Philippe Pastoureau

  • Couvert localisé chez Jocelyn Michon
  • Passage du strip till à disque
ÇA TWITTE !
21
juin
2020

Décompactage du cerveau 2.0

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J’ai subi mon 1er décompactage de cerveau dans les années 2000, cela consistait à admettre que le travail du sol mécanique pouvait être remplacé par le travail des vers de terre, travail rendu possible uniquement si on leur laisse suffisamment de nourriture posée à la surface du sol, c’était la découverte pour moi de l’agriculture du Carbone.

Face au quotidien dans les champs qui devient de plus en plus difficile ( climat, ravageurs, retrait de molécules, pressions sociétales, ...), il était temps pour moi d’opérer une remise en cause de mes pratiques.

« Bienvenue en terrain inconnu »

Si on parlait de l’invisible maintenant

Mon taux de MO est désormais bien remonté, entre 2.5 et 3.5 % pour des sols à 10-15 % d’argile, j’ai beaucoup d’anéciques et une surface du sol qui s’assombrit avec le cumul des résidus que je laisse au champ tous les ans. Pourtant, les différents profils que je réalise se résument à la vidéo ci-dessous, les commentaires de Matthieu en fin de vidéo pourraient être tirés de mes champs.

Il fut compliqué pour moi d’admettre que j’avais des zones de mon sous-sol mal explorées, mais sur des limons fragiles, irrigués, les anéciques ne peuvent pas rivaliser avec le trafic généré par les machines de plus en plus lourdes.
J’aimerais vous parler de l’invisible, ces hyphes, mycorhizes, filaments, qui normalement colonisent nos champs mais qui sont mis à rude épreuve avec l’emploi de pesticides et engrais minéraux, peut être plus encore lorsque l’on est sur des sols à potentiel correct donc des fertilisations qui avoisinent souvent les 180 - 200 unités d’azote.
Voici une belle vidéo d’illustration de la mycorhization.

Suite à une formation sur la fertilisation fine des cultures avec Guillaume Tant du CER, j’ai compris que les vers de terre seuls ne me suffiront pas pour pouvoir réduire l’usage des "cides". Il faut absolument que je remette de la vie biologique dans cette zone de mon sol "inerte" et que je la préserve.
Je vais accélérer les cycles, continuer à chercher à capitaliser du Carbone mais je vais le faire fonctionner, accepter de le brûler parfois (mulchage des engrais verts) pour produire plus au final, je sors du dogme de ne pas toucher le sol, j’alimente mes plantes avec du carbone liquide, tel est le deal.
La 1ère étape va consister à injecter des EM ( micro-organismes efficaces) dans les lisiers, en pulvérisation au moment de mulcher les couverts, en injection dans le sol là où cela est nécessaire.
Voici une vidéo hors cadre agricole mais qui résume très bien les vertus des EM. Pour la multiplication de celles-ci, j’ai personnellement acheté un ancien tank à lait ( inox isolé) dans lequel je plonge une résistance et le tour est joué en quelques jours.
On verra plus tard que toutes ces petites bestioles nécessitent un peu de nourriture, un peu beaucoup puisque nous devrons à terme apporter environ 2 t de sucre/ha pour rassasier tout le monde, sucre issu je vous rassure de la sève des résidus ou couverts que nous laissons au sol d’où l’importance du terme "engrais vert" .
Un couvert biomax à 4 t de MS par exemple, produit environ 20 t brute de résidus, avec un brix de 10%, cela nous donnera largement nos 2 t de sucre.
Avec 5 t de paille laissées au sol après moisson, il n’y a rien pour nourrir vos bactéries donc votre sol va s’atrophier, par manque de carbone liquide.

Comme cité dans la vidéo, les EM sont très utilisés dans les jardins pour remplacer l’usage des pesticides, mon épouse a testé au jardin, elle me dit que ses légumes n’ont jamais été aussi beaux.
Pour les sceptiques, essayer au jardin, sur la pelouse, le fraisier, ...

Fissuration et injection d’EM. 

