La réintroduction d’une espèce ne garantit pas son maintien

Document Cécile Waligora

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crédit : André Künzelmann / UFZ

L’azuré du serpolet (Maculinea arion), petit papillon aux tons bleutés, a disparu de Grande-Bretagne à la fin des années 70. Il a été réintroduit ces dernières années après que des chercheurs aient identifié les causes de sa disparition. Il s’agissait d’une baisse de température du sol de quelques degrés, provoquée, vraisemblablement et selon une étude allemande, par le moindre pâturage des prairies outre Manche. Le sol, plus froid, a privilégié une nouvelle population de fourmis, au détriment de Mymica sabuleti, une espèce de fourmi qui favorise, par parasitisme, le développement de la chenille du fameux papillon. Pour permettre de bonnes conditions de réintroduction sur environ 80 sites, les prairies ont dû être régulièrement fauchées pour avoir une température suffisante du sol.

On voit là toute la complexité des écosystèmes, même en agriculture. Il ne suffit pas de réintroduire une espèce disparue. Il est fondamental de trouver les causes de sa disparition et d’y remédier avant d’envisager une quelconque réintroduction. On voit aussi, à travers cet exemple, l’importance, même indirecte, de l’élevage pour la biodiversité des agro-écosystèmes.

S’appuyant sur les travaux de l’université d’Oxford, les chercheurs du centre Helmotz de recherche en environnement en Allemagne prévoient une modification des stratégies de conservation causée par les changements climatiques. En l’occurrence, le réchauffement du climat pourrait entraîner une fauche plus haute des prairies, afin de maintenir le sol à la température actuelle.



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