Moisson et biodiversité : quelques règles de bon sens

Document Cécile Waligora

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JPEG - 111 koLa moisson des céréales approche. Celle des fourrages est parfois encore en cours.
La récolte des cultures, quelles qu’elles soient, n