Opaline Lysiak

  • Le réseau social Landfiles
  • « Les sols à nu, c'est pas sexy, soyez couverts d'esprit » !
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15
juillet
2019

Les étudiants catalysent le partage de données

Cet article a été écrit par les étudiants de BTS APV avec l’aide de leur enseignante d’agronomie Charlotte Grare, dans le cadre de l’école d’agroécologie Les Agron’Hommes en partenariat avec le lycée agro-environnemental d’Arras, l’exploitation du lycée et le CFA.
Plus d’infos sur cette séquence pédagogique avec ce lien.

A la fin de l’article, des questions de réflexion sont proposées par Opaline Lysiak, pour les agriculteurs, enseignants et étudiants qui souhaitent aller plus loin à la fois sur les aspects techniques et pédagogiques de l’agroécologie

Si vous souhaitez vous impliquer dans le projet Les Agron’Hommes en tant qu’agriculteur, étudiant, enseignant : https://lesagronhommes.com/impliquez-vous-1

Les étudiants catalysent le partage de données - phase 2 : Réflexion sur la pomme de terre en AC

Le 26 mars 2019, les étudiants de 1ère année en BTS Agronomie Productions Végétales du lycée agro-environnemental d’Arras ont passé une grande partie de leur journée avec des intervenants extérieurs.
Leur journée fut divisée en trois temps forts : la découverte d’une application sur Smartphone de partage de données, le principe de la culture de la pomme de terre en agriculture de conservation et pour finir un débat avec les intervenants extérieurs.

Le partage de données

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Nous avons pu découvrir une toute nouvelle application lancée par Nicolas MINARY, ingénieur informatique et fils d’agriculteur : Landfiles.
Cette application vise à améliorer l’échange des pratiques agricoles entre des agriculteurs, des étudiants ou juste à permettre à un agriculteur de suivre ses parcelles sur plusieurs années. Cela se concrétise par la création de sa ferme sur l’application. Puis par la création de différents groupes à thème : élevage, grande culture, polyculture, viticulture... Après cela, des publications peuvent être postées sur la page de l’exploitation ou dans les groupes. Le modérateur choisit ce qu’il souhaite partager et à qui car il a besoin de l’adresse e-mail de la personne concernée pour l’ajouter au groupe. Cette nouvelle application vise aussi à pouvoir situer son exploitation agricole parmi d’autres en contexte similaire ou différent. Ce qui permet un échange de pratiques enrichissant. (Source : Landfiles)
En globalité, l’application à suscité de l’intérêt de tous.

Comment cultiver la pomme de terre en agriculture de conservation ?

PNG - 385 koEtat du sol : à gauche, PDT avec travail du sol classique / à droite, prébuttage et couverts à l’automne

Depuis plus de 20 ans, la surface de pomme de terre française a augmenté de 20%. En 2017, 97 320 ha de pomme de terre ont été cultivés dans la région des Hauts de France, c’est un peu plus de 61% de la surface de pomme de terre de France.
Aujourd’hui, les agriculteurs veulent répondre à une attente sociale des consommateurs qui est de plus en plus exigeante. L’attente sociale passe notamment par la réduction des apports phytosanitaires sur les cultures mais aussi par un mode de production beaucoup plus respectueux de l’environnement.
Afin de limiter les problèmes liés à l’érosion hydrique ou éolienne, les agriculteurs se tournent de plus en plus vers l’agriculture de conservation. Les méthodes sont connues depuis de nombreuses années mais la pomme de terre n’avait jamais été liée à ce mode de production car la pomme de terre est une culture qui exige un travail du sol important. En revanche, depuis peu quelques essais sont mis en place pour développer ce type de culture.

Les principes de la pomme de terre en A2C

Le principe de la culture de pomme de terre en agriculture de conservation est de planter le tubercule de pomme de terre directement dans la terre sans travailler le sol, le tubercule de pomme de terre est déposé dans la butte qui a été formé avant l’hiver. Cette année, l’exploitation du lycée agro-environnemental d’Arras, en partenariat avec le CFA et le CFPPA, a mis en place un essai de couvert sur pré-buttage d’automne pour la culture de pommes de terre. Cet essai a pu être réalisé grâce à Hugues Celerse, formateur au CFA, qui a assemblé un buttoir avec un semoir pour l’implantation du couvert (photo ci-dessous)

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L’implantation du couvert a eu lieu mi-septembre avec un mélange composé de 5% de phacélie, 24% d’avoine rude, 19% de trèfle d’Alexandrie, 26% de pois fourrager et 26% de féverole.

