Michel Lambotte

  • Semis direct dans un couvert de sorgho - Sud Ouest de la France
  • Agroforesterie
  • Potirons sous CV et haricots sans
1er
novembre
2019

Sécuriser les apports de biomasse pour le maraîchage à travers des projets villes campagnes . Concept étudié lors d’une ballade autour de chez moi.

En visionnant la vidéo de Konrad Schreiber, je suis tombé sur cette expression qui va me servir de fil conducteur au long de cet article. C’est de 3h 38.00 à 3h 39.40. https://www.youtube.com/watch?v=VLXs5xTU8Cw

Pourquoi faut-il assurer les apports de biomasse pour le maraîchage ? Si on veut tout simplement obtenir un maraîchage durable, il faut 20 tonnes de matières sèches par hectare et par an. Seul, le maraîcher ne peut arriver à obtenir in situ cette quantité de matières organiques ; une partie conséquente doit venir de l’extérieur.
Le potentiel des villes et surtout de ses alentours directs est très important pour
peu que ceux-ci soient vallonnés et impropres à l’agriculture industrielle, c’est
le cas de mon environnement immédiat.
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Depuis plus d’un siècle, l’urbanisation s’est développée mais aussi les zones boisées qui étaient dévolues aux prairies et aux prés vergers. JPEG - 174.7 ko
Cette autre photo prise à 1 km de là nous montre l’interaction entre la ville et la campagne. A l’avant plan, une prairie utilisée par un éleveur de chevaux, au milieu la Meuse et son pont barrage ainsi que l’autoroute sur la rive droite . C’est l’endroit où serait né Charlemagne, à cette époque là, il paraît qu’à cet endroit, on pouvait
traverser la Meuse à gué en été.
Au loin des terrils rappelant le travail pénible de nos grands parents et l’essor économique qu’ils ont donné à la région. Ces terrils sont chargés d’un biotope qu’on pourrait utiliser et développer dans le cadre de ce projet ville campagne.

JPEG - 313.1 koUn peu plus loin, j’ai découvert un trésor pour des maraîchers. Je ne connais pas la personne qui l’a stocké, ni la raison pour laquelle elle l’a stocké, mais ces matières organiques seraient mieux mises en valeur dans un réseau de distribution pour le
maraîchage et les jardins familiaux qui se développent aux alentours de la ville.

JPEG - 237.5 koVoici un potager familial qui vient de se créer sur une ancienne caserne désaffectée.
Si même ce n’est pas encore une généralité, il y a un certain engouement pour la recherche d’une alimentation auto-produite dans le respect de l’environnement.
Ce respect se limitant bien sûr à la somme de connaissances acquises par ce public concerné ; des progrès doivent encore être réalisés en matière de couvertures de sol morte ou vivante et surtout, de non travail du sol.
Voyant cela, l’idée qui me vient à l’esprit serait de pouvoir partager les attentes du citoyen avec les impératifs de l’agriculture et des agriculteurs.

JPEG - 254.3 koUn maraîcher en auto-cueillette s’est installé de l’autre côté de la vallée. Lui aussi devra être fourni de matière organique.

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Voici les potagers familiaux auxquels je participe, composés de parcelle de 50 à 100 m2. Nous disposons d’eau à volonté venant de la colline ainsi qu’un bosquet (à gauche) que nous pouvons tailler pour nous fournir en couverture de BRF. A cet égard, j’essaye de faire passer l’idée de couverture permanente et de non travail du sol, ce que je réalise sur ma parcelle.
Comme chez les agriculteurs, il y a beaucoup de réticence chez les jardiniers à s’orienter vers cette voie.
Malgré tout, une constance s’installe dans le sens où ce sont les plus jeunes qui sont les plus réceptifs et c’est encourageant.
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A travers ce petit périple, on voit que le potentiel de biomasse est important. Aujourd’hui, les déchets verts sont collectés par l’entreprise Intradel. Elle s’est dernièrement dotée d’un espace Jardin Ressources pour inciter les gens à jardiner.
https://www.intradel.be/produire-moins-de-dechets/jardin-ressources-be/l-actu-de-nos-chantiers-participatifs.htm?lng=fr
C’est comme partout, les idées de développement sont un peu disparates sans pratiquement aucun rapport les unes avec les autres. Ce serait bien de pouvoir fédérer une mise en réseau où chacun garderait son autonomie tout en participant à la mise en commun de ce potentiel.
Encore une fois, l’AC nous montre l’exemple.


