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	<title>A2C le site de l'agriculture de conservation</title>
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		<title>A2C le site de l'agriculture de conservation</title>
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		<title>C&#233;cile Waligora : Campagnols, r&#233;tablir les &#233;quilibres proie-pr&#233;dateur</title>
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		<dc:date>2016-08-20T10:14:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Document Camille Atlani-Bicharzon</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie, Biodiversit&#233;, Environnement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du Village Agro&#233;cologique d'Innovagri qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur quels ravageurs travaillez-vous et comment la faune auxiliaire peut-elle aider &#224; lutter contre ceux-ci ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est tout d'abord int&#233;ressant de comprendre pourquoi certains animaux deviennent des ravageurs car ils ne le sont pas de fait, c'est lorsque leur population devient trop importante (au-del&#224; d'un seuil dit, de nuisibilit&#233;) qu'ils se transforment en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/-Camille-Atlani-Bicharzon-134-.html" rel="directory"&gt;Camille Atlani-Bicharzon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Ecologie-Biodiversite-+.html" rel="tag"&gt;Ecologie, Biodiversit&#233;, Environnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du &lt;a href=&#034;http://www.innovagri.com/visiter/village-agroecologique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Village Agro&#233;cologique d'Innovagri&lt;/a&gt; qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_5555 spip_documents spip_documents_left media media_vignette' style='float:left;'&gt;&lt;a href='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/jpg/faucon-crecerelle_jonny-ver.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;jpg/faucon-crecerelle_jonny-ver.jpg&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/local/cache-vignettes/L390xH260/faucon-crecerelle_jonny-ver-ffcf0-dd8e7.jpg?1741976516' width='390' height='260' alt='JPEG - 47.2 kio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Sur quels ravageurs travaillez-vous et comment la faune auxiliaire peut-elle aider &#224; lutter contre ceux-ci ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout d'abord int&#233;ressant de comprendre pourquoi certains animaux deviennent des ravageurs car ils ne le sont pas de fait, c'est lorsque leur population devient trop importante (au-del&#224; d'un seuil dit, de nuisibilit&#233;) qu'ils se transforment en menace. Ils ne sont plus contr&#244;l&#233;s par leurs pr&#233;dateurs (ennemis) naturels. C'est la loi pr&#233;dateurs-proies : moins il y a de pr&#233;dateurs naturels sur un territoire, moins leurs esp&#232;ces proies sont contr&#244;l&#233;es et donc, plus elles se multiplient ; c'est &#224; ce moment-l&#224; qu'elles peuvent devenir ravageuses. Pour qu'une pr&#233;dation (et donc un contr&#244;le) soit efficace, il faut qu'il y ait toujours un minimum de proies sur le territoire. En r&#233;alit&#233;, il faut un peu de tout : un peu de campagnols, un peu de renards, de petits must&#233;lid&#233;s, de chouettes, de buses... Ce n'est que comme cela qu'un &#233;quilibre peut se cr&#233;er et qu'il est ainsi possible d'&#233;liminer cette notion de ravageurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je me suis surtout attel&#233;e &#224; deux ravageurs principaux qui font de plus en plus de d&#233;g&#226;ts depuis quelques ann&#233;es : le campagnol des champs et le rat taupier, aussi appel&#233; campagnol terrestre. Mon propos est de favoriser des alternatives aux m&#233;thodes chimiques ou de pi&#233;geage qui ont certaines cons&#233;quences sur la faune auxiliaire. Pour cela, nous allons nous faire aider gratuitement par ces fameux auxiliaires &#8211; donc, ici, les pr&#233;dateurs des campagnols. Dans le spectre des auxiliaires de culture, nous parlons beaucoup des organismes de petite taille &#8211; les carabes contre les limaces, les coccinelles contre les pucerons... Je m'int&#233;resse pour ma part &#224; ceux dont on parle moins, les animaux avec des poils et des plumes qui sont des pr&#233;dateurs naturels tout aussi importants. Parmi ceux-ci nous trouvons les renards, les petits must&#233;lid&#233;s tels que les belettes, hermines, fouines, blaireaux ; mais aussi les rapaces, tant diurnes &#8211; les buses ou faucons, surtout le faucon cr&#233;cerelle, ou les busards tr&#232;s pr&#233;sents en c&#233;r&#233;aliculture &#8211; que nocturnes, tels que les chouettes et les hiboux. Mon objectif est donc de revaloriser cette faune qui est extr&#234;mement utile pour r&#233;pondre aux probl&#232;mes de campagnols, puisque ces derniers repr&#233;sentent au moins 50% de leur r&#233;gime alimentaire &#8211; parfois m&#234;me beaucoup plus. Nous n'imaginons pas l'impact qu'ils peuvent avoir sur les populations de rongeurs, &#224; partir du moment o&#249; on les laisse &#171; faire leur travail &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que recommanderiez-vous &#224; un agriculteur qui souhaiterait favoriser cette faune utile dans ses parcelles ? Par o&#249; commencer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la faune utile s'installe, il faut que l'environnement propos&#233; lui convienne. Parfois, la premi&#232;re chose &#224; faire est de ne rien faire ! Certaines parcelles agricoles peuvent, par exemple, contenir des petits bouts biscornus &#8211; un coin herbeux, un bosquet, un arbre, etc. &#8211; qu'il faut imp&#233;rativement laisser. Ceci est la premi&#232;re &#233;tape, la plus simple. Ensuite, de plus en plus d'agriculteurs mettent en place des perchoirs dans leurs parcelles pour r&#233;inviter les rapaces, diurnes ou nocturnes. Il s'agit d'un simple piquet en bois ou en m&#233;tal plac&#233; l&#224; o&#249; les d&#233;g&#226;ts par les rongeurs sont les plus forts. Il est aussi possible de mettre en place des nichoirs &#224; chouettes (effraies ou chouettes chev&#234;ches) et, pourquoi pas, &#224; faucons cr&#233;cerelles. Ici encore, c'est assez simple, il suffit de se rapprocher des associations locales de protection de la faune sauvage ou de protection des oiseaux. Il est aussi possible de les construire soi-m&#234;me en regardant comment faire sur internet, ou encore de les acheter. Ces structures vont attirer les rapaces car elles faciliteront leur action de chasse. S'ils n'ont nulle part o&#249; se percher pour pouvoir chasser, ils iront voir ailleurs, quand bien m&#234;me il y aurait &#224; manger sur le site. Donc l'objectif, ici, est bien de fixer les pr&#233;dateurs sur un site afin qu'ils r&#233;gulent ces populations de rongeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels autres &#233;l&#233;ments pouvons-nous mettre en place ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin, il faudra recr&#233;er de la biodiversit&#233; dans son ensemble au niveau de son parcellaire pour r&#233;inviter cette faune pr&#233;datrice. Le milieu doit &#234;tre propice &#224; l'accueillir : il doit y avoir suffisamment de nourriture sur place pour qu'elle puisse se nourrir, des espaces o&#249; elle pourra se loger et, encore mieux, se reproduire. Un autre point que nous oublions souvent, c'est qu'elle doit aussi pouvoir circuler &#8211; et se sentir &#8211; en s&#233;curit&#233;. C'est un probl&#232;me dans de nombreuses r&#233;gions o&#249; ce que nous appelons les infrastructures agro-&#233;cologiquess &#8211; les haies, les arbres, les bosquets, les mares &#8211; ont &#233;t&#233; supprim&#233;es. Nous sommes ainsi face &#224; de grandes &#233;tendues de parcelles agricoles, de dizaines &#224; centaines d'hectares d'un seul tenant, o&#249; il n'est pas possible d'accueillir cette faune car elle n'y serait pas en s&#233;curit&#233;. Appel&#233;s open fields en anglais, ce sont eux qui ont en grande partie favoris&#233; la multiplication des rongeurs faute de pr&#233;dateurs naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra donc remettre en place ces infrastructures agro-&#233;cologiquess qui accueillent une biodiversit&#233; dont on ne se doute pas ; nous pourrons par exemple planter des arbres, am&#233;nager des points d'eau, entretenir et d&#233;velopper des haies. En revanche, il faut savoir qu'une haie toute seule au milieu d'un open field ne sert absolument &#224; rien. Tout la faune, notamment le petit gibier, va s'y concentrer et c'est l&#224; que nous aurons des probl&#232;mes car les pr&#233;dateurs, en essayant de s'y cacher aussi, tomberont sur la malheureuse perdrix qui n'en r&#233;chappera pas. C'est pour cela que le renard a mauvaise presse et cela se comprend. Pour r&#233;inviter la faune pr&#233;datrice il est essentiel qu'il y ait une continuit&#233; dans les infrastructures, qu'elles soient en lien les unes avec les autres &#8211; c'est ce que l'on appelle les corridors &#233;cologiques. Remettre en place ces corridors qui ont disparu de beaucoup de r&#233;gions est effectivement un peu plus compliqu&#233; car cela a plus de poids avec une action collective. Certains agriculteurs implantent de telles infrastructures &#224; l'&#233;chelle de leur parcellaire, mais il est certain que, pour assurer des continuit&#233;s, ce sera plus efficace sur un territoire &#233;tendu. Certains outils ont &#233;t&#233; mis en place, notamment lors du Grenelle de l'Environnement, telles que les Trames Vertes et Bleues ; mais il faudrait que ce soit r&#233;alis&#233; &#224; des &#233;chelles bien plus grandes pour que cela soit vraiment efficace. Restons cependant positifs : de plus en plus d'articles apparaissent dans la presse ou les r&#233;seaux sociaux pour parler de cette faune, ce qui est tout de m&#234;me de bonne augure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un &#233;l&#233;ment tr&#232;s important et sur lequel nous nous trompons souvent, est l'entretien des bords de champs &#8211; les foss&#233;s, les talus, les bandes enherb&#233;es qui sont broy&#233;s ou fauch&#233;s. Ceux-ci sont souvent bien trop entretenus et aux mauvais moments, notamment en avril-mai qui est justement la p&#233;riode de reproduction de nos auxiliaires. S'il faut entretenir, mieux vaut le faire en automne ou en hiver, mais surtout pas lors de cette p&#233;riode cruciale de reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finissez-vous l'agro-&#233;cologie et comment la gestion de la faune utile peut-elle s'y inscrire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, l'agro-&#233;cologie implique de se r&#233;approprier les principes de fonctionnement des &#233;cosyst&#232;mes en g&#233;n&#233;ral et, plus particuli&#232;rement, des agro&#233;cosyst&#232;mes. Ces derniers offrent des services, efficaces pour peu que nous les laissions se mettre en place et agir &#8211; ce sont les fameux services &#233;cosyst&#233;miques. La faune utile des bords de champs peut justement rendre de tels services si nous remettons en place les &#233;quilibres proie-pr&#233;dateur. Nous avons cass&#233; ces &#233;quilibres en modifiant l'habitat naturel de ces animaux ; et nous nous sommes pass&#233;s, du m&#234;me coup, de tous ces services &#233;cosyst&#233;miques qui sont pourtant pr&#233;sents et ne demandent qu'&#224; s'exprimer, gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que souhaitez-vous montrer lors de votre atelier &#224; Innov-Agri 2016 ? Que pourrons-nous y apprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite tout d'abord parler de ces ravageurs que sont les campagnols, puisque je m'appuie sur cet exemple. &#192; partir de l&#224;, j'aimerais expliquer le fonctionnement des cycles de pullulation et comment ces cycles sont li&#233;s aux pr&#233;dateurs naturels des campagnols. Il est essentiel de montrer qu'il existe &#233;norm&#233;ment d'esp&#232;ces animales se chargeant naturellement de r&#233;guler ces populations, pour peu que nous les laissions s'exprimer et vivre sur un territoire. Il y aura aussi un nichoir et un perchoir, dont nous pourrons discuter. Je donnerai quelques astuces sur comment les fabriquer et les implanter soi-m&#234;me car il y a certaines r&#232;gles &#224; respecter : les dimensions et formes selon les esp&#232;ces, les crit&#232;res &#224; favoriser pour choisir l'emplacement, etc. J'apporterai par ailleurs des pelotes de r&#233;jection de rapaces (des amalgames de r&#233;sidus de nourriture qu'ils ne peuvent pas dig&#233;rer naturellement) qui, si trouv&#233;s au pied d'un perchoir, sont des indices de pr&#233;sence de ces auxiliaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Pierre Anfray : la faune du sol, un million d'individus au m&#232;tre carr&#233;</title>
		<link>https://agriculture-de-conservation.com/Pierre-Anfray-la-faune-du-sol-un-million-d-individus-au-metre-carre.html</link>
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		<dc:date>2016-08-01T05:59:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Document Camille Atlani-Bicharzon</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture du sol</dc:subject>
		<dc:subject>Biologie / Physiologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du Village Agro&#233;cologique d'Innovagri qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Anfray, vous &#234;tes agro-&#233;cologue et sp&#233;cialiste en biologie du sol. Sur quoi travaillez-vous exactement ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Je travaille sur l'&#233;tude globale de l'agro&#233;cosyst&#232;me, en me concentrant plus particuli&#232;rement sur la faune que le sol contient. De la m&#234;me mani&#232;re qu'un naturaliste &#233;tudierait un paysage et ce qui le compose &#224; grande &#233;chelle, j'&#233;tudie le sol et ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/-Camille-Atlani-Bicharzon-134-.html" rel="directory"&gt;Camille Atlani-Bicharzon&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Architecture-du-sol-+.html" rel="tag"&gt;Architecture du sol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Biologie-Physiologie-+.html" rel="tag"&gt;Biologie / Physiologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du &lt;a href=&#034;http://www.innovagri.com/visiter/village-agroecologique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Village Agro&#233;cologique d'Innovagri&lt;/a&gt; qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_5548 spip_documents spip_documents_left media media_vignette' style='float:left;'&gt;&lt;a href='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/jpg/pierre_anfray.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;Pierre Anfray, Agro-Logique&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/local/cache-vignettes/L266xH400/pierre_anfray-9291e-11266.jpg?1741976516' width='266' height='400' alt='Pierre Anfray, Agro-Logique' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Pierre Anfray, vous &#234;tes agro-&#233;cologue et sp&#233;cialiste en biologie du sol. Sur quoi travaillez-vous exactement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je travaille sur l'&#233;tude globale de l'agro&#233;cosyst&#232;me, en me concentrant plus particuli&#232;rement sur la faune que le sol contient. De la m&#234;me mani&#232;re qu'un naturaliste &#233;tudierait un paysage et ce qui le compose &#224; grande &#233;chelle, j'&#233;tudie le sol et ses annexes, en recensant toutes les esp&#232;ces qu'il est possible d'identifier. Le syst&#232;me-sol est un domaine dans lequel nous manquons cruellement de connaissances. M&#234;me avec les moyens sophistiqu&#233;s d'aujourd'hui, nous ne sommes pas souvent capables de pr&#233;voir les processus bio-chimiques mis en jeu, ni leur &#233;tat de fonctionnalit&#233; ; ni, donc, leur incidence ou contribution r&#233;elle sur la dynamique fonctionnelle du sol &#224; l'instant T. Et ce, m&#234;me chez les bact&#233;ries et champignons pourtant tr&#232;s impliqu&#233;s &#224; tous les niveaux dans les processus biologiques. J'ai pour ma part choisi de me concentrer sur une approche globale incluant l'ensemble des populations faunistiques de l'ordre du millim&#232;tre au centim&#232;tre, comme par exemple les acariens, les collemboles, les cloportes, etc. Toutes les esp&#232;ces poss&#232;dent un r&#233;gime alimentaire assez sp&#233;cifique, ce qui permet de s'en servir comme bio-indicateurs : leur pr&#233;sence dans le sol indique, par d&#233;duction logique, la pr&#233;sence d'une partie des ressources n&#233;cessaires &#224; leur survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commenc&#233; &#224; travailler sur ces entit&#233;s biologiques pendant mes &#233;tudes. En apportant de la mati&#232;re organique &#224; des syst&#232;mes qui en &#233;taient d&#233;nu&#233;s, j'ai constat&#233; que leur taux de population augmentait de mani&#232;re consid&#233;rable. Cela avait, &#224; son tour, un effet positif sur la r&#233;duction des maladies du v&#233;g&#233;tal. Pour comprendre ces m&#233;canismes du sol, une bonne fa&#231;on de l'aborder est de s'inspirer du recyclage de la mati&#232;re organique car toutes les esp&#232;ces y participent, de mani&#232;re directe ou indirecte. Certaines d'entre elles r&#233;giront la d&#233;composition de la mati&#232;re organique en surface, tandis que d'autres s'att&#232;leront plut&#244;t &#224; la d&#233;gradation de la roche-m&#232;re, toutes deux relay&#233;es par des esp&#232;ces mobiles transitant plut&#244;t verticalement. Ensemble, elles parviennent &#224; mettre un important panel d'&#233;l&#233;ments nutritifs &#224; disposition des plantes cultiv&#233;es, les rendant par l&#224;-m&#234;me plus saines et robustes. Plus la diversit&#233; d'esp&#232;ces pr&#233;sentes dans le sol est grande, plus ce cycle de disponibilit&#233; (que l'on pourrait nommer biodisponibilit&#233;) pour la plante pourra se faire dans de bonnes conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de ces &#233;tudes, j'ai poursuivi mes recherches afin de d&#233;velopper une strat&#233;gie de diagnostic me permettant de travailler avec et pour les agriculteurs. Je souhaitais revoir la mani&#232;re d'&#233;changer et mutualiser les connaissances dans ce domaine qui, aujourd'hui, est essentiellement r&#233;serv&#233; aux scientifiques. J'ai donc cr&#233;&#233; mon bureau d'&#233;tudes dans lequel j'ai mont&#233; un laboratoire pour &#234;tre en relation directe avec les agriculteurs, dans le concret, et pouvoir r&#233;pondre tout de suite aux probl&#233;matiques qu'ils se posent. De plus, cela me permet de continuer ind&#233;pendamment mes recherches et observations sur la faune &#233;daphique, en lien avec des parcelles cultiv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, parlez-nous de votre laboratoire, Agro-Logique. Pourquoi les agriculteurs font-ils appel &#224; vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re raison pour laquelle les agriculteurs font appel &#224; moi est qu'ils souhaitent r&#233;duire leurs co&#251;ts de production et l'utilisation de produits phytosanitaires, deux &#233;l&#233;ments