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Philippe Pastoureau

  • Couvert localisé chez Jocelyn Michon
  • Passage du strip till à disque
27
mai
2016

Innov’Aventures

Beaucoup, beaucoup de fermes ouvrent leurs portes au mois de Juin, n’hésitez pas à visiter vos voisins pour entamer une bonne ConVersation

Quand les chambres d’agriculture se lâchent...

Innov’action près de chez vous

Conservation ou Révolution ?


Chaponnay : 15 céréaliers pratiquent l’agriculture de conservation

Reimer Robotics

A l’aube des tracteurs sans chauffeurs....
Cela fait peur, mais adapté à l’agriculture de conservation, cela va nous rendre un service énorme par apport au trafic dans les champs et nous permettre de réduire considérablement le poids des machines.

ecoRobotix


23
mai
2016

Sols vivants, tous gagnants.

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De nombreuses fermes, groupes d’agriculteurs, techniciens et techniciennes proposent des journées et visites sur le thème de la préservation des sols.

- Les jeunes de la Sarthe ne sont pas en reste, ils vous attendent le 31 Mai.

Comme l’explique si bien Jocelyn, 5 ateliers seront à votre disposition pour innover encore et encore, dont 1 qui sera animé par Frédéric Thomas

- Des images valent parfois mieux qu’un long discours.

- Des groupes s’ouvrent aux publics, car la Terre, l’Eau et l’Air sont des biens communs.

- C’est beau, c’est Bio, c’est possible.

- Rien à voir, quoi que ...

- Des couverts dans les champs, des couverts dans les fruits, des cultures sous couverts d’arbres, ils sont fous, mais je les suis.

- Passer d’une politique de contrainte à une politique de résultat.
Soyons acteur de notre métier.


Comité national d’orientation et de suivi du... par Alimentation-Agriculture

Vous avez envie d’échanger, rencontrer des agriculteurs qui pratiquent l’agriculture de conservation, n’hésitez pas à appeler les Chambres d’Agriculture, les associations, les centres comptables, il y a forcément un agriculteur près de chez vous qui a modifié ses pratiques, allez le visiter...

En groupe, on est plus fort,
En groupe, on va plus loin.


13
mai
2016

Montez, montez, on voit mieux le sol d’en haut...

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Que c’est beau, j’ai honte.....

Allez, prenons les choses dans l’ordre, voici tout d’abord ce que nous voulions faire. Mon neveu a commandé un drone au Père Noël, et sans le savoir, l’espèce d’OVNI qu’il a reçu va nous montrer ce que nous ne voulions pas voir, et vu d’en haut, c’est magnifique, ou catastrophique selon le regard que l’on porte.

L’agriculture va vite, très vite, il suffit de regarder sur Youtube pour remarquer que plus de la moitié des vidéos sont réalisées par des drones, et les paysans amateurs donnent probablement des sueurs froides aux réalisateurs professionnels, tellement les montages sont beaux.

Notre Cuma cherche dorénavant à réduire la puissance de traction et le poids des machines là où cela est possible, c’est pourquoi vous verrez sur les vidéos apparaître des tracteurs plus petits, des 4 cylindres qui remplacent petit à petit nos tracteurs de tête. Cette volonté va se retrouver dans la fin de l’article, mais avant cela je vous laisse découvrir notre univers de travail.

- Les 2 parcelles précédentes ont des couverts qui pour nous font partie du passé, progressivement les "CIPAN" sont remplacés par un mélange de fèverole/phacélie qui facilite énormément la reprise du sol au printemps et le réchauffe avec des résidus noirs qui captent les rayons du soleil. Nous laissons tomber les couverts de graminées, radis, trêfle, ... pour des racines qui colonisent le sol en profondeur, le rendant très grumeleux, stockant de l’azote dans le sol en plus de le piéger. Qui plus est, cela nous permet dans certains cas de ne pas utiliser de désherbant total au printemps .

Bref, vous l’avez compris, chez nous entre un blé et un maïs, c’est le couvert de féverole/phacélie qui va bien, Green Tillage et Jean Hamot sont passé par là.

synthèse de couverts réalisée par le CER France chez un adhérent de ma cuma

C’est quoi ces traces ???

