Maïs : reprendre la question dans le bon sens

Document Matthieu Archambeaud

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Une journée de profils dans le sud-ouest, réalisés sous du maïs irrigué ! m’a permis de mettre en images quelques idées à propos du sol, de l’eau et des plantes.

Malgré une bonne porosité verticale (vers de terre, racines, ...) ce profil est coupé par deux fonds de labours superposés.

Le réseau poral naturel des sols est organisé de telle manière qu’il puisse absorber et répartir rapidement l’eau arrivant à la surface et inversement de la restituer aux plantes qui en ont besoin.

Dès l’instant où le profil de sol est coupé horizontalement par un ou plusieurs fonds de travail (d’autant plus préoccupants que le travail est répété, agressif et/ou réalisé en mauvaises conditions), le stockage de l’eau et sa restitution ne peuvent se faire correctement.


Cette coupure peut également conduire à un enracinement très superficiel du maïs, sur l’épaisseur labourée par exemple. Une fois consommée la réserve utile superficielle il devient nécessaire d’irriguer puisque :
- Il n’y a pas de racines en dessous ;
- Il n’y a pas eu de stockage optimal de l’eau en dessous ;
- Il ne peut y avoir de remonter capillaires efficaces du dessous.


Des sondes tensio-électriques positionnées à 30 cm et 60 cm indiquent le potentiel de rétention en eau du sol.
La sonde fichée à 30 cm affiche un potentiel de 100, soit un besoin d’irrigation immédiat, celle à 60 cm montre une réserve utile suffisante : pas de chance, il n’y a pas de racines à 60 cm.

Le sol étant sec, l’irrigation peut être déclenchée arbitrairement ou à l’aide de sondes tensio-électriques qui indiquent la succion qu’il est nécessaire de fournir pour extraire l’eau du sol (en centibar) : plus le chiffre est élevé et plus le sol est sec.


Dans des sols fragiles (limons) et pauvres en matière organique, la surface se ferme rapidement même avec une micro-irrigation : l’eau est moins bien valorisée car elle peut ruisseler ou s’évaporer.

Pour éviter de créer de la battance et optimiser l’apport d’eau on peut opter pour la micro-irrigation. Cependant, si la surface n’est pas protégée par un mulch et de la matière organique, celle-ci se ferme rapidement, l’eau ruisselle et érode la parcelle.


A l’inverse, un maïs bien enraciné remonte de la sève brute (de l’eau) depuis les horizons profonds et la redistribue dans l’étage de surface afin de maintenir l’activité biologique de sa rhizosphère qui lui permet d’améliorer sa nutrition minérale et sa protection.

Moralité : correctement implanté le maïs est non seulement un excellent structurateur de sol mais également un véritable pivot d’irrigation.
Par contre, si on gêne son enracinement il devient à l’inverse un grand consommateur d’eau, d’engrais, de phytos ...



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