que le vivant est capable d'assumer en grande partie. Dans un premier temps, gr&#226;ce &#224; des analyses de sol, je d&#233;termine o&#249; en est l'agriculteur par rapport &#224; la vie de son sol. En cela, je cherche notamment &#224; savoir si l'alimentation des plantes est essentiellement due aux apports chimiques ou si le syst&#232;me est capable de s'autoalimenter et jusqu'o&#249;. La pr&#233;sence ou l'absence de certaines composantes dans le sol indique toujours quelque chose ; en mettant en relation ce diagnostic avec nos connaissances sur chacune des esp&#232;ces et, plus globalement, des connaissances agronomiques et mat&#233;rielles, il est possible de d&#233;terminer quelles pratiques pourront le mieux r&#233;&#233;quilibrer la balance. &#192; partir de l&#224;, j'accompagne les agriculteurs dans la mise en place d'un itin&#233;raire technique adapt&#233;, avec entre autre l'apport de mati&#232;re organique analys&#233;e et bien identifi&#233;e, pour mieux nourrir les esp&#232;ces vivant dans le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sol vraiment d&#233;grad&#233; auquel nous apportons de la mati&#232;re organique est comme un humain d&#233;pourvu de syst&#232;me digestif : il est impossible, dans ces conditions, de d&#233;grader puis filtrer les &#233;l&#233;ments nutritifs essentiels provenant de ce que nous ing&#233;rons. Pour l'homme, il faut commencer par r&#233;g&#233;n&#233;rer sa flore intestinale ; pour le sol le raisonnement est le m&#234;me, hormis que pour r&#233;g&#233;n&#233;rer le syst&#232;me digestif complexe qu'est le sol (donc toutes les populations le constituant) il faut commencer par mettre en place une s&#233;rie de strat&#233;gies sans phytosanitaire et limitant au maximum les pratiques culturales. L'utilisation de produits phytosanitaires et le travail du sol sont les plus gros freins au d&#233;veloppement d'un sol vivant. L'agriculteur aura beau faire tous les efforts du monde pour que son syst&#232;me tienne la route, des produits chimiques ou un &#171; moulinage excessif &#187; des premiers centim&#232;tres du sol, remettent syst&#233;matiquement la pendule &#224; z&#233;ro. Il s'agit donc de mettre en place des strat&#233;gies alternatives et naturelles int&#233;grant l'animal et le v&#233;g&#233;tal, tout en se basant sur des observations et exp&#233;rimentations au champ. L'objectif &#233;tant que le syst&#232;me sous-sol/sol/air g&#233;n&#232;re, sans l'apport de fertilisant chimique, des quantit&#233;s de biomasse suffisantes et puisse ainsi s'autoalimenter en grande partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une couverture v&#233;g&#233;tale donn&#233;e et ce qu'elle g&#233;n&#232;re en termes de biomasses racinaires et a&#233;riennes, les taux de populations n&#233;cessaires pour que ce syst&#232;me complexe puisse s'autoalimenter seront de l'ordre du million d'individus au m&#232;tre carr&#233; (voire du milliard si l'on consid&#232;re les esp&#232;ces microscopiques). Malheureusement, de tels taux sont quasiment inexistants dans les sols conventionnels, bio ou non, hormis les prairies naturelles. Ils sont un petit peu plus &#233;lev&#233;s lorsque les sols cultiv&#233;s sont g&#233;r&#233;s en agriculture de conservation, surtout sans aucun intrant chimique, gr&#226;ce &#224; la pr&#233;sence permanente de r&#233;sidus v&#233;g&#233;taux en surface o&#249;, du m&#234;me coup, il y a beaucoup moins de maladies. Il faut savoir que plus des sols seront d&#233;grad&#233;s, au sens physico-chimique du terme, plus ils seront longs &#224; remettre en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finissez-vous l'agro-&#233;cologie et comment cette attention port&#233;e &#224; la vie du sol peut-elle y contribuer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, l'agro-&#233;cologie est une mani&#232;re de remettre en relation toutes les composantes biologiques d'une ferme &#8211; dont l'homme &#8211; au centre de la production v&#233;g&#233;tale. Elle prend en compte tous les facteurs faisant fonctionner une ferme. J'ai essay&#233; de dresser le bilan de tous ces facteurs, mais il y en a tellement ! Il s'agit donc de recadrer tous ces &#233;l&#233;ments qui vont r&#233;ellement influencer le syst&#232;me de production et le simplifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, pour moi, l'agro-&#233;cologie ne s'arr&#234;te pas aux portes de la ferme. Dans mes essais sur des itin&#233;raires techniques ou sur certaines pratiques nous allons, avec des partenaires, pousser l'exp&#233;rimentation jusqu'&#224; la consommation (la finalit&#233;). Par exemple, en travaillant avec un paysan-boulanger sur une culture de bl&#233; : &#224; la fin des essais, nous r&#233;unissons quelques personnes autour d'une table afin de go&#251;ter les pains issus des diff&#233;rents itin&#233;raires techniques exp&#233;riment&#233;s. Cela &#233;tant du court-terme, nous allons en faire de m&#234;me avec un maximum d'esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales. Cette d&#233;marche permet de mettre en lien tous les facteurs dont je parlais, de la biologie des sols jusqu'&#224; la mani&#232;re dont nous nous nourrissons. Un laboratoire travaillant sur la qualit&#233; nutritionnelle des aliments devra &#234;tre sollicit&#233; pour tenter de d&#233;terminer l'impact d'un sol vivant sur les nutriments contenus dans les produits qui en sont issus, par rapport &#224; un sol d&#233;grad&#233; et &#224; long-terme. Lorsque cela sera fait, nous aurons presque boucl&#233; la boucle dans son int&#233;gralit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut arriver &#224; mettre autour d'une table scientifiques, agriculteurs, consommateurs et cuisiniers &#8211; tous les gens gravitant autour de cet &#233;l&#233;ment fondamental : le fait de se nourrir. Lorsque nous arriverons &#224; initier cet &#233;change et &#224; en tirer des lignes directrices pour travailler plus sereinement &#224; l'avenir, nous aurons touch&#233; du doigt l'agro-&#233;cologie. &#192; toutes les &#233;chelles, nous en revenons syst&#233;matiquement &#224; l'alimentation, que ce soit pour les organismes du sol n&#233;cessitant des plats diversifi&#233;s ou pour les humains, qui ont besoin de fruits, l&#233;gumes et autres apports de vitamines et prot&#233;ines pour &#234;tre bien vivant et bien r&#233;fl&#233;chir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que souhaitez-vous montrer lors de votre atelier sur la vie du sol &#224; Innov-Agri ? Que pourrons-nous y apprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense amener des &#233;chantillons avec les moyens d'observation ad&#233;quats pour montrer toutes les composantes de la vie du sol qu'il est possible d'extraire ou d'observer au champ. C'est une d&#233;marche demandant une certaine rigueur scientifique, mais l'objectif ici est d'initier un premier pas pour les agriculteurs dans la d&#233;couverte de la vie du sol. Je souhaite montrer qu'il y a quantit&#233; d'individus formant les populations du sol autre que les vers de terre, ais&#233;ment visibles. Il ne peut y avoir de fertilit&#233; biologique sans toutes ces esp&#232;ces &#171; amont &#187; &#8211; des n&#233;matodes aux petits mammif&#232;res et tout ce qui permettra de d&#233;grader la mati&#232;re organique et de dynamiser l'ensemble des populations microbiennes. Enfin, ce tout doit s'organiser dans un &#233;quilibre fonctionnel limitant l'apparition de pics de populations qui am&#232;nent certaines esp&#232;ces &#224; devenir pr&#233;datrices ou ravageurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses esp&#232;ces du sol sont li&#233;es &#224; la d&#233;composition de la mati&#232;re organique, d'autres ont essentiellement des relations proie-pr&#233;dateur et ont donc un r&#244;le dans le maintien de l'&#233;quilibre trophique. Rien ne se passe de mani&#232;re lin&#233;aire, c'est le fruit d'une s&#233;rie de croisements et recroisements trophiques et du travail entre toutes les esp&#232;ces constituant ce vaste r&#233;seau. Ces dynamiques alimentaires dans le syst&#232;me-sol font que toutes les esp&#232;ces &#8211; de la microflore &#224; la m&#233;gafaune, en passant par tous les interm&#233;diaires &#8211; travaillent en synergie pour d&#233;composer la mati&#232;re organique et la rendre disponible aux plantes via les racines qui exploitent le r&#233;seau de galerie, en partie &#233;labor&#233; par certaines composantes de la faune du sol. Mon intervention &#224; Innov-Agri sera donc ax&#233;e sur ce recyclage de la mati&#232;re organique. Je parlerai des &#233;l&#233;ments permettant que celui-ci se fasse dans les meilleures conditions possibles ; notamment, de comment favoriser le plus large panel d'esp&#232;ces dans le sol.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Joseph Pousset et l'agriculture naturelle</title>
		<link>https://agriculture-de-conservation.com/Joseph-Pousset-et-l-agriculture-naturelle.html</link>
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		<dc:creator>Document Camille Atlani-Bicharzon</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture biologique</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du Village Agro&#233;cologique d'Innovagri qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
C&#233;r&#233;alier dans l'Orne, cela fait pr&#232;s de 40 ans que vous pratiquez l'agriculture naturelle en utilisant votre exploitation comme &#171; station d'exp&#233;rimentation &#187;. Quels principaux retours d'exp&#233;rience pouvez-vous partager ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant toute chose, il faut pr&#233;ciser que mon exploitation est particuli&#232;re. Tout d'abord, elle couvre &#224; peine 25 hectares, ce qui est tr&#232;s petit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Sans-chimie-+.html" rel="tag"&gt;Agriculture biologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du &lt;a href=&#034;http://www.innovagri.com/visiter/village-agroecologique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Village Agro&#233;cologique d'Innovagri&lt;/a&gt; qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_5547 spip_documents spip_documents_left media media_vignette' style='float:left;'&gt;&lt;a href='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/jpg/joseph-pousset.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;Joseph Pousset et l'agriculture naturelle &#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/local/cache-vignettes/L267xH382/joseph-pousset-36d76.jpg?1719781676' height='382' width='267' alt='Joseph Pousset et l'agriculture naturelle ' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;C&#233;r&#233;alier dans l'Orne, cela fait pr&#232;s de 40 ans que vous pratiquez l'agriculture naturelle en utilisant votre exploitation comme &#171; station d'exp&#233;rimentation &#187;. Quels principaux retours d'exp&#233;rience pouvez-vous partager ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, il faut pr&#233;ciser que mon exploitation est particuli&#232;re. Tout d'abord, elle couvre &#224; peine 25 hectares, ce qui est tr&#232;s petit pour une ferme c&#233;r&#233;ali&#232;re. Ensuite, elle n'est pas sur des terrains &#171; &#224; c&#233;r&#233;ales &#187;, mais sur de petits limons argileux, plut&#244;t m&#233;diocres, avec des mouill&#232;res et des cailloux... Il ne viendrait pas &#224; l'esprit d'un agriculteur &#171; normal &#187; de pratiquer la culture c&#233;r&#233;ali&#232;re sp&#233;cialis&#233;e sur de tels sols. L'avantage, cependant, pour le vulgarisateur que je suis, est que les r&#233;sultats de mes exp&#233;rimentations ne peuvent pas &#234;tre mis sur le compte d'une bonne qualit&#233; de terre. Si j'ai pu me permettre cela c'est gr&#226;ce &#224; ce travail de recherche et de vulgarisation qui assure une partie croissante de mes revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pos&#233;, je peux r&#233;sumer mon principal retour d'exp&#233;rience ainsi : il est probablement possible de pratiquer une agriculture naturelle, sans intrants, de mani&#232;re quasi-ind&#233;finie. En effet, je n'apporte aucun &#233;l&#233;ment ext&#233;rieur sur mon exploitation depuis les ann&#233;es 90 &#8211; ni fumier, ni engrais, ni m&#234;me aucun apport tol&#233;r&#233; par le cahier des charges bio &#8211; et j'obtiens une production modeste mais convenable. Pour qu'une ferme puisse vivre ainsi en autarcie compl&#232;te, sans apports ext&#233;rieurs, il est n&#233;cessaire d'actionner les m&#233;canismes de la fertilit&#233;. Cependant je tiens &#224; pr&#233;ciser que ceci est une exp&#233;rience et pas forc&#233;ment un exemple &#224; suivre. Il me para&#238;t en effet prudent de redonner au sol, si possible sous forme de mati&#232;re organique, les &#233;l&#233;ments qu'on lui retire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela pose la question des recyclages. Comment, donc, activer les m&#233;canismes de la fertilit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pensons d'abord &#224; l'azote, abondant dans l'atmosph&#232;re : &#224; peu pr&#232;s 75 000 &#224; 80 000 tonnes d'azote pur au dessus de chaque hectare de terre. La nature sait valoriser cet azote au travers de deux processus : le premier, la voie symbiotique, met en jeu les bact&#233;ries vivant dans les racines des plantes l&#233;gumineuses. Gr&#226;ce &#224; ces bact&#233;ries, le fait d'int&#233;grer des l&#233;gumineuses dans la rotation &#8211; sous forme de cultures, d'engrais verts ou m&#234;me, parfois, de l&#233;gumineuses spontan&#233;es &#8211; permet d'introduire dans le sol l'azote de l'atmosph&#232;re. La seconde voie, elle, est non-symbiotique dans la mesure o&#249; elle n'utilise pas des bact&#233;ries qui sont en symbiose avec des plantes, mais des bact&#233;ries &#171; libres &#187; qui ont cette m&#234;me capacit&#233; de fixer l'azote. Certaines vivent &#224; la surface du sol et d'autres, plus en profondeur. Celles qui nous int&#233;ressent sont les premi&#232;res et notre objectif est de les favoriser gr&#226;ce &#224; l'apport de mati&#232;res organiques plac&#233;es &#224; la surface du sol. Ces mati&#232;res organiques doivent &#234;tre de bonne qualit&#233;, non pollu&#233;es, avoir un bon rapport sucres-cellulose-azote et &#234;tre apport&#233;es au bon moment. Gr&#226;ce &#224; cet apport nous offrons le couvert aux bact&#233;ries libres. Nous leur offrons aussi le logis gr&#226;ce &#224; une bonne structure du sol qui permet &#224; l'air et &#224; l'eau de p&#233;n&#233;trer, de circuler et donc &#224; nos bact&#233;ries de s'abreuver et respirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres &#233;l&#233;ments du sol et de l'air peuvent &#234;tre pr&#233;lev&#233;s gr&#226;ce &#224; divers ph&#233;nom&#232;nes. Utiliser des v&#233;g&#233;taux aux racines puissantes permet de remonter &#224; la surface les &#233;l&#233;ments min&#233;raux pr&#233;sents dans les couches profondes du sol, les rendant ainsi disponibles pour les autres plantes. La luzerne, le m&#233;lilot (qui sont de plus des l&#233;gumineuses), les crucif&#232;res (qui r&#233;cup&#232;rent la potasse), sont des exemples de ce type &#171; d'engrais vert &#187; &#224; enracinement profond, sans oublier les arbres. Ces plantes permettent par ailleurs de maintenir la structure du sol et, donc, le logis de nos travailleurs b&#233;n&#233;voles. Pour attirer les &#233;l&#233;ments min&#233;raux pr&#233;sents dans l'air, nous pouvons faire appel au &#171; m&#233;canisme d'Ingham &#187;, &#224; peu pr&#232;s inconnu des agronomes et qui met en &#339;uvre les attirances &#233;lectriques &#224; partir de charges, g&#233;n&#233;ralement n&#233;gatives, pr&#233;sentes sur la cellulose des v&#233;g&#233;taux. Ainsi, la mati&#232;re organique apport&#233;e sur le sol attire les &#233;l&#233;ments min&#233;raux pr&#233;sents dans l'air, qui viennent se coller &#224; elle. Une pluie les d&#233;colle et les entra&#238;ne dans le sol, permettant aux racines des plantes de les absorber. Les a&#233;rosols marins apportent beaucoup de potassium...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc quelques exemples de m&#233;canismes naturels qu'il est possible de mettre en &#339;uvre pour que le sol fonctionne. Pour reprendre une analogie, nous pouvons aussi comparer un sol fertile &#224; une usine avec des facteurs de base de production : des b&#226;timents (le couple sol-climat), une bonne main d'&#339;uvre (l'activit&#233; biologique), une bonne client&#232;le (les plantes). Parmi cette client&#232;le, il y a les plantes qui sont cultiv&#233;es pour &#234;tre r&#233;colt&#233;es ou incorpor&#233;es au terrain sous forme d'engrais vert ; mais aussi celles pr&#233;sentes sans que nous les invitions &#8211; les mauvaises herbes. J'ai pour habitude de les appeler &#171; l'engrais vert du bon dieu &#187; car, bien ma&#238;tris&#233;es de sorte &#224; ce qu'elles ne soient pas trop envahissantes, elles peuvent jouer un r&#244;le positif sur la fertilit&#233; du sol. La ma&#238;trise de la flore spontan&#233;e est le probl&#232;me num&#233;ro 1 auquel est confront&#233; l'agriculteur ne souhaitant pas utiliser de produits toxiques. Elle n&#233;cessite de mettre en place toute une strat&#233;gie pour r&#233;duire le stock de graines du sol, nettoyer les lits de semences ou encore sarcler convenablement. Elle met aussi en jeu la succession des cultures pour laquelle il est essentiel de prendre en compte l'&#233;quilibre du rapport sucres-cellulose-azote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Matthieu Archambeaud, dans son interview r&#233;cente, vous a introduit comme &#171; sp&#233;cialiste de l'agro-&#233;cologie que l'on ne pr&#233;sente plus &#187;. Quelle est votre d&#233;finition de l'agro-&#233;cologie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, l'agro-&#233;cologie est un peu comme &#171; l'agriculture raisonn&#233;e &#187; ou &#171; l'agriculture paysanne &#187; : elle n'a pas de d&#233;finition unique et pr&#233;cise et tout d&#233;pend du sens qui lui est donn&#233; au moment o&#249; l'on en parle. &#201;videmment, dans &#171; agro-&#233;cologie &#187; il y a agro et &#233;cologie, donc nous pouvons dire que c'est une agriculture qui cherche &#224; faire fonctionner les m&#233;canismes naturels pour obtenir une production satisfaisante avec un minimum d'intrants. &#192; partir de l&#224;, il est possible de mettre la barre &#224; diff&#233;rents niveaux. Les praticiens de l'agriculture de conservation font de l'agro-&#233;cologie, mais en utilisant aussi les traitements de l'agriculture de synth&#232;se. C'est une approche tout &#224; fait respectable, mais la mienne est diff&#233;rente : pour moi, l'agro-&#233;cologie correspond en gros &#224; l'agriculture biologique, c'est-&#224;-dire une absence de produits de synth&#232;se et le respect d'un cahier des charges rigoureux. Chacun a donc sa d&#233;finition de l'agro-&#233;cologie et il est important, pour quiconque en parle, de bien d&#233;finir d&#232;s le d&#233;part ce qui est entendu par l&#224; afin d'&#233;viter les incompr&#233;hensions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parlez-nous