Nous nous sommes rendus sur la parcelle d’essai avec Baptiste Maître, spécialiste des couverts végétaux pour les pommes de terre. L’intérêt de ce tour de plaine est d’observer l’état des buttes et du couvert avant l’implantation des pommes de terre.
Avec Baptiste, nous avons pu étudier l’état général du couvert visuellement puis l’état du sol (structure et activité biologique). Ensemble, ils ont pu remarquer que le couvert ne semblait pas suffisamment efficace : la densité de peuplement était très faible. En effet, il est recommandé d’avoir 250 pieds par m² alors qu’ici il y en avait à peine 100 par m². Cela a eu un impact sur la structure du sol qui était très compacte.
Malgré cela, la répercussion du couvert avait un effet visible sur le sol. Pour l’affirmer, nous avons comparé le sol sous couvert et le sol habituel de la parcelle (photo ci contre)

Un avenir prometteur pour la pomme de terre sous couverts…

Suite à la journée du mardi 26 mars dernier sur la mise en place de pomme de terre sous couvert nous avons été inspirés et souhaitons proposer des pistes d’amélioration à cet essai :

> Nous proposons d’améliorer le semis des couverts notamment au niveau de la densité, qui était très faible lors de la visite du 26/03. En effet, on voyait parfaitement les manques présents dans la parcelle et une couverture très hétérogène des buttes de pomme de terre. Nous conseillons donc de revoir la quantité de plantes et la proportion de chaque espèce du mélange pour favoriser une levée homogène à l’échelle de la parcelle et viser un objectif proche de 250 plantes/m².

> Nous proposons également d’essayer de faire une préparation de sol moins fine en amont pour éviter une prise en masse de la butte, de ce fait un seul passage profond de déchaumeur est conseillé pour éviter ce phénomène.

> Nous conseillons aussi de mettre en place un second essai en non labour avec un couvert présent au moins un mois minimum avant la plantation. Cela permettrait de laisser le couvert travailler en profondeur et superficiellement et ne pas le broyer une semaine avant la plantation car le couvert ne profitera pas suffisamment aux sols. D’autres essais pourraient aussi être réalisés, comme l’essai ci-joint :
- Couvert de radis dans le creux de la butte, qui décompacteront le sol en profondeur et permettront une meilleure infiltration de l’eau dans le sol.
- Trèfle sur le haut de la butte, pour permettre de stabiliser la butte et d’empêcher l’écoulement de la butte ainsi + apport d’azote à la pomme de terre.

Le schéma ci-dessous présente les 3 modes de plantation que nous avons discuté : plantation conventionnelle, plantation en pré-buttage d’automne avec couvert, plantation sous paille.

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Questions de réflexion :

> Cet article a été écrit par un groupe d’étudiants. Que proposez vous pour valoriser au maximum leur travail de rédaction, pour qu’ils sentent qu’ils font partie à leur niveau du développement de l’agroécologie ?

> Au delà de la thématique de la pomme de terre en AC, pensez-vous pouvoir intégrer l’utilisation de Landfiles dans votre ferme, vos études ou vos séquences pédagogiques ?

> Selon vous cette séquence pédagogique fait appel à quelles disciplines du programme de BTS ? Quelles disciplines pourraient s’intégrer à l’avenir, pour une pédagogie de projet encore plus transversale ?


4
juillet
2019

L’agriculture syntropique n’est pas que pour les tropiques

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« Les environnementalistes vivent dans une photo alors que la forêt est un film » c’est Joã Pereira qui parle. Créateur de Sitio Semente, ferme référence en agriculture syntropique, il utilise ces mots pour décrire le noeud du problème en ce qui concerne la relation Homme-Nature. Pour lui, on doit admettre que l’homme a un impact énorme sur la nature puisqu’il FAIT partie de l’environnement. Mais Joã fait le choix d’avoir un impact positif comme catalyseur des processus naturels. L’aventure commence il y a 15 ans lorsqu’il rencontre Ernst Götsch, créateur de l’agriculture syntropique :

« Ernst n’a pas créé de recette. Il rend simplement disponible aux être humains la recette de la forêt par une traduction simple. Et en plus, il propose une manière d’accélérer de 10 à 20 fois ces processus pour régénérer les sols rapidement ». Parce qu’il y a urgence en fait, si on veut rester sur cette planète un peu plus longtemps que « prévu ».