5
avril
2019

Dérèglement climatique et A2C

Le premier juin de l’année dernière la vallée où j’habite a été inondée de façon dramatique, heureusement sans victime humaine mais avec des dégâts conséquents. Plusieurs habitants ont énormément perdu. C’est par ailleurs toute la région liégeoise qui a été touchée.
Malgré que notre bassin versant ne soit pas en agriculture intensive, nous n’avons jamais subi un tel débit d’eau ; jamais l’eau ne coule à cet endroit. L’eau qui coule du talus ne provient pas de terrain en agriculture intensive. Après avoir traversé un km de zone marécageuse, cette eau est de couleur brune ; seule l’urbanisation sur les hauteurs en est la cause. Bien entendu si les versants étaient labourés chaque année, les dégâts auraient été bien pires. Il n’est pas besoin d’avoir de l’agriculture pour que l’eau soit brune ; il suffit d’être en présence de déforestation et d’urbanisation.

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On peut dire que le printemps 2018 aura été chahuté de toute part par un dérèglement climatique de grande ampleur.

Cependant comme certains veulent le faire apparaître, on peut se demander si c’est bien l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère qui est à l’origine de ce problème, et je ne suis pas le seul à me le demander.
https://www.lajuntatribunedemocrat.com/news/20190218/soil-ecologist-challenges-mainstream-thinking-on-climate-change?fbclid=IwAR3z1yE_f0YqIlzfUbRW8gzLhezcAQl329IEaoF-YQYs37HbG7YqPDfPUG0
Elle dit ceci : « C’est un fait scientifique que la vapeur d’eau représente 95% de l’effet de serre, alors qu’au plus 3% du dioxyde de carbone est le résultat de la combustion de combustibles fossiles, et que le dioxyde de carbone ne représente que 0,04% de l’atmosphère », a-t-elle dit . "Alors, en continuant « Comment une trace de gaz peut-elle changer le climat mondial ?{{}} »"

Il y a aussi cette étude par des scientifiques slovaques
http://www.waterparadigm.org/download/Water_for_the_Recovery_of_the_Climate_A_New_Water_Paradigm.pdf
C’est en anglais, mais pour un esprit un tant soit peu scientifique, la traduction par un moteur de traduction est suffisante pour comprendre où ils veulent en venir.

A mes yeux, c’est ce schéma qui représente le mieux la cause de ce dérèglement climatique
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C’est l’évapotranspiration par le végétal et la végétalisation ainsi que l’évaporation directe sur un sol nu de l’eau qui régulent la température de notre environnement. (C’est l’hypothèse que je défends ici)

L’évapotranspiration du végétal la régule de manière douce et l’évaporation sur un sol nu de manière chaotique.
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Le courant d’humidité (comme tous les courants qui vont du plus vers le moins) va du plus humide au moins humide ou au plus sec, voici une photo qui l’atteste.
Le débit des pluies et orages augmentera en fonction de l’augmentation des différences d’humidité.
Dès lors il me semble que la végétalisation en augmentant le taux d’humidité de l’atmosphère par évapotranspiration qui constitue le cycle court de l’eau, tamponne ou réduit le cycle long venant des océans.
En artificialisant les sols par l’urbanisation ou les cultures qui mettent le sol à nu, on ne fait qu’amplifier les pluies et les orages chaotiques.

Quand au CO2, on peut aussi se demander si son taux n’est pas plus élevé sous la canopée des arbres que dans l’atmosphère puisque c’est la respiration du sol qui l’émet et ce sont les arbres et les plantes qui l’utilisent directement. C’est pourquoi une végétalisation permanente est nécessaire.