un peu de cette double-casquette d'agriculteur et de vulgarisateur : est-ce un d&#233;sir qui vous a toujours habit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, tout &#224; fait. J'ai toujours eu des convictions quant &#224; l'importance de prot&#233;ger la nature et je les ai concr&#233;tis&#233;es dans le cadre de l'agriculture car je viens de l&#224;, c'est donc un milieu que je connais bien. Ces convictions sont fortes et il est donc naturel que je souhaite les partager, mais je ne veux pas les imposer. Ce point est tr&#232;s important pour moi. Imposer quelque chose &#233;quivaut &#224; appuyer sur un ressort : tant que l'on appuie, le ressort est comprim&#233;, mais d&#232;s que l'on rel&#226;che la pression il se d&#233;tend. Ainsi, utiliser la contrainte ne fait &#233;voluer les choses qu'en apparence, de mani&#232;re artificielle ; bien souvent, au contraire, cela m&#232;ne a pi&#233;tiner voire &#224; reculer, car cela provoque des r&#233;actions. Je pr&#233;f&#232;re de loin convaincre les gens : ainsi, ils empruntent de nouvelles voies parce qu'ils pensent qu'elles sont bonnes. L'&#233;volution est certes moins spectaculaire, les r&#233;sultats ne seront pas forc&#233;ment apparents au premier abord, mais au moins ils seront bien ancr&#233;s. Ceci dit la contrainte s'av&#232;re, h&#233;las, parfois n&#233;cessaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que souhaitez-vous partager lors de votre intervention sur l'agriculture naturelle &#224; Innov-Agri ? Que pourrons-nous y apprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite y exposer les principes de base d'une agriculture naturelle et faire r&#233;fl&#233;chir les participants sur la mani&#232;re dont ils pourraient, peut-&#234;tre, inclure cela dans leur pratique. L'agriculteur doit pouvoir vivre de son m&#233;tier. Il ne touche pas de salaire, donc son revenu &#233;quivaut &#224; la quantit&#233; de produits qu'il vend, multipli&#233; par leurs prix unitaires, moins les charges. Nous subissons bien souvent les prix de vente fix&#233;s par des organismes internationaux dans lesquels nous sommes repr&#233;sent&#233;s mais avons assez peu de poids. C'est donc surtout au niveau des charges que nous pouvons avoir une action. Si nous parvenons &#224; les diminuer sans p&#233;naliser notre production, nous augmentons automatiquement notre revenu. C'est donc cela le message que je souhaite faire passer &#224; Innov-Agri : il est possible de diminuer ses charges de production en faisant fonctionner les m&#233;canismes naturels &#224; son profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi envie de dire que l'argent ne fait pas tout dans la vie, il s'agit aussi d'&#234;tre satisfait de son activit&#233; car une vie humaine ne dure pas tr&#232;s longtemps et mieux vaut &#234;tre heureux de ce que l'on fait pour se sentir bien. En tant qu'agriculteur il faut aussi pouvoir, dans la mesure du possible, satisfaire les demandes de la soci&#233;t&#233;. Actuellement, celle-ci demande d'augmenter la production pour nourrir la population croissante, sans polluer et en utilisant moins d'&#233;nergies fossiles dont les r&#233;serves diminuent. Produire plus sans polluer et avec moins d'&#233;nergie para&#238;t antinomique car c'est justement gr&#226;ce &#224; cette &#233;nergie qu'au sortir de la guerre nous avons pu produire plus : nous l'avons utilis&#233;e pour fabriquer des engrais et des produits de traitement, pour faire fonctionner nos machines... Moins l'utiliser est un d&#233;fi difficile, mais auquel il faut s'attaquer. Selon moi, faire appel aux m&#233;canismes naturels en agriculture est une mani&#232;re intelligente de relever ce d&#233;fi. La nature sait produire en abondance : une for&#234;t europ&#233;enne produit 5 &#224; 7 tonnes de mati&#232;re s&#232;che par hectare et par an, le double pour une for&#234;t tropicale. Observer les m&#233;canismes de cette nature et t&#226;cher de les utiliser ou de les imiter para&#238;t donc judicieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fabien Liagre, 40 projets agroforestiers en r&#233;gion Centre</title>
		<link>https://agriculture-de-conservation.com/Fabien-Liagre-40-projets-agroforestiers-en-region-Centre.html</link>
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		<dc:date>2016-07-25T06:59:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Document Camille Atlani-Bicharzon</dc:creator>


		<dc:subject>Agroforesterie</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du Village Agro&#233;cologique d'Innovagri qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quels retours d'exp&#233;rience avez-vous de projets agroforestiers en R&#233;gion Centre ? Quels b&#233;n&#233;fices les agriculteurs en retirent-ils ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons commenc&#233; &#224; travailler en R&#233;gion Centre il y a une quinzaine d'ann&#233;es avec une enqu&#234;te pour &#233;valuer l'int&#233;r&#234;t des agriculteurs pour l'agroforesterie. &#192; l'&#233;poque, 20% des personnes interrog&#233;es s'&#233;taient dites int&#233;ress&#233;es. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/-Camille-Atlani-Bicharzon-134-.html" rel="directory"&gt;Camille Atlani-Bicharzon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Agroforesterie-55-+.html" rel="tag"&gt;Agroforesterie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du &lt;a href=&#034;http://www.innovagri.com/visiter/village-agroecologique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Village Agro&#233;cologique d'Innovagri&lt;/a&gt; qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_5546 spip_documents spip_documents_left media media_vignette' style='float:left;'&gt;&lt;a href='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/jpg/agroforesterie.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;Agroforesterie &#224; Restincli&#232;res dans l'H&#233;rault&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/local/cache-vignettes/L390xH219/agroforesterie-b036d-03bc7.jpg?1741976516' width='390' height='219' alt='Agroforesterie &#224; Restincli&#232;res dans l'H&#233;rault' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Quels retours d'exp&#233;rience avez-vous de projets agroforestiers en R&#233;gion Centre ? Quels b&#233;n&#233;fices les agriculteurs en retirent-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons commenc&#233; &#224; travailler en R&#233;gion Centre il y a une quinzaine d'ann&#233;es avec une enqu&#234;te pour &#233;valuer l'int&#233;r&#234;t des agriculteurs pour l'agroforesterie. &#192; l'&#233;poque, 20% des personnes interrog&#233;es s'&#233;taient dites int&#233;ress&#233;es. Quelques ann&#233;es plus tard, en 2006, nous avons recontact&#233; ces personnes et la moiti&#233; souhaitaient concr&#233;tiser effectivement un projet agroforestier. Il existe donc aujourd'hui plusieurs projets d'agroforesterie dans la R&#233;gion et les agriculteurs ont m&#234;me cr&#233;&#233; l'Association d'Agroforesterie de la R&#233;gion Centre, dont nous sommes membres. Cette association regroupe aussi bien des agriculteurs en bio, en conventionnel qu'en agriculture de conservation (40 agriculteurs membres, 28 projets agroforestiers install&#233;s dans la r&#233;gion et une quinzaine en pr&#233;paration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t initial des agriculteurs pour l'agroforesterie d&#233;pend bien s&#251;r de leur projet d'exploitation, mais les arguments revenant le plus souvent sont la question des sols, la lutte biologique ou encore la qualit&#233; des produits (teneur en prot&#233;ine des c&#233;r&#233;ales, qualit&#233; de la viande, label qualit&#233; en maraichage&#8230;). Les projets dans la R&#233;gion sont encore jeunes puisqu'ils ont d&#233;but&#233; en 2007-2008, les b&#233;n&#233;fices ne sont donc pas encore visibles dans tous ces domaines (notamment sur les sols). En revanche, les agriculteurs observent d&#233;j&#224; des r&#233;sultats significatifs sur la biodiversit&#233;. D&#232;s la premi&#232;re ann&#233;e, la maillage agroforestier mis en place avec des bandes enherb&#233;es invite une biodiversit&#233; qui &#233;tait jusqu'alors absente ou en r&#233;gression dans les parcelles : des carabes, des cloportes, des araign&#233;es, des vers de terre... Tout cela a un impact tr&#232;s fort sur les processus d'humification des sols ou sur le contr&#244;le biologique des ravageurs, ce qui repr&#233;sente un b&#233;n&#233;fice important pour les agriculteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que recommandez-vous aux agriculteurs s'int&#233;ressant &#224; l'agroforesterie mais qui h&#233;sitent &#224; sauter le pas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les arguments agronomiques et &#233;cologiques en faveur de l'agroforesterie, les agriculteurs h&#233;sitent effectivement parfois &#224; se lancer. La premi&#232;re raison de cette h&#233;sitation est l'habitude de travailler sans les arbres : planter des arbres au milieu d'une parcelle est &#224; l'exact oppos&#233; de ce que nous avons appris depuis 50-70 ans. La tendance &#8211; que ce soit au niveau de l'&#233;cole, du conseil, de la recherche ou de l'administration &#8211; a plut&#244;t &#233;t&#233; de retirer les arbres ou de compliquer leur prise en compte (ex de la PAC&#8230;). C'&#233;tait parfois &#224; bon escient, puisque c'&#233;tait beaucoup au moment du remembrement et il &#233;tait n&#233;cessaire d'agrandir les parcelles pour optimiser le parcellaire. Ce que nous oublions souvent, c'est que toute une partie de la Beauce &#233;tait enti&#232;rement couverte d'agroforesterie et ce sont des zones qui, aujourd'hui, sont compl&#232;tement d&#233;bois&#233;es. Il y a des justifications agronomiques et &#233;cologiques &#224; y replanter aujourd'hui des arbres, puisque le syst&#232;me de production y a &#233;t&#233; totalement artificialis&#233;, avec des parcelles enti&#232;rement drain&#233;es qui ne peuvent maintenir le m&#234;me niveau de rendement qu'avec un apport d'engrais min&#233;ral cons&#233;quent. Or le drainage pose aussi des probl&#232;mes en termes de stabilit&#233; des sols, d'&#233;rosion de surface et de co&#251;t d'entretien. Cela devient un co&#251;t &#224; prendre en compte, tout comme les probl&#232;mes de r&#233;sistance des ravageurs ou adventices aux produits de traitement. Si le souhait est d'aller vers des principes de gestion un peu plus doux, la question de l'arbre est envisageable, notamment pour son r&#244;le de filtration et d'assainissement des parcelles sur le long-terme et pour son impact sur la fertilit&#233; des sols. Dans ce cas, on opte pour une strat&#233;gie d'optimisation de la marge brute par une meilleure gestion des charges, plut&#244;t que pour une strat&#233;gie de rendement maximum mais avec un objectif de marge non garanti. Il s'agit de chercher &#224; gagner plus en produisant mieux. Bien entendu, ce n'est pas syst&#233;matique car cela demande de tester, d'apprendre et donc de prendre aussi des risques ; et de raisonner sur le long-terme dans un syst&#232;me qui privil&#233;gie le court-terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon premier conseil aux agriculteurs souhaitant initier un projet agroforestier et d'en faire le test sur une partie de leur exploitation. Exp&#233;rimenter est le propre du m&#233;tier d'agriculteur &#8211; pour faire de la s&#233;lection vari&#233;tale, pour am&#233;liorer la m&#233;canisation... Un agriculteur qui n'innove pas est comme &#171; mort &#187; car il d&#233;pendra des conseils ext&#233;rieurs, il n'innovera plus. J'ai suivi un grand nombre d'agriculteurs qui appliquaient souvent des recettes ann&#233;es apr&#232;s ann&#233;es, avec des conseils de structures pour les aider &#224; doser les engrais ou les traitements. On perdait le sens de l'observation des sols, des auxiliaires, des plantes indicatrices, au profit des recettes et de la recherche des aides maximales. Sauf que nous avons perdu de vue que la rentabilit&#233; pouvait aussi se d&#233;gager dans une autre mani&#232;re de travailler, en faisant plus d'agronomie justement. Il faut savoir se poser quelques temps et se poser les questions importantes pour son projet, notamment celle-ci : comment je travaillerais si je n'avais plus la PAC ou si le prix des engrais devenait une charge trop lourde ? Je ne dis pas qu'il faut tout arr&#234;ter, mais retrouver le sens de l'innovation qui est au c&#339;ur de m&#233;tier de l'agriculteur. En agroforesterie, nous pouvons essayer un projet test sur 3-5% de notre surface pour voir ce que cela donne. &#192; partir de l&#224;, je peux &#233;valuer l'impact sur les rendements, les difficult&#233;s li&#233;es &#224; la pr&#233;sence des lignes d'arbres sur la circulation des machines, etc. La premi&#232;re &#233;tape est de se familiariser avec l'agroforesterie, apr&#232;s cela, il est possible de lever un certain nombre d'id&#233;es re&#231;ues. Quasiment tous les agriculteurs qui se sont lanc&#233;s dans la R&#233;gion en 2007 ont replant&#233; la m&#234;me surface, voire le double de ce qu'ils avaient plant&#233; initialement, apr&#232;s 4 ou 5 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deuxi&#232;me lieu, il est vrai que l'attente ne joue pas en faveur ni du projet agroforestier, ni du projet de l'exploitation puisque les arbres mettent un certain temps &#224; pousser. En h&#233;sitant pendant 5 ou 10 ans, c'est autant de retard que nous aurons au moment d'exploiter ces arbres et ce capital, ou de b&#233;n&#233;ficier des services rendus. Certains agriculteurs qui se sont lanc&#233;s rapidement se retrouvent &#224; l'&#226;ge de la retraite avec un capital de 2 000 &#224; 5 000 arbres, avec une valeur sur pied pouvant d&#233;passer le million d'euros. Cela prend tout de suite une autre tournure ! Que ce soit pour la retraite, la reprise par les descendants ou pour la revente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me argument est celui du changement climatique qui, lui aussi, se joue sur un temps long. Nous ne le voyons pas forc&#233;ment d'une ann&#233;e sur l'autre mais c'est quelque chose qui sera vraiment impactant d'ici 20 &#224; 40 ans. Le r&#244;le de l'agroforesterie par rapport au changement climatique est un argument fort en sa faveur, surtout en terme d'adaptation des cultures et du syst&#232;me de production &#224; ses effets, tels que les coups de chaleur, les s&#233;cheresses ou m&#234;me les surplus d'humidit&#233;. L'arbre joue un r&#244;le tampon et nous le constatons tr&#232;s fortement sur les vieilles parcelles agroforesti&#232;res : &#224; chaque s&#233;cheresse, les r&#233;sultats sur ces parcelles sont bien meilleures que sur les parcelles de culture pure. Ici donc, c'est pareil : franchir le pas maintenant est une sorte d'assurance pour dans 20 ou 30 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que le Plan National de D&#233;veloppement de l'Agroforesterie, lanc&#233; par le Minist&#232;re de l'Agriculture en d&#233;cembre dans le cadre de son projet agro-&#233;cologique pour la France, peut donner une impulsion &#224; cette pratique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question un peu d&#233;licate car tr&#232;s politique, m&#234;me si je pense qu'il y a une volont&#233; du gouvernement &#8211; en tout cas dans la communication &#8211; de favoriser l'agroforesterie. Dans les faits, l'agroforesterie n'est pas vraiment aid&#233;e, notamment au niveau du premier pilier de la PAC o&#249; nous avons m&#234;me r&#233;gress&#233; puisque l'&#233;ligibilit&#233; est pass&#233;e de 200 &#224; 100 arbres &#224; l'hectare. Dans la conditionnalit&#233;, les arbres sous toutes les formes (haie, vergers, lin&#233;aires) sont toujours consid&#233;r&#233;s comme non productifs et compliquent les d&#233;clarations et les contr&#244;les. &#192; quand une conditionnalit&#233; non pas sur des crit&#232;res de surfaces mais sur des objectifs agronomiques ? Ce Plan National pr&#233;sente un grand nombre d'actions, souvent int&#233;ressantes voire essentielles, mais aucun budget n'y est affect&#233;, ce qui est tout de m&#234;me limitant. Alors certes, le fait d'en parler peut donner un petit coup de boost. Par ailleurs, cela incite certains partenaires &#224; travailler ensemble, ce qui est plut&#244;t une bonne chose. Je suis par exemple engag&#233;, &#224; titre personnel, dans un groupe de travail sur les aspects juridiques de l'agroforesterie, notamment au niveau des contrats et baux ruraux. Sur cet aspect, nous avons besoin de clarifier la place de l'agroforesterie. Une telle collaboration ne requiert pas de gros budget et permet &#224; diff&#233;rents acteurs &#8211; Minist&#232;re, Chambres d'Agricultures, etc. &#8211; de travailler ensemble sur des sujets particuliers, ce qui est plut&#244;t positif. Au-del&#224; de cela, je me pose de vraies questions sur l'impact r&#233;el que ce plan peut avoir. Je me dis parfois que si l'argent mis pour son &#233;laboration et la communication &#233;tait investi sur des groupes de travail efficaces, on avancerait plus vite sur le terrain. Mais c'est peut &#234;tre un peu facile de dire cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finissez-vous l'agro-&#233;cologie et comment l'agroforesterie peut-elle s'y inscrire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, l'agro-&#233;cologie est une mani&#232;re de produire en essayant de s'affranchir au maximum d'apports ext&#233;rieurs, notamment en termes d'intrants, pour reposer la production sur des principes plus naturels et &#233;cologiques. Il s'agit donc de tirer partie des processus agronomiques et &#233;cologiques existant sur ses parcelles &#8211; au niveau du sol, du climat, de la biodiversit&#233;, etc. &#8211; pour devenir plus autonome vis-&#224;-vis de l'ext&#233;rieur. Nous avons beaucoup artificialis&#233; notre mani&#232;re de produire au cours des cinquante derni&#232;res ann&#233;es : nous faisions appel &#224; un produit de traitement pour r&#233;soudre nos probl&#232;mes de ravageurs, nous cherchions une forme de m&#233;canisation pour le travail du sol, nous faisions des &#171; bilans NPK &#187; pour la fertilisation... Pour moi, l'agro-&#233;cologie (bien que le terme soit un peu d&#233;voy&#233;) part de l'intention de donner un peu plus d'ind&#233;pendance aux agriculteurs dans leur mode de production. L'objectif n'est pas un objectif de rendement mais d'am&#233;lioration de la marge &#224; l'hectare. Un objectif qui n'est pas secondaire est de retrouver un sens noble au m&#233;tier de l'agriculteur en faisant plus d'agronomie, d'innovation, d'&#233;changes&#8230; Dans un r&#233;seau plus transversal et non pyramidal, o&#249; le chercheur trouvait, le technicien conseillait et l'agriculteur appliquait. L&#224;, on travaille ensemble, ou en tout cas, c'est ce que l'on devrait faire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agroforesterie s'y inscrit tout &#224; fait car elle peut participer &#224; cette ind&#233;pendance &#224; bien des niveaux. Dans les processus de fertilisation, par exemple, l'arbre am&#233;liore les bilans carbone et azote organiques, est capable d'alt&#233;rer sur le long terme la roche-m&#232;re pour en remonter des &#233;l&#233;ments min&#233;raux et les rendre disponibles aux cultures. Il est aussi capable d'accueillir toute une faune d'auxiliaires pour r&#233;pondre aux probl&#232;mes de ravageurs. Il faut savoir que le nombre de fleurs produites par 4 ou 5 arbres adultes peut &#234;tre &#233;quivalent &#224; un hectare de prairie, comme la PAC nous incite &#224; en mettre au d&#233;triment des surfaces cultiv&#233;es. De tels aspects entrent donc compl&#232;tement dans une logique agro-&#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que d&#233;sirez-vous pr&#233;senter lors de votre atelier &#224; Innov-Agri et que pourrons-nous apprendre lors de votre conf&#233;rence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite aborder la compl&#233;mentarit&#233; de l'arbre et des syst&#232;mes de production dans le contexte de la R&#233;gion Centre. C'est une R&#233;gion o&#249; la productivit&#233; est tr&#232;s variable avec des rendements allant de 60 &#224; plus de 100 quintaux &#224; l'hectare, donc y replanter des arbres pose effectivement quelques questions. Est-il pertinent de remettre des arbres dans des parcelles qui, historiquement, avaient beaucoup d'agroforesterie, mais qui sont aujourd'hui drain&#233;es quasiment &#224; 100% ? Faut-il remettre des arbres dans les parcelles de la Sologne d&#233;j&#224; si arbor&#233;e par ailleurs ? J'aborderai donc ces sujets-l&#224; dans mes interventions : l'aspect productivit&#233; d'une part et, d'autre part, les contraintes li&#233;es au sol et les techniques de drainage en agroforesterie. Je m'appuierai sur des exemples d'agriculteurs en R&#233;gion Centre, mais aussi sur une exp&#233;rience men&#233;e &#224; l'INRA de Nouzilly pour justement voir l'impact des arbres sur le drainage du sol, y compris en pr&#233;sence d'un drain artificiel. Dans notre atelier, des agriculteurs agroforestiers de la r&#233;gion Centre nous accompagnerons pour parler des objectifs des projets, de mise en place et de gestion, des perspectives r&#233;gionales...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gilles Sauzet, associer du colza et des l&#233;gumineuses</title>