« L’eucalyptus est une plante merveilleuse, qui a créé des écosystèmes humides dans son environnement originel, l’Australie. Le problème, c’est QUI plante l’eucalyptus, et ce que cette personne en fait ». L’eucalyptus, plante de croissance rapide, est un formidable fournisseur de matière organique. Taillé chaque année de manière intensive, il relâche dans le sol des giberrélines, hormones de croissance qui stimulent le sol en maintenant le système sol-plante jeune, retardant le processus de sénescence. « On dit que le bananier est la maman et l’eucalyptus le papa. Deux plantes qui poussent vite et qui ont comme premier rôle de nourrir l’écosystème - préparer le terrain pour des plantes plus exigeantes - et comme second rôle de nous nourrir et de produire du bois ou de l’huile essentielle » explique Nathalia, la femme de Juã. Deux piliers essentiels des systèmes syntropiques sont la taille des arbres pour produire de la matière organique sur place et relarguer les hormones de croissance dans le sol. Les autres sont la succession des espèces dans le temps, et l’organisation dans l’espace.

Nathalie a concentré son attention sur la création de systèmes agroforestiers aromatiques et médicinaux :

Sur la photo ci-dessous, une volontaire a coupé les eucalyptus présents sur la ligne de droite pour répartir la matière organique (bois et feuilles) sur le sol entre les lignes de maraîchage.

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Le modèle développé par Juã vise à prouver qu’il est possible de produire des légumes en quantité dans un système agroforestier successionnel. Il démarre par la plantation d’une trentaine d’espèces ensemble, réparties sur 3 lignes de maraichage encadrées par deux lignes incluant les arbres.
Le système ci-dessous a été planté il y a une semaine. Toutes les plantes de la succession ont été implantées ensemble. Parmi les espèces présentes : fraisier, laitues, roquette, radis, moutarde, betterave, oignons, ciboulette, persil, bananier, eucalyptus et un mélange de graines d’une quinzaine d’essences d’arbres natifs de la région.

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La photo suivante présente le système 8 mois plus tard. Les plantes annuelles de cycle court ont déjà été récoltées et remplacées par des plantes de cycle plus long : tomate, maïs, choux. Au pied du maïs, du feijão de porco, un haricot produisant une forte biomasse, destiné ici à couvrir et nourrir le sol.
La ferme est aussi une école où ont lieu de nombreux cours. J’ai pu participer à un cours de transformation et valorisation des aliments agroforestiers, que j’ai résumé avec cette vidéo :

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Quand les Brésiliens me demandent s’il y a de l’agroforestier en France, je leur dis que oui, beaucoup, mais que notre nature est différente : climat, sol, espèces. Au delà du fait que notre société s’est aussi développée différemment avec une relation à la forêt spécifique, les forêts françaises sont moins abondantes en termes de biodiversité et de biomasse. Tous ces facteurs influencent le développement de l’agroforesterie.

La ferme Sitio Semente est clé dans l’itinéraire possible de l’Ecole d’Agroécologie Voyageuse Les Agron’Hommes :
- Par le niveau de connaissances et d’expériences en systèmes agroforestiers syntropiques
- Par l’expérience de Nathalie en transformation des produits agroforestiers (huiles essentielles, thés, cosmétiques)
- Par leur souhait d’apprendre avec les jeunes français, notamment sur la valorisation des plantes aromatiques et médicinales.

Les étudiants participant au projet Les Agron’Hommes pourront catalyser le développement de l’agriculture syntropique en France, en apprenant avec les Brésiliens et en comprenant bien les éléments du contexte du Brésil à réadapter dans leur contexte régional.

Si vous souhaitez prendre part à la communauté Les Agron’Hommes pour créer ensemble une Ecole Agroécologique Voyageuse, inscrivez vous ici !


24
avril
2019

Un écosystème s’est créé autour de Sébastien Angers

" L’agriculteur doit-être un chef d’orchestre des relations".
Quelle définition serait mieux placée pour imaginer l’agroécologie demain ?
C’est avec ces mots que le québécois Sébastien Angers a démarré les 4 conférences qu’il a données en février 2019, le tout organisé par Les Agron’Hommes et dans l’écosystème de BASE.