J’ai demandé à mon neveu de faire quelques photos de ma ferme, comme ça et quelle surprise lorsque je les ai vues sur mon écran !!!

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Dans le fond de la photo, on aperçoit :
Une parcelle de blé à gauche de l’étang, c’est pas mal, la culture est régulière sauf sur des zones hydromorphes où l’on devine les zones mal captées par le réseau de drainage.

Une parcelle de blé tout au fond, nickel, nous sommes sur un limon profond, Blé de Colza de Blé de Maïs. Pas de compaction, RAS.

À droite de la stabulation, nous voyons une parcelle d’orge qui peine à cause d’une grosse attaque de piétin échaudage. Nous sommes sur un précédent blé suivi d’un couvert d’avoine-trèfle prévu en dérobée devant un maïs qui était prévu. Les cours du maïs m’ont découragé et à l’automne j’ai décidé d’implanter cette parcelle en orge. 3 céréales à la suite, grosse erreur, le potentiel est entamé.

Sous nos pieds, au 1er plan de la photo se situe un dérobé RGI-trêfle. C’est là que c’est la cata. Les traces que l’on voit correspondent au passage de la tonne à lisier. Ma fosse à lisier étant trop petite pour tenir plus de 5 mois, j’ai l’habitude de la vider en partie début avril juste après la 1ère coupe de ma dérobée, profitant de la portance offerte par le RGI.
Je n’imaginais pas que le poids de la tonne sur un sol "frais" pouvait avoir autant d’impact. À l’œil, la tonne à lisier n’a même pas déformé la surface du sol, mais c’est uniquement grâce au chevelu racinaire de ma graminée que l’impact de surface est invisible. Vu d’en haut, on voit le poids de la tonne qui a compacté en profondeur et qui ralentit énormément la repousse. À la vue de ces traces, on comprend mieux pourquoi le ST à dent apporte de bons résultats chez nous et semble même indispensable.
Pour améliorer la photo, je vais donc construire une fosse plus grande, décaler tous mes épandages à l’automne si possible, réduire encore et encore le poids des machines et augmenter le travail racinaire. Verdict dans quelques années, le drone sera juge...

Pour conclure, le drone, c’est le second outil le plus rentable après la bêche...


A PROPOS DE COMPACTION...

Pour être en plein dans l’actualité, voici un reportage de cette semaine d’un ami "agricoolteur", qui parle de compaction.


4
mars
2016

Pister les pionniers pour ne pas être largué

La Cuma des Mimosas accueillit par la Cuma de Piacé.

C’est en période de crise qu’il faut investir, pas forcément dans de la ferraille, mais plutôt dans des systèmes durables et performants. Pour ma part, encore une fois, j’ai la chance d’avoir des voisins qui n’ont pas peur d’innover, et depuis 2 ans nous avons modifié nos pratiques pour aujourd’hui nourrir nos bovins au moindre coût, et j’espère durablement.
Anton Sidler (LVH) nous a ouvert son étable et a ouvert nos esprits en même temps, ceci nous a conduit snaturellement à mettre en place sur nos fermes une agriculture autonome et rentable.
Autant vous dire qu’aujourd’hui, j’ai encore de l’espoir dans la production laitière car je suis tout doucement en train de mettre cette production en symbiose avec le reste de ma ferme.

Adapter ses pratiques pour plus d’autonomie
La luzerne et les prairies multi-espèces sont donc arrivées dans mes champs pour remplacer le maïs ensilage qui rime trop avec esclavage, les mélanges RGI-trêfle montent en puissance et les dérobées de 6 mois vont progressivement laisser la place à des dérobées de 18 mois et des méteils.
Beaucoup de changements se sont mis en place depuis 2 ans, il a fallu se documenter, se former, visiter des pionniers et assumer les erreurs du débutant, mais notre orientation se consolide de jour en jour, notre autonomie ne cesse d’augmenter au grand désespoir des vendeurs de chimie ou d’aliments, et le moral se renforce en cette période où beaucoup trop d’éleveurs jettent l’éponge, preuve que notre système conventionnel n’est pas durable.
Je dis par là, que comme pour les sols, il y a un moment où le paysan doit regarder son outil de travail (la vache en l’occurrence), et faire preuve de bon sens. Lui seul a le pouvoir de changer son mode de production, comme le non labour, aucun vendeur n’a d’intérêt à ce que vous évoluiez vers l’autonomie.
Attention toutefois, comme pour le non labour, il n’y a pas de place à l’improvisation, et il faut connaître les règles de base pour avoir rapidement des bénéfices.

