L’agriculture de conservation donne la priorité au sol

Christophe Zapata - Supplément spécial l’avenir agricole ; SPACE 2009



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Préservation des sols : L’agriculture de conservation est née du constat de la baisse de fertilité parfois grave dans les sols cultivés. Il fallait remettre en cause tout le système de conduite des cultures.

Face à des difficultés grandissantes dans leurs champs et sans recours scientifiques, des agriculteurs se sont associés pour mettre en commun leurs expériences personnelles. L’association BASE, Bretagne agriculture sol environnement, s’est formée de cette manière en 2000 et intéresse maintenant de plus en plus d’agriculteurs qui constatent l’impasse dans laquelle les mènent de mauvaises pratiques agricoles. Il faut tout remettre à plat pour le seul objectif : retrouver une bonne fertilité naturelle du sol.

Rotation, suppression du labour, couverture des sols

Philippe Pastoureau, agriculteur à Tassé (Sarthe), expérimente chez lui depuis de nombreuses années et reçoit maintenant la visite d’agriculteurs intéressés qui viennent l’interroger : “Je suis comme tout le monde : je ne sais pas tout. Alors j’essaie des choses, j’adapte et il y a fatalement des hypothèses qui ne marchent pas. Mais les principes fondamentaux restent toujours valables”. “La suppression du labour est une nécessité pour la préservation des sols. La charrue commet des ravages dans certaines populations de vers de terre. Or ils jouent un rôle essentiel dans le recyclage de la matière organique et dans la perméabilité du sol aux racines et à la pluie, de par leurs galeries. Mais il faut alors que je travaille ma rotation pour maîtriser l’enherbement, la fourniture d’azote par le sol (avec des légumineuses en couverts ou en cultures), beaucoup de problèmes sanitaires et même les limaces. On constate en effet que lorsque les limaces ont choisi une nourriture (en l’occurrence, mon couvert), elles s’y tiennent et ne touchent pas à la culture. Il faut en faire l’expérience mais c’est réel. Et dans la rotation, les couverts apportent un précieux coup de main. Les couverts ont de nombreux effets bénéfiques : ils participent à nourrir la vie du sol et ils apportent de la diversité floristique aux organismes du sol. Les couverts jouent aussi un rôle de protection contre l’érosion par la pluie et contre le dessèchement excessif. Ils empêchent la fuite des nitrates et autres molécules vers les eaux souterraines. Ajoutons encore qu’ils participent à la maîtrise de l’enherbement en empêchant les mauvaises herbes de pousser ainsi qu’au contrôle des parasites et maladies dans les cultures”.

Une nouvelle cohérence

Passer de la théorie à la pratique nécessite des ajustements propres à chaque situation. Mais très vite, une nouvelle cohérence apparaît qui résiste bien aux différentes exigences imposées à une exploitation : productivité, rentabilité économique, qualité des produits, économie d’intrants, préservation de l’environnement. Et “on arrive à produire autant avec un prix de revient plus bas. Au début, on s’est posé la question du matériel qui n’était pas toujours bien adapté. Il s’est amélioré mais on se rend compte aujourd’hui que ce n’est pas le plus important pour rentrer dans la dynamique de l’agriculture de conservation”. Ce qui compte c’est de trouver petit à petit un équilibre avec de moins en moins l’aide de la chimie. Alors l’agronomie sort de sa routine et devient passionnante.

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