Il me semble qu’il est plus que temps d’arrêter de croire qu’une technologie aussi sophistiquée soit-elle va permettre de résoudre ce problème de dérèglement climatique ; nous avons besoin d’un changement radical de paradigme.
Les éoliennes et les panneaux photovoltaïques ne solutionnent qu’une toute petite partie du problème en occasionnant par ailleurs des problèmes de gestion de réseaux, ce qui est très bien expliqué par Jean-Marc Jancovici

Tous nos efforts devraient être mis sur la végétalisation de la planète entière, les conséquences ne peuvent être que positives.
L’A2C s’y emploie, et elle démontre qu’on peut faire mieux avec moins ce qui renforce le nouveau paradigme. Il ne s’agit pas d’un retour en arrière mais de véritables perspectives de développement humain et socio-économique.
Par ailleurs, la diminution du CO2 de l’atmosphère est contenue dans la végétalisation et la régénération des sols qui stockent le carbone. L’inverse n’étant pas vrai : ce n’est pas parce qu’on va remplacer les énergies carbonées par l’énergie solaire qu’on va re-végétaliser la planète.
Le « faire mieux avec moins » qui découle naturellement de l’A2C engendrera une modification du comportement sociétal qui peut aboutir à une vision non contraignante de la sobriété.

Que voulons nous ?
Continuer une agriculture d’extraction ou opter pour une agriculture de végétalisation qui aboutira je l’espère à la végétalisation des villes autant que faire se peut ? Il faut savoir que 95 % de la matière sèche d’une plante provient de l’atmosphère et qu’elle a besoin de cette matière sèche pour obtenir le reste qui vient de la roche mère.

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Chers lecteurs, si vous voulez savoir, allez visiter ces agriculteurs qui ont opté pour la régénération et la végétalisation ; il y en a certainement près de chez vous.
Vous n’aurez pas besoin de bottes : leurs champs sont couverts.


22
novembre
2018

L’agriculture de conservation et les intérêts : un autre paradigme

Dans un article consacré à la question de savoir si une transition écologique peut se faire avec le capitalisme, j’ai relevé ceci : "Le modèle actuel est arrivé au bout de ce que nous pouvons imposer à la planète mais mes clients n’investissent qu’avec des promesses de profit, et cela ne va pas changer." M.Pavan Sukhdev économiste et banquier à la Deutsche Bank. https://www.calliege.be/salut-fraternite/103/une-transition-ecologique-peut-elle-se-faire-avec-le-capitalisme%e2%80%89/
Ce qui signifie que des économistes et des banquiers sont bien conscients de ce problème.
Sans jeter l’opprobre sur quiconque, nous sommes là face à un problème de système et non de personne.
Jusqu’à présent, c’est l’intérêt, le dividende et la rente qui ont été les moteurs de notre système avec les impératifs du marché comme contrainte ; c’est ce qu’on appelle le système capitaliste.
En lisant attentivement l’éditorial de Frédéric Thomas dans sa revue TCS
http://agriculture-de-conservation.com/Avec-la-meteo-erratique-de-2018-l-AC-prouve-sa-robustesse-climatique.html , on peut se demander si l’AC n’est pas en train d’inventer une nouvelle notion de l’intérêt.

Semis direct dans un couvert de sorgho - Sud Ouest de la France
Semis direct dans un couvert de sorgho - Sud Ouest de la France
L’agriculture de conservation serait-elle en train d’inventer une nouvelle notion de l’intérêt ?

L’intérêt financier n’existe pas au départ, il doit être créé par la production de nouvelles richesses à partir de la consommation des ressources planétaires aux conséquences désastreuses pour l’écologie. Par contre l’AC en produisant avec moins d’intrants, économise des richesses qui pourront être utilisées à autre chose et c’est intéressant. Et bien la voilà cette nouvelle notion de l’intérêt : faire mieux avec moins et ce qui est économisé constitue l’intérêt.
Dans l’agriculture de conservation, ne venant pas de nulle part, n’étant pas créé de rien, cette nouvelle notion de l’intérêt vient de la photosynthèse que l’agriculteur ACiste a su développer grâce à son expertise et son matériel pour remplacer petit à petit l’acier par du biologique. Comme la photosynthèse se créé avec l’énergie solaire, on peut penser que cette nouvelle notion de l’intérêt revêt un caractère énergétique. Dès lors on pourrait parler d’intérêt énergétique ou de rente
énergétique.

