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Chutes d’arbres, deuil et inondations mars 2017

Chute d'arbre à Warsage, BelgiqueJe voudrais vous relater un fait qui serait divers s’il n’y avait eu la mort d’un couple de la quarantaine.
Ce dernier s’est trouvé dans le village de Warsage, en Belgique, au mauvais endroit au mauvais moment, écrasé à bord de leur voiture par un arbre de plus d’un mètre de diamètre qui était vermoulu à sa base ; des vents de 50 à 100km/h ont eu raison de lui. https://www.rtc.be/article/info/faits-divers/la-tempete-fait-deux-morts-a-dalhem_1494204_325.html
On peut comprendre la colère des habitants de la région et leur critique à l’égard du Gouvernement Régional Wallon d’avoir classé ces arbres. Avec le temps, entourés de cultures industrielles et d’asphalte qui n’ont pas facilité leur vie, ils ont été fragilisés par l’attaque de gui et de champignons et sont devenus de véritables dangers publiques. Les arbres sont des êtres vivants qui naissent, qui grandissent, qui s’épanouissent, qui déclinent et meurent comme tout être vivant. On pourrait dire qu’ils suivent leur intention en se fichant pas mal de nous.

Les arbres sont inclassables

Dès lors, une question vient à l’esprit, pourquoi classe-t-on des arbres ? Trop de gens pensent encore que la préservation de la nature consiste à créer des sanctuaires comme les réserves naturelles ; les choses ne sont pas aussi simples et il ne sert à rien d’avoir quelques îlots de nature préservée entourés de déserts biologiques. A mes yeux, les arbres sont inclassables par le simple fait qu’il évoluent ; ce n’est pas par un classement qu’on résoudra le problème de la dégradation de la biosphère.
Il faut créer une dynamique agricole et sylvicole qui considère tous les arbres sous leurs dimensions écologique, sociologique et économique, l’essentiel étant qu’ils deviennent un outil de développement. On peut comprendre que les arbres remarquables soient répertoriés par un organisme local qui suit leur développement, qui les soigne, qui en limite la dangerosité et qui accompagne leur fin de vie vers une utilisation la plus noble possible. On ne risque qu’une chose : en apprendre beaucoup. Mais il n’y a pas que les arbres de cultures à visée économique ou remarquable, il y a toute cette forêt qui n’est plus entretenue, des arbres au bord des routes ou des bosquets abandonnés.

Arbres non entretenus
Acacias qui, perchés sur un talus le long d’une route à grande circulation, sont attaqués par le lierre et le gui. Gros risques...

La deuxième image montre des acacias qui, perchés sur un talus le long d’une route à grande circulation, sont attaqués par le lierre et le gui. Les pompiers ont abattu deux d’entre eux qui se sont fort heureusement écroulés sur leur voisin ; les pompiers ont également mis en évidence la dangerosité des derniers. Ils doivent être abattus mais jusqu’à présent, aucun organisme n’a réagi. Ces arbres sont considérés comme un coût plutôt qu’une ressource, et si la Wallonie se trouvait dans une zone méditerranéenne, elle serait sujette à de graves incendies de forêt par manque d’entretien. L’intention de cet article n’est pas d’accuser qui que ce soit mais de mettre en évidence des problèmes qui doivent être résolus.

Manque de matières organiques

Agroforesterie
Moisson en parcelle agroforestière, autre forme de considération de l’arbre.
BRF
Création de BRF ; un autre rapport avec l’arbre...

L’agroforesterie sous toutes ses formes, le brf peuvent constituer des bases sur lesquelles peuvent s’appuyer une métamorphose de la considération qu’on peut avoir à l’égard des arbres. Ce projet récent dans la région d’une agriculture citoyenne va également dans cette direction. https://www.cdlt.be/2017/02/20/des-enfants-de-lecole-de-bolland-ont-plante-leurs-arbres/

Inondations à Warsage, Belgique
Inondation et coulées de boue dans le village de Warsage, Belgique