Ma cuma a donc investi voilà 18 mois dans un fissurateur afin d’aider les anéciques là où cela se justifie. Pour rendre cette fissuration mécanique durable, nous avons équipé les dents d’un petit tuyau afin d’injecter en profondeur (25-28 cm) un mélange d’EM et de mélasse pour les aider à survivre le temps que les racines re-colonisent ces zones inertes.
J’ai mis 15 l d’EM + 5 l de mélasse de canne à sucre ( 15 serait mieux) + des IT 45 .

J’étais loin d’être emballé par ce projet, mais le groupe étant toujours le plus fort, j’ai suivi...

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Nous sommes ici en août dernier sur mon précédent colza associé de trèfle-luzerne, un méteil sera semé en octobre dans ce champ. Il est très important de fissurer sur du "vert", cela permet de ne pas fabriquer trop de terre fine et d’avoir des racines vivantes qui vont tout de suite coloniser les zones inertes ( afin de nourrir et multiplier les EM que l’on vient d’injecter).

Nos tracteurs n’étant pas vraiment dimensionnés pour cette effort de traction, nous avons investi dans une masse de lestage arrière qui nous procure une adhérence parfaite.
4 à 5 km/h maxi, c’est parfait pour former la relève.

Sur cette parcelle, j’ai fait des témoins afin d’évaluer l’intérêt de la fissuration et des EM.
L’objectif n’est pas de passer cet engin tous les ans, ce serait stupide. Il ne faut fissurer que si cela s’avère nécessaire, et dans ce cas en profiter pour y injecter de la vie.
Cette opération ne se renouvellera peut être pas, peut-être dans 4-5 ans, ???
"Autant que possible, si peut que nécessaire" dixit Frédéric.

En octobre, le méteil a été semé avec le maxidrill qui m’a permis de mulcher la végétation en place.

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- >Janvier 2020

La photo montre à gauche une motte prise dans la partie fissuré+EM, celles de droite sont fissurées uniquement.
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10 mois après

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Le méteil semé en octobre dernier a été ramassé le 3 avril pour un rendement correct de 4.2 t de MS. Un essai fertilisation a été mis en place par le CER afin de remplacer les fertilisants classiques pour des solutions favorables à la vie du sol tout en permettant d’obtenir un rendement identique. Les valeurs du fourrage seront également évaluées, nous y reviendrons plus tard.

Le semis de maïs est intervenu le 12-13 avril, l’engrais starter a été remplacé par 30 kg de souffre élémentaire, l’azote ne sera apporté en dirigé qu’au 10 juin à 6-8 feuilles.

Rappel en image pour ceux qui n’auraient pas vu :

Les photos qui suivent datent du 20 juin, je vous laisse les commenter et faire vos propres interprétations.
Le maïs a été, je le rappelle, semé de la même façon sur chaque bande ( strip till + souffre)

Bande 1 : Témoin non fissuré et sans EM
Bande 2 : Bande fissurée
Bande 3 : Bande fissurée + EM

- >Vue de la parcelle

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- >Vue de la surface du sol
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- >Vue des mottes sur la bêche ( test bêche)
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- >Vue des mottes de la zone 20-30 cm
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- >Vue des racines
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- >Comparatif
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Voilà de bien belles photos que le sol m’offre, la batteuse fera le juge de paix mais le rendement du méteil était comparable à la dernière photo,
et il faudrait être aveugle pour ne pas voir l’invisible...


13
avril
2020

10 ans déjà !!!

Semis maïs derrière méteil

Présentation du strip till Duro par son concepteur, Pierre Jallu

En Live, la technique est désormais développée à grande échelle, le drone demande encore un peu de prise en main, désolé pour les secousses.

Sans oublier les fondamentaux

Vous l’aurez deviné, dans la cuve devant le tracteur et dans les trémies du semoir, il y a les produits cité par Gaston.


30
mars
2020

Booster la photosynthèse pour produire plus

Mars 2019

- Salut à tous, pour faire suite au précédent article où j’ai présenté succinctement l’agriculture Régénératrice, je vais résumer ici mes récoltes 2019, les changements mis en œuvre et les 1ères observations.

Colza 2019

Rappel article 18-03-2019

- Malgré un début de floraison catastrophique en raison de grosses attaques du bourgeon terminal, j’observais beaucoup de tiges creuses au début de la floraison, ceci réduit considérablement les transferts de sève et affaiblit la plante. Au fur et à mesure de la floraison, les pétales étaient jaunes pales et les siliques avortaient les unes après les autres.