Faire payer des intérêts financiers sur des investissements consacrés à l’AC me paraît illogique et contre-productif

C’est ce que dit l’auteur de l’article précité : « Une transition écologique digne de ce nom nécessite des investissements massifs sans rentabilité financière immédiate. Les entreprises privées capitalistes, ne s’intéressant qu’au profit donc à la demande solvable, sont incapables de réaliser ces investissements. »
Pour ma part, comme je l’ai dit plus haut, il ne s’agit plus d’une rente financière, immédiate ou non mais d’un autre type de rente.
Dès lors il faut permettre à l’agriculteur ACiste d’exercer son métier qui n’est pas seulement de producteur mais également de chercheur, d’expérimentateur, de pouvoir s’exprimer à travers ses résultats qui sont de faire mieux avec moins en générant une économie d’intrants et la production de connaissances qui constituent la nouvelle source d’intérêt. Si la marche de cet agriculteur est entravée par des remboursement d’intérêts financiers, il devra consacré beaucoup plus de temps, d’énergie à la culture de rente en postposant l’augmentation de la fertilité de son sol. Certes, la culture de rente est nécessaire à la société, je ne l’oublie pas ; mais il
faut aussi savoir que la société gaspille entre 30 et 50 % de la nourriture. Ce gaspillage serait beaucoup mieux utilisé pour augmenter la fertilité des sols ; c’est un choix de société, cela doit devenir notre choix.

Une autre idée du capitalisme, de la capitalisation

Depuis la nuit des temps, les humains ont essayé de « mettre de côté » pour des jours moins faciles et l’ère agricole qui a commencé voici 10 000 ans a facilité cette approche.
Dès lors l’humanité s’est regroupée autour de la croyance qu’une accumulation de biens était possible et pouvait améliorer les conditions de vie en développant les possibilités du progrès matériel.
Depuis 10 000 ans, nous baignons dans cette croyance qu’une croissance continue de l’accumulation est possible ; nous arrivons à la fin de ce paradigme. Nous avons atteint les limites du fonctionnement de la biosphère, nous ne pouvons continuer à accumuler de cette manière sans altérer dangereusement ce dernier.
Faut-il pour autant abandonner l’idée de capitalisation ? Je ne le pense pas mais il sera nécessaire d’en changer le sens pour le faire adhérer aux exigences de la biosphère.
Encore une fois l’AC nous montre la route par la capitalisation du volant d’autofertilité qui une fois arrivé à sa valeur optimale, sera entretenu par des cycles de la matière organique qu’il nous faut comprendre et organiser à tous les niveaux.
Il y a d’autres volants d’inertie comme la biomasse, le CO2 , l’humidité de l’air par
l’évapotranspiration des plantes sans oublier les volants d’inertie thermique et biologique de l’océan. Tous interagissent les uns avec les autres pour constituer un système qu’on appelle la biosphère.
La question qui reste en suspens est de savoir comment organiser une approche socio-économique autour de cette nouvelle forme de capitalisation, de ce nouveau paradigme.

Sortir de la soumission au système monétaire

Cet article n’est qu’un essai, une perception différente de la chose économique. Il n’a pas la prétention d’apporter une vérité irréfutable qui d’un coup de baguette magique pourrait résoudre tous les problèmes.
C’est une hypothèse qui doit être vérifiée, confirmée, infirmée ou amandée en acceptant le verdict en même temps qu’une possibilité d’évolution.
Dans des discussions au sein de blog ou de groupe FB sur des sujets sensibles comme ceux-là, on constate souvent cette fatalité que nos activités sont soumises au système monétaire.
Il est clair que cette soumission au système monétaire constitue le problème principal à résoudre si nous voulons un tant soit peu améliorer les conditions de vie sans dégradation planétaire. On ne pourra le résoudre que par une prise de conscience qu’un nouveau système auquel chacun devra participer, est possible, l’AC y participe.

Alors que faire ?