Sol en Santé, Animaux en Santé, Paysan en Santé...
Avant, je produisais du fourrage avec mon maïs ensilage, fourrage riche en énergie que je complétais avec l’achat de soja riche en protéines. Pour avoir une vision simple de l’alimentation laitière classique, il faut 1,5 tonnes de soja pour 1 ha d’ensilage de maïs plante entière.
1 ha de maïs ensilage nécessite 350 € d’intrants, plus 1,5 t. de soja que le commercial vous vendra également soit environ 800 € d’intrants pour 1 ha de maïs, tarif très volatil...

Maintenant, je cherche à produire le maximum de lait avec mes fourrages que je vais chercher à équilibrer à l’auge (passage à une ration mélangée) et être beaucoup moins dépendant des intrants.
La ration va progressivement évoluer pour tendre vers 1/3 de maïs plante entière (fauché très haut), 1/3 de luzerne plus 1/3 de prairies multi-espèces. À ceci viennent s’ajouter 6 à 7 kg de maïs épis plus un concentré fermier (orge-maïs aplati) distribué au robot.
D’une ration simple auparavant (maïs-soja-concentré de production), je vais passer à une ration multi espèces qui va multiplier les chantiers de récolte, les lieux de stockage et la manipulation pour la distribution. Ceci va nécessiter des investissements qu’il convient de chiffrer avant le changement d’alimentation, mais comme la charrue, le plus dur est de changer la manière de voir, et lorsque l’on a basculé vers l’autonomie, les discours des vendeurs ne sonnent plus du tout de la même façon.

Voici quelques articles trouvés sur le net :
- protéine maison au menu
- Témoignage de Gonzague Jouzel
- Ensilages d’herbe, de méteil et d’épis de maïs se complètent à l’EARL de Lanzéon
- arrêter l’ensilage de maïs tout en maintenant ses vaches à 10 000 litres

Voici des vidéos explicatives :
- Anton Sidler, agricultureautonomerentable.fr.

- 

Mickaël Sergent, Clasel72.

- 

Un système fourrager gagnant-gagnant

Vidéo complète disponible à la vente sur le site agrovidéo

Dans un prochain article, je vous détaillerai les chantiers de récolte mais aussi les modifications apportées pour le stockage, un petit rationneur pour équilibrer la RTM (ration totale mélangée) mais aussi des indicateurs pour prévoir les surfaces nécessaires en fourrage, cuber les silos et dimensionner les fronts d’attaque.
(Le plus urgent pour vous est maintenant de savoir si vous devez semer du maïs ???,
ensilage ou épis ??? ou garder le dérobé un peu plus longtemps ???
)

Désolé pour ces questions, courage !


25
février
2016

No Limit

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- En ce début d’année bien morose, je vous propose 2 vidéos pour repousser les limites, un peu comme s’il y avait toujours une solution pour réaliser quelque chose que l’on croît insurmontable.

One of those days 3 - Candide Thovex

Regardez comment ce jeune skieur nous fait découvrir le paysage de la Clusaz ! Je vois à travers cette vidéo la performance technique mais également technologique à faire pâlir James Bond. Rien n’arrête ce jeune, son imagination est sans limite, il est autodidacte dans sa technique, il innove un peu comme le font les pionniers de l’agriculture de demain.
La prise de risque est réelle, seules les personnes expérimentées peuvent passer ces obstacles, alors vous aussi, si vous voulez innovez en agriculture, formez vous, et les rêves deviendront réalité.

BlaBlaCar version agricole)

Dans ce n° de Powerboost, je vous propose d’aller directement à la 4ème minute ou vous découvrirez comment cette agriculteur s’adapte face à la crise.

