Semis direct en conditions humides

Document Jim Bullock

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Un de nos objectifs en terme de rotation est de faire succéder des céréales et des dicotylédones mais cette année nous nous sommes retrouvés avec une avoine derrière blé (et du blé derrière avoine). Ce n’est pas une situation idéale mais elle a du sens quand on considère l’aspect économique des choses. Nous avons un bon marché local pour l’avoine et le prix a été de loin bien meilleur que celui de la féverole : pas bon pour la rotation mais bon pour le compte en banque ! Cependant nous avons réussi à limiter l’usage des herbicides avec l’introduction des protéagineux (un certain nombre de matières actives ont été bannies en Grande-Bretagne) et au lieu de nettoyer nos parcelles avec des féveroles et des pois nous nous sommes ajouté des problèmes de salissement en cultivant à nouveau des céréales. J’espère que nous parviendrons à trouver une solution, d’autant plus que nous avons besoin de l’azote fixé par les légumineuses.

Très souvent, ce sont les idées les plus simples qui permettent d’améliorer les systèmes : en semant à 45° par rapport à la céréale précédente, nous avons amélioré de 25% à 30% l’installation des cultures, tout simplement parce qu’il y a plus de grains entre les rangs du précédent que sur le système racinaire du chaume. Nos avoines et blés ont été semés sans utiliser de marqueurs puisque la culture précédente se voit encore.

L’automne 2010 n’a pas été des plus facile en Angleterre pour l’installation des cultures avec des périodes de forte pluie, aussi nous sommes nous souvenu que le semis direct doit être ce qu’il est, c’est à dire que rien ne doit être fait au sol avant que le semoir ne rentre dans le champ (excepté peut-être pour passer une herse lourde destinée à répartir et affiner les pailles). Il est essentiel que le système racinaire du précédent reste intact afin de servir de réseau de drainage. Nous avons ainsi put revenir sur les parcelles en semis direct le lendemain d’une forte pluie, alors qu’en sol travaillé il a fallu attendre une semaine et plus le ressuyage.

Les conditions humides n’ont cependant pas été qu’une mauvaise nouvelle : les pluies ont permis à un certain nombre d’adventices de germer avant le semis (spécialement du vulpin et du brome) et par conséquent d’être contrôlés avec du glyphosate. Là où nous avons semé en direct nous avons seulement appliqué du ICE (Pendiméthaline et flufénacet) pour un coût très raisonnable et pour un résultat efficace. Là où nous avons travaillé le sol en profondeur nous avons dû appliquer de l’Atlantis (Mésosulfuron et Iodosulfuron) pour contrôler le salissement émergeant des couches profondes travaillées du sol : cela nous a rajouté un coût de désherbage de 70 €/ha ... ce qui fait encore une fois un bon argument pour le semis direct.



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