Abandonner la prairie ?


JPEG - 45.8 ko1. Revenir à la prairie après quelques années de culture est souvent présenté comme la panacée pour restaurer la fertilité du sol et réduire la pression adventice. C’est d’ailleurs la quasi-généralité dans les systèmes agrobiologiques céréaliers qui utilisent la prairie de légumineuses, associées ou non aux graminées comme tête de rotation.

Or, ce n’est pas la prairie qui a le pouvoir magique de restaurer la structure et la fertilité du sol ou encore de nettoyer la parcelle : c’est le fait que le sol reste couvert en permanence pendant quelques années (pas d’érosion, structuration active) et qu’il ne soit pas travaillé (haut niveau d’activité biologique, pas de déstockage de la matière organique à l’automne, pas de stratification horizontale). En résumé ce n’est pas la prairie qui fait du bien au sol c’est la couverture permanente du sol sans aucune intervention mécanique ; on pourrait faire aussi bien en semis sous couvert si on parvenait à maîtriser parfaitement les implantations et les successions. Quant au nettoyage, c’est le " vide sanitaire " créé par les deux ou trois ans de prairie qui fait le travail (ce que l’on cherche à faire avec les rotations de type 2/2 en AC.

2. L’implantation d’espèces pérennes (la prairie) permet d’installer des plantes pour quelques années, sans avoir à y revenir. Cependant, il s’ensuit quelques inconvénients :
- Les plantes pérennes sont peu productives en première année, ce qui induit un déficit de production de matière organique et un risque de salissement (on peut y remédier en semant la prairie dans une céréale au printemps ou avec une culture de printemps comme un tournesol ou un sarrasin) ;
- On se débarrasse moins facilement des plantes pérennes sans chimie (AC) ou sans travail du sol (AB), contrairement aux plantes annuelles qui sont facilement détruites si elles sont récoltées/pâturées/broyées/fauchées/roulées au bon stade ;
- La diversité est le gage de la qualité, de l’équilibre et de la productivité ; or, il est assez délicat d’installer des mélanges prairiaux à dix espèces et plus, alors que c’est relativement simple pour des mélanges annuels.

JPEG - 73.7 koLe remplacement des pérennes par des annuels en élevage et en céréaliculteurs est la voie que prennent des pionniers comme Gabe Brown dans le Nord Dakota et quelques précurseurs en France. Pour réduire la chimie en AC et le travail du sol en AB, faut-il conserver la prairie ?


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