Floraison 2019
Beaucoup de siliques avortées

- Inutile de rappeler la très forte pression insectes que nous avions, pourtant, ce ne sont pas les insecticides qui ont sauvé mon colza puisque je n’en ai pas fait pendant la floraison.
Le 24 Avril 2019, à la chute des 1er pétales, j’ai appliqué :
3,6 kg d’epsotop + 180 gr de Bore ( ma) + 1,2 kg de MKP.
Le 12 Mai 2019, pleine floraison mais beaucoup d’avortement :
2.4 kg Epsotop + 120 gr de Bore + 20 gr de Molybdène (ma) + 1,2 kg de MKP
Suite à ce second apport d’AF (applications foliaires), les fleurs sont devenues plus jaunes et la fécondation s’est améliorée.
J’ignore si cela provient de mes AF ou de la météo ???
A l’époque, je n’avais pas de réfractomètre pour vérifier le Brix et l’impact de mes AF, on essaiera de faire cela mieux en 2020.
Brix du Colza au 21-03-2020
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Récolte 2019

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On voit la vie en Bleu

Ce colza aura reçu 150 u d’N minéral + 84 u So3. Comme indiqué sur le capteur de rendement, c’est loin d’être ridicule puisque je termine à 43 Qtx/ha, c’est pas une perf. mais c’est très très bien pour l’année, surtout qu’il sera pas trop mal vendu derrière.

Blé 2019

- Pour les blé, pas grand chose à dire. Que cela soit semé à la volée avec le compil où en ligne avec le maxidrill, les résultats sont très bons. Il faut que je termine de livrer mais normalement, je dois tourner à 92-93 qtx/ha. Certains ont tapé les 3 chiffres de moyenne sur les argilo-calcaires, mais je reste toutefois dans la moyenne haute donc un grand plaisir pour moi de retrouver du rendement après 3 années misérables ( le prix est pas déconnant non plus, donc bon job !).

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- Notre Cuma a renouvelé sa moissonneuse Lexion, nous sommes passés à une machine hybride qui de plus nous donne une cartographie de rendement.

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- C’est bien, c’est beau et pour l’instant c’est tout.
Je plaisante, ces cartes et photos aériennes vont nous permettre de mieux connaître nos zones de rendement et peut être adapter nos pratiques dans le futur. Ce capteur est surtout pour nous qui travaillons en cuma un superbe "juge de paix", c’est lui qui va valider ou pas nos futurs essais d’EM, de fissuration, de bactéries, d’enrobages, ...

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- Au passage, voici la cartographie de ma parcelle de colza en agroforesterie. Vous apercevez des lignes non récoltées qui correspond aux lignes d’arbres tous les 30 m, il sera intéressant de compiler tout cela dans 20 ans ...

PS :Spéciale Covid-19, pour ceux qui seraient actuellement confinés, qui ont envie d’espace et de liberté, je vous propose 2 très belles vidéos réalisées par mon neveu Vincent.
(Pour ceux qui ont la fibre, mettez la qualité en HD dans l’onglet paramètre de youtube si celui-ci ne se fait pas automatiquement.)

- Semis couvert au Maxidrill

- 36 ans de passion

Sa chaîne Youtube

Maïs 2019

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- Du pic, et du carreau. Commençons par les échecs :

Sur une parcelle en monoculture depuis 3 ans ( involontaire), j’ai décidé de réduire considérablement le travail du sol et de le localiser à la ligne de semis. Il n’y a pas eu d’épandage organique ni à l’automne, ni au printemps donc pas de soucis de trafic sur cette parcelle, je vais préparer les lignes de semis uniquement au Strip Till à disque dans le couvert de féverole-seigle.

- 27 Mars 2019

- 17 Avril 2019

- 19 Avril 2019
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Mon OAD vient de m’envoyer un Sms, feu vert pour les semis !

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La parcelle sera semée avec le semoir en solo puisque je n’ai pas de soucis de structure en apparence. Je vous détaillerai un peu plus loin les spécificités de ce nouveau semoir.
J’ai localisé 20 kg de souffre élémentaire derrière la graine + 100 kg de 18-46 à 5 cm.

