore Spitz de la Chambre d’Agriculture 51 (Geda de la Suippe) et Olivier Josselin de la FDSEA 51.
La réussite a été au rendez-vous puisque 84 agriculteurs de ces 4 départements ont envoyé leur dossier de candidature en septembre. Les gagnants se sont vus remettre leurs prix le 7 février lors de la traditionnelle journée agronomique Vivescia (au Capitole de Châlons en Champagne). Les prix étaient 1800 euros de semences de couverts, 5 abonnements d’un an à TCS et 3 livres « Les couverts végétaux – Gestion pratique de l’interculture » de F. Thomas et M. Archambeaud, répartis entre les gagnants.

Voici la liste des 10 finalistes :
- Sébastien Gougelet à Auve (51) - couvert de féverole, vesse, avoine et moutarde (4,38 kg de poids vert/m²)
- Emmanuel Mugard à Pars les Rommilly (10) – couvert de féverole, vesse, tournesol, phacélie, radis et moutarde (4,81 kg de poids vert/m²)
-  Frédéric Choiselat à Echemines (10) – couvert de tournesol, lin, vesse, féverole, moutarde, radis, pois fourrager, phacélie (4,59 kg de poids vert/m²)
- Sébastien Delanery à Sainte Marie à Py (51) – couvert de vesse, avoine, phacélie, radis (5,35 kg de poids vert/m²)
- Sébastien Feuilly à Bassu (51) -couvert de féverole, tournesol, vesse, nyger, phacélie, trèfle d’Alexandrie, lin, pois fourrager, gesse, avoine, fenugrec, radis (8,44 kg de poids vert/m²)
- Patrice L’Escop à Coucy la Ville (02) – couvert de féverole, trèfle d’Alexandrie, vesse, phacélie, tournesol (3,85 kg de poids vert/m²)
- Paul Joly à Bouchy St Genest (51) – couvert de radis fourrager, phacélie, tournesol, vesse de printemps, gesse, féverole, pois d’hiver, fenugrec (5,76 kg de poids vert/m²)
-  Etienne Gautier à Saint Gibrien (51) – couvert d’avoine rude, vesse, phacélie, gesse, moutarde (3,35 kg de poids vert/m²)
- Jérémie Debaire à Linthelles (51) – couvert de vesse, féverole, radis, phacélie, avoine (7,93 kg de poids vert/m²)
- Grégoire Soudant à Saint Juvin (08) -couvert de féverole, vesse, pois protéagineux, phacélie, nyger, moutardes blanche et verte (4,75 kg de poids vert/m²).

Le gagnant fut Paul Joly, depuis 5 ans en TCS, couvert semé à la volée au déchaumeur sur une parcelle de limons battants.
Devant la réussite de ce tout premier concours de couverts végétaux, les partenaires reconduisent l’évènement cette année.
Pour plus d’informations, contacter Léa Thomas – LTHOMAS fdsea51.fr et consulter ce dossier paru dans La Marne Agricole : http://www.la-marne-agricole.com/Dossier/22/1835/Sors_tes_couverts

Couvert multiespèces dans l'Aisne
Couvert multiespèces dans l’Aisne
Ce couvert produit chez Patrice L’Escop a fait parti des finalistes. Semé le 1er août 2017 avec un semoir de SD maison à dents, il était composé de féverole, trèfle d’Alexandrie, vesce, phacélie et tournesol. P. L’Escop est depuis 7 ans en AC.

(1) les 12 partenaires du concours : Agriconomie, Agrifaune, Arvalis, Chambre d’agriculture de la Marne, FDSEA 51, Jouffray Drillaud, La récolte.fr, Novagrain, Sol Agronomie et Innovation, Symbiose, la revue TCS et agriculture-de-conservation.com, Vivescia.


12
février
2018

Un dossier sur l’AC, des têtes connues

Voici, en document joint, les 14 pages d’un dossier consacré à l’agriculture de conservation.
Des articles de vulgarisation sur l’AC, il y en a de plus en plus et c’est tant mieux ! Pourquoi publier celui-ci dans ce carnet ? Déjà parce qu’il a été concocté par une journaliste compétente, qui connaît le sujet agricole, Stéphanie Seysen-Fouan. Ensuite parce qu’elle a donné la parole à des personnes bien connues des réseaux AC, agriculteurs ou conseillers ayant le recul nécessaire pour offrir la consistance technique nécessaire à un dossier de ce type. Enfin, c’est un dossier que vous pouvez faire lire à d’autres, sceptiques ou "ignorants", histoire de leur montrer ce qu’est l’agriculture de conservation...