		<link>https://agriculture-de-conservation.com/Quels-sont-les-benefices-d-une-association.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agriculture-de-conservation.com/Quels-sont-les-benefices-d-une-association.html</guid>
		<dc:date>2016-06-29T08:25:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Document Camille Atlani-Bicharzon</dc:creator>


		<dc:subject>Semis / Implantation</dc:subject>
		<dc:subject>Fertilisation / D&#233;sherbage</dc:subject>
		<dc:subject>Associations culturales</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du Village Agro&#233;cologique d'Innovagri qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quels sont les b&#233;n&#233;fices d'une association colza-l&#233;gumineuse ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant toute chose, il est essentiel de dire qu'une association colza-l&#233;gumineuse n'apportera des b&#233;n&#233;fices que si l'implantation du colza est r&#233;ussie. Il est donc indispensable de porter une attention particuli&#232;re &#224; la r&#233;ussite de cette implantation pour b&#233;n&#233;ficier des services de l'association. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/-Camille-Atlani-Bicharzon-134-.html" rel="directory"&gt;Camille Atlani-Bicharzon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Semis-Implantation-+.html" rel="tag"&gt;Semis / Implantation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Fertilisation-Desherbage-+.html" rel="tag"&gt;Fertilisation / D&#233;sherbage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Associations-culturales-+.html" rel="tag"&gt;Associations culturales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du &lt;a href=&#034;http://www.innovagri.com/visiter/village-agroecologique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Village Agro&#233;cologique d'Innovagri&lt;/a&gt; qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4072 spip_documents spip_documents_left media media_vignette' style='float:left;'&gt;&lt;a href='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/jpg/colza-associe-52-2.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;Colza associ&#233; en SD sem&#233; le 3 ao&#251;t 2013 (Antonio Pereira - CA 52)&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/local/cache-vignettes/L390xH259/colza-associe-52-2-f6b75-f1f0f.jpg?1741976516' width='390' height='259' alt='Colza associ&#233; en SD sem&#233; le 3 ao&#251;t 2013 (Antonio Pereira - CA 52)' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les b&#233;n&#233;fices d'une association colza-l&#233;gumineuse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, il est essentiel de dire qu'une association colza-l&#233;gumineuse n'apportera des b&#233;n&#233;fices que si l'implantation du colza est r&#233;ussie. Il est donc indispensable de porter une attention particuli&#232;re &#224; la r&#233;ussite de cette implantation pour b&#233;n&#233;ficier des services de l'association. Lorsque nous avons commenc&#233; nos essais il y a huit ans, nous avions un certain nombre d'objectifs et de questions sur les avantages suppos&#233;s d'une telle association. D'autres questions sont aussi survenues en cours de route. Nos six objectifs de recherche principaux &#233;taient de d&#233;terminer l'impact de l'association colza-l&#233;gumineuse sur la structure du sol, la disponibilit&#233; d'azote dans le sol, la comp&#233;tition avec les adventices, les insectes automnaux du colza, les risques d'hydromorphie et, enfin, l'int&#233;r&#234;t sur le rendement en souhaitant que les risques de comp&#233;tition colza/l&#233;gumineuses soient non influents&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier b&#233;n&#233;fice d'une telle association concerne donc le sol. Nos r&#233;gions c&#233;r&#233;ali&#232;res pr&#233;sentent des contextes pedologiques argilo-calcaires, limono-sableux ou argileux dans lesquels les taux de mati&#232;re organique sont assez faibles et o&#249; la qualit&#233; structurale du sol n'est pas toujours stable. Le fait d'augmenter la quantit&#233; de racines dans le sol et de changer le type de rhyzosph&#232;re doit faciliter l'am&#233;lioration structurale, porale et organique du sol. Pour ce qui est de l'azote, l'installation de couverts d'interculture et l'association de l&#233;gumineuses &#224; nos cultures enrichit bien s&#251;r le pool d'azote et doit am&#233;liorer les quantit&#233;s disponibles pour les cultures. Le colza, mais aussi les c&#233;r&#233;ales suivantes, b&#233;n&#233;ficient donc d'une r&#233;serve azot&#233;e plus cons&#233;quente. La comp&#233;tition vis-&#224;-vis des adventices &#233;tait, elle, un b&#233;n&#233;fice pour lequel nous avions des incertitudes avant de commencer nos tests. Nous craignions notamment que le couvert entre aussi en comp&#233;tition avec le colza, alors que cette &#233;ventuelle concurrence est sans grand risque d&#232;s lors que l'implantation du colza est r&#233;ussie. En revanche, le fait d'augmenter la surface foliaire et la quantit&#233; de biomasse par m&#232;tre carr&#233; entra&#238;ne effectivement un ph&#233;nom&#232;ne de comp&#233;tition avec les adventices pour l'eau, l'azote et la lumi&#232;re. Nous r&#233;duisons ainsi la croissance des adventices, ainsi que le peuplement d'adventices &#224; lev&#233;e tardive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'impact sur les ravageurs, nos d&#233;marches en exp&#233;rimentation et en parcelles agriculteurs ont montr&#233; qu'un colza &#224; croissance dynamique associ&#233; &#224; une l&#233;gumineuse type f&#233;verole r&#233;duisait nettement les d&#233;g&#226;ts des grosses altises et des charan&#231;ons du bourgeon terminal &#224; l'automne. Cinqui&#232;me b&#233;n&#233;fice, l'am&#233;lioration de la porosit&#233; du sol par un enracinement plus dense, ainsi que l'apport d'un type racinaire pivotant comme celui de la f&#233;verole limite les risques d'hydromorphie dans les zones pr&#233;sentant ce risque. Dans des parcelles tr&#232;s hydromorphes, l'association avec une f&#233;verole permet de pr&#233;server la qualit&#233; racinaire du colza qui soufre moins de l'asphyxie. Enfin, la question de l'impact sur les rendements est &#233;videmment importante pour les agriculteurs dans nos milieux o&#249; la p&#233;rennit&#233; du colza passe par une stabilisation du rendement &#224; une valeur plus &#233;lev&#233;e qu'elle n'est pour l'instant. Si nous voulons que nos cultures restent comp&#233;titives dans ces milieux-l&#224;, il est indispensable d'en augmenter les performances globales, notamment en termes d'implantation, de contr&#244;le des bio-agresseurs et de nouvelles fournitures l'azote. Dans des syst&#232;mes o&#249; les intrants ne r&#233;pondent pas toujours &#224; nos attentes, l'association permet non seulement des b&#233;n&#233;fices &#233;cologiques, mais aussi une optimisation des performances du colza en termes de quantit&#233; et productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels facteurs doivent &#234;tre pris en compte par les agriculteurs souhaitant se lancer dans cette pratique en R&#233;gion Centre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, il est indispensable de conna&#238;tre &#224; la fois la physiologie du colza et celle des l&#233;gumineuses. En effet, nous devons int&#233;grer dans nos colzas des esp&#232;ces de l&#233;gumineuses &#224; croissance relativement rapide et plut&#244;t des esp&#232;ces estivales et des vari&#233;t&#233;s de printemps. Nous souhaitons une croissance dynamique &#224; l'automne mais l'absence de concurrence vis-&#224;-vis du colza. Nous devons par ailleurs, autant que possible, utiliser des l&#233;gumineuses qui g&#232;leront pendant l'hiver pour &#233;viter le d&#233;sherbage chimique. Les esp&#232;ces fleurissant avant l'hiver se d&#233;gradent ensuite, m&#234;me en l'absence de gel. Il est tr&#232;s important que le colza soit dominant sur la parcelle au moins jusqu'au stade 4-5 feuilles. Il faut, pour cela, choisir des l&#233;gumineuses &#224; installation rapide mais l&#233;g&#232;rement plus tardive que le colza. Le colza doit &#234;tre dominant sur la parcelle jusqu'au d&#233;marrage de sa phase de croissance dynamique. Toutes les l&#233;gumineuses que nous utilisons &#224; ce jour &#8211; lentilles, fenugrecs, tr&#232;fles d'Alexandrie, gesse, vesce, f&#233;verole, etc. &#8211; ont des croissances soit un peu plus tardives, soit vraiment plus tardives que le colza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me &#233;l&#233;ment concerne l'implantation pratique du colza et de la l&#233;gumineuse, qui est une question fondamentale. N'oublions pas que la r&#233;ussite de l'implantation du colza et de sa structure de peuplement sont indispensables pour que le syst&#232;me donne satisfaction ; il ne faut en aucun cas que la l&#233;gumineuse int&#233;gr&#233;e dans le semoir ne nuise &#224; la qualit&#233; du semis de colza. Avec un semoir mono-caisse &#224; une seule tr&#233;mie, il est possible de m&#233;langer le colza avec des graines de petite taille, telles que des lentilles, des fenugrecs ou des tr&#232;fles d'Alexandrie. Pour int&#233;grer des vari&#233;t&#233;s &#224; grosses graines type f&#233;verole, il faudra soit un semoir &#224; deux caisses, soit pratiquer le double semis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association modifie les pratiques en mati&#232;re de d&#233;sherbage. Il faut notamment intervenir de pr&#233;f&#233;rence en post-lev&#233;e, selon la pr&#233;cocit&#233; de lev&#233;e des adventices ; ou mettre en place des mesures agronomiques limitant la germination des adventices, telles que le semis &#224; faible vitesse pour limiter le flux de terre. Enfin, nous avons int&#233;r&#234;t &#224; ce que notre colza associ&#233; l&#232;ve relativement t&#244;t, ce qui n&#233;cessite une r&#233;flexion sur la gestion de l'interculture, les travaux de pr&#233;paration, en particulier les dates d'intervention. La croissance pr&#233;coce du colza et de la l&#233;gumineuse doit se faire dans des conditions de temp&#233;rature et de rayonnement encore importants. L'expertise montre donc que le semis de colza-l&#233;gumineuse doit s'effectuer avant le 1e septembre dans de nombreux cas. Nous pourrons le pousser jusqu'au 5 septembre dans les zones o&#249; il y a un apport de mati&#232;re organique ; il sera en revanche pr&#233;f&#233;rable de le faire avant le 20-25 ao&#251;t dans des situations argilo-calcaires quand les conditions hydriques seront favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finissez-vous l'agro&#233;cologie et comment la pratique du colza associ&#233; peut-elle s'y inscrire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; maintenant la r&#233;ussite en c&#233;r&#233;aliculture &#233;tait fond&#233;e sur la r&#233;ussite des intrants. Nous comptions sur une tr&#232;s bonne efficacit&#233; des intrants concernant la protection des cultures ainsi qu'une utilisation maximum des fertilisants apport&#233;s. Toutefois nous n'avons pas, tous les ans, une r&#233;ussite totale de nos intrants. Par ailleurs, politiquement et socialement, la tendance est plut&#244;t &#224; la diminution d'utilisation de ces produits. Il est donc indispensable de mettre en place des cultures robustes et dont les performances ne sont pas li&#233;es exclusivement &#224; la r&#233;ussite des intrants. Nous devons ainsi penser &#224; d'autres modes de lutte contre les bioagresseurs, &#224; d'autres mani&#232;res de garantir une croissance optimum de nos cultures, &#224; d'autres leviers pour optimiser le comportement de la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colza associ&#233; peut &#234;tre l'un de ces leviers : r&#233;duction du d&#233;sherbage par comp&#233;tition avec les adventices, r&#233;duction des insecticides gr&#226;ce &#224; son impact sur les ravageurs automnaux, r&#233;duction des engrais par l'am&#233;lioration du pool azote... Cependant, il faut selon moi aller plus loin si nous voulons r&#233;ellement r&#233;ussir ce passage vers une d&#233;marche agro-&#233;cologique. Nous devons entrer dans une d&#233;marche globale de changement au niveau du syst&#232;me de culture afin de favoriser des interactions positives et en des avantages &#233;cologiques. Int&#233;grer le colza associ&#233; dans une exploitation juste pour un seul b&#233;n&#233;fice n'a aucun sens. Il s'agit de l'associer &#224; d'autres innovations dans notre syst&#232;me de culture, telles que les couverts d'interculture, le semis direct, le strip-till, pourquoi pas l'allongement de la rotation... Le colza associ&#233;, &#224; lui seul, ne transformera pas la situation &#8211; il faut &#234;tre clair. C'est bien l'impact du changement de syst&#232;me de culture et du changement de pratiques de l'agriculteur qui permettra de tirer d'importants b&#233;n&#233;fices. Cela doit imp&#233;rativement s'inscrire dans une d&#233;marche globale qui favorise la qualit&#233; d'implantation des diff&#233;rentes cultures dans un contexte d'am&#233;lioration durable de la qualit&#233; du sol tant d'un point de vue physique, biologique que chimique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche en revenant au colza associ&#233;, sa r&#233;ussite passe par une implantation permettant une croissance dynamique et r&#233;guli&#232;re jusqu'&#224; l'entr&#233;e de l'hiver. Pour moi, nous ne pourrons pas entrer en agro-&#233;cologie si nous ne sommes pas capables de faire des plantes robustes et cela passe donc par une d&#233;marche agronomique tr&#232;s pouss&#233;e. Prenons l'exemple de 2012 : les implantations &#233;taient g&#233;n&#233;ralement rat&#233;es et nous n'avons jamais autant utilis&#233; de pesticides pour des r&#233;sultats m&#233;diocres. &#192; l'inverse, en 2011, les implantations &#233;taient r&#233;ussies et nous en avons tr&#232;s peu utilis&#233;. Avant de parler colza associ&#233;, il est donc indispensable de parler colza tout court : sa qualit&#233;, sa robustesse, sa capacit&#233; &#224; lutter d'elle-m&#234;me contre les bio-agresseurs de tous types. Ensuite l'association &#8211; et nous le constatons encore cette ann&#233;e &#8211; permet au colza d'&#234;tre performant en plus d'&#234;tre robuste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que souhaitez-vous partager lors de votre atelier et de votre conf&#233;rence sur le colza associ&#233; &#224; Innov-Agri ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon expos&#233; portera avant toute chose sur la r&#233;ussite de l'implantation du colza, parce que sans une implantation de colza r&#233;ussie nous ne retrouverons pas les b&#233;n&#233;fices esp&#233;r&#233;s de l'association. Je parlerai ensuite du choix des esp&#232;ces pour pouvoir les adapter aux contraintes et aux contextes p&#233;doclimatiques. Surtout, je souhaiterais faire passer que, certes, le colza associ&#233; pr&#233;sente des atouts pour la culture de colza mais qu'il est possible d'en tirer encore plus de b&#233;n&#233;fices en l'int&#233;grant dans une d&#233;marche plus globale de syst&#232;me de culture. Si nous voulons par exemple combattre durablement les adventices en diminuant les quantit&#233;s de d&#233;sherbant il nous faudra r&#233;fl&#233;chir &#224; la rotation, &#224; la succession des cultures, &#224; la couverture du sol, aux alternances entre travail et non-travail du sol, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colza associ&#233; s'inscrit compl&#232;tement dans une d&#233;marche d'&#233;volution du syst&#232;me de culture et d'&#233;volution des pratiques. Sans cette &#233;volution des pratiques, il nous sera difficile de d&#233;plafonner le potentiel de nos cultures dans les r&#233;gions o&#249; il est faible, tout en limitant notre utilisation d'intrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, les deux messages forts &#224; faire passer sont donc : en premier lieu, la r&#233;ussite de l'implantation de la culture pour qu'elle soit robuste ; puis le fait que le colza associ&#233; s'inscrit dans une d&#233;marche beaucoup plus globale d'&#233;volution des syst&#232;mes de culture pour qu'ils soient compl&#232;tement adapt&#233;s aux contextes pedoclimatiques et aux moyens de l'exploitation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J&#233;r&#244;me Labreuche, c&#233;r&#233;ales sous couvert permanent</title>
		<link>https://agriculture-de-conservation.com/Jerome-Labreuche-cereales-sous-couvert-permanent.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agriculture-de-conservation.com/Jerome-Labreuche-cereales-sous-couvert-permanent.html</guid>
		<dc:date>2016-06-24T08:25:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Document Camille Atlani-Bicharzon</dc:creator>


		<dc:subject>Couverts v&#233;g&#233;taux</dc:subject>
		<dc:subject>Fertilisation / D&#233;sherbage</dc:subject>