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Quelques longues semaines plus tard, le résultat est sans appel, une catastrophe par endroits.
Avec une période froide après le semis, les attaques de limaces, taupins, corbeaux, mouches du semis, mulots vont décimer le maïs par endroits alors qu’il n’avait pas trop mal levé. J’ai des zones à 25 000 pieds, d’autres à 45 000 et 10 m plus loin des zones à 90% de levée ( semis à 72000). Considérant que la 1 ère perte est la bonne, je n’ai pas ressemé et évidemment cette parcelle finira avec un rendement médiocre de 84 qtx sec pour de l’irrigué.
Les vidéos ci dessus sont magnifiques, cela fait rêver et m’a fait rêver pendant de longues années.
Je ne dit pas que cela ne marche pas puisque sur certaines zones de ma parcelle, la machine affichait 130 qtx sec donc quand les pieds sont là, pas de soucis. Cependant le maïs est une plante qui compense très mal une mauvaise levée, à moi de trouver ce qui va bien avec le climat Sarthois.
Pour finir, si certains décident de semer avec un tempo dans une végétation haute, penser à dire à la console de prendre la vitesse d’avancement sur le tracteur et non au radar car celui-ci peut dans certaines situation être perturbé par le couvert.

-  Double récolte, Maxi Photosynthèse, Maxi rendement.

Changement de stratégie par rapport à la parcelle précédente. Pour gagner en autonomie protéique sur mon atelier lait, ma production de fourrage s’oriente vers plus de méteil intégré dans la ration qui vient remplacer les luzernes et prairies multi-espèces que j’ai testées mais qui sont très consommatrices de main d’œuvre et mécanisation. Le méteil me permet également d’épandre une grande partie de mes effluents à l’automne et est un très bon précédent au maïs chez moi, en Sarthe à condition de récolter le méteil très tôt ( 25 avril max).
Rappel du méteil, article du 3/11/19.

- 18 Avril 2019

- Nous voici en conditions presque faciles. Le méteil a été récolté en bonnes conditions et le chevelu racinaire de ce dernier a parfaitement travaillé le profil le laissant grumeleux. Rien à voir avec un précédent RGI qui est si gourmand en azote et en eau.

- Dans le pulvé frontal, nous localisons derrière la ligne de semis des "cides", ce sera fini en 2020 puisque tous ceci sera remplacé petit à petit par des biostimulants. J’attends bien évidemment d’avoir plus de recul pour vous parler de tout cela, mais le montage que nous avons fait peut vous inspirer.

- Vu de la cabine.

- Gros plan sur le semoir.

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- Sur la photo ci-dessous, on voit la tablette du semoir que l’on peut également avoir sur les écrans Isobus des tracteurs. Dans mon cas, c’est mon AgLeader ( RTK du tracteur) qui pilote le semoir et gère la coupure des rangs.

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- Voici une parfaite illustration du travail recherché, une précision parfaite du placement de la graine afin d’avoir une levée homogène.

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- Pourquoi chercher compliqué lorsque cela peut être si simple. A la vue de cette parcelle qui je le rappelle m’a produit 5 t de méteil riche en protéine avant le semis de maïs, je tiens là quelque chose qui fonctionne chez moi.
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- Il aura été beau du début à la fin, j’ai récolté 8.8 t de maïs épis soit un équivalent de 105 qtx sec.
Cette parcelle où j’ai boosté la photosynthèse avec 2 récoltes me sortira quasiment 18 t de MS de fourrage de qualité. Reste à reproduire cette belle performance dans les années à venir, tel est l’objectif.

- Encore quelques belles images capturées par Vincent chez un adhérent de ma cuma.

Le soleil brille toujours

- Comme notre métier d’agriculteur est de s’adapter en permanence, j’essaie tant que possible de transformer tout ce qui peut être un inconvénient en avantage.
Il fait chaud, il fait beau, de plus en plus beau, tout le monde le confirmera. Et si au lieu de transformer ces rayons du soleil en biomasse, je les transformais en €uros assez rapidement, ça vous tente ???