Voici un lien vers Wefarmup, un site tout nouveau créé fin 2015 qui va sans doute permettre à beaucoup d’entre nous d’innover sans prendre de risques.
Vous avez un semoir de SD, un strip till, un rouleau faca que vous désirez louer simplement dans votre entourage, ou vous êtes en technique conventionnelle et cherchez un déchaumeur capable de semer vos couverts l’été prochain, allez sur le site, peut être que vous trouverez votre bonheur...


1er
février
2016

Colloque Santé des Sols

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Le 6 Janvier 2016, j’ai eu le plaisir de présenter mes péripéties devant 450 Québécois, agriculteurs et techniciens.
Ce fut un réel plaisir pour moi de décrire mon parcours, mes échecs et réussites. J’ai aussi jasé de mes déceptions et mes désillusions, mais surtout du chemin parcouru pour rencontrer le plus souvent possible la chance.
Tout ceci est résumé sur le PdF ci-dessous , je vais essayer de vous expliquer les grandes lignes.

Lien vers Google Drive

Introduction

Je présente la région d’où je viens et ses caractéristiques. Le Québec est issu de la forêt (il y a - de 200 ans), alors que ma ferme est issue d’une région bocagère très hétérogène, ceci se voit tout de suite sur la photo aérienne.
Pour la météo, l’hygrométrie est à l’inverse du Canada, des hivers froids et humides, suivis d’été chauds et secs, avec une pluviométrie répartie de septembre à avril.
Sur le plan économique, la rentabilité de ma ferme s’amenuise d’année en année, mon résultat net varie de 5 à 10 % du chiffre d’affaires, alors qu’il était de 15 à 20 % il y a 15 ans. J’ai du presque doubler mon chiffre d’affaires (travailler plus) en 15 ans pour maintenir mon revenu, la moindre variation négative des cours risque de me mettre dans le rouge très très rapidement. Heureusement pour moi, je travaille en groupe et "le groupe est toujours plus fort que le plus fort du groupe".
On respire un grand coup, on prend du recul, et on réfléchit à mettre en cohérence mes modes de production pour non plus augmenter le chiffre d’affaires mais améliorer le résultat net, ceci en travaillant les postes majeurs (mécanisation, fertilisation, achat azoté et protéique).

Du labour au travail simplifié

De 1995 à 2005, j’ai beaucoup ramé à l’aveugle, j’ai voulu réduire le travail mécanique sans le remplacer par du travail biologique. Les économies de mécanisation ont été englouties dans une utilisation plus importante de produits phytosanitaires, la baisse des rendements nous met en difficulté, le doute s’installe..

Le Sol serait-il vivant ?

Pour la 1ère fois, une femme va me mettre à genoux pour que j’observe mon outil de travail. Je découvre que le sol est vivant, et je prends conscience de mes pratiques. Labour ou TCS, les 2 sont aussi destructeurs pour le sol...
Il faut maintenant nourrir le sol, encore et encore, toujours plus et tout laisser à la surface, même si cela ne ressemble à rien. Le moindre résidu enfoui sous 2 ou 3 cm de sol ne nourrira pas mes laboureurs, mais des bactéries toxiques pour mes cultures. Je doit imprimer dans ma tête de nouvelles images de mes semis. Commencent alors les semis dans le vert, effrayant au début, réussi à chaque fois....

Le ver de terre rentre au Ministère

Nous avons la chance en France d’avoir un Ministère de l’agriculture qui est sensibilisé à la vie des sols, nous ouvrons nos fermes pour faire voir que l’on peut remplacer une partie de la chimie et du gasoil par des systèmes écologiques gratuits. Le Ministère baptisera cela l’Agroécologie.
Ce terme - maintenant rentré dans le dictionnaire - sera désormais enseigné dans les lycées agricoles, chacun y aura été sensibilisé et on peut espérer qu’à l’avenir nos conseillers prodigueront des bienfaits écologiques avant de vendre des produits phyto. (par exemple, un conseiller préconisera de détruire un couvert chimiquement ou mécaniquement seulement 2 à 3 jours avant le semis d’une céréale, afin de nourrir les limaces pendant encore 2 à 3 semaines par les résidus verts et ne pas être gêné par celles-ci)

Rencontre avec la chance

Oui, c’est possible.
Souvent ???
Le plus souvent possible.