Parce qu’on sait tous que l’agriculture de demain doit fonctionner en écosystème, et que sans relations il n’y a pas de système, j’ai construit cet article sous la forme d’une succession de relations, celles qui se sont construites autour de Sébastien.

J’ai choisi de le faire intervenir dans le cadre du projet Les Agron’Hommes, que j’ai démarré par un tour du monde, au cours duquel j’ai atterri - sans vraiment l’avoir prévu - dans sa ferme située à Sainte Monique de Nicolet près de Trois Rivières (relation 1). Et j’ai tout de suite compris qu’au delà de sa passion pour le végétal, Sébastien a beaucoup travaillé sur l’Humain, en commençant par lui-même, et que son expérience pouvait inspirer beaucoup de (futurs) paysans en France. J’ai même fait un petit article pour l’occasion.

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« Vivre et créer l’agroécologie par l’expérience »

C’est la mission du projet Les Agron’Hommes. La tournée de Sébastien en France s’est inscrite dans ce projet. Ce n’était pas juste un cycle de conférences, mais une création de fertilité pour construire une plateforme d’apprentissage de l’agroécologie et catalyser le partage d’expériences entre la France et le Québec.

Les jeunes (qui sont des graines) sont au coeur de cette plateforme et tous les autres acteurs doivent créer la fertilité pour les aider à créer le monde de demain : agriculteurs, enseignants, conseillers, chercheurs, mangeurs (oui, parce qu’au final le but c’est de manger quand même), décideurs.

D’ailleurs, Sébastien a senti qu’il pouvait contribuer au projet Les Agron’Hommes :

Tous ces acteurs ont gravité autour de Sébastien pendant sa tournée, et moi j’étais là pour récolter les fruits de ces connexions.

A Paris : amortir le jet lag et rencontrer Landfiles

Prendre soin des agriculteurs, la base de l’agroécologie non ? Alors en arrivant à Paris Sébastien a pu se reposer chez Agnès Poirier, qui réalise un film documentaire sur l’installation agricole. L’occasion d’échanger sur la vision de l’agriculture outre atlantique (relation 2).

Puis j’ai connecté Sébastien et Nicolas Minary, créateur d’une application pour partager l’agroécologie : Landfiles. "Les agriculteurs doivent partager leur algorithme agroécologique. On est dans une guerre où le premier qui siphonne les données des agriculteurs gagne. Nous, on veut valoriser a créativité des agriculteurs pour qu’au final ils soient plus autonomes" explique Sébastien, qui a lancé une start-up au Québec, InfloWrescence, pour partager les expériences des agriculteurs : quels mélanges de plantes sont nécessaires dans quelles situations ? Comment les chercheurs peuvent aider les agriculteurs à apprendre de leurs expériences sur le terrain ? Avec Landfiles, Nicolas propose un outil- portfolio qui répertorie les pratiques agricoles et qui permettra à l’agriculteur d’y trouver des pratiques adaptées à son contexte (relation 3).

Un Québecois chez les Bretons (relation 4)

Superbe deal pour la tournée de Sébastien : les cotisations des agriculteurs de BASE ont permis aux agriculteurs ET aux étudiants des lycées agricoles de rencontrer Sébastien et bénéficier de son expérience. Les agriculteurs d’aujourd’hui investissent dans la boîte à outils agroécologiques de ceux de demain.

La ferme de la famille Le Callonec, en bio depuis 50 ans, nous accueille pour la première étape BASE. Près de 130 personnes sont venues écouter Sébastien, bien serrées dans le petit hangar prévu pour l’accueil du public. J’ai ici recueilli le ressenti à chaud de Patrice Le Callonec, Sébastien et Philippe Pastoureau :

Les BTS APV contribuent au projet agroécologique de Sébastien (relation 5)

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Lorsque j’ai présenté mon voyage en Agroécologie aux BTS APV du lycée agricole de Chambray, les étudiants ont eu un mini coup de coeur pour Sébastien. Ils ont donc étudié la ferme avec quelques vidéos.