Il faut saisir toutes les opportunités qui peuvent se présenter.
Il apparaît que depuis quelques temps, des ACistes sont approchés par des sociétés privées qui leur proposent de subvenir financièrement à leur démarche d’AC.
Dès lors, il semble qu’il serait bon que tous les acteurs se mettent autour d’une table et encore mieux, chaussés de bottes si c’est nécessaire, autour d’un profil.
http://www.greenotec.be/pages/vulgarisation/pages-activites-passees/activites-passees/conference-f-thomas-itineraire-vers-le-semis-direct-et-plus-loin.html . C’est la visite du champ qui est la plus démonstrative, je le constate souvent au jardin.
Je termine par une citation de Frédéric Thomas s’adressant aux responsables :
"Alors, au lieu de penser pour nous agriculteurs, de participer à de coûteux meetings internationaux ou de déballer des expertises sur les plateaux télé, venez nous rencontrer, venez voir nos champs, venez constater comment en développant une approche cohérente, nous avons déjà commencé à inverser réellement les tendances. Ce changement de paradigme et ses impacts facilement visibles
et mesurables vous surprendront et vous donneront certainement des idées pour aborder différemment d’autres enjeux majeurs auxquels notre société doit faire face.
"
Puisse ce modeste article aider Frédéric à rencontrer ses souhaits.


6
août
2018

Perspectives de chauffage en couches chaudes sur brf pour semis précoces

Aujourd’hui un engouement de plus en plus prononcé pour le bois énergie se fait jour, ce qui est normal et dans un certain sens une bonne chose. Cela signifie qu’enfin le pouvoir politique et économique s’intéresse au développement de ce qu’on appelle la biomasse.
Il faut savoir aussi qu’avant d’obtenir ce bois énergie, il est nécessaire de maintenir les sols en bonne santé et les superficies susceptibles d’être consacrées à la production de bois énergie ne représentent pas grand-chose vis-à-vis des superficies agricoles qui ont perdu leur matière organique. D’un côté il y a manque de carbone et de l’autre un potentiel qui a du mal à être valorisé.
JPEG - 360.1 koCependant on peut se réjouir de l’initiative prise par les pouvoirs publics en ce qui concerne les arbres au bord des autoroutes en Wallonie. Certains vont dire qu’il y a mieux que cela à faire, bien sûr, mais il ne faut pas faire la fine bouche ; l’évolution est possible si on la stimule.
https://www.rtbf.be/info/regions/detail_autoroutes-wallonnes-des-milliers-d-arbres-coupes-pourquoi-et-pour-quoi?id=9845835

On peut aussi envisager l’agroforesterie c’est à dire l’arbre dans l’agriculture sous couvert en envisageant une forte réduction, voire le zéro intrant de synthèse.

Fabien Liagre l’explique très bien ici : http://agriculture-de-conservation.com/Fabien-Liagre-L-agroforesterie-peut-etre-adaptee-a-tous-les-systemes-de.html .
« Nous travaillons en ce moment sur une valorisation intermédiaire avec des systèmes dans lesquels les branches sont coupées et déchiquetées tous les 4-5 ans pour faire du bois raméal fragmenté, du bois-énergie ou encore de la biomasse pour la chimie verte. Cela peut devenir très intéressant car la production de tonne de matière sèche à l’hectare peut être bien valorisée comme production non- alimentaire, pour laquelle il y a une forte demande. Ainsi, pour 1 m3 de bois d’œuvre, il est possible d’obtenir par exemple 1 à 3 m3 de biomasse pour du bois-énergie. La chimie verte – le remplacement du plastique et des molécules entrant dans la composition des produits ménagers et cosmétiques par des matériaux naturels – est un domaine en plein essor qui est très intéressant pour la valorisation des arbres car il nécessite un volume conséquent. »

Notre contribution

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Voici notre modeste contribution au jardin de Jupille ; il s’agit d’utiliser le broyat pour réaliser une couche chaude. Nous avons opté pour 1 m3 de broyat grossier avec un C/N élevé additionné de 3 brouettes de broyat de ronce et 3 brouettes de fumier de cheval pour baisser le C/N. Nous avions installé des isolants sur le tas de telle
manière qu’il ne se refroidisse pas trop lors des nuits de février à -8°C ; ce n’est pas nécessaire et pas très écologique. Les deux caissons en polycarbonate de 16 mm par contre, sont nécessaires.

