Chez Tony Gent, tout pour le SD.

Document Victor Leforestier

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Le challenge du semis direct en climat humide. Tony gent, C.S GENT & SONS Ltd, Spalding, Lincolnshire, UK

Limaces, gros volumes de pailles, difficultés à refermer le sillon, c’est le lot de Tony Gent, agriculteur dans le centre Est de l’Angleterre. Sur ses terres argileuses de polder il a cessé tout travail profond et réintroduit des cultures de printemps : deux choses encore impensables il y a quelques années.

GENERAL

Les 900ha que cultivent T. Gent sont des argiles vaseuses de polder. Elles se compactent facilement et le climat habituellement humide de l’Angleterre ne permet pas leur fissuration. Avec le travail profond du sol, Tony confie qu’en automne il passait son temps soit à casser des blocs durs comme la pierre soit à semer dans la boue. Le travail profond de ces sols est également trés coûteux, et les tracteurs à chenille et articulés peuplent la région. Le manque de portance, le coût, et le sentiment d’être déconnecté du fonctionnement de la Nature sont ce qui a poussé T.Gent à passer en semis direct. Après 4 années il a regagné la portance qui lui faisait défaut les années humides et il conserve l’humidité nécessaire pour une bonne levée du colza lors des années sèches. Preuve de la bonne structure, aujourd’hui aucune trace de roues n’est visible dans ses champs malgré les remorques de grains qui traversent le champ à la récolte. « Il ne faut pas caler son système pour qu’il marche seulement les années extrèmes, sèches ou humides, on doit trouver une méthode qui marche bien tous les ans ».

SEMOIR

De manière générale, les semoirs de semis-direct sont adaptés aux conditions sèches et semer en sol humide relève parfois du cauchemard avec des sillons compactés ou mal refermés. Après plusieurs années avec un John Deere 740A de 6m, T.Gent utilise maintenant un Weaving 9m qu’il a modifié pour ses conditions particulières.

Sur le John Deere, il a changé la roue de fermeture par une roue en fonte Guttler. Lourde et crantée, elle referme le sillon avec force et des poids peuvent être rajoutés si besoin. Tony reproche au John Deere d’ouvrir un sillon trop large qui est dur à refermer.

Roue Guttler et poid additionnel sur élément de semis John Deere

Il utilise maintenant de préférence le Weaving, surtout pour son débit de chantier.

Sur le Weaving, les roues de jauge ont été reculées pour se placer un peu plus en arrière du disque et avec un angle. Cela permet de contrôler la profondeur, tout en commençant à fermer le sillon avec un léger « ripage ». Une deuxième roue de fermeture de l’autre côté finit la fermeture. Le semoir est actuellement en cours de modification pour placer un disque turbo devant chaque rang et installer des sécurités non-stop hydrauliques.

Le problème des semoirs à disques reste le « hair-pinning », le pincement des pailles dans le sillon. Avec ses gros volumes de pailles (10T/ha de blé en moyenne) Tony a constaté cette année que les pailles pincées dans le sillon avaient pu pénaliser les levées du lin. Pour sécuriser l’implantation et rester avec un semoir à disque, il a poussé plus loin la démarche...

ROTATION

Il y a quelques années, la rotation anglaise de base était encore appliquée : blé - colza car ce sont les cultures les plus profitables et dont la conduite est bien connue. Avec le développement des populations de vulpin résistants, la rotation s’est enrichie avec la féverole de printemps et le lin graine de printemps. Depuis 2 ans du soja est aussi à l’essai, pour alimenter l’atelier de poulets. Le lin graine ne rapportera pas autant que le blé cette année mais c’est une opportunité de plus pour contrôler le vulpin.

La rotation s’étale donc désormais sur 6 ans : Blé - Colza - Blé - Féveroles de printemps - Blé - Lin graine de printemps. Maintenant tous les blés ont un précédent favorables et ils représentent 1/3 de la surface. T.Gent espère également retrouver des hauts niveaux de rendements en colza, trop difficile à réussir en rotations courtes. Depuis son passage en semis direct, il n’a pas remarqué de baisse de rendement, et grâce à la rotation ce serait même plutôt l’inverse en blé et colza. Les couverts végétaux ne sont pas encore à l’ordre du jour mais cela interpelle Tony, peut être qu’une couverture vivante permettrait de pomper l’eau en excès au printemps ? En plus du contrôle du salissement, l’autre avantage de la rotation est une meilleure gestion de la paille. Au fil du temps Tony a su s’en faire un allié plutôt qu’un surplus dont il fallait se débarrasser.

Lin graine de printemps semé aprés un blé récolté au stripper

A suivre...



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