Est-ce que la gestion du pâturage doit être axée sur ce qui est mieux pour la plante ou pour l’animal ?

Document Shane Bailey

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Voici un débat fort intéressant ! Pour répondre à cette question, avant tout il convient de comprendre les différents composants de l’écosystème.

De quoi est composé l’écosystème ?

L’écosystème est un système complexe qui est dépendant d’une multitude de fonctions qui influent les unes sur les autres. Les composants majeurs de l’écosystème sont : Schéma S. Bailey composantes agroécosystème

Les producteurs Les plantes sont les producteurs de l’écosystème. Elles transforment l’énergie du soleil en énergie et d’autres nutriments nécessaires pour les animaux. Les plantes peuvent être comparées à un générateur électrique. Elles ont besoin d’une production maximale d’énergie, et souffrent si ce n’est pas le cas. Le générateur est une agrégation des espèces végétales formant la végétation. La quantité d’énergie produite et mise à la disposition des autres éléments vivants de l’écosystème qui dépendent de la composition et la santé de la végétation. La végétation peut être manipulée et être plus ou moins efficace dans la production brute d’énergie en fonction des réponses physiologiques et écologiques qui dépendent des manipulateurs.

Les convertisseurs Les animaux sont convertisseurs et non producteurs, contrairement aux croyances de beaucoup, y compris les agriculteurs. Les animaux convertissent l’énergie et d’autres éléments nutritifs produits par les plantes. Les ruminants peuvent être gérés et l’impact qu’ils ont sur le reste de l’écosystème peut être important. L’impact peut améliorer ou altérer le fonctionnement global du système. Le fait que l’impact de l’élevage sur l’écosystème peut être contrôlé est très significatif. Ici se trouve la racine du rôle de l’élevage sur le contrôle de l’écosystème. Un générateur défectueux peut être réparé par les convertisseurs.

Le sol Un sol est l’élément porteur de l’écosystème. Il sert de maison pour les racines et certains organes de reproduction végétative et comme un entrepôt pour l’air, l’eau et les minéraux... Les quatre fractions de sol sont des matières minérales, des matières organiques, d’eau et de l’air. L’air et l’eau dans un sol sont variables et leur contenu détermine l’aptitude à la croissance des plantes. La facilité avec laquelle l’air et l’eau pénètrent dans le sol dépend de l’état du sol, ou le degré de porosité, l’agrégation... La matière organique, l’humus et les racines jouent un rôle majeur dans la formation de ces derniers. La matière organique est transitoire, ainsi elle exige un renouvellement constant donc plus le système est intensif (temps d’occupation court et période sans animaux longue), plus le renouvellement est important. Les producteurs doivent soit approvisionner directement ou indirectement de la matière organique pour ce renouvellement. Ne pas le faire entraîne dans le sol état de détérioration qui empêche la pénétration de l’air et l’eau et accroît le risque d’érosion des sols. L’efficacité globale du système est réduite. Les racines peuvent être assimilées à des tubes qui transportent l’eau et des minéraux au générateur. Ce transport nécessite de l’énergie fournie par le générateur. Un approvisionnement énergétique inadéquat en raison d’un générateur inefficace ne fait qu’ajouter à son inefficacité. Encore une fois, la fonction globale de l’écosystème est compromise. Attention le sol et l’élément capital de votre production !

Les recycleurs et les micro-consommateurs Il s’agit de bactéries, champignons, protozoaires, nématodes, les termites, les sauterelles… Ils décomposent des matières végétales ou animales contribuant à la composition organique et de l’humus des sols. Ils sont également une composante essentielle dans le cycle nutritionnel. Un écosystème utilise les mêmes nutriments, encore et encore et la gestion de ce cycle assure un approvisionnement adéquat. Les micro-consommateurs influencent la capacité du générateur à produire de l’énergie.

Les manipulateurs Ce sont les gens qui manipulent l’écosystème par le contrôle des convertisseurs. Les agriculteurs modernes sont les grands manipulateurs et les animaux domestiques sont leur principal outil. Ils peuvent manipuler le pâturage pour détruire, améliorer ou maintenir un écosystème. L’amélioration et l’entretien doivent être les objectifs. Ceci peut-être réalisé, en appliquant des principes et des pratiques de gestion des pâturages cohérente dans le respect des flux naturels.

Conclusion L’agriculture est un univers extraordinaire dans lequel nous devons nous efforcer de manipuler à l’échelle dune exploitation les interactions complexes de l’écosystème. Pour être productif est générer des marges conséquentes, il faut comprendre le fonctionnement de cet écosystème. Les plantes sont les producteurs, elles fournissent l’énergie nécessaire aux autres composants, et elles constituent votre capital le plus important. Retirer les plantes du schéma et la vie s’arrête très rapidement. Apprendre à gérer les plantes est l’investissement le plus rentable que vous pouvez réaliser, ce n’est pas le dernier tracteur ou un bâtiment qui aura le plus grand impact sur votre rentabilité. Vous pouvez dépenser autant d’argent que vous le souhaitez en mécanisation, dans la génétique, dans la chimie des sols mais tant que vous ne gérez pas les plantes correctement, l’impact sera très limité (voire néfaste) et artificiel. Alors devons-nous gérer les plantes ou les animaux ? Nous devons utiliser les animaux pour gérer les plantes ; ce faisant, la production des deux augmentera car vous produirez plus de matière sèche de meilleure qualité… Schéma S. Bailey gestion pâturage



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