		<dc:subject>Associations culturales</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du Village Agro&#233;cologique d'Innovagri qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quels retours d'exp&#233;rience avez-vous d'agriculteurs en R&#233;gion Centre cultivant sous couverts permanents ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette pratique est encore peu r&#233;pandue dans la R&#233;gion. La plupart des agriculteurs la pratiquant sur une partie de leur exploitation sont en phase de test et d'apprentissage. Les premiers r&#233;sultats de cette phase exploratoire montrent &#224; la fois des r&#233;ussites (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/-Camille-Atlani-Bicharzon-134-.html" rel="directory"&gt;Camille Atlani-Bicharzon&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Couverts-vegetaux-+.html" rel="tag"&gt;Couverts v&#233;g&#233;taux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Fertilisation-Desherbage-+.html" rel="tag"&gt;Fertilisation / D&#233;sherbage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Associations-culturales-+.html" rel="tag"&gt;Associations culturales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_5524 spip_documents spip_documents_left media media_vignette' style='float:left;'&gt;&lt;a href='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/jpg/ble-associe.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;jpg/ble-associe.jpg&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/local/cache-vignettes/L390xH293/ble-associe-3db3c-ca93a.jpg?1741976516' width='390' height='293' alt='JPEG - 188.1 kio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du &lt;a href=&#034;http://www.innovagri.com/visiter/le-village-agroecologique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Village Agro&#233;cologique d'Innovagri&lt;/a&gt; qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels retours d'exp&#233;rience avez-vous d'agriculteurs en R&#233;gion Centre cultivant sous couverts permanents ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique est encore peu r&#233;pandue dans la R&#233;gion. La plupart des agriculteurs la pratiquant sur une partie de leur exploitation sont en phase de test et d'apprentissage. Les premiers r&#233;sultats de cette phase exploratoire montrent &#224; la fois des r&#233;ussites et des &#233;checs. Un r&#233;sultat encourageant est que, jusqu'ici, les rendements se maintiennent, malgr&#233; une diminution des apports en azote et herbicide. En revanche, nous constatons aussi quelques &#233;checs, li&#233;s notamment &#224; des couverts mal implant&#233;s ou au contraire trop d&#233;velopp&#233;s et ayant des effets concurrentiels sur les cultures. Nous notons aussi, pour l'instant, des difficult&#233;s de d&#233;sherbage puisque le couvert vivant dans la culture restreint l'usage potentiel des herbicides. Sur certains sites nous constatons aussi que les couverts perdurent difficilement au-del&#224; de un ou deux ans, apr&#232;s quoi ils deviennent h&#233;t&#233;rog&#232;nes, &#233;claircis et n'apportent donc plus les b&#233;n&#233;fices escompt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique demande beaucoup de technicit&#233;. Aujourd'hui, nous ne sommes pas encore certains que les contraintes techniques l'emportent sur les b&#233;n&#233;fices. L'un de nos stagiaires r&#233;alise actuellement des enqu&#234;tes pour &#233;clairer tous ces aspects.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels en sont donc ses b&#233;n&#233;fices suppos&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier b&#233;n&#233;fice suppos&#233; concerne la structure du sol, en particulier dans des sols de limons sableux hydromorphes. Naturellement, ces sols ne sont pas faciles &#224; conduire en travail du sol r&#233;duit ou absent, comme dans le cas du semis direct. La pr&#233;sence de racines vivantes dans le sol pourrait donc en am&#233;liorer la structure et faciliter une r&#233;duction du travail du sol ; ce qui, &#224; son tour, aurait un impact positif en termes d'autonomie des agriculteurs puisque les charges de m&#233;canisation et d'&#233;nergie en seraient r&#233;duites. Gr&#226;ce &#224; cette am&#233;lioration de la structure du sol, les couverts permanents ou plantes associ&#233;es pourraient aussi favoriser l'infiltration de l'eau en hiver et, donc, permettre d'avoir des cultures d'hiver en meilleur &#233;tat. Des observations confirment d&#233;j&#224; cela sur des colzas associ&#233;s, ou sur du bl&#233; sur couverts permanents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second b&#233;n&#233;fice suppos&#233; concerne la r&#233;duction de la fertilisation azot&#233;e puisque, bien s&#251;r, la l&#233;gumineuse en apporte naturellement dans le sol. Ce b&#233;n&#233;fice n'est cependant pas automatique et d&#233;pend de la dynamique de croissance du couvert. Nous pouvons par ailleurs esp&#233;rer concurrencer la lev&#233;e des mauvaises herbes &#8211; &#224; condition que le couvert ne devienne pas, lui-m&#234;me, concurrentiel de la culture. Sachant qu'avec cette pratique le spectre des herbicides utilisables dans les cultures est restreint, nous n'y voyons pas encore tr&#232;s clair sur les b&#233;n&#233;fices ou contraintes de la pratique vis-&#224;-vis du d&#233;sherbage. Enfin, chez les &#233;leveurs, cela peut aussi permettre de produire du fourrage en interculture et donc de gagner en autonomie sur l'alimentation des animaux et m&#234;me, pourquoi pas, d'un m&#233;thaniseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En somme, nous avons encore besoin de prendre du recul et d'acqu&#233;rir des r&#233;f&#233;rences sur le sujet pour pouvoir estimer les b&#233;n&#233;fices r&#233;els de cette pratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quels types de couverts recommandez-vous en R&#233;gion Centre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous recommandons essentiellement les l&#233;gumineuses p&#233;rennes, en faisant attention &#224; ce qu'elles soient adapt&#233;es au type de sol. Dans un terrain humide, nous &#233;viterons par exemple les luzernes pour plut&#244;t aller vers des tr&#232;fles &#8211; tr&#232;fle blanc, tr&#232;fle violet, voire m&#234;me du lotier cornicul&#233;. Dans des sols plus s&#233;chants, nous pourrons aussi utiliser du tr&#232;fle blanc ou violet, mais les plus adapt&#233;s seront la luzerne et le lotier cornicul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que recommandez-vous aux agriculteurs s'int&#233;ressant &#224; cette pratique mais qui h&#233;sitent &#224; sauter le pas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant nous ne sommes pas dans la pr&#233;conisation, mais bien dans l'observation et l'accompagnement des personnes qui, spontan&#233;ment, voudraient se lancer. Nous tentons de donner &#224; ces derniers des &#233;l&#233;ments techniques sur les effets possibles des couverts sur les cultures et sur comment les g&#233;rer &#8211; notamment, les herbicides utilisables ou les types de couverts pr&#233;sentant un int&#233;r&#234;t particulier. Nous avons par ailleurs des recommandations formalis&#233;es sur les esp&#232;ces, les densit&#233;s de semis, la gestion des couverts dans les cultures mais il m'est difficile de vous donner un itin&#233;raire technique &#171; standard &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;gion Centre cultive du tournesol et surtout du colza. Les agriculteurs peuvent profiter de ces cultures pour y installer des plantes compagnes p&#233;rennes, pouvant par la suite devenir des couverts permanents ou semi-permanents. Il est par exemple assez courant d'installer une l&#233;gumineuse en m&#234;me temps qu'un colza. L'objectif est bien d'installer le couvert sans exercer de contrainte sur le colza, pour que ce couvert puisse b&#233;n&#233;ficier au colza mais surtout au bl&#233; suivant, voire m&#234;me &#224; une troisi&#232;me culture dans la rotation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finissez-vous l'agro&#233;cologie et comment le fait de cultiver des c&#233;r&#233;ales sous couvert peut-il y participer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'agro&#233;cologie, il s'agit de mettre en avant des processus &#233;cologiques pour tenter de remplacer les intrants de synth&#232;se. Dans le cas qui nous occupe, nous pourrons faire travailler le couvert v&#233;g&#233;tal pour essayer de remplacer certains intrants. L'am&#233;lioration de la structure du sol permet en effet de r&#233;duire ou remplacer le travail du sol ; la l&#233;gumineuse fixatrice d'azote peut aussi r&#233;duire l'utilisation d'azote de synth&#232;se ; dans certains cas, le couvert peut enfin jouer un r&#244;le de perturbateur pour les bio-agresseurs au sens large &#8211; insectes, maladies ou mauvaises herbes &#8211; ce qui permettra de r&#233;duire l'utilisation de produits phytosanitaires. En th&#233;orie, donc, le couvert v&#233;g&#233;tal rend certains services pouvant remplacer un certain nombre d'intrants. Cependant, la th&#233;orie peut &#234;tre compliqu&#233;e &#224; mettre en &#339;uvre. L'id&#233;e n'est pas forc&#233;ment de remplacer totalement les intrants de synth&#232;se, car de toute fa&#231;on nous ne savons pas le faire aujourd'hui avec des couverts permanents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous animerez &#224; Innov-Agri un atelier et une conf&#233;rence sur la culture de c&#233;r&#233;ales sous couvert permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pourrons-nous y apprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite partager les r&#233;sultats de nos &#233;tudes sur les couverts permanents. Je parlerai notamment de comment installer ses couverts permanents, comment les g&#233;rer l'ann&#233;e qui suit, comment g&#233;rer la conduite du bl&#233; pour tuer &#8211; ou garder vivant &#8211; le couvert. J'aborderai aussi l'impact de ces couverts sur la culture de bl&#233;, mais aussi sur la rotation. Au moment d'Innov-Agri, nous aurons quatre ann&#233;es de recul sur ces exp&#233;rimentations ce qui nous permettra de dresser un premier bilan de nos exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de nos essais, les enqu&#234;tes que nous r&#233;alisons en ce moment impliquent des &#233;valuations multicrit&#232;res. Nous esp&#233;rons ainsi pouvoir mesurer, de la mani&#232;re la plus globale possible, les contraintes g&#233;n&#233;r&#233;es par les couverts v&#233;g&#233;taux, les b&#233;n&#233;fices qu'ils apportent, ainsi que la conduite n&#233;cessaire pour obtenir les meilleurs r&#233;sultats avec un minimum de contraintes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Matthieu Archambeaud : l'agro&#233;cologie &#224; Innovagri</title>
		<link>https://agriculture-de-conservation.com/Matthieu-Archambeaud-l-agroecologie-a-Innovagri.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agriculture-de-conservation.com/Matthieu-Archambeaud-l-agroecologie-a-Innovagri.html</guid>
		<dc:date>2016-06-13T11:40:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Document Camille Atlani-Bicharzon</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie, Biodiversit&#233;, Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Grands enjeux / Economie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du Village Agro&#233;cologique d'Innovagri qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016. &lt;br class='autobr' /&gt; De plus en plus d'agriculteurs se tournent vers l'agriculture de conservation pour r&#233;duire leurs frais et gagner en autonomie. En quoi ce type d'agriculture permet-il justement de r&#233;pondre &#224; des probl&#233;matiques rencontr&#233;es aujourd'hui par les agriculteurs ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'agriculture de conservation, qui est fond&#233;e sur la fertilit&#233; du sol, permet effectivement de retrouver (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/-Camille-Atlani-Bicharzon-134-.html" rel="directory"&gt;Camille Atlani-Bicharzon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Ecologie-Biodiversite-+.html" rel="tag"&gt;Ecologie, Biodiversit&#233;, Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Grands-enjeux-Changement-global-+.html" rel="tag"&gt;Grands enjeux / Economie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du &lt;a href=&#034;http://www.innovagri.com/visiter/le-village-agroecologique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Village Agro&#233;cologique d'Innovagri&lt;/a&gt; qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_5485 spip_documents spip_documents_left media media_vignette' style='float:left;'&gt;&lt;a href='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/jpg/20150909_141130.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;Innovagri grand sud ouest 2015&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/local/cache-vignettes/L390xH219/20150909_141130-adcd6-e0cda.jpg?1741976516' width='390' height='219' alt='Innovagri grand sud ouest 2015' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;De plus en plus d'agriculteurs se tournent vers l'agriculture de conservation pour r&#233;duire leurs frais et gagner en autonomie. En quoi ce type d'agriculture permet-il justement de r&#233;pondre &#224; des probl&#233;matiques rencontr&#233;es aujourd'hui par les agriculteurs ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agriculture de conservation, qui est fond&#233;e sur la fertilit&#233; du sol, permet effectivement de retrouver un peu d'autonomie et d'&#234;tre beaucoup moins fragile &#233;conomiquement. En effet, qu'il s'agisse de techniques culturales simplifi&#233;es (TCS) o&#249; seule la surface est travaill&#233;e, ou de semis direct o&#249; les sols ne sont pas du tout travaill&#233;s, l'agriculture de conservation permet de r&#233;duire fortement les co&#251;ts &#224; diff&#233;rents niveaux. Les co&#251;ts de m&#233;canisation tout d'abord, qui repr&#233;sentent aujourd'hui un quart &#224; un tiers des charges de production, pourront &#234;tre r&#233;duits de 25% &#224; 50% via la r&#233;duction de la puissance de traction n&#233;cessaire par hectare et donc, aussi, de la consommation de carburant. En second lieu, la r&#233;duction du travail du sol permet de r&#233;duire le temps et la charge de travail ce qui, dans un contexte de difficult&#233;s &#233;conomiques, devient tr&#232;s int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, nous assistons aujourd'hui &#224; une prise de conscience mondiale de la mise en danger de notre plan&#232;te. Les questions qui se posent autour de l'agriculture sont notamment li&#233;es au changement climatique, &#224; l'impact des pesticides sur l'environnement, &#224; la qualit&#233; de l'eau, de l'air, des sols, de la biodiversit&#233;... L'agriculture de conservation, par son travail sur le sol et sa fertilit&#233;, permet non seulement de gagner en autonomie, mais aussi de r&#233;pondre &#224; cette pr&#233;occupation de la soci&#233;t&#233; : avec un sol qui fonctionne, il est possible de produire mieux, des produits de meilleure qualit&#233;, en polluant moins et donc en pr&#233;servant l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, justement, d&#233;velopper cette fertilit&#233; ? Le sol doit retrouver une organisation et un fonctionnement naturels, ce qui passe par la r&#233;duction &#8211; voire la suppression &#8211; du travail du sol, ainsi que par le d&#233;veloppement de l'activit&#233; biologique. Cette derni&#232;re sera pr&#233;serv&#233;e et nourrie gr&#226;ce &#224; une couverture des sols d'une part, et par l'apport de mati&#232;re organique, produite sur place ou rapport&#233;e sous forme de fumier ou de compost, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Que recommandez-vous aux agriculteurs s'int&#233;ressant &#224; ce type d'agriculture mais qui h&#233;sitent &#224; &#171; sauter le pas &#187; ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes les raisons que nous venons de mentionner &#8211; r&#233;duction de la m&#233;canisation, des intrants et de la main d'&#339;uvre, am&#233;lioration de la s&#233;curit&#233; &#233;conomique de l'exploitation et pr&#233;servation de l'environnement &#8211; c'est un type d'agriculture qui est assez s&#233;duisant. Cependant, sa mise en &#339;uvre est assez pointue techniquement et il est n&#233;cessaire de passer par une phase d'apprentissage des syst&#232;mes et d'accompagnement de son sol, afin que l'agriculteur, les sols et le syst&#232;me co-&#233;voluent vers ces nouvelles pratiques. Contrairement &#224; ce que l'on pourrait penser, il ne faut pas forc&#233;ment commencer par une r&#233;duction du travail du sol mais plut&#244;t, dans un premier temps, par l'observation et la restructuration des sols ainsi que par le d&#233;veloppement de l'activit&#233; biologique. Comment ? Gr&#226;ce &#224; la couverture continue des sols, que ce soit par des cultures ou des couverts. La premi&#232;re &#233;tape, d'apr&#232;s moi, pour se lancer en agriculture de conservation est donc la ma&#238;trise de cette couverture continue. On pourra par exemple commencer par des couverts v&#233;g&#233;taux, d'hiver ou d'&#233;t&#233; ; passer ensuite sur des plantes compagnes, comme le colza associ&#233; ; puis aller jusqu'&#224; une couverture permanente, comme des c&#233;r&#233;ales sous luzerne ou tr&#232;fle par exemple, tels que seront pr&#233;sent&#233;s au Village Agro-&#233;cologique. C'est un processus graduel : plus la ma&#238;trise de la couverture progresse, plus il est possible de complexifier son syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Les couverts d'inter-culture sont d&#233;sormais une obligation r&#233;glementaire. Est-il possible d'en maximiser les b&#233;n&#233;fices ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement les couverts d'inter-culture sont d&#233;sormais obligatoires dans toute l'Union Europ&#233;enne, initialement pour r&#233;pondre &#224; un probl&#232;me de pollution des eaux par les nitrates. Ces couverts peuvent aussi jouer un r&#244;le de protection des sols contre la battance et l'&#233;rosion en hiver. Le probl&#232;me, c'est que cela a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme une contrainte environnementale alors que cela peut &#234;tre un outil important pour les agriculteurs. Pour en maximiser les b&#233;n&#233;fices, il faut que chaque couvert soit un bon pr&#233;c&#233;dent pour la culture suivante. Par exemple un couvert fort en l&#233;gumineuses &#8211; qui sont des plantes ayant la facult&#233; de fixer l'azote de l'air dans le sol &#8211; aura une valeur fertilisante pour la culture suivante. Ce sont des plantes qui de plus sont assez faciles &#224; d&#233;truire, notamment m&#233;caniquement, et qui ne posent pas de probl&#232;mes de fibrosit&#233; ni d'encombrement des outils. En second lieu, il faut savoir que plus les couverts sont sem&#233;s tard, plus il y a un risque qu'ils soient peu d&#233;velopp&#233;s, r&#233;sistants &#224; l'hiver et difficiles &#224; d&#233;truire au printemps. Il est donc essentiel de les semer tr&#232;s t&#244;t en &#233;t&#233;, car c'est durant cette p&#233;riode s&#232;che que les techniques de conservation des sols &#8211; semis direct et TCS &#8211; seront les plus int&#233;ressantes pour l'implantation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Comment d&#233;finissez-vous l'agro&#233;cologie ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, il s'agit de syst&#232;mes agricoles copiant les processus naturels afin d'en tirer une production maximale pour un co&#251;t minimal. Je parle bien s&#251;r du co&#251;t &#233;conomique, mais aussi en termes d'impacts sur l'environnement et la sant&#233;. Certains processus &#233;cologiques tr&#232;s efficaces et nous pouvons gagner beaucoup &#224; les copier. L'agro-&#233;cologie n'impose pas de solutions cl&#233;s en main, elle est fond&#233;e sur des principes et non des recettes. Chacun doit s'approprier ces principes afin de trouver ses propres solutions, adapt&#233;es &#224; son terroir ainsi qu'&#224; lui-m&#234;me. Cela passe par une observation et une compr&#233;hension de son &#233;cosyst&#232;me, mais aussi par la mise en r&#233;seau des individus et des id&#233;es. La diffusion de ces id&#233;es est tr&#232;s li&#233;e &#224; l'&#232;re internet, avant laquelle l'information ne passait que par les canaux officiels. L'arriv&#233;e d'internet a permis aux agriculteurs de non seulement avoir acc&#232;s &#224; l'information, mais aussi de devenir eux-m&#234;mes producteurs et diffuseurs d'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Vous lancez d&#233;but 2017 un MOOC&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Massive Open Online Course &#187; ou formations en ligne&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur l'agriculture de conservation et l'agroforesterie en partenariat avec Agroof. Quel en est l'objectif et que pourrons-nous y apprendre ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous lan&#231;ons effectivement avec Agroof un MOOC &#8211; ou plut&#244;t un prototype d'universit&#233; virtuelle &#8211; sur l'agro-&#233;cologie. Baptis&#233; &#171; &lt;a href=&#034;http://www.agriculture-eformation.