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- Petit tour à la banque pour financer ce projet, la 1 ère chez qui je suis fidèle depuis mon installation me croit pleins aux as, comme dans la téléphonie la fidélité ne paie plus, ils en paieront les frais et ils m’ont poussé à aller voir la concurrence.
Ce n’est pas parce que les taux sont bas qu’il faut marger sur les frais annexes, il y a quelques fois plus d’argent à gagner en négociant correctement un financement qu’à rogner sur le matériel.
Bref, ce projet de 100 Kwc va me permettre de devenir autonome en électricité, avec les 80 Kwc installés il y a 10 ans déjà, je produirais en 2020 plus d’électricité que je n’en consommerai.
Coté finance, ce projet a un retour sur investissement de 15-16 ans, panneau plus bâtiment. C’est pour moi et mon épouse une épargne retraite, mais également une opportunité pour financer des bâtiments neufs et fonctionnels gratuitement.

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- 2019, année du changement.

C’est bientôt mon anniversaire, et mon fils m’a suggéré de changer la couleur du télesco, ce sera bientôt chose faite.

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28
janvier
2020

Il était temps, Guillaume Tant.

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« Ce qui anime la vie, c’est un petit courant électrique produit par le soleil ». Albert Szent-Györgyi (1893-1986,) Prix Nobel de Médecine-Physiologie 1937

Régénération Tant attendue !

En Mars 2019, j’ai assisté à une conférence de Guillaume Tant, jeune ingénieur agronome (globe trotter) qui bosse aujourd’hui pour le Cerfrance ( centre comptable ). Guillaume m’a bousculé dans mes convictions sur l’agriculture du carbone, cela tombe au bon moment puisque je perçois dans mes pratiques des situations d’impasse avec la chimie tant décriée par nos consommateurs.

Une vidéo qui illustre la vision en 2030 du Cerfrance

Décompactage de cerveau, 2.0.

Oh punaise, que ça fait mal...

Mon groupe de voisins avec qui nous payons un conseiller privé pour les cultures a radicalement adhéré à la volonté d’en savoir plus après la rencontre de Guillaume Tant.
Pour faire très simple et vous expliquer les changements de pratiques que nous envisageons :

Avant  : Nos pratiques visaient à protéger les sols de l’érosion, réduction du travail du sol et couverture en général. Pour la croissance des plantes et leurs protections, comme tous nous avons des pratiques raisonnées mais trop souvent basées sur les "cides", on gère par la mort.
Après : Découverte que le sol est vivant et qu’il y a bien d’autres choses, bien plus importantes que les simples vers de terre.
J’assimile le sol à la panse d’une vache, cela fonctionne exactement pareil. La notion de sol vivant prend toute sont importance, on va chercher à augmenter les défenses immunitaires des plantes par de meilleurs équilibres du sol mais aussi de la sève, on gère par la vie !
Ce gros changement de posture doit nous conduire à diminuer l’usage des "cides" ainsi que des engrais minéraux ( je parle azote), simplement parce que nous n’en aurons plus besoin, et non parce que l’on se les interdit.
("autant que possible, si peut que nécessaire" dixit Frédéric Thomas)

Voici un très rapide résumé du nouveau mode de production que Guillaume nous préconise :

Partie sol : il conseille aux agriculteurs de faire une analyse de sol Albrecht (exemple, réalisé dans un labo anglais ( 55 € l’analyse) afin de connaître non pas les teneurs mais les équilibres entre les éléments minéraux et oligo présents dans le sol ainsi que les éléments qui provoquent des blocages.
Suite à cela, il faut dans certains cas prévoir tel ou tel apport. Par exemple, il nous expliquait qu’il voyait très fréquemment des semelles de TCS, liées aux éléments de Calcium ou Sodium qui descendent dans le profil et se posent sur la semelle de labour. Le labour est dans ce cas la meilleure solution pour remonter ces éléments en surface ( attention aux âmes sensibles), sinon la fissuration s’impose mais surtout, cela traduit un manque de communication entre les racines et les mycorhizes qui ne sont pas nourris en permanence. Bref, je ne suis pas assez calé pour expliquer cela mais il a parlé de l’importance de nourrir le sol “tout le temps” avec des fumiers frais, des couverts et d’avoir des racines vivantes le plus longtemps possible pour avoir un sol vivant.