Ceci n’est pas de la provocation. J’ai pris l’image d’une arène pour illustrer mes propos.

Sur la 1ère photo, on voit des amateurs qui défient la vachette, certains ont de la chance, d’autres pas. Ceci illustre l’époque où j’ai arrêté de labourer, je faisais du TCS, les résultats étaient aléatoires et jamais supérieurs au labour, donc pourquoi prendre des risques ???

Sur la 2 ème photo, un professionnel se dresse devant la vache, il la connait parfaitement, il sait exactement comment elle va se diriger sur lui, il est immobile, il analyse la situation, il sait exactement le geste qu’il va opérer et à l’instant précis, il va réaliser un saut de l’ange au-dessus de la vache, sans prendre le moindre risque.
Sa tenue est blanche, la vache le voit à-peine car elle course l’écarteur habillé en bleu, et la vache ne voit que sur les cotés, pas au-dessus de sa tête.
Avec ces explications, certains vont peut être vouloir descendre dans des arènes l’été prochain, je vous le déconseille, l’apprentissage de ce sport demande beaucoup d’entrainement, avec un professeur.
Quand on abandonne le labour, il faut également se former, avoir des professeurs, évaluer les risques et trouver des parades pour les déjouer à chaque fois.
Affronter une vachette ne s’improvise pas, abandonner une charrue non plus.

Quand vous aurez trouvé le ou les bons professeurs, essayez 1 ou 2 fois des exercices concrets dans vos champs, il n’y a aucune raison que la chance ne soit pas au rendez-vous. Le jour ou vous dépasserez le professeur, vos rendements deviendront supérieurs à ce que vous pouviez prétendre en conventionnel, ce ne sera pas un hasard.

Pour ma formation, je budgétise 0.5 % de mon chiffre d’affaires que je consacre à des échanges, voyages, temps de formation. Chacun y va à son rythme, mais sachez que le gratuit n’est jamais gratuit.

Découverte du métier de paysan

Je redeviens chef de ma ferme, c’est moi qui appelle les conseillers quand j’ai besoin d’eux, c’est moi qui décide de mon assolement, de la vente de mes céréales, c’est moi qui oriente l’alimentation de mes vaches laitières afin de ré-intégrer cette production qui était devenue "hors-sol" (achat de soja, d’engrais, de semences, ...), en une production en parfaite adéquation avec mes modes de production (sol en santé, animaux en santé, paysan serein).

Je paie des gens pour me conseiller, je remercie ceux qui ne m’apportent rien.

J’implante des prairies multi-espèces et de la Luzerne qui vont être bénéfiques pour la santé des sols et de mes vaches, je récolte en brins longs pour faire ruminer celles-ci, le maïs ensilage va disparaitre au profit du maïs épis pour me laisser une nourriture au sol.
On allège les automoteurs, on retire de la puissance au tracteur pour limiter les bêtises, ces économies de puissance sont investies dans du stockage d’effluents afin de mieux valoriser ceux-ci. On ne parlera plus de fumiers ou lisiers mais d’engrais de ferme, un pas de plus vers l’autonomie.

Au fur et à mesure que je sème dans le vert (donc des racines ), mes rendements montent.
Au fur et à mesure que je limite le travail du sol (en réduisant le trafic en période humide), mon sol se travaille tout seul et 6 l de fioul par hectare me suffisent pour implanter un blé.
Au fur et à mesure que j’introduis des légumineuses dans ma rotation, en plantes compagnes ou dans les couverts (dérobée ou pas), mon taux de matière organique remonte, mes rendements progressent encore sans mettre plus d’azote minéral.

L’image de la montgolfière suit dans ma tête celle de l’homme assis au bout de la falaise. J’ai choisi la voie du non labour qui m’a conduit devant un précipice dans lequel beaucoup sont tombés, je n’ai pas reculé, j’ai juste largué tout ce qui pouvait me gêner. J’ai fait cela de manière progressive, avec plusieurs moniteurs, j’ai choisi ma destination, étudié la meilleure trajectoire et tout mis en œuvre pour atteindre cet objectif.
Mais un jour, il faut prendre son envol, mon Dieu, que cela fait du bien...


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