Engrais verts et couverts végétaux (2)


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Lissage de la paroi du sillon par les disques d’un semoir de semis direct en sol argileux.

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Le semis direct est arrivé du Brésil dans les années 90. La technique a été importée telle quelle, avec la couverture d’avoine ou de seigle de rigueur. _ Cependant, ce type de couverture est longtemps resté inadapté dans des sols pauvres en matière organique, lents à se réchauffer au printemps et parfois mal structurés dans les débuts. Dans les rotations céréalières européennes (et donc riches en carbone) l’introduction de carbone supplémentaire sous forme d’avoine n’a fait qu’augmenter les besoins en azote du sol, sans compter les problèmes de sanitaires de successions céréale-céréale...

Ayant compris cela, les réseaux bretons de TCSistes et SDistes n’ont jusqu’à présent fait que reprendre et améliorer le concept d’engrais vert, bien connu du monde de l’agriculture biologique. L’amélioration a notamment portée sur des mélanges d’espèces adaptés aux périodes d’interculture estivales mais également sur des dates de semis très précoces autorisées par l’absence de travail du sol (pas d’assèchement du sol et rapidité d’exécution). Cette redécouverte de l’engrais vert a permis à des sols matraqués de retrouver une structure verticale mais également de redevenir fertiles en s’enrichissant en matière organique par des apports massifs de carbone équilibré par l’azote recyclé et l’azote fixé issus des légumineuses.

Maintenant que certains sols trouvent ou retrouvent des organisations et des teneurs en matières organiques favorables, certains agriculteurs reviennent avec succès à des couvertures de graminées (Philippe Pastoureau par exemple). L’objectif n’est plus tant de produire une biomasse facile à digérer par le sol, que de produire une couverture capable de protéger le sol des intempéries (pluie, chaleur, vent...), de l’évaporation et du salissement : dans ce cas, seul un couvert carboné est capable de durer dans le temps et d’assurer une couverture efficace en attendant que la culture prenne le relais. De plus, en laissant ce carbone en surface sans y toucher (pas de mulchage) on évite le risque de la faim d’azote pour les premiers stades de végétation.

Il suffisait de le savoir...


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