Production de fin mai et installation de ces tomates, aubergines et laitues à même l’emplacement du tas, le reste du tas est utilisé à une culture de poireaux, laitues et
choux rave et à la production de terreau pour l’année prochaine. La présence du filet au dessus des laitues n’est là que pour empêcher les chevreuils d’en faire leur choux
gras : et oui même près des villes, la nature reprend ses droits.
Nous avons constaté que les racines descendent dans le tas et dès lors, les plans se portent beaucoup mieux ; c’est une idée qu’il faut exploiter avec des cadres alvéolés.
Il me semble qu’au vu des résultats plus qu’encourageants obtenus, une étude plus poussée devrait être réalisée. L’idée serait d’utiliser au mieux le potentiel.

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Levée des semis début mars
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Production de fin avril
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Production de mai
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Plantation des tomates à même le tas
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Laitues protégées des chevreuils

On peut déjà mettre en évidence plusieurs points de ce potentiel :

- Le tas est capable de chauffer suffisamment fort et longtemps pour mener à bien un semis précoce aussi fragile que celui de tomates.
- Le semis à même le tas semble renforcer les plantes ; reste à prévoir le protocole pour récolter sans abîmer les racines.
- En première estimation, de mi février à mi mai, on pourrait produire environ deux fois la surface du tas comme présenté sur la quatrième photo.
- Il n’y a pas d’exclusive quand à l’origine et à la nature des composants du tas mais il semble que réduire les déplacements pour la collecte semble une mesure judicieuse pour augmenter la productivité.
- La présence du tas ne semble pas affecter le sol ; nous pensions trouver un sol compact sous le tas. C’est tout le contraire que nous avons découvert, reste à voir comment la culture va évoluer.
- Les résidus du tas peuvent être utilisés pour amender une terre qui en a besoin.
- Enfin on peut penser que cette expérience utilise au mieux le recyclage des végétaux, ce qui permettrait dans un premier temps de mieux valoriser la production des déchetteries.
Ayant fermé les caissons pendant plusieurs semaines pour éviter le gel (semis à partir du 10 février) et avec le peu de lumière de ce mois, nous pensions que les plantes fileraient. Cela n’a pas été le cas et mon hypothèse réside dans le fait que le tas produit une grande quantité de CO2 qui alimente les plantes. Qu’en pensent les experts ? Le compostage est contesté mais il pourrait servir à cela, ce
n’est qu’une hypothèse. https://www.youtube.com/watch?v=x1rZuqKp4e0
Aujourd’hui on parle beaucoup de réchauffement climatique mais je pense qu’on ne pose pas le vrai problème ; c’est surtout le manque de couverture du sol qui pose problème avant celui du CO2, ce thème sera l’objet d’un prochain article.
Si la clairvoyance des responsables est au rendez-vous, on peut envisager une recherche tous azimuts sur ce procédé en espérant aboutir à une meilleure gestion du paysage ainsi que des activités durables.


18
juin
2018

Convaincre le citoyen

Potirons sous CV et haricots sansAu potager collectif, j’échange souvent avec un ami que je connais depuis 45 ans. Comme moi il est d’origine ardennaise (têtu comme une mule...)
Voyant qu’il avait un épais couvert de moutarde, je lui ai proposé de cultiver son jardin sans travail du sol.
Pour les potirons c’était ok ; pour les haricots, c’était niet : il fallait travailler le sol.
On voit le résultat, le plein de digitaires dans les haricots, un peu dans les potirons là où le couvert n’est pas assez épais. Aujourd’hui, les potirons ont pratiquement couvert toute la surface, et je l’ai prévenu de ne pas trop remuer la terre, de peur de réveiller les digitaires.
Que faut-il de plus pour montrer l’effet du travail du sol sur le réveil des adventices ?
Il est très content du choix que je lui ai proposé pour ses potirons, pas de travail du sol, potirons plantés rapidement et une propreté relative de ceux-ci grâce au couvert de moutarde.
C’est à mon avis une bonne base pour le convaincre d’un autre type de couvert plus conséquent ; on va travailler là-dessus.
Comme vous le dites tous, il faut travailler la photosynthèse et foutre la paix au sol.
Encore une preuve qu’il faut se convaincre et convaincre par étapes.


18
janvier
2018

Avancement agroécologique aux Coins de terre de Jupille

Cet article avec beaucoup de photos pour décrire l’état d’avancement de l’agroécologie et de la prise de conscience de la nécessité de la couverture des sols.