Mais n’oublions pas de citer la source ! Il s’agit du n°96 de la revue Ensemble, publication de 10 centres partenaires Accompagnement et Stratégie (http://www.accompagnement- strategie.fr//Accueil.aspx) - du Nord Bassin Parisien et réunis dans le cadre de l’association ARREGE.

Bonne lecture !

Dossier AC, revue Ensemble


26
janvier
2018

L’hirondelle aux champs

Certes, nous n’avons pas eu d’hiver (il n’est pas fini...) et les hirondelles ne sont pas encore prêtes à revenir (encore faut-il qu’il y en ait encore !!!)
Bref.... il y a peu, j’ai été contactée par une association d’agriculteurs du sud-est de la France. Cette association se prénomme : l’Hirondelle aux champs.
Créée en 2013, elle a pour vocation la préservation et la restauration de la biodiversité en milieux agricoles. Son périmètre d’action : le Pays de Dieulefit-Bourdeaux et de Montélimar-Marsanne, dans la Drôme.
Outre son action d’informer (comme dépasser les idées reçues et lever les freins à l’adoption de mesures en faveur de la préservation de la biodiversité en milieu agricole), cette association réalise aussi des diagnostics et des conseils ainsi que de l’accompagnement auprès des agriculteurs désireux de remettre un peu plus de vie sauvage et utile dans leurs agrosystèmes.
Enfin, l’Hirondelle aux Champs se veut le relais auprès du grand public et un créateur de liens entre tous les acteurs locaux qu’ils soient agriculteurs, citoyens, élus, écoles.

JPEG - 109.2 koCe mois de janvier, cette association vient de publier sa première gazette. Je l’ai trouvé si bien ficelée que j’ai eu envie de vous la faire partager. Déjà par les connaissances qu’elle apporte mais aussi, qui sait, pour donner des idées ailleurs en France !

Je vous souhaite une bonne lecture !


28
août
2017

Un petit coup de dent et c’est parti !

Comparatif approches TCS différentes en colza

Voici une photo que j’ai prise le 25 août chez Alexandre Dormoy, ACiste haut-marnais. Prise à la jonction de deux parcelles, elle compare deux colzas semés le même jour, vers le 15 août. Ne cherchons pas la différence variétale ou de sol. La différence est dans l’approche. La parcelle de droite est celle d’Alexandre.
- son colza est associé à une légumineuse (féverole) à raison de 3 kg de colza pour 80 de féverole. Le colza du voisin est seul.
- si le colza de gauche a été semé après une préparation en TCS relativement intenses (pas de labour mais une préparation conventionnelle sur précédent céréale), celui d’Alexandre l’a été après, comme il le dit, "2 petits coups de dents" et un roulage. Le précédent : un blé et antéprécédent : triticale avec encore présence d’une luzerne.
Le colza d’Alexandre aurait pu être implanté en direct (l’un de ses colzas l’est d’ailleurs dans une parcelle proche de celle-ci) car le SD reste l’objectif de l’ACiste. Mais voilà, c’était sans compter une pression limaces et surtout campagnols importante sur cette parcelle, nécessitant les "2 petits coups de dents". Le résultat est là ! Un historique d’AC avec préservation du sol, de sa structure et de la vie qu’il contient (hormis les gastéropodes et les rongeurs...), une charge régulière de légumineuses, des colzas toujours en association et, même si le but n’était pas celui-ci, l’effet minéralisateur de la dent. Petite remarque néanmoins : le colza semé en direct à proximité est, croyez moi sur paroles, tout aussi bien levé, et également associé (féverole et 2 ou 3 autres espèces dont je n’ai plus le souvenir).
Verdict : avoir une bonne dose d’adaptation et quand même un peu d’expérience ; chaque parcelle devant être conduite à part entière. Mais le résultat est là !



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