Il nous a parlé de Redox et du Brix qui est le taux de sucres dans les plantes. Celui-ci est directement lié à la vie du sol ( il ne faudrait plus mettre d’engrais azoté minéral, cela fou le bordel dans le sol).
Pour comprendre, il a pris l’exemple des insectes, ceux ci n’aiment pas le sucre et ne savent pas le digérer puis en meurent. Donc quand votre plante a un taux de Brix de 16, les insectes n’y touchent pas, si le taux de Brix est de 8-10, appelez les vendeurs de "cides"...
Pour que les plantes puissent avoir un taux de Brix qui tienne dans le temps, il faut qu’elles fabriquent du sucre en continue et cela est lié à l’activité du sol. Faire un apport de sucre résout un souci à un moment donné mais n’est pas durable. Guillaume travail donc à mettre au point des méthodes surtout issues d’Australie et des USA, qui visent à corriger l’équilibre minéral des sols – enrober les graines ( pour réveiller les bactéries autour de la graine) et faire des apports foliaires d’oligo + tisane au cas par cas.

Il préconise de travailler avec de l’azote soufré ( toujours 2 N pour 1 S), du sulfate de magnésie, du thiosulfate, du bore et du zinc. Il nous montrera comment multiplier des EM avec des fermentations que l’on peut faire très facilement chez nous. Ces enzymes servent ensuite en pulvérisation ou à mettre dans les fosses à lisier, cela oriente les fermentations ( un peu comme du Biosil). Ces trucs coûtent rien ( 1-2 €/ha) et permettent de réduire la fertilisation azotée.

Une vidéo de Marc André Selosse qui nous parle de la microbiologie des sols et pourquoi nos pratiques sont au bord de effondrement. Un très bon rappel sur l’évolution des modes de production, avec un coté ironique en citant que "nous fabriquons les problèmes de demain", restons humble ...
( de 26’ à 50’)

Suivi de Olivier Husson, lui aussi scientifique Français qui nous explique ce qu’engendre l’oxydoréduction dans nos sols. Une vidéo ludique très imagée qui devrait vous permettre d’être au courant.

1/2 décision = Bordel2

( de 1h 44 à 2h20)

Un lien pour mieux comprendre le Redox et l’oxydoréduction

Ces 2 vidéos sont issues d’une conférence diffusée en direct le 23 Janvier 2020, un grand merci aux organisateurs de nous faire partager ce contenu si riche. N’hésitez pas à regarder l’intégralité de la conférence ici, les autres intervenants sont également très intéressants.

Bienvenue dans l’Agriculture Régénératrice selon John Kempf

Voici des liens pour approfondir la mise en place de l’agriculture régénératrice, cela peut se faire en quelques mois sur de petites surfaces, quelques années à la taille d’une ferme.
Vous prendrez bien un peu de suc...

La pyramide de santé des plantes
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La pulvérisation foliaire comme outil de régénération des sols
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les nutriments essentiels nécessaires pour augmenter la photosynthèse
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- >Source Ver de Terre prod, merci à eux.

Bienvenue au Carbone Liquide

Bienvenue dans l’Agriculture Régénératrice selon Christine Jones

Plus de photosynthèse, plus d’électrons, plus d’échanges de sucres ( carbone liquide), plus de mycorhises, plus d’éléments échangés sur le CAH ( complexe argilo humique ) , plus de biomasse, plus de restitutions, ..., ...,...
Voilà comment nous allons commencer à aggrader ( inverse de dégrader) des sols , l’objectif est de faire monter très rapidement de taux de MO de nos sols, 1 à 2 % de plus en 4-5 ans, nous sommes très loin de ce que procure l’A2C "classique".
Ce Carbone liquide va se démultiplier dans le sol avec l’accélération de la décomposition des résidus, une meilleure nutrition donc plus de biomasse fraîche qui va venir remplir l’estomac, euh non le sol pour augmenter de façon durable le Brix de nos plantes. Les impasses en "cides" se présentent donc de façon sereine.

La voie méconnue du Carbone Liquide

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Save our soils

Si vous êtes parvenu à lire tout ce post, vous comprendrez désormais mon changement de posture dans mes pratiques agricoles,
Le "A la mort" va être minimisé pour tendre vers le "A la vie".
Dans mon prochain post, je vous explique comment cela se traduit dans les champs...