Potager de Jupille - Hiver 2017-2018 - 1Voici ma parcelle parée pour l’hiver. Il y a encore des légumes à récolter et une fois récoltés, à l’emplacement de ces derniers du brf sera épandu, le tas se situe à droite de la photo.
Définition de l’agroécologie : Faire le plus grand usage possible de l’énergie solaire et du carbone de l’air : que pas un rayon de soleil ne tombe par terre - Marc Dufumier.
On peut penser que cette parcelle est dans cette configuration même si elle a l’apparence d’un « chaos organisé ». Il faut savoir qu’avec le couvert, en sous
traitant le travail à la vie du sol, on permet une diminution du temps de travail physique et dès lors on libère du temps pour l’observation, pour les expériences ainsi que l’obtention des connaissances par le Net, le dialogue ou autres conférences.

Potager de Jupille - Hiver 2017-2018 - 2Voici la parcelle de mon voisin, un jeune en dernière année d’étude d’ingénieur agronome en forêt tropicale. C’est sa première année de potager collectif. Très ouvert d’esprit, il s’est inspiré de mes réalisations tout en
appliquant bien-sûr ses intuitions ou autres connaissances agronomiques. Il a fait progresser l’état de la parcelle. Il y a une condition pour que d’autres jeunes aillent dans ce sens : ne pas avoir peur de se mettre à quatre pattes et se salir les mains, mais rassurez vous, l’agroécologie n’a rien de rébarbatif, c’est même très passionnant.

Potager de Jupille - Hiver 2017-2018 - 3Cette parcelle (d’une personne dans les 70 ans avec qui je dialogue beaucoup) est couverte de feuilles. C’est très difficile de faire passer l’idée
d’une couverture en permanence chez les plus âgés. On peut comprendre que l’idée
d’une terre propre est bien ancrée dans leur esprit. Ceci dit, ce n’est pas par décret que l’agroécologie va être perçue pas ces personnes mais bien par l’exemple.
Les jeunes sont beaucoup plus réceptifs ce qui est normal et cela me fait penser au
centième singe de Ruppert Sheldrake http://sechangersoi.be/4Articles/Sheldrake01.htm Ce n’est qu’une hypothèse qu’il faut encore vérifier.
« Ainsi, quand un certain nombre critique d’individus accompli une prise de conscience, cette nouvelle prise de conscience peut être communiquée d’un esprit à un autre. »

Potager de Jupille - Hiver 2017-2018 - 4
Voici une parcelle couverte d’un engrais vert de phacélie. A la première gelée un peu conséquente, la terre se retrouvera nue et deviendra la proie des « mauvaises herbes ».

Potager de Jupille - Hiver 2017-2018 - 5
Voici le résultat d’un bêchage, l’eau stagne sur la parcelle et malgré ce bêchage, les adventices ont la vie belle. A gauche on distingue une ligne de mâche. Le slake test réalisé auparavant montrait bien le dégât du labour et du bêchage.

Il reste encore du travail de conscientisation !!

Il nous faut considérer ce potager familial et collectif comme une recherche, voir un « centre de recherche citoyen » dans lequel il faut dépasser le débat binaire pour ou contre. Il faut dépasser les mythes, les idées reçues et les croyances pour s’installer dans la rigueur de la recherche scientifique en mettant tout à plat sans apriori. Des disciplines comme la biologie et la thermodynamique doivent nous guider dans les décisions que nous devons prendre.
Aujourd’hui comme le reste de la société, l’agriculture est à la croisée des chemins, nous devons passer de l’agriculture de l’azote à l’agriculture du carbone. D’après les recherches récentes, c’est le carbone qui est au centre du monde végétal, au niveau biologique tout vient se fixer sur le carbone.
L’arbre l’a très bien compris, son tronc est fait de carbone et le reste vient se fixer dessus.
Loin de moi l’idée de critiquer les ACistes qui font un merveilleux travail même s’il utilisent encore, mais beaucoup moins, du phytosanitaire de synthèse. Il semble qu’en tant que « modeste citoyen urbain », notre devoir est d’apporter les résultats de nos recherches dans le respect des autres. Si elles fonctionnent et sont crédibles, elles seront de toutes façons acceptées et appréciées à leur juste valeur.



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