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;i-cosyst&#232;me&lt;/a&gt; &#187; (pour &#233;cosyst&#232;me de l'information, &#233;cosyst&#232;me intelligent), il pr&#233;sentera des syst&#232;mes de culture innovants avec, dans un premier temps, deux formations : l'une sur l'agriculture de conservation et l'autre sur l'agroforesterie. L'id&#233;e de cr&#233;er cette formation en ligne est partie du constat qu'il y a assez peu de sp&#233;cialistes en France de ces syst&#232;mes, alors que ce sont des th&#233;matiques qui sont en train d'exploser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes satur&#233;s tant la demande est forte : chaque ann&#233;e nous parvenons &#224; toucher, bon an mal an, un millier d'agriculteurs fran&#231;ais, quand de nombreux autres commencent &#224; s'y int&#233;resser. Ne pouvant pas nous d&#233;multiplier, nous avons pens&#233; que le MOOC serait un bon support pour diffuser plus largement cette information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avantage que pr&#233;sente par ailleurs un tel support est qu'il sera possible d'apprendre &#224; son propre rythme, avec des s&#233;ries de courtes vid&#233;os, des quizz et des documents. L'objectif est que ce soit un outil interactif pour d&#233;couvrir l'agriculture de conservation, l'agroforesterie et tous les sujets auxquels ils touchent : le sol, son fonctionnement, sa gestion, les couverts v&#233;g&#233;taux, le semis direct, etc. En plus de cette dimension th&#233;orique, chaque formation sera accompagn&#233;e de &#171; pr&#233;sentiel &#187;, c'est-&#224;-dire des journ&#233;es de terrain pour aborder la pratique au travers de visites d'exploitations et de tours de plaine aux champs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Au sein du Village Agro-&#233;cologique d'Innov-Agri, vous animerez un atelier sur les couverts v&#233;g&#233;taux, un caf&#233; d&#233;bat sur l'agriculture de conservation ainsi qu'une conf&#233;rence sur le sol. Que souhaitez-vous y partager ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ateliers sur les couverts v&#233;g&#233;taux seront l'occasion d'aborder ce sujet de mani&#232;re tr&#232;s pratique et concr&#232;te gr&#226;ce, notamment, &#224; des plateformes de couverts v&#233;g&#233;taux dans lesquelles nous pourrons observer les profils de sol. La conf&#233;rence sur le sol sera une opportunit&#233; pour &#233;changer, pendant une heure, autour de ce que sont un sol et sa fertilit&#233;, ainsi que sur leurs implications en agriculture. Enfin, le caf&#233;-d&#233;bat sur l'agriculture de conservation permettra de faire intervenir des t&#233;moins qui partageront leur exp&#233;rience et avec qui il sera possible de discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de mes interventions, nous avons r&#233;ellement souhait&#233; avoir une approche pratique plut&#244;t que th&#233;orique pour ce Village Agro-&#233;cologique. Le p&#244;le animation du village permettra de voir des exemples tr&#232;s concrets de &lt;strong&gt;couverts v&#233;g&#233;taux&lt;/strong&gt;, d'&lt;strong&gt;agroforesterie&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;semis &lt;/strong&gt; ou encore d'&lt;strong&gt;associations de cultures&lt;/strong&gt;, pr&#233;sent&#233;s par les meilleurs sp&#233;cialistes fran&#231;ais de ces domaines. Le format favorisera l'&#233;change avec ces sp&#233;cialistes qui pourront r&#233;pondre &#224; toutes vos questions. Les caf&#233;s-d&#233;bats, eux, mettront l'accent sur le retour d'exp&#233;rience en faisant intervenir des praticiens de longue date de ces types de syst&#232;mes. Enfin, les conf&#233;rences seront un moment privil&#233;gi&#233; pour approfondir certains sujets en lien avec l'agro-&#233;cologie gr&#226;ce aux interventions de nos experts. Parmi ces experts, nous pourrons retrouver &lt;strong&gt;Fabien Liagre&lt;/strong&gt;, d'Agroof, sp&#233;cialiste de l'agroforesterie ; J&lt;strong&gt;&#233;r&#244;me Labreuche&lt;/strong&gt;, d'Arvalis, qui parlera de bl&#233;s sem&#233;s sous couvert permanent de luzerne ou de tr&#232;fle ; &lt;strong&gt;Gilles Sauzet&lt;/strong&gt;, de Terres Inovia, qui nous parlera de colza associ&#233; et peut-&#234;tre de soja ; &lt;strong&gt;Joseph Pousset&lt;/strong&gt;, sp&#233;cialiste que l'on ne pr&#233;sente plus de l'agriculture biologique et de l'agro-&#233;cologie qui, lui, parlera des principes de bases de l'agriculture naturelle ; &lt;strong&gt;C&#233;cile Waligora&lt;/strong&gt; qui nous parlera de gestion de la faune auxiliaire, notamment face aux probl&#232;mes de ravageurs comme les campagnols que l'on retrouve un peu partout en France ; enfin, &lt;strong&gt;Pierre Anfray&lt;/strong&gt;, entomologiste sp&#233;cialiste du sol, nous pr&#233;sentera avec des loupes binoculaires la faune &#171; invisible &#187; &#8211; celle qui, contrairement aux vers de terres et aux gros insectes, est trop petite pour &#234;tre visible &#224; l'&#339;il nu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le Village Agro-&#233;cologique proposera un p&#244;le machinisme qui pr&#233;sentera du mat&#233;riel sp&#233;cialis&#233; &#8211; de semis direct, de strip-till, de binage &#8211; car ce sont des outils assez techniques dans leur mise en &#339;uvre. L'entreprise RAGT, notamment, sera l&#224; avec toute sa gamme. Nous proposerons aussi des parcours, anim&#233;s par Fran&#231;oise N&#233;ron et Jean-Paul Daouze, pour d&#233;couvrir les divers outils pouvant servir en agro-&#233;cologie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Massive Open Online Course &#187; ou formations en ligne&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Interview de Herv&#233; Pillaud, Agronumericus</title>
		<link>https://agriculture-de-conservation.com/Interview-de-Herve-Pillaud-Agronumericus.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://agriculture-de-conservation.com/Interview-de-Herve-Pillaud-Agronumericus.html</guid>
		<dc:date>2016-06-06T16:58:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Document Camille Atlani-Bicharzon</dc:creator>


		<dc:subject>Grands enjeux / Economie</dc:subject>
		<dc:subject>Holistique/Syst&#232;me</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du Village Agro&#233;cologique d'Innovagri qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Herv&#233; Herv&#233; Pillaud, vous avez publi&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re un livre qui a connu un grand succ&#232;s : Agronumericus, l'internet est dans le pr&#233;. Pouvez-vous nous parler de ce livre et de son objectif ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre &#233;tait une commande des &#201;ditions France Agricole qui souhaitaient publier un ouvrage sur le r&#244;le de num&#233;rique en agriculture. Au fil de mes recherches, j'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;figure class='spip_document_5482 spip_documents spip_documents_left media media_image media_image_jpg' style='float:left;'&gt;&lt;img src='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/local/cache-vignettes/L390xH390/agronumericus_1-9c8b0-6ddd6.jpg?1741976516' width='390' height='390' alt='JPEG - 84.3 kio' /&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans le cadre du &lt;a href=&#034;http://www.innovagri.com/visiter/le-village-agroecologique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Village Agro&#233;cologique d'Innovagri&lt;/a&gt; qui se tiendra les 6, 7 et 8 septembre 2016.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Herv&#233; Herv&#233; Pillaud, vous avez publi&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re un livre qui a connu un grand succ&#232;s : Agronumericus, l'internet est dans le pr&#233;. Pouvez-vous nous parler de ce livre et de son objectif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre &#233;tait une commande des &#201;ditions France Agricole qui souhaitaient publier un ouvrage sur le r&#244;le de num&#233;rique en agriculture. Au fil de mes recherches, j'ai r&#233;alis&#233; que l'angle le plus int&#233;ressant pour aborder ce sujet &#233;tait de montrer les changements anthropologiques li&#233;s au num&#233;rique, &#224; la fois dans la vie globale et dans la vie de l'agriculteur. L'ouvrage porte donc moins sur la technologie que sur les changements de soci&#233;t&#233; li&#233;s &#224; elle, car il existe r&#233;ellement un &#171; avant &#187; et un &#171; apr&#232;s &#187; l'&#232;re num&#233;rique. Il est essentiel que nous adoptions et domptions le num&#233;rique. &#202;tre r&#233;ticent et m&#233;fiant &#224; son &#233;gard revient &#224; &#234;tre d&#233;pendant de la machine, tandis que se l'approprier dans son int&#233;gralit&#233; permet de la dominer. Ceci est crucial car ce n'est qu'ainsi que nous pourrons saisir toutes les opportunit&#233;s du num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre contient cinq parties. Dans la premi&#232;re j'identifie les divers besoins de la soci&#233;t&#233; et des agriculteurs. Il me semblait naturel de commencer l'ouvrage ainsi car toute innovation doit correspondre &#224; un besoin, sinon ce n'est qu'un gadget. Dans la seconde partie, je traite de l'aspect mat&#233;riel du num&#233;rique et de ses outils, ainsi que des changements fondamentaux qui se sont op&#233;r&#233;s dans notre mani&#232;re de communiquer. Internet, notamment, nous fait passer d'une communication descendante &#8211; de celui qui sait vers celui qui veut apprendre &#8211; au peer-2-peer o&#249; chacun peut partager des connaissances. Je parle ensuite du Big Data qui modifie la mani&#232;re dont on stocke et traite l'information. C'est dans ce traitement qu'est son plus grand apport, car il permet de r&#233;v&#233;ler des choses nouvelles, de pr&#233;dire avec plus de pr&#233;cision, mais aussi de faire r&#233;agir plus vite. Enfin, j'aborde le lien entre les NBIC (nanotechnologies), la biotech et les sciences de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette partie tr&#232;s technique sur les changements de soci&#233;t&#233; li&#233;s au num&#233;rique, je parle de mani&#232;re plus sp&#233;cifique de ses impacts sur les agriculteurs dans la troisi&#232;me partie. La quatri&#232;me partie traite du r&#244;le du num&#233;rique dans l'&#233;mergence de nouveaux types d'agriculture. Notamment, du fait que l'agriculture passera d'une utilisation intensive d'intrants &#224; une utilisation intensive de connaissances. Enfin, la cinqui&#232;me partie de l'ouvrage propose quelques recommandations pour que ce passage se fasse en douceur. Le num&#233;rique impliquera forc&#233;ment une rupture, mais il est possible qu'elle ne soit pas trop violente si nous l'&#233;pousons plut&#244;t que la rejetons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finissez-vous l'agro&#233;cologie et comment le num&#233;rique peut-il y contribuer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agro-&#233;cologie consiste selon moi en trois &#233;l&#233;ments essentiels : l'arr&#234;t du gaspillage, car il n'y a pas de d&#233;chets dans la nature o&#249; tout se recycle ; la mont&#233;e en puissance du renouvelable &#224; tous les niveaux ; et, comme je le disais, l'utilisation intensive de connaissances. L'agro-&#233;cologie est fond&#233;e sur la connaissance et elle ne peut donc selon moi se concevoir sans le num&#233;rique qui permet d'agr&#233;ger, de traiter et de mettre en &#339;uvre cette connaissance comme jamais auparavant. Le potentiel est &#233;norme : nous pourrons demain inventer des services de partage en open-source de pratiques agro-&#233;cologiques, des formations en ligne pour accompagner la transition, la constitution d'une communaut&#233; de pratique d&#233;passant m&#234;me nos fronti&#232;res... Le num&#233;rique, en lui-m&#234;me, n'est pas un enjeu. L'agro-&#233;cologie, elle, en est un et nous devons utiliser le num&#233;rique pour la soutenir. En revanche, il ne s'agit pas de mettre le num&#233;rique en couche suppl&#233;mentaire sur le changement ; non, il s'agit vraiment de changer d'&#233;chelle et d'utiliser le num&#233;rique pour le mettre en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons donc aborder cette probl&#233;matique de mani&#232;re compl&#232;tement nouvelle, car le num&#233;rique permet de passer d'une agriculture de cahier des charges &#224; une agriculture d'objectifs et de r&#233;sultats. Aujourd'hui, nous mettons en place des proc&#233;dures lourdes dans l'espoir d'atteindre des objectifs, sans prendre en compte le fait que la nature &#233;volue en permanence. Cela m&#232;ne &#224; de l'inertie, qui n'est pas un r&#233;sultat satisfaisant au vue des objectifs. Gr&#226;ce au num&#233;rique, nous pouvons travailler directement sur ces objectifs, de par la r&#233;activit&#233; et l'agilit&#233; qu'il nous offre. Par ailleurs, les donn&#233;es auxquelles il nous donne acc&#232;s nous permettent d'avoir une vision globale de la situation &#8211; et, donc, d'avoir une agriculture en ad&#233;quation avec son territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels seront demain les grands enjeux li&#233;s au num&#233;rique dans le monde agricole ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point important est celui du financement qui commence &#224; &#234;tre consid&#233;rablement revu. D'abord parce que demain nous ach&#232;terons l'usage des outils et non plus leur acquisition. Ensuite parce que nous voyons &#233;merger de plus en plus de consomm'acteurs : des personnes souhaitant s'impliquer dans leur consommation et qui sont pr&#234;tes &#224; financer des services ou produits r&#233;pondant &#224; leurs attentes (par le biais, par exemple, du crowdfunding).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde question essentielle pour l'avenir est celle de l'autonomie des agriculteurs et l&#224;, il y aura bagarre ! Celui qui saura le mieux s'approprier l'outil num&#233;rique aura la main sur la valeur ajout&#233;e du march&#233; &#8211; et je pr&#233;f&#232;rerais autant que ce soit les agriculteurs. Pour cela, ils doivent s'approprier les outils num&#233;riques, mais aussi reprendre la main sur la communication. Il existe aujourd'hui une tr&#232;s forte demande du consommateur pour un contact avec les producteurs et je pense que nous l'abordons de la mauvaise fa&#231;on. En effet, 85% des fran&#231;ais sont bienveillants envers les agriculteurs et nous les ignorons pour justifier nos pratiques aupr&#232;s des 15% qui nous critiquent. Ainsi, chacun campe sur ses positions : les premiers viennent avec leurs questions, les seconds avec leurs r&#233;ponses, sauf que ce ne sont pas les r&#233;ponses aux m&#234;mes questions ! Il est essentiel que nous &#233;coutions, que nous comprenions, puis enfin seulement que nous r&#233;pondions &#224; ces 85% de la population. Ce sont eux qui, au cours des cinquante derni&#232;res ann&#233;es, ont perdu le lien privil&#233;gi&#233; qu'ils avaient avec un producteur. Les r&#233;seaux sociaux peuvent nous aider &#224; recr&#233;er du lien en passant d'une attitude de r&#233;action &#224; l'institution d'un vrai &#233;change avec les consommateurs. Ce n'est qu'en utilisant ces r&#233;seaux virtuels que nous pourrons faire de ce lien une r&#233;alit&#233; dans la vraie vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pr&#233;sidez le salon Tech'Elevage qui a lieu tous les ans &#224; La Roche-sur-Yon. Comment est venue l'id&#233;e de cr&#233;er cet &#233;v&#233;nement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le salon Tech'Elevage a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 2013 dans l'optique de d&#233;mystifier l'outil num&#233;rique et de pr&#233;senter les apports possibles des nouvelles technologies dans l'&#233;levage. Un an apr&#232;s son lancement, nous avons souhait&#233; l'ouvrir au reste de la population et faire entrer de nouvelles comp&#233;tences dans ce domaine. C'est ainsi que nous avons cr&#233;&#233; le concours Agreen'Startup, qui r&#233;compense chaque ann&#233;e des projets r&#233;pondant &#224; un besoin ou probl&#232;me dans le domaine de l'agriculture et de l'innovation. Gr&#226;ce &#224; ce concours, nous voyons &#233;merger une multitude de nouveaux projets autour de concepts que nous avons cr&#233;&#233;s et dans lesquels nous sommes totalement int&#233;gr&#233;s. Parmi les beaux projets qui ont commenc&#233; chez nous, il y a Equilibre, BiAgri, Agriversity, Monpotager.com... Cette initiative donne donc vie &#224; de nouveaux projets par un mode compl&#232;tement design. Nous entrons ici v&#233;ritablement dans la nouvelle &#233;conomie, dans laquelle sont cr&#233;&#233;s des outils correspondant &#224; un besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Innov-Agri, vous animerez une conf&#233;rence sur les nouvelles technologies de l'information, ainsi qu'un caf&#233;-d&#233;bat sur l'&#233;levage 2.0. Que souhaitez vous y pr&#233;senter et que pourrons-nous y apprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon objectif principal sera de d&#233;mystifier l'outil, car il est indispensable de dompter la machine pour ne pas en &#234;tre esclave. N'y allons pas &#224; reculons, acceptons de changer notre comportement pour tirer tous les b&#233;n&#233;fices du num&#233;rique. Prenons