D’autre part, il y a cinq ans, dans le même village de Warsage, des habitants ont été victimes d’inondation et de coulées de boue.
Si vous prenez le temps d’étudier le site A2C, vous comprendrez que cette situation est principalement due au manque de matière organique dans le sol des cultures qui se situent en amont. Il faut savoir que le village de Warsage se situe dans un bassin versant qui récolte les eaux de centaines d’hectares si ceux-ci ne peuvent les absorber.
http://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/pdf/tcs-91dossier.pdf
Devant nous, nous avons un paradoxe qui veut que nous avons de la matière organique à travers la gestion silvicole, et d’un autre, un manque de matière organique dans des cultures qui occasionne des inondations. Je pense que c’est le paradoxe de notre système industriel moderne qui séquence les choses, qui spécialise, qui maximalise et peu de monde voit ce qui relie ces catastrophes tant il est figé par les
impératifs de sa spécialité.
Partout des arbres menacent de tomber, partout les bosquets ne sont pas entretenus et pourtant ils constituent un patrimoine, des matières premières qu’on pourrait valoriser. Partout la pluie risque des inondations sur des terrains nus manquant de matière organique. Pourtant en couvrant le sol en permanence, on peut résoudre ces problèmes, tout en précisant que les rémanents non encore valorisés ne peuvent résoudre à eux seuls les problèmes d’érosion. C’est à ce niveau que l’agriculture de conservation est nécessaire. Autrement dit, les rémanents forestiers ne peuvent être qu’un apport complémentaire à l’agroécologie qui organisera une terre couverte de plantes vivantes le plus possible dans l’année.

En admettant qu’on veuille créer une synergie entre les bûcherons élagueurs, entreprise de parc et jardin, agriculture, scieries etc. le banquier nous demandera d’abord quel est notre business plan et quelles sont nos garanties. En fait, on ne pourra pas les connaître sans avoir essayé.
On peut aussi envisager cette synergie dans le cadre d’une humification des terres agricoles à grande échelle en mettant en « humification » pendant plusieurs années des terres qui ne seraient pas utilisées pour la production. Ce temps serait mis à profit pour la capitalisation de l’humus et la gestion des adventices au travers de la culture de couverts et épandage de BRF.
Puissent ces quelques modestes réflexions aider les familles des deux victimes à surmonter leur peine.



Michel Lambotte


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THÈMES

PARCOURIR LA TRIBUNE

Ce que nous pouvons faire en tant que simple jardinier pour sensibiliser les citoyens à l’agroécologie février 2017 [ Jardinage ]

Comme l’explique très bien Frédéric Thomas dans « Semis direct, agriculture durable, et agroécologie », la définition de cette dernière n’admet aucune concession.

On pourrait d’une certaine manière l’élargir à la thermodynamique qui est la science qui étudie les transformations dues à la manifestation de l’énergie.

La biosphère est une structure dissipative d’énergie qui doit dissiper le plus possible, le plus vite possible et le mieux possible l’énergie solaire. En considérant le système atmosphère, plante, sol, nous nous trouvons là face à une structure dissipative d’énergie solaire par structuration de la charpente de la plante, l’évapotranspiration et la sécrétion de sucre dans le sol pour y nourrir la vie.

Le labour, les interventions mécaniques ou chimiques de n’importe quelle nature portent préjudice à ce système que le vivant a mis des millions d’années à mettre au point.

Tout au long de son article, Frédéric Thomas nous parle de l’énergie utilisée sur les exploitations. Nous comprenons parfaitement que le revenu de l’agriculteur comme la récolte de tous ceux qui veulent cultiver, ne serait-ce que les légumes pour eux-mêmes, passe par une meilleure utilisation des ressources ; l’agroécologie y contribue.

Ce faisant, nous les jardiniers du Coin de terre de Jupille en Belgique http://coindeterrejupille.be/ avons décider de cultiver le plus possible en agroécologie.

Quand j’écris le plus possible, il faut savoir que nous sommes 25 jardiniers et qu’il est difficile de convaincre autant de personnes d’un coup, cela ne peut se faire que par l’exemplarité dans la durée. C’est ce que j’ai fait et nous en récoltons aujourd’hui les fruits, je pense que machine arrière est impossible mais nous ne sommes encore qu’au tout début de l’implantation de l’agroécologie dans nos habitudes culturales.