Dans cette vidéo, Sébastien présente un schéma, issu d’un livre « Plants of the World ». Encore des relations à orchestrer, celles entre les plantes et avec le sol (relation 6). (Ecoutez Sébastien en podcast, parler de la relation Sol-Plante).

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Alors naturellement, quand Jean Robert Moronval, le super prof d’Agron’Hommie, a su que Sébastien venait, il a proposé d’accueillir Sébastien pour une conférence. Ver de terre production était là pour capturer la conférence et qu’elle soit accessible à tous (relation 7)

L’après-midi, les étudiants ont pu travailler sur le thème de l’Agriculture Biologique de Conservation en croisant les contextes Normandie / Québec. A la demande de Sébastien, et pour compléter le travail réalisé par un groupe d’étudiantes de Bordeaux Sciences Agro (relation 8) sur la présentation de la ferme de Sébastien sur l’application Landfiles, un groupe d’étudiants a construit le schéma décisionnel de Sébastien, concernant la gestion des adventices.

Sébastien démarre un projet de recherche participative sur le maïs implanté à 154 cm ; il a proposé aux étudiants d’explorer la possibilité de faire la même chose avec le tournesol. Voici un extrait de l’article écrit par les étudiants :

La culture du tournesol à 154 cm d’écartement

Article rédigé par : Alexis Loisel, Pierre Sellier, Rémi Piedeleu et Thimoté Delabarre

Pour le tournesol il faut viser une densité de 50 000 à 60 000 plantes levées/ha, semées avec un écartement entre rang ≤ 60 cm, ce qui donne au mètre linéaire une quantité de 4 plantes.

Sébastien Angers souhaite expérimenter le semis du tournesol avec un écartement de 154cm tout en gardant la même densité de plantes levées par hectare (50 000 à 60 000), ce qui donne 10 plantes/m, 6 de plus qu’avec l’écartement standard. Cette implantation à 154 cm permettrait :
- de lutter contre les adventices de la famille des Asteracées et en particulier l’ambroisie, adventice très présente sur son exploitation.
- de diminuer la transmission des maladies
- d’améliorer l’efficience du rayonnement lumineux
- de diminuer les pertes à la récolte
- d’améliorer la structure du sol par un système en SCV
- de créer un refuge pour la biodiversité sur le sol et dans le sol entre les lignes

Attendus :
Améliorer sa gestion de flore adventice en implantant des cultures de la même famille que les adventices qui posent problème (tournesol ambroisie, appartenant tout deux à la famille des astéracées).
Améliorer la structure de sol
Gestion de la fertilité en bio : l’apport d’intrants de synthèse est interdit, il faut donc trouver des leviers à mettre en œuvre pour apporter tous les éléments nécessaire à un bon développement de la culture. La culture du tournesol à 154 cm permet d’introduire un couvert élaboré entre rangs qui apporterait de l’azote, de la potasse et du phosphore. Ce couvert pourrait être utilisé comme support de semis pour la prochaine culture (SCV).

Les points à réfléchir :
Dans la destruction ou dans la régulation du couvert, il faudrait un matériel adapté comme un système de guidage RTK. Quelle largeur de couvert entre les lignes de tournesol ? Quelles espèces ? Quelle date de semis ? Débouché du couvert ?
L’implantation à 154 cm nécessiterai du matériel de précision et pourrai engendrer un baisse de rendement jusqu’à 20% qui serai entre autre compensée par l’absence d’apports d’azote de synthèse. Quelles variétés de tournesol ? Quelle date de semis ?

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Semis en quinconce :
Pour garder la même dose hectare, un semis en quinconce pourrait être utilisé comme en maïs avec un semoir mono-graine. Lemken propose aujourd’hui une semoir monograine Azurit 9 qui permet de semer du maïs en quinconce avec le concept Lemken DeltaRow avec une largeur de 4, 6 et 8 rangs à une largeur de 75 cm, ce qui devrait être modifié pour un semis à 154 cm, il suffirait de retirer un élément semeur sur deux (un semoir 6 rangs en 75 cm serait remplacé par un semoir 3 rangs en 154 cm).