l'exemple des &#233;volutions dans la gestion du temps : avant, le temps d'un agriculteur &#233;tait li&#233; aux saisons et &#224; la journ&#233;e, nous pouvions nous arr&#234;ter de travailler un jour entier si le temps ne le permettait pas. Aujourd'hui, l'humain a s&#233;quenc&#233; son temps par rapport &#224; la machine : il n' y a rien de naturel &#224; travailler &#224; l'usine de 8h du matin &#224; 5h du soir et l'emploi, ainsi fait, devient un asservissement de l'homme. Gr&#226;ce au num&#233;rique, nous pouvons nous affranchir de cette conception du travail pour passer d'une vie s&#233;quenc&#233;e &#224; une vie globalis&#233;e. L'agriculture est certainement la derni&#232;re cat&#233;gorie socio-professionnelle &#224; avoir perdu cette approche transversale du temps. Pour la retrouver, nous devons entrer compl&#232;tement dans le num&#233;rique et changer nos modes de fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second &#233;l&#233;ment que je tiens &#224; faire passer &#224; Innov-Agri est que le num&#233;rique n'est pas un objectif, mais un moyen pour r&#233;pondre &#224; des objectifs. Si l'outil num&#233;rique ne facilite rien, nous n'avons aucun int&#233;r&#234;t &#224; l'utiliser. Tout comme le tracteur a n&#233;cessit&#233; que nous changions notre mani&#232;re de travailler pour qu'il nous permette d'aller plus vite, nous allons devoir nous adapter au num&#233;rique pour qu'il devienne un facilitateur. Je suis convaincu que lorsque l'on appr&#233;hende le num&#233;rique ainsi, une notion de plaisir revient dans le travail. En revanche, si nous essayons simplement de calquer l'outil sur nos pratiques actuelles, nous en devenons esclave. L'outil sert donc &#224; r&#233;pondre &#224; des objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un nouveau moyen de faire soci&#233;t&#233; commune, car le num&#233;rique va changer de mani&#232;re fondamentale le fonctionnement de la vie de la cit&#233;. Les codes qui r&#233;gissent la vie de la cit&#233; &#8211; donc la politique au sens noble du terme &#8211; sont bouscul&#233;s par les nouvelles technologies. Encore une fois, le fait d'int&#233;grer les nouveaux outils sans revoir ces codes cr&#233;&#233; une malaise dans la soci&#233;t&#233;. Il faut prendre toute la dimension du num&#233;rique pour pouvoir aborder la vie de la cit&#233; d'une mani&#232;re totalement nouvelle. Pour donner un exemple non agricole : lors des attentats du 13 novembre, des personnes ont spontan&#233;ment donn&#233; leurs adresses sur Facebook afin que les gens dans la rue puissent venir se r&#233;fugier chez eux. Une telle chose &#233;tait inconcevable avant sur les r&#233;seaux sociaux et, pourtant, cela s'est fait tout naturellement. Si nous pouvons ainsi nous approprier l'outil pour innover dans une telle situation, nous pouvons aussi le faire ailleurs. La v&#233;ritable d&#233;mocratie participative, ce n'est pas celle que nous voulons orchestrer, mais celle qui vient naturellement, permise par les r&#233;seaux sociaux et le num&#233;rique. Ceci est vrai aussi dans les &#233;changes agricoles car tout est devenu transparent : nous devons l'int&#233;grer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aller plus loin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.lagalerieverte.com/agronumericus.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agronumericus, l'Internet est dans le Pr&#233;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.techelevage.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Salon Tech'Elevage&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.agronumericus.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.agronumericus.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sarah Singla : &#171; La seule chose constante dans tout ce que nous faisons, c'est le changement &#187;</title>
		<link>https://agriculture-de-conservation.com/Sarah-Singla-La-seule-chose-constante-dans-tout-ce-que-nous-faisons-c-est-le.html</link>
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		<dc:date>2015-07-15T10:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Document Camille Atlani-Bicharzon</dc:creator>


		<dc:subject>Grands enjeux / Economie</dc:subject>
		<dc:subject>Holistique/Syst&#232;me</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Agricultrice en Aveyron, membre du r&#233;seau Nuffield France et co-fondatrice de l'association Cl&#233; de Sol, Sarah Singla s'int&#233;resse depuis de nombreuses ann&#233;es &#224; la fertilit&#233; des sols et au semis direct sous couvert v&#233;g&#233;tal. Passionn&#233;e et dynamique, elle &#339;uvre pour replacer la dimension humaine de l'agriculture au c&#339;ur de son m&#233;tier. Derni&#232;re interview de notre s&#233;rie sur les ateliers agro&#233;cologiques d'Innovagri-Toulouse, elle y parlera d'innovation en agriculture. &lt;br class='autobr' /&gt;
Camille Atlani : Sarah (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Holistique-58-+.html" rel="tag"&gt;Holistique/Syst&#232;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_5412 spip_documents spip_documents_left media media_vignette' style='float:left;'&gt;&lt;a href='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/jpg/singla.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;jpg/singla.jpg&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/local/cache-vignettes/L379xH400/singla-c2ada-4b2ce.jpg?1741976516' width='379' height='400' alt='JPEG - 88.7 kio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Agricultrice en Aveyron, membre du r&#233;seau Nuffield France et co-fondatrice de l'association Cl&#233; de Sol, Sarah Singla s'int&#233;resse depuis de nombreuses ann&#233;es &#224; la fertilit&#233; des sols et au semis direct sous couvert v&#233;g&#233;tal. Passionn&#233;e et dynamique, elle &#339;uvre pour replacer la dimension humaine de l'agriculture au c&#339;ur de son m&#233;tier. Derni&#232;re interview de notre s&#233;rie sur les ateliers agro&#233;cologiques d'Innovagri-Toulouse, elle y parlera d'innovation en agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille Atlani&lt;/strong&gt; : Sarah Singla, vous allez nous parler d'innovation &#224; Innovagri-Toulouse. Comment d&#233;finissez-vous cette innovation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sarah Singla&lt;/strong&gt; : L'innovation peut &#234;tre vue sous diff&#233;rentes formes, g&#233;n&#233;ralement il s'agit de quelque chose de nouveau, qui est souvent en rupture avec ce que l'on faisait jusqu'alors. Mais il ne faut pas avoir peur de l'innovation c'est un moyen de progresser et n'oublions pas non plus que la seule chose qui soit constante dans tout ce que nous faisons, c'est le changement. En fait, on trouve des moyens nouveaux pour r&#233;pondre &#224; de m&#234;mes besoins. Par exemple, avant nous t&#233;l&#233;phonions avec des t&#233;l&#233;phones fixes et d&#233;sormais nous utilisons des t&#233;l&#233;phones portables &#8211; nous continuons de t&#233;l&#233;phoner mais nous le faisons diff&#233;remment. L'innovation c'est un peu cela : si vous prenez l'exemple du semis direct sous couvert v&#233;g&#233;tal, la rupture vient du fait qu'il y a abandon du travail du sol par des outils m&#233;talliques mais on continue de faire pousser des cultures. Quand on parle d'innovation, c'est g&#233;n&#233;ralement positif car on progresse et il n'y a progr&#232;s et innovation que lorsque l'on am&#233;liore quelque chose dans le syst&#232;me, que ce soit d'un point de vue &#233;conomique, environnemental ou social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.A.&lt;/strong&gt; : Dans une &lt;a href='https://agriculture-de-conservation.com/mdia1408'&gt;vid&#233;o de Fondapol de 2013&lt;/a&gt;, vous disiez que &#171; l'&#233;rosion des sols c'est l'&#233;rosion des civilisations &#187;. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.S.&lt;/strong&gt; : Cette citation est tir&#233;e d'un livre de l'am&#233;ricain David Montgomery, DIRT, qui montre qu'aucune civilisation agraire n'a dur&#233; plus de 500 ans ; et qu'&#224; chaque fois qu'une civilisation oublie son sol, elle finit par dispara&#238;tre. Le sol est le fondement de tout &#8211; sans sol, il n'y a pas d'agriculture et sans agriculture, il n'y a pas de civilisation. C'est en commen&#231;ant par la fertilit&#233; du sol que nous pourrons cr&#233;er des syst&#232;mes productifs, durables, garantissant aux g&#233;n&#233;rations futures de continuer &#224; produire et &#224; se nourrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.A.&lt;/strong&gt; : Vous avez cr&#233;&#233; l'&lt;a href=&#034;http://www.cle2sol.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;association Cl&#233; de Sol&lt;/a&gt; en 2012. Quel est son objectif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.S.&lt;/strong&gt; : Cl&#233; de sol est une association qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e dans l'objectif de vulgariser et de r&#233;pondre aux questions que des agriculteurs aveyronnais se posaient sur la technique du semis direct sous couvert v&#233;g&#233;tal. Cette technique n'est pas un objectif en soi, mais c'est un moyen pour am&#233;liorer nos fa&#231;ons de produire afin d'avoir une agriculture plus performante. Lorsque nous faisons des journ&#233;es coin de champ, nous cherchons &#224; vulgariser la technique et sa mise en application au sein d'un syst&#232;me en tenant compte des sp&#233;cificit&#233;s de chaque exploitation. Lorsque nous avons cr&#233;&#233; Cl&#233; de Sol, nous souhaitions mettre en avant ces &#171; autres &#187; fa&#231;ons de cultiver et montrer que cela &#233;tait possible en Aveyron. Nous voulions r&#233;ellement donner la chance aux agriculteurs d'ici &#8211; qui n'ont pas toujours la possibilit&#233; de s'absenter &#224; cause de l'&#233;levage &#8211; de pouvoir b&#233;n&#233;ficier de conf&#233;rences et d'interventions de personnes ext&#233;rieures ainsi que des visites de coins de champs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlons de Cl&#233; de Sol qui est bas&#233; en Aveyron, mais d'autres associations existent au niveau national, telles que l'APAD ou BASE qui dynamisent d'autres d&#233;partements en permettant &#224; d'autres agriculteurs de se f&#233;d&#233;rer et d'&#233;changer autour de ces pratiques et en diffusant encore plus largement le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.A.&lt;/strong&gt; : Vous avez b&#233;n&#233;fici&#233; d'une bourse Nuffield en 2011. Pouvez-vous nous pr&#233;senter cette initiative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.S.&lt;/strong&gt; : La bourse Nuffield est une &lt;a href=&#034;http://www.nuffieldfrance.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bourse de 20 000&#8364;&lt;/a&gt; qui destin&#233;e &#224; des personnes travaillant dans le monde agricole. Elle permet aux boursiers d'approfondir un sujet de leur choix et de participer &#224; un programme mis en place par Nuffield International. Nuffield France appartient &#224; un r&#233;seau Nuffield International regroupant la France, l'Australie, le Canada, l'Angleterre, les Pays Bas, la Nouvelle Z&#233;lande, l'Irlande et bient&#244;t le Br&#233;sil et peut-&#234;tre la Chine. Son objectif est de d&#233;velopper les gens &#224; travers l'agriculture et l'agriculture &#224; travers les gens. Il y a donc deux dimensions : l'aspect professionnel o&#249; l'on va pouvoir approfondir un sujet de notre choix, mais aussi l'aspect humain car cela donne la possibilit&#233; &#224; des producteurs fran&#231;ais de tisser des liens avec d'autres agriculteurs du monde entier et de se construire un r&#233;seau au niveau mondial. Il ne faut pas oublier que l'agriculture est avant tout une aventure humaine !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de son sujet d'&#233;tude, chaque boursier Nuffield participe &#224; un voyage d'&#233;tude organis&#233; par Nuffield International. Ce voyage est r&#233;alis&#233; sur une p&#233;riode de six semaines cons&#233;cutives et se fait en groupe avec huit autres agriculteurs du r&#233;seau Nuffield. Tout au long de ce voyage, les boursiers visitent des fermes, des centres de recherche et d&#233;couvrent comment l'agriculture est pratiqu&#233;e dans d'autres pays. L'objectif de ce voyage est de donner aux boursiers une vision globale de l'agriculture d'aujourd'hui. Bien souvent, nous ne voyons l'agriculture qu'au travers de ce que nous connaissons dans notre d&#233;partement ou notre pays. En voyageant, nous r&#233;aliserons qu'aux Etats-Unis une ferme peut s'&#233;taler sur 60 000 hectares et a de la tr&#232;s haute technologie, alors que dans d'autres pays, il y aura des fermes beaucoup plus petites o&#249; l'agriculture est manuelle et vivri&#232;re&#8230; Cela permet de voir concr&#232;tement comment d'autres produisent et de ce fait, cela donne une plus grande ouverture d'esprit sur l'agriculture et tous les syst&#232;mes qui la composent sans pour autant les opposer. Il ne s'agit pas en effet de dire que l'agriculture br&#233;silienne est meilleure que celle de l'Inde. Ce sont des agricultures diverses et les observer permet d'appr&#233;hender toute la richesse de l'agriculture d'aujourd'hui. Par ailleurs, gr&#226;ce &#224; ce parcours, les boursiers seront en mesure de prendre des id&#233;es ailleurs pour les ramener chez eux et pourquoi pas de les appliquer sur leurs exploitations. C'est en s'inspirant d'exp&#233;riences &#233;trang&#232;res et d'autres visions de l'agriculture qu'ils pourront d&#233;velopper de nouvelles id&#233;es et faire progresser l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une phrase qui dit : &#171; un jour, dans votre vie, vous aurez l'occasion de changer votre vision et votre fa&#231;on de voir les choses. Alors n'h&#233;sitez pas, faites-le &#187;. C'est exactement ce que propose Nuffield, une exp&#233;rience unique &#224; vivre. Bien souvent les fran&#231;ais se disent qu'ils ne peuvent pas partir &#224; cause du travail &#224; la ferme, mais si on regarde bien, les agriculteurs des autres pays ont aussi du travail sur leur ferme&#8230; Mais, ils ont une autre culture &#224; la base et ils n'h&#233;sitent pas &#224; se d&#233;placer et &#224; aller voir ailleurs afin de faire progresser leur entreprise. L'exp&#233;rience Nuffield permet aussi de prendre du recul sur notre activit&#233;. Du fait que l'on se soit absent&#233; pendant plusieurs semaines et que nous ayons pu voir d'autres choses, nous percevons peut-&#234;tre davantage les points forts et les points faibles de notre ferme, ce qui n'est pas toujours facile &#224; faire lorsque l'on a la t&#234;te dans le guidon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.A.&lt;/strong&gt; : Que souhaitez-vous montrer lors de votre intervention &#224; Innovagri-Toulouse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.S.&lt;/strong&gt; : Montrer que l'agriculture fran&#231;aise a un &#233;norme potentiel et que nous avons encore de nombreuses choses &#224; imaginer et &#224; d&#233;velopper. Nous avons la chance d'avoir de tr&#232;s bonnes conditions p&#233;doclimatiques, nous avons la chance d'avoir les moyens d'acheter des intrants, et nous avons une agriculture qui est relativement bien structur&#233;e par rapport &#224; d'autres pays dans le monde. Mais souvent, nous avons tendance &#224; l'oublier et nous pensons que l'herbe est toujours plus verte dans le pr&#233; d'&#224; c&#244;t&#233;. Dans l'intervention &#224; Innovagri-Toulouse il y aura certes quelques exemples de l'&#233;tranger mais &#233;galement des exemples fran&#231;ais qui fonctionnent tr&#232;s bien, afin que les agriculteurs pr&#233;sents puissent s'en inspirer pour aller de l'avant et en se disant &#171; pourquoi pas ? &#187;. Il ne s'agit pas de faire du &#171; copier-coller &#187; d'exemples qui fonctionnent &#224; merveille &#8211; chaque ferme est unique et ce qui marche chez l'un ne marchera pas n&#233;cessairement chez l'autre &#8211; mais bien de s'en inspirer et de voir comment on peut l'adapter &#224; notre contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des aspects techniques que l'on peut d&#233;couvrir en agriculture, il ne faut pas oublier non plus que l'innovation touche &#233;galement le facteur humain et l'aspect social. Certes, nous serons certainement assist&#233;s par des robots dans nos op&#233;rations mais ils ne feront pas tout &#224; notre place. Nous aurons encore et toujours besoin d'hommes et de femmes passionn&#233;s qui sont &#233;panouis dans leur travail. Quel que soit le secteur d'activit&#233;, on se rend compte de plus en plus que la diff&#233;rence qui fait qu'une entreprise paraisse plus attrayante qu'une autre repose surtout sur le capital humain et de la fa&#231;on dont les personnes ont la possibilit&#233; de s'&#233;panouir au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, il y aura de nombreux exemples, pris ici et l&#224; et touchant &#224; plusieurs facettes de l'innovation tout en donnant envie d'essayer et de se lancer dans de nouvelles aventures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Fabien Liagre : &#171; L'agroforesterie peut &#234;tre adapt&#233;e &#224; tous les syst&#232;mes de production &#187;</title>
		<link>https://agriculture-de-conservation.com/Fabien-Liagre-L-agroforesterie-peut-etre-adaptee-a-tous-les-systemes-de.html</link>
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		<dc:date>2015-07-06T10:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Document Camille Atlani-Bicharzon</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie, Biodiversit&#233;, Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Grands enjeux / Economie</dc:subject>
