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Engrais verts et fertilité des sols

Auteur : Joseph Pousset - 397 pages -  [2016 ]- Prix de vente : 39,90 €  


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Cet ouvrage de Joseph Pousset, publié en XXX, a été le premier du genre sur les couverts végétaux et la gestion de l’interculture. Initialement destiné aux agriculteurs biologiques, c’est une mine d’information sur l’impact des couverts sur le sol et l’activité biologique, ainsi que sur les caractéristiques et qualités des différentes espèces à utiliser.

La culture des engrais verts est souvent présentée comme une pratique importante, notamment en agriculture biologique. elle a fait l’objet d’articles assez nombreux dans les publications « bio ». Pourtant, sur le terrain, elle n’est pas aussi répandue que pourraient le laisser croire les débats sur les techniques culturales écologiques.

Y accorde-t-on trop d’importance théorique ? Les praticiens n’ont-ils pas bien compris son intérêt et les subtilités de sa mise en œuvre ? La culture des engrais verts est-elle trop compliquée, trop coûteuse ? Les résultats obtenus sont-ils insuffisants par rapport aux espérances ? toutes ces raisons se vérifient sans doute un peu, s’ajoutent, interagissent les unes sur les autres…

Mais la raison principale d’une utilisation insuffisante ou inadaptée des engrais verts me paraît être la méconnaissance ou la négligence de certaines réalités agronomiques fondamentales. une bonne application de ces connaissances agronomiques trop négligées peut changer de façon importante la manière de travailler de l’agriculteur. Ce point de vue s’applique bien sûr à la culture ordinaire, mais également à un nombre – à mon avis – important de praticiens qui respectent le cahier des charges de l’agriculture biologique, mais en conservant l’état d’esprit et le mode de raisonnement « classiques ».

Saluons au passage l’attention que porte aujourd’hui aux engrais verts (sous l’appellation de « couverts végétaux ») une bonne partie des promoteurs et praticiens des techniques culturales dites « simplifiées ». Les points de vue de ces agriculteurs et techniciens partisans de la suppression des labours et parfois de tout travail du sol méritent sans doute discussion, mais leur contribution au perfectionnement et à la vulgarisation de la pratique des engrais verts est indiscutable et importante.

Une définition large

On peut considérer comme engrais vert toute plante qu’on cultive non dans le but d’être récoltée, mais pour augmenter la fertilité de la terre ; c’est la définition « restrictive » habituelle. Donnons-lui un sens plus large : les cultures récoltées peuvent aussi constituer un engrais vert par les résidus qu’elles laissent et l’action de leurs racines . et surtout, les adventices maîtrisées – la flore spontanée « contrôlée » – sont les plus « naturels » des engrais verts.

N’oublions pas les cultures « mixtes » comme certains végétaux annuels qu’on installe sans savoir au départ si on va surtout les utiliser comme engrais verts ou comme fourrages de dépannage (colza , trèfle incarnat , etc.).

Des origines anciennes et incertaines

La culture des engrais verts est peut- être aussi ancienne que l’agriculture. L’américain Pieters, dans une étude publiée en 1927, signale que des documents chinois très anciens la mention- nent plus de mille ans avant Jésus-Christ. D’autres auteurs, dont J.S. Joffe (1955), précisent que les anciens Grecs et Romains utilisaient eux aussi cette technique. en France, les vieux livres d’agriculture en parlent également, la plupart du temps assez succinctement et en gros, toujours selon le même schéma, tout au moins ceux que j’ai eu l’occasion de consulter : « Il est souvent avantageux de semer certaines plantes qu’on enterre par un labour profond, à titre d’engrais. On doit préférer celles qui croissent vite et dont la graine a le moins de valeur … »

On remarque l’allusion au « labour profond », mais précisons qu’à l’époque un labour profond devait mesurer quinze ou vingt centimètres seulement… Nous y reviendrons.

Quoi de neuf depuis dix ans ?

Depuis la parution de la première édition de cet ouvrage début 2000, l’intérêt de la profession agricole pour la culture des engrais verts s’est accru alors qu’il avait diminué et même presque disparu dans la deuxième moitié du xxe siècle devant le raz de marée de l’agriculture industrielle dans nos pays.

Cela est encourageant et va, espérons-le, nous conduire vers une « meilleure » agriculture, même si, malheureusement, la pratique agricole globale change encore très peu sur le terrain pour le moment.

Une vaste réflexion

Si l’engrais vert est la plante qui augmente la fertilité de la terre, son étude s’étend rapidement à la façon dont les végétaux spontanés apparaissent et améliorent le sol. Les pages qui suivent sont le résultat d’études bibliographiques, d’observations et de recherches conduites chez moi et dans diverses fermes, notamment celles de mes amis de l’association d’agriculture écologique de l’Orne.

Dans cette troisième édition, j’insiste particulièrement sur le rôle des systèmes radiculaires. Je m’efforce d’ajuster les doses de semences en les révisant généralement à la baisse. J’introduis quelques pages sur la pratique des engrais verts en viticulture, production dont j’avais peu parlé dans les éditions précédentes. Je présente également quelques nouvelles espèces d’engrais verts et je propose la notion d’engrais vert « berceau ».

La Belliére, novembre 2010, Joseph Pousset


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