15
novembre
2019

Un méteil avec 15 % de MAT et 5t de MS/ha

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Complément d’infos de l’article précédent :

Une belle synthèse des Chambres d’Agriculture des Charente Maritime & Deux Sèvres sur la composition des méteils en fonction des objectifs recherchés.
Trop tard pour semer le méteil cette année, mais pas encore pour faire une partie de vos semences au cas où.

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3
novembre
2019

2019, l’année du, des changements...

Point météo

L’année est terminée pour ma récolte 2019, je peux donc désormais faire le bilan de ce qui a marché, et ce qui est moins bien.
Il y a du très bon, et du minable que j’ai bien provoqué, mea-culpa.

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  • En terme de température, nous n’avons pas eu d’hiver avec un seul petit -3°C. On pouvait donc s’attendre au pire côté insectes et ravageurs, nous fûmes servis. Sur le graphique des jours sans dégel et des nuits tropicales, on voit très bien que depuis 2010 les nuits d’été sont de plus en plus chaudes.
    Deviendra t’il quotidien de pouvoir moissonner dès 10 h 30 le matin, et poursuivre jusqu’à peut plus (je parle pour ma région) ???
  • Les températures du printemps sont dans la moyenne, mais avec un déficit de pluviométrie sur janvier-février qui a limité les enracinements par endroits. Puis un mois de mars pluvieux qui a rendu les 1er apports azotés impossibles pour certains, la sanction fut irréversible avec une sécheresse historiquement précoce (avril-mai-juin) puis un 1er gros coup de chaud au 20 juin avec des températures qui désormais flirtent avec les 40°C.
    Ce coup de chaud précoce sera dramatique pour toutes les cultures en mauvais état végétatif, et l’irrigation peinera à combler ce gros stress.
  • Changement climatique oblige, ce sont plus les extrêmes qui nous font mal, coups de chaud soudains ou précipitations records en un laps de temps réduit, autant dire que le sol fut mis à rude épreuve, et je crains que nous allions devoir nous adapter très vite car nous n’en sommes qu’aux premières conséquences visibles.
    Aujourd’hui plus qu’hier, les agriculteurs qui sauront faire évoluer leurs systèmes globaux d’exploitation trouveront des solutions, les autres subiront un peu plus fort le climat.
  • 400 mm de janvier à mi-octobre, record absolu de sécheresse. On attendait pour ne pas semer les blés 2020 trop tôt ( risque ravageurs, temps trop doux), puis il a plu, un peu, beaucoup... 150 mm en 3 semaines, et on ne connaît pas la suite, mais cela je vous en parlerai plus tard...

Méteil, le retour.

Semis du méteil le 09-10-2018

  • Exit les mélanges de luzernes fourragères !!! Mon objectif reste bien entendu de produire un fourrage le plus équilibré possible afin de limiter les achats extérieurs.
    La luzerne est un très bon fourrage, mais elle est exigeante en main d’œuvre, irrigation et fertilisation car elle valorise mal les effluents d’élevage.
    Le trafic causé par les multiples récoltes amenuise son effet structurant et son introduction dans la ration doit rester limité. Voilà en partie pourquoi j’ai décidé de remplacer celle-ci par du méteil que je vais faire en dérobée devant mes maïs. (cf la vidéo de Konrad en fin d’article pour les raisons économiques de ce changement).
  • Octobre 2018, je sème un mélange de 3 kg de trèfle de Micheli, 3 kg de trèfle Squarosum, 20 Kg de seigle forestier et 90 Kg de féverole d’hiver.
    Sur la photo ci-dessus, on aperçoit les reste d’un sur-semis de millet/moha dans un chaume de blé sur laquelle il restait de la luzerne associée au colza précédent. Ce sur-semis d’été n’a pas marché non par manque d’eau, mais par manque de fertilité. En 2018, l’apport de lisier bovin a été fait avant le semis du méteil, nous verrons plus tard qu’en 2019 il sera fait avant le semis du couvert d’été et là cela change tout.