		<dc:subject>Agroforesterie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fabien Liagre d&#233;bute son exp&#233;rience en agroforesterie d'abord &#224; l'&#233;tranger, avec le CIRAD, puis &#224; l'INRA de Montpellier. Une envie de travailler d'avantage sur le terrain le pousse a cr&#233;er, en 2000, la soci&#233;t&#233; AGROOF. Aujourd'hui devenue Soci&#233;t&#233; Coop&#233;rative de Production (SCOP), AGROOF &#233;tudie la gestion et la faisabilit&#233; de projets agroforestiers avec, toujours, ce lien entre recherche et terrain. Fabien a par ailleurs cofond&#233; l'Association Fran&#231;aise d'Agroforesterie en 2007 afin, notamment, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/-Camille-Atlani-Bicharzon-134-.html" rel="directory"&gt;Camille Atlani-Bicharzon&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://agriculture-de-conservation.com/+-Agroforesterie-55-+.html" rel="tag"&gt;Agroforesterie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_5411 spip_documents spip_documents_left media media_vignette' style='float:left;'&gt;&lt;a href='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/jpg/liagre.jpg' class=&#034;spip_in&#034; title=&#034;jpg/liagre.jpg&#034; hreflang=&#034;&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/local/cache-vignettes/L390xH260/liagre-600ea-1b0d6.jpg?1741976516' width='390' height='260' alt='JPEG - 59.7 kio' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Fabien Liagre d&#233;bute son exp&#233;rience en agroforesterie d'abord &#224; l'&#233;tranger, avec le CIRAD, puis &#224; l'INRA de Montpellier. Une envie de travailler d'avantage sur le terrain le pousse a cr&#233;er, en 2000, la soci&#233;t&#233; AGROOF. Aujourd'hui devenue Soci&#233;t&#233; Coop&#233;rative de Production (SCOP), AGROOF &#233;tudie la gestion et la faisabilit&#233; de projets agroforestiers avec, toujours, ce lien entre recherche et terrain. Fabien a par ailleurs cofond&#233; l'Association Fran&#231;aise d'Agroforesterie en 2007 afin, notamment, de permettre une meilleure reconnaissance de l'agroforesterie dans les r&#232;glementations. Il participe enfin &#224; BASE (section Agroforesterie) en tant que membre administrateur, pour r&#233;fl&#233;chir &#224; la compl&#233;mentarit&#233; possible entre agroforesterie et agriculture de conservation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camille Atlani&lt;/strong&gt; : &#192; quels probl&#232;mes l'agroforesterie r&#233;pond-elle et &#224; qui s'adresse-t-elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fabien Liagre&lt;/strong&gt; : L'agroforesterie r&#233;pond &#224; plusieurs enjeux touchant de plus en plus les syst&#232;mes actuels : l'&#233;rosion des sols, mais aussi de la biodiversit&#233;, avec une diminution des auxiliaires de cultures et, &#224; l'inverse, des probl&#232;mes d'invasion de ravageurs li&#233; &#224; l'&#233;volution des populations qui s'adaptent aux produits de traitements. Certains enjeux concernent aussi non seulement les agriculteurs, mais aussi les partenaires du monde rural, comme les agences de l'eau. La pr&#233;sence de nitrate ou de pesticides dans les eaux de ruissellement, par exemple, peut amener un surco&#251;t pour l'agriculteur ou des r&#232;glementations pouvant &#234;tre contraignantes. Il y a par ailleurs l'enjeu du changement climatique, avec notamment un ph&#233;nom&#232;ne de stagnation des rendements observ&#233; depuis une quinzaine d'ann&#233;es &#224; cause de fortes temp&#233;ratures au printemps ; ou encore des s&#232;cheresses qui vont impacter fortement les c&#233;r&#233;aliers ou les &#233;leveurs en jouant sur les cours. Nous cherchons donc &#224; voir comment les syst&#232;mes agroforestiers permettent de r&#233;pondre &#224; ce type de probl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'agroforesterie s'adresse &#224; tous, que l'on soit en conventionnel, en bio ou en agriculture de conservation &#8211; quel que soit notre syst&#232;me &#8211; elle a son int&#233;r&#234;t&lt;/strong&gt;. Il ne s'agit pas d'un projet unique appliqu&#233; tel quel ; le projet agroforestier est toujours adapt&#233; en fonction de chaque syst&#232;me de production. Il faut prendre en compte le type de culture : par exemple, une culture de printemps comme un ma&#239;s ou un tournesol sera d&#233;cal&#233;e par rapport aux cultures d'hiver et peut souffrir d'avantage de la comp&#233;tition pour la lumi&#232;re que, par exemple, un bl&#233;. Dans ce cas de figure nous allons travailler le choix de l'essence, le nombre d'arbres &#224; l'hectare et adapter la rotation en cons&#233;quence. Il s'agira aussi de prendre en compte le syst&#232;me de vente : les contraintes sont diff&#233;rentes selon qu'on est en vente directe, en magasin ou en industriel, donc nous adaptons le syst&#232;me agroforestier en fonction de cela. Quel que soit le syst&#232;me cependant, nous conseillons g&#233;n&#233;ralement de ne pas planter toute l'exploitation, afin de ne pas mettre tous ses &#339;ufs dans le m&#234;me panier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.A.&lt;/strong&gt; : Quels sont ses b&#233;n&#233;fices agronomiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.L.&lt;/strong&gt; : En terme agronomique, nous nous int&#233;ressons &#224; l'impact de l'arbre sur le syst&#232;me de production au niveau de trois aspects-cl&#233;s : le sol, la biodiversit&#233; et le micro-climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier aspect, nous &#233;tudions la capacit&#233; de l'arbre &#224; maintenir, voire &#224; am&#233;liorer la fertilit&#233; du sol. L'arbre stimule en effet la vie biologique du sol en y injectant du carbone, ce qui favorise les processus de fertilit&#233; et donc la nutrition des plantes. L'apport des arbres en carbone et azote est tr&#232;s int&#233;ressant, d'autant plus dans un contexte o&#249; le co&#251;t de l'azote fluctue en fonction du prix du baril. Lorsque ce dernier d&#233;passe les 100 dollars, la fertilisation n'est plus simplement un enjeu agronomique pour l'agriculteur : c'est un enjeu &#233;conomique. &#192; ce niveau-l&#224;, la contribution de l'arbre &#224; la fertilit&#233; du sol et &#224; la nutrition des plantes repr&#233;sente un b&#233;n&#233;fice majeur. Par ailleurs, l'arbre a un impact sur les populations de mycorhize, essentielles pour l'alimentation des plantes. Un bl&#233; cultiv&#233; en agroforesterie a d'avantage de racines et mycorhizes qu'un bl&#233; en culture pure ; c'est donc une culture potentiellement mieux aliment&#233;e en eau et nutriments, une plante en meilleure sant&#233; r&#233;sistant mieux aux al&#233;as climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de b&#233;n&#233;fices agronomiques li&#233;s &#224; la biodiversit&#233;, nous &#233;tudions l'impact du syst&#232;me agroforestier sur les micro-organismes du sol, les d&#233;tritivores ou les lombrics qui sont cruciaux dans le recyclage des &#233;l&#233;ments organiques. Nous travaillons &#233;galement sur les auxiliaire ennemis des pucerons, limaces et escargots : les syrphes, les pollinisateurs ou encore les carabes. Notre travail consiste ici &#224; observer l'influence de l'arbre sur les populations d'auxiliaires et de ravageurs, comment elles cohabitent et peuvent se contr&#244;ler afin de favoriser les premi&#232;res au d&#233;triment des secondes dans les am&#233;nagements. Ici aussi les r&#233;sultats commencent &#224; &#234;tre int&#233;ressants, avec une diminution importante du risque de pullulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le micro-climat cr&#233;&#233; par les syst&#232;mes agroforestiers est important vis-&#224;-vis du changement climatique. Encore une fois, &lt;strong&gt;les r&#233;sultats sont positifs car il peut y avoir un ph&#233;nom&#232;ne de sur-rendement de la culture intercalaire dans les p&#233;riodes prolong&#233;es de fortes chaleurs par rapport &#224; une situation sans arbre&lt;/strong&gt;. C'est certes une question de probabilit&#233;, mais si &#224; l'avenir des probl&#232;mes de temp&#233;rature surviennent plusieurs ann&#233;es d'affil&#233;e, cet aspect peut &#234;tre essentiel &#8211; et ce dans le Nord comme dans le Sud. Cela va d&#233;pendre des cultures, mais c'est valable pour les c&#233;r&#233;aliers, les mara&#238;chers, les vignerons, les &#233;leveurs&#8230; Pour ces derniers, l'agroforesterie peut repr&#233;senter un avantage, d'une part, pour la production fourrag&#232;re dont le dess&#232;chement de l'herbe est d&#233;cal&#233; de quasiment un mois en &#233;t&#233; ; d'autre part, les arbres fournissent de l'ombre aux animaux lorsqu'il fait chaud, ce qui est important pour leur bien-&#234;tre. Les premiers r&#233;sultats de notre projet de recherche sur l'impact de l'agroforesterie sur les bovins et ovins montrent de plus que les &#233;leveurs peuvent s'y retrouver au niveau de la production (moins de stress, &#233;conomie d'eau&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tous ces aspects sont souvent positifs dans nos essais, l'objectif de nos &#233;tudes est aussi de diminuer les possibles aspects n&#233;gatifs de l'agroforesterie, comme par exemple la comp&#233;tition pour la lumi&#232;re. Il y a diff&#233;rentes mani&#232;res de g&#233;rer ce risque, en jouant sur le choix des essences ou la densit&#233; des arbres, ou encore en intervenant sur ceux-ci. Certaines cultures tol&#232;rent mieux l'ombre que d'autres et nous commen&#231;ons d'ailleurs avec l'INRA &#224; travailler sur la s&#233;lection vari&#233;tale adapt&#233;e &#224; l'agroforesterie, notamment sur le bl&#233;. En effet, toutes les vari&#233;t&#233;s communes de bl&#233; ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;es pour &#234;tre en pleine lumi&#232;re et &#224; haut niveau d'intrants. Peut-&#234;tre qu'avec une s&#233;lection vari&#233;tale diff&#233;rente, adapt&#233;e &#224; l'agroforesterie, nous aurions d'autres r&#233;sultats. Mais nous n'en sommes pas encore l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.A.&lt;/strong&gt; : Au bout de combien de temps commence-t-on &#224; observer l'impact positif sur le sol ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.L.&lt;/strong&gt; : C'est certes l'inconv&#233;nient de l'agroforesterie que d'&#234;tre n&#233;cessairement un projet sur le long ou moyen terme. Dans nos suivis de sols, nous constatons des r&#233;sultats substantiels au bout de dix ou quinze ans. La quinzi&#232;me ann&#233;e, les r&#233;sultats sont plus marqu&#233;s : des taux de mati&#232;re organique qui remontent significativement ; ou encore de l'azote qui &#233;tait perdu par la culture principale et qui d&#233;sormais est recycl&#233; &#224; 80-90% par les arbres. En terme de gestion de la fertilit&#233;, ce sont des syst&#232;mes permettant d'&#233;conomiser plusieurs dizaines d'unit&#233;s d'azote, ce qui pr&#233;sente potentiellement une &#233;conomie substantielle. Dans des syst&#232;mes en agriculture de conservation, l'impact devrait &#234;tre am&#233;lior&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.A.&lt;/strong&gt; : Parlons justement de la dimension &#233;conomique de l'agroforesterie : quels investissements, quel impact sur les rendements, quelle valorisation possible des arbres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.L.&lt;/strong&gt; : En terme de co&#251;t d'implantation, il faut compter une quinzaine d'euros par arbre pour un c&#233;r&#233;alier faisant tout faire par entreprise : c'est un prix de base comprenant un tiers pour les fournitures avec le plant, un tiers pour la main d'&#339;uvre et un dernier tiers pour la conception du projet et l'accompagnement. Pour un &#233;leveur qui aura besoin de protections plus importantes, cela peut aller jusqu'&#224; 30 ou 40 euros, donc on plante en g&#233;n&#233;ral moins d'arbre pour r&#233;duire le co&#251;t. Grosso-modo, pour une cinquantaine d'arbres &#224; l'hectare cela repr&#233;sente un investissement de 700-800 euros par hectare. Cependant, il existe des subventions pouvant couvrir jusqu'&#224; 80% de ce montant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il y a le temps de travail n&#233;cessaire, notamment pour la taille et l'&#233;lagage les dix premi&#232;res ann&#233;es. En le faisant tous les ans ce n'est pas un tel investissement de temps &#8211; 1 ou 2 heures par hectare &#8211; et c'est assez facile &#224; apprendre. En revanche il ne faut pas manquer une ann&#233;e car les arbres deviennent plus difficiles &#224; tailler, demandent plus de temps et au final la qualit&#233; en p&#226;tit, ainsi que la date de r&#233;colte des arbres : une ann&#233;e manqu&#233;e repousse cette date de quatre ou cinq ans car il faut laisser le temps &#224; l'arbre de cicatriser. Il vaut mieux intervenir r&#233;guli&#232;rement et, si l'on manque de temps, plut&#244;t planter moins ou &#233;chelonner les plantations d'arbres. Sur les derni&#232;res ann&#233;es de taille, lorsque les arbres sont gros, le temps de travail peut aller jusqu'&#224; une demi-journ&#233;e maximum pour une cinquantaine d'arbres &#224; l'hectare. Les arbres sont plut&#244;t &#233;lagu&#233;s en &#233;t&#233;, ce qui pour des c&#233;r&#233;aliers est une &#233;poque un peu anim&#233;e mais c'est faisable, dans les p&#233;riodes de creux avant ou apr&#232;s les r&#233;coltes. Pour des &#233;leveurs passant beaucoup plus de temps sur l'exploitation, notamment les laitiers, c'est vrai que c'est une donn&#233;e &#224; prendre en compte. Nous mettons beaucoup les &#233;leveurs en garde l&#224;-dessus lors de nos diagnostics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'impact sur les rendements, tout d&#233;pend de la densit&#233; plant&#233;e, de l'essence d'arbre ou encore de l'entretien. L&#224; encore, la qualit&#233; de l'&#233;lagage est essentielle car un arbre bien &#233;lagu&#233; a une ombre moins concentr&#233;e sur le pied. En terme d'&#233;cartement, nous pr&#233;conisons une distance entre les lignes d'arbres au moins &#233;gale &#224; deux fois la hauteur de l'arbre adulte. Ceci permet une meilleure gestion de la lumi&#232;re, moins de comp&#233;tition et donc une baisse de rendement assez faible, voire quasi-nulle, pendant les deux tiers de la rotation. En revanche lors du dernier tiers, selon l'essence, l'impact n&#233;gatif sur les rendements peut-&#234;tre assez fort ; mais c'est en fin de cycle donc la valeur des arbres contrebalance largement la perte. Il faut aussi prendre en compte l'espace utilis&#233; par les lignes d'arbres pouvant faire perdre 4 &#224; 5% de la surface. De plus en plus d'agriculteurs valorisent cet espace en y cultivant des petits fruits ou de la vigne &#8211; ce sont de vieilles pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, sur le sujet de la valorisation des arbres, ces derniers peuvent &#234;tre vendus au bout de 40-50 ans comme bois d'&#339;uvre. Les calculs de rentabilit&#233; montrent que l'agroforesterie est plus rentable que le syst&#232;me agricole mais nous sommes sur du tr&#232;s long-terme, ce qui peut &#234;tre per&#231;u comme un probl&#232;me. &lt;strong&gt;Certains agriculteurs le voient comme un capital sur pied &#224; valoriser au moment de la retraite, ce qui devient int&#233;ressant&lt;/strong&gt;. Cependant, nous travaillons en ce moment sur une valorisation interm&#233;diaire avec des syst&#232;mes dans lesquels les branches sont coup&#233;es et d&#233;chiquet&#233;es tous les 4-5 ans pour faire du bois ram&#233;al fragment&#233;, du bois-&#233;nergie ou encore de la biomasse pour la chimie verte. Cela peut devenir tr&#232;s int&#233;ressant car la production de tonne de mati&#232;re s&#232;che &#224; l'hectare peut &#234;tre bien valoris&#233;e comme production non-alimentaire, pour laquelle il y a une forte demande. Ainsi, pour 1 m3 de bois d'&#339;uvre il est possible d'obtenir par exemple 1 &#224; 3 m3 de biomasse pour du bois-&#233;nergie. La chimie verte &#8211; le remplacement du plastique et des mol&#233;cules entrant dans la composition des produits m&#233;nagers et cosm&#233;tiques par des mat&#233;riaux naturels &#8211; est un domaine en plein essor qui est tr&#232;s int&#233;ressant pour la valorisation des arbres car il n&#233;cessite un volume cons&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.A.&lt;/strong&gt; : En terme de prix pay&#233; cela donne quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.L.&lt;/strong&gt; : Nous commen&#231;ons &#224; avoir les premiers retours &#224; ce sujet. La chimie verte n'en est pour l'instant qu'au stade exp&#233;rimental de l'&#233;laboration de produits ; cela marche tr&#232;s bien mais il faut que le march&#233; se d&#233;veloppe. Pour le bois-&#233;nergie, en revanche, le march&#233; est bien l&#224; : nos calculs ont montr&#233; que l'heure de travail sur des lignes d'arbres pour du bois-&#233;nergie est mieux pay&#233;e que l'&#233;quivalent sur une exploitation en polyculture-&#233;levage. Cela demande bien s&#251;r une certaine r&#233;organisation et, &#233;ventuellement, l'achat d'une d&#233;chiqueteuse en commun ; mais cela vaut la peine car il y a un manque d'approvisionnement de biomasse en France. Une &#233;tude technique des services du bois disait que pour subvenir aux besoins d'approvisionnement des centrales biomasses dans 5 &#224; 10 ans, il faudrait convertir 5 millions d'hectares en culture &#233;nerg&#233;tique &#8211; l'&#233;quivalent des surfaces en bl&#233;. Les agriculteurs, eux, ne sont &#233;videmment pas pr&#234;ts &#224; sacrifier la culture du bl&#233; pour de la culture &#233;nerg&#233;tique.&lt;strong&gt; Imaginer des syst&#232;mes mixtes qui non seulement conservent leur vocation alimentaire, mais apportent aussi une plus-value &#233;conomique gr&#226;ce &#224; la valorisation de la biomasse, devient donc tr&#232;s int&#233;ressant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C.A.&lt;/strong&gt; : Que d&#233;sirez-vous montrer lors de votre atelier &#224; Innovagri Toulouse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F.L.&lt;/strong&gt; : Nous allons faire le lien, avec Matthieu Archambeaud, entre agriculture de conservation et agroforesterie. Je vais donc travailler en compl&#233;mentarit&#233; avec son intervention et parler de questions de sol, de couverture ou encore de fonctionnement des associations. En r&#233;alit&#233;, nous faisons de l'agriculture de conservation, mais avec des arbres ! L&#224; o&#249;, en agriculture de conservation, on pr&#233;conisera de faire des couverts, d'enrichir le milieu, de mieux travailler le sol par les v&#233;g&#233;taux, en agroforesterie nous travaillons finalement le sol &#224; une profondeur encore plus importante, avec un apport de liti&#232;re plus consistant encore puisque les productions a&#233;riennes et souterraines sont plus fortes. Il y a donc des compl&#233;mentarit&#233;s tr&#232;s int&#233;ressantes &#224; trouver entre ces deux syst&#232;mes. &#192; Innovagri, je vais axer sur cela et amener les agriculteurs &#224; vraiment reconsid&#233;rer l'arbre et sa compl&#233;mentarit&#233; possible avec le syst&#232;me de production : au niveau de la gestion du sol et de la fertilit&#233;, des cultures, au niveau sanitaire, etc. Je pr&#233;senterai aussi sans doute les b&#233;n&#233;fices en terme de changement climatique car c'est un sujet tr&#232;s pr&#233;sent en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sujet vous a int&#233;ress&#233; ? AGROOF a lanc&#233; r&#233;cemment son agroboutique afin de catalyser et partager les connaissances agro&#233;cologiques. L'id&#233;e initiale qui a donn&#233; naissance &#224; ce site va dans le sens des valeurs port&#233;es par Agro-&#233;cologie(s) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'agriculture de demain, que nous voulons &#224; la fois productive et respectueuse de l'environnement, ne r&#233;sultera pas de l'adoption d'un syst&#232;me ou d'un autre, d'une politique ou d'une autre, d'un lobbying ou d'un autre. Elle s'inventera, progressivement, dans une combinaison intelligente de techniques et de savoir-faire, partag&#233;s par des agriculteurs, des techniciens, des chercheurs, des citoyens, &#224; l'&#339;uvre depuis plus de trente ans sur ces technologies, regroup&#233;es sous le terme d'agro&#233;cologie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agroboutique, c'est par ici : &lt;a href=&#034;http://agroboutique.com/fr/14_agroecologie-catalogue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://agroboutique.com/fr/14_agroecologie-catalogue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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