Le DeltaRow se compose de deux rangs décalés distants de 12,5 cm. Grâce à la synchronisation des rangs il est possible de déposer très précisément les semences en formant un triangle (d’où DELTArow). En comparaison des semis à un seul rang le DeltaRow procure 70 % d’espace supplémentaire ce qui signifie davantage d’eau, de nutriments et de lumière. Une seule ligne d’engrais starter est déposée en localisé entre les 2 rangs DeltaRow ce qui permet l’implantation symétrique des unités de semis. Sur les sols menacés par l’érosion la technique se révèle supérieure au rang unique car elle favorise un meilleur enracinement dans le sol. La couverture du sol plus rapide au début de la période de développement ce qui engendre une meilleure lutte contre les adventices au début de la période de développement.
Plus d’informationsici.
Quelle place du tournesol dans le système de culture de Sébastien ?
Le tournesol est une culture d’été à croissance rapide et cycle court qui est en adéquation avec la faible durée de végétation au Québec.
Le tournesol permet de diversifier les cultures présentes. Pour le moment Sébastien a 4 espèces différentes mais 2 familles de plantes présentes (poacées et fabacées). Le tournesol est une Astéracée, ce qui diversifie le système, permettant de lutter contre l’ambroisie présente abondamment dans les parcelles de la ferme. L’ambroisie n’aime pas la concurrence ; on doit implanter le tournesol pour le rendre compétitif et le tournesol doit être compétitif avec le couvert. Il faut interdire le développement de l’ambroisie par couverture du sol, le couvert doit être compétitif avec l’ambroisie.
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Sébastien, accueilli chez Vincent, découvre le contexte charentais (relation 9)

J’ai pris la liberté de résumer l’article écris par Corinne Guerlesquin, enseignante d’agronomie et référante Enseigner à Produire Autrement au LEGTA de l’Oisellerie.

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Corinne écrit : « Quelle chance pour les étudiants d’avoir été invités à participer le 12 Février à une journée BASE à Dignac, organisée par un jeune agriculteur Vincent Dupoux (…) Chacun avec Sébastien a pu s’enrichir des multiples expériences (…) afin de pouvoir guider et mieux accompagner l’agriculteur de demain en cohérence avec ses valeurs et afin de relever les défis qui se présentent.
Rompre l’isolement, décloisonner les échanges, recréer du lien entre les générations et les « types d’agricultures » tel a été le fruit de cette très belle journée sous un soleil discret mais bienfaisant pour nos terres et pour chacun des participants ! Je pense que pour ces jeunes futurs professionnels ce fut une démonstration parfaite que ce qui compte c’est « l’envie de créer » comme l’a répété plusieurs fois Sébastien
 »

Sébastien et Vincent ont pu discuter autour du projet de rotation (ci-dessous) de Vincent : même si on est pas dans le même contexte, les idées dans la tête d’un agriculteur créatif québécois sont toujours utiles !

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Ecoutez Sébastien parler de la relation Homme-Humus.

« L’agriculture est une question d’équilibre » : quand un Québécois rencontre un Basque (relation 10)

Dans la famille des agriculteurs qui ont le cerveau qui fume en permanence et que j’ai du mal à suivre, il y a Félix Noblia, que Sébastien devait absolument rencontrer.

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Comment résumer les aspects techniques rapidement ? Bingo ! J’ai récupéré les notes prises par Félix Noblia lorsqu’on a été chez lui avec Sébastien.

Et si on créait une asso BASE au Québec ? Quand Sébastien écoute Frédéric (relation 11)

Sébastien, moi et Frédéric Thomas sommes intervenus pour les 10 ans de l’Association Occitane de Conservation des Sols, au lycée agricole d’Ondes. Sébastien me dit que son algorithme a "pris un coup, a été ultra-boosté" pendant la présentation de Frédéric, qui a bien duré 3 heures. Un élan d’inspiration pour Sébastien, séduit par la technique et aussi les valeurs de BASE : respect, tolérance, passion, partage. Au Québec, une "gueguerre" existe dans le milieu de l’AC, et Sébastien a envie de créer une antenne de BASE au Québec. Une idée qui séduit pas mal Odette Ménard et Jocelyn Michon.

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Bouquet final de l’inspiration : Franck Baechler sur les terres de Sologne (relation 12)

Eleveur de brebis Solognotes et de vaches Angus sur couverts végétaux et pâturage tournant dynamique, Franck Baechler travaille en partenariat étroit avec Frédéric. Sa passion, sa patience, son envie de partager notamment à travers Icosystème et la structure Holisticom qu’il a créée, ont achevé de séduire Sébastien, qui pour le moment valorise peu ses couverts par l’élevage. Observer l’impact du travail de régénération effectué par Frédéric sur ses terres sableuses de Sologne, a confirmé à Sébastien son chemin de l’AB à l’AC.

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Expérimenter, créer des situations à risque où l’on peut échouer, observer, s’observer, partager. L’agriculture est une question d’équilibre. La clé pour que les jeunes apprennent l’agroécologie demain ?

> Vous souhaitez participer à l’organisation du voyage pédago-agroécologique d’un agriculteur étranger en France ? Contactez opaline : opalinelysiak gmail.com.

> Retrouvez tous les documents ici !


Opaline Lysiak, article publié depuis le Brésil le 24 avril 2019


16
février
2019

Agriculture de Conversation et Sourire Direct

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Du sol vivant, un québécois et 2 bretons, 3 générations.
On s’émerveille et ça fait du bien.

Les échanges sont le pilier de l’association BASE et le moteur du développement de l’agroécologie en France. La venue de Sébastien Angers, agriculteur québécois, sur la ferme de Patrice Le Callonec, en bio depuis 50 ans, a fait exploser les records de population de curieux : 120 personnes étaient présentes.

Ce lundi 11 février 2019, on serre les chaises dans le petit hangar de la ferme de Bioyvel, pour écouter Sébastien. Il raconte avec un bel accent, son histoire d’agriculteur "tombé en amour avec le problème de l’agroécologie". Sa conférence est un équilibre entre progression technique et humaine : ce qu’il se passe dans ses champs est le reflet d’une évolution personnelle forte.

Le travail des agriculteurs bretons impressionne Sébastien.
" Je n’ai jamais vu de structure de sol aussi belle, me dit-il après coup. "La créativité des agriculteurs français est impressionnante !".

Lorsque Patrice Le Callonec et son fils sortent la terre du sol, on n’y peut rien, on regarde cette vie en oubliant tout le reste, les sourires ne sont pas retenus.
Et Florence Riaud était là pour immortaliser le SD : Sourire Direct.


5
février
2019

Les étudiants catalysent la diffusion des pratiques agroécologiques multi-contextes

La plateforme Landfiles voit émerger de multiples projets pour accélérer les échanges d’expériences et essais des agriculteurs qui font l’agroécologie. Quid de ceux qui sont sur les bancs - ou les champs - de l’école, et qui souhaitent prendre part au mouvement ?

Bordeaux Sciences Agro : 4 jeunes femmes et les Agron’Hommes

Après avoir assisté à une conférence sur le projet Les Agron’Hommes, Auriane, Marine, Maryon et Mélanie souhaitent s’impliquer. Je leur propose de créer une base de données des 50 fermes du réseau Les Agron’Hommes, « Vivre et créer l’agroécologie à l’étranger », dans 12 pays. L’objectif est de permettre aux étudiants qui vont dans ces fermes d’avoir accès à un premier lot d’informations pour comprendre la ferme dans son contexte, de présenter Landfiles aux agriculteurs, et d’y ajouter des données. Nicolas Minary créateur de Landfiles, me propose de créer un groupe « Les Agron’Hommes » sur Landfiles, qui sera géré par les étudiantes en 1ère année Bordeaux Sciences Agro et leur enseignante Daciana Papura, qui pose un cadre flexible. Une petite équipe est formée, les échanges se font par Whatsapp et par téléphone.
PNG - 488.3 ko« Techniquement, on crée des fermes sur Landfiles dans différents pays, afin que ces agriculteurs puissent ensuite partager leurs connaissances et expériences avec d’autres agriculteurs » explique Maryon. Pour le moment, les jeunes femmes travaillent sur le Québec - en attendant d’apprendre à utiliser la version anglaise de Landfiles - avec la création de la ferme de Sébastien Angers, qui expérimente l’ABC, Agriculture Biologique de Conservation. Quels éléments du contexte Québecois sont essentiels à comprendre quand il s’agit de faire de l’ABC ?
Pour créer la ferme, il leur faut quelques informations de base et aussi une série de photos accompagnées de données qui illustrent les pratiques de Sébastien. « Ce projet est très enrichissant car il nous donne accès à un réseau, des contextes et des systèmes de culture que l’on ne connaît pas du tout, c’est une vraie découverte et un bel entraînement, ajoute Maryon. « Notre rôle au sein de ce projet est aussi d’apporter des nouvelles idées, auxquelles Opaline et et Nicolas n’ont pas pensé ». Ainsi, après plusieurs semaines d’utilisation de l’application les jeunes femmes sont force de proposition pour la faire évoluer. Elles imaginent une utilisation depuis ordinateur, pour pouvoir notamment y ajouter des schémas et des photos.