Photo du 12-11-2018Photo du 03-02-2019

  • La culture du méteil n’a pas besoin de désherbage, pour 2020 j’ai rajouté à ce mélange 12 kg de pois fourrager et 7 kg de vesce commune tout en diminuant légèrement la féverole. Ceci afin de gagner un peu en MS à la récolte, un peu de tonnage et surtout limiter les risques de gel ou maladie avec mon mélange qui n’était pas assez varié.
    Côté fertilisation, 250 kg de sulfate d’ammoniac on été apportés vers le 20 février plus un apport d’oligo vers le 10 mars.
  • Je vous recommande de visionner ce superbe témoignage de 2 pionniers qui m’ont beaucoup inspiré, la partie méteil commence à 4mn 33. On est loin des conférenciers en costard-cravatte, mais on en prend pleins la tête...
    "Autonomie en protéines, méteils et production laitière - David & Patrick BRACHET"
    filmé par ver de terre production, merci à eux.
  • Comme l’explique David Brachet, le méteil explose littéralement en printemps et il est très simple de suivre sa croissance en mettant dans le champs un piquet de clôture. On passe de 35 cm au 20 Mars à plus de 1 m au 12 Avril, le seigle est au stade gonflement, quelques barbes commencent à sortir le jour de la fauche.

Photo du 20-03-2019 Photo du 27-03-2019 Photo du 04-04-2019 Photo du 12-04-2019

  • Pour la récolte, j’ai fauché à plat avec une faucheuse frontale afin de ne pas rouler sur le fourrage, j’andaine ensuite avec un andaineur à tapis pour préserver le fourrage. La récolte s’est faite à l’autochargeuse mais cela se fera peut être à l’ensileuse l’année prochaine pour avoir une longueur de coupe plus fine.
    Coté rendement, les objectifs sont atteints puisque je sors 6 tonnes de MS avec une très bonne valeur alimentaire, 0.85 UFL pour 195 gr de MAT mais seulement 26.5 % de MS ( cela se marie très bien avec du maïs épis en face).

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Analyse méteils 2019 :
Analyse méteils 2019

ITK méteils 2019 : J’arrive à 65 €/tonne de MS, c’est bien mais on peut faire un peu mieux en poussant le rdt à 8 t. (cf vidéo de Konrad)

ITK méteils 2019

Chantier de récolte chez Cédric & Flavie.

- Chantier fauche

- Chantier andainage

- Chantier récolte autochargeuse

J’ai été un peu long sur cette culture mais comme c’est une nouveauté dans ma rotation, j’ai trouvé bon de vous mettre le maximum d’information. Le choix de cette culture vient pour trouver des alternatives aux pesticides mais aussi produire du fourrage de printemps avant les périodes de sécheresse.
C’est de plus un excellent précédent au maïs à condition de le récolter tôt, très tôt en bridant le rendement (obj. 6-8 t) mais en conservant de superbes valeurs alimentaires.
Vous l’aurez deviné, presque tous mes couverts d’automne vont se convertir en méteil qui seront destinés soit au laitières, soit au sol...En fonction des volumes récoltés en méteils dès le moi de mai, je pourrais plus rapidement définir mes besoins en maïs ensilage ou épis, et commencer la commercialisation du maïs grain sans devoir attendre d’hypothétique récolte d’automne de couverts opportunistes.
Ceci est l’étape en cours, suivra probablement le maïs Milpa qui demande encore à être adapté à notre contexte, mais la piste est intéressante...
¨Vidéo de maïs + lab lab filmé par les Agron’Hommes

Dans mon prochain article, je vous parlerai des autres récoltes, mais aussi d’une étape supplémentaire que nous allons essayer de franchir avec mes voisins, l’approche "Brachet" m’a un peu percuté je dois l’avouer...
@ très bientôt.

PS : Pour les éleveurs laitiers, je ne peux que vous recommander le site LVH de mon ami Anton Sidler qui fait un travail remarquable sur l’évolution de l’élevage laitier.
Accrochez vous bien, la vidéo qui suit fait 5 heures, certes c’est long, mais c’est gratuit et vous pouvez la regarder de chez vous, tranquille assis bien au chaud alors que la pluie vous bloque à la maison. 5 heures qui ne seront pas du temps perdu et qui expliquent les changements en cours sur nos fermes.

Autonomie en Protéines Elevage Bovin - Konrad SCHREIBER



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