Sur la parcelle que je cultive, après une culture d’oignons et carottes, j’ai implanté un couvert de fève des marais, radis chinois et trèfle blanc en plus quelques scaroles et devant à gauche (voir photo), une plantule de bourrache spontanée, cette dernière me paraissant intéressante comme couvert.

(Au fond pourquoi pas ?)
Ce couvert qui a gelé cet hiver servira de base pour la culture de tomates en serre, je déplacerai la serre en arrière plan de la photo sur une largeur de 3 planches .
Il est très difficile d’obtenir des tomates dans notre région humide sans couverture d’une serre.
Cette parcelle est organisée en planches de 80 cm séparées de sentiers de 40 cm couvert de brf.
Ce brf sert aussi bien d’amendement que d’appuis propre pour le jardinier.

La deuxième photo montre que malgré le gel des planches restent encore vertes d’épinards d’hiver, de mâche, de trèfle blanc, les autres planches montrant des plantes gélives en humification. De la même manière, dans un autre endroit du potager, nous avons décidé d’organiser un jardin communautaire où les jardiniers pourront échanger leur expérience et leur connaissance.
Le 10 et 11 juin 2017, nous ouvrons les barrières pour une journée « Parcs et jardins de Wallonie nature admise ». http://www.jardins.tourismewallonie.be/week_end_des_parcs_et_jardins_2017
Durant ce week-end, notre objectif est de sensibiliser le public et les autorités à l’indispensable développement de l’agroécologie qui nous semble être la seule alternative pérenne de l’agriculture.
C’est une modeste contribution qui j’espère, pourra aider les agriculteurs et ce faisant, aider à mieux nourrir les gens.




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La biodynamie, l’auto-fertilité du sol et l’agriculture durable de demain mars 2017

JPEG - 53.7 koNée en 1924 suite à huit conférences données par Rudolf Steiner, la biodynamie est la première en date des méthodes dites biologiques, et, avec la marque Demeter, pionnière en matière de certification de ses produits. Cherchant à approfondir la compréhension des lois de la nature, elle essaie de les respecter au mieux quant aux aspects biologiques et agronomiques de ses pratiques.

Après avoir fait ses preuves depuis 90 ans aux quatre coins de la planète, les principes de l’agriculture biodynamique ne cessent d’être une source d’inspiration
pour beaucoup d’agriculteurs et jardiniers. C’est surtout les extraits de plantes, certaines approches pour gérer adventices et ravageurs ainsi que le calendrier solaire,
lunaire et planétaire qui trouvent un public de plus en plus large. Très répandue en Australie et dans les pays germanophones où ses produits se trouvent parmi les plus prisés, l’agriculture biodynamique est très connue en France pour ses résultats en viticulture. De plus en plus de vignobles, dont plusieurs de très grande renommée, la pratiquent avec des résultats souvent spectaculaires : régénération de sols dégradés, augmentation importante du taux d’humus, meilleure gestion de l’eau et de l’érosion, meilleur comportement et équilibre sanitaire des vignes ou encore de bons résultats économiques et l’excellente qualité du raisin et du vin.

Comme le montrent si bien les expériences en viticulture, où elle facilite la conduite d’un vignoble en bio, mais aussi dans bien d’autres domaines, la biodynamie, accompagnée de bonnes pratiques agricoles, arrive à régénérer des sols dégradés en très peu de temps et avec très peu de moyens. De plus, grâce à ses qualités environnementales et l’augmentation impressionnante du taux d’humus, elle agit sur la stabilité et la fertilité du sol et fait des contributions importantes pour la protection des ressources en eau et la sécurité alimentaire. Compte tenu de ces atouts et un bilan carbone-énergie hors pair, il semble urgent que cette agriculture soit mieux connue aussi bien par les agriculteurs, les conseillers et les chercheurs, que par la hiérarchie politique, administrative et le grand public. C’est dans ce but que le document La Biodynamie, un chemin prometteur vers l’agriculture durable de demain a été rédigé. Riche en photos, illustrations, références et liens internet, il parle des origines de la biodynamie, de la vision sur laquelle elle s’appuie, de quelques aspects importants et surtout de résultats probants quant à la vie, la structure et la fertilité des sols, la vigueur et la santé des plantes, la qualité des produits.



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