Un écosystème d’apprentissage se crée autour d’un agriculteur

PNG - 457.1 koPour le moment, Marine, Maryon, Mélanie et Auriane restent en France et vont voyager virtuellement à travers des fermes qui font l’agroécologie dans 12 pays. Elles seront bientôt connectées à Clément, Sophie et Quentin, étudiants de BTS à Arras et qui vont cet été en Roumanie et au Danemark, sur des fermes qu’elles auront ajoutées à l’application. D’autres jeunes de BTS, en Normandie cette fois, vont rencontrer Sébastien et travailler sur le schéma de son système de culture… Schéma qui sera récupéré par les étudiantes de Bordeaux, si besoin adapté, et intégré à Landfiles.
« C’est à nous, futurs ingénieurs agron’Hommes d’encourager l’émergence de ces nouveaux modes de cultures et de les faire connaître au plus grand nombre d’agriculteurs »
Sébastien Angers ne le sait pas encore, mais un écosystème est en train d’émerger autour de sa ferme - qui interroge parce qu’elle innove. Un réseau de jeunes énergies et talents, ceux des Agron’Hommes de demain, Nous sommes là pour les aider à développer créativité, flexibilité, humanité.

Alors les filles, qui veut aller en stage chez Sébastien… pour vivre l’agroécologie en vrai ?

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31
janvier
2019

Un jeune Agron’Homme en Australie

« Je ne réalise pas que je pars à l’autre bout du monde » m’écrit Romain Lebas en cette première semaine de janvier. Le projet les Agron’Hommes « Vivre et créer l’Agroécologie dans une ferme du Monde », estime qu’il faut aider les jeunes à sortir de leur zone de confort pour trouver les clés qui leurs permettront de construire un projet de vie qui correspond encore mieux à leurs valeurs.

Lors de notre première rencontre en septembre, Romain est étudiant en BTS au lycée agricole Edouard de Chambray (Eure). Après avoir présenté le projet Les Agron’Hommes, je lance le débat : « Est-ce que vous pensez faire de l’agroécologie chez vous ? ». Romain témoigne : lui et son père portent une attention particulière à la fertilité des sols sur la ferme familiale en pratiquant l’agriculture de conservation. Romain aide son père à tous les niveaux, de la prise de décision aux interventions sur le terrain, et de l’élevage aux cultures.

Six mois et quelques échanges de mails plus tard, Romain s’apprête à partir pour le pays des kangourous, pour s’impliquer dans le projet de Randal et Juanita Breen. Au départ Romain visait une ferme sans élevage, pour approfondir ses connaissances techniques en agriculture de conservation. Il accepte finalement de partir dans une ferme avec 3000 poules et à 17000 km de chez lui. Pour la zone de confort, on est bon. Lors de mon voyage en Australie, j’avais passé juste une demi-journée chez les Breen, le temps de faire une vidéo, récolter des données essentielles pour le numéro 100 de votre magazine préféré, et comprendre que le couple d’éleveurs a tous les atouts pour partager leur expérience avec un jeune.

Romain, avec ses passions et ses talents, complètera ce que j’ai commencé à récolter, pour ramener à la manière d’un boomerang des idées d’ailleurs et mettre à disposition de tous - et surtout de ses camarades de classe qui eux n’ont pas été en Australie - des supports pédagogiques pour catalyser la transmission de connaissances agroécologiques à travers le monde.

« Ma ferme dans 10 ans, je pense qu’elle aura gardé le même esprit, la même taille, avec peut être du maraîchage sur sol vivant et des poules en agroforesterie » imagine Romain. Nous verrons si le voyage en Australie précise les idées de notre jeune agriculteur. Sans apporter de recettes, plutôt en faisant naître encore plus de questions. Mais ça, Romain le sait déjà.

Article sur la gestion holistique en Australie
Playlist Australie de la chaîne Youtube les Agron’Hommes



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