Chasse, agriculture et paysage

Le Chasseur Vendéen

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Dans ce nouveau dossier nous poursuivons nos investigations au plus près du terrain pour comprendre les liens naturels qui existent entre Agriculture, Biodiversité et Développement Durable. Ces termes sont de plus en plus fréquemment entendus. Savons-nous pour autant toujours les interpréter ? Mesurons-nous toujours leurs effets sur l’activité cynégétique ? Dans les pages qui suivent nous apportons la réponse à ces questions par des éléments simples et concrets ; des témoignages probants et encourageants.

La contribution de l’agriculture au développement durable

Jacky BERLAND produit des céréales dans la plaine de Fontenay-le-Comte, à St-Martin-de-Fraigneau précisément où il exploite aussi un atelier d’engraissement de porcs.

C’est là que nous l’avons rencontré pour concrètement mesurer l’effet de ces techniques agricoles simplifiées et de ces nouvelles conduites agronomiques qui contribuent à améliorer la biodiversité. Selon Jacky « l’agronomie est au coeur de l’agriculture durable et pour créer un sol durablement fertile on doit stabiliser sa structure, la protéger des agressions physiques (pluie, vent…) restaurer ses équilibres biologiques et l’enrichir en humus ».

Nous sommes là dans le cercle vertueux que Jacky veut imprimer à l’agriculture moderne. C’est pour cela qu’il s’implique sans compter dans le programme PARAD et qu’il s’emploie à communiquer et à préconiser ses méthodes en direction de ses collègues.

Quels sont ses conseils ?
- Restituer au sol les résidus de récolte (pailles, fanes…)
- Mettre en place un système permanent de cultures, qu’il s’agisse de cultures de vente ou de consommation ou de couverts intermédiaires
- Diminuer et tendre progressivement vers la suppression de tout travail mécanique du sol
- Enrichir le sol en humus donc en azote et carbone par l’apport de fumiers, lisiers, déchets verts, compost…

Selon Jacky, « la diversification des cultures dans leur rotation et la mise en place de couverts végétaux, outre le fait qu’elles protègent les sols des intempéries et des agressions, permettent de recycler les éléments minéraux en matière organique et ainsi d’assurer le bon équilibre biologique du sol ce qui va générer des économies en amendements chimiques ».

Il en est de même lorsque l’agriculteur fait le choix d’abandonner le labour profond et de limiter à sa plus simple expression les travaux mécaniques. Le gain de temps et d’énergie, donc d’argent, est appréciable. Et à la question de savoir si avec ces techniques culturales il garantit une production et des rendements économiquement viables, sa réponse est sans équivoque : « ces techniques culturales simplifiées n’ont rien d’utopique car elles permettent de concilier protection des milieux et productions agricoles ».

D’ailleurs sur le terrain il est facile de constater et de vérifier ses propos. Nous avons vu plusieurs parcelles de blé cultivées en semis à la volée, avec pour seul travail du sol le mulchage et le roulage, soit un temps de travail fortement réduit (moins de 20 mn/ha) qui vont garantir un rendement de 80 à 100 quintaux/ha selon les variétés. Il en est de même du maïs grain, du tournesol. Lors de notre rencontre, Jacky évoque l’expérimentation et les premières conclusions du programme PARAD (voir l’article de Mme BOU) et affirme son engagement dans cette démarche et sa volonté de multiplier les animations et les démonstrations pour convaincre le maximum d’agriculteurs de prendre en compte cette dimension environnementale et l’importance d’une biodiversité améliorée dans leurs choix agronomiques et leurs techniques culturales. Nous abordons aussi le projet Agrifaune qui découle de la convention signée au plan national entre les instances agricoles et cynégétiques. Jacky souligne tout l’intérêt d’une collaboration avec le milieu cynégétique : « Les chasseurs observent des choses que l’agriculteur ne voit pas forcément avec son oeil « d’agronome ». On assure ainsi une crédibilité nationale au projet. Les gens s’apprécient, collaborent et méritent d’être mis en avant ». Concernant les mesures agri-environnementales et en particulier les jachères, il estime que l’information passe encore assez mal. Selon lui, les GEDA (Groupement d’Etudes et de Développement Agricole) ont un rôle fondamental à jouer pour transmettre les propositions faites par les chasseurs et en retour faire remonter les demandes des agriculteurs. « Il faut à tout prix s’appuyer sur les fermes-relais ajoute-t-il, pour ne pas avoir l’impression que ça vient d’en haut et que c’est imposé ».C’est pourquoi le réseau Agrifaune prévu dans la convention nationale est capital. « Les Chasseurs y trouvent leur compte car on voit plus de gibier et les agriculteurs s’y retrouvent car ils prennent en compte l’environnement tout en ayant une solution économiquement rentable ». Jacky estime en outre qu’il faut faire preuve à la fois de pragmatisme et d’humilité. « Les agriculteurs ont un devoir de communication envers la société pour expliquer comment on améliore la biodiversité et ce qu’il en ressort. Le lien entre la société et l’agriculture est fort et il faut bien montrer que l’action de l’homme est indispensable. Le fait de mettre des cultures floristiques sert aux abeilles mais montre aussi au public que l’agriculteur s’occupe des paysages et prend en compte les besoins de la nature. Mais cela ne suffit pas. Encore faut-il valoriser notre travail en le disant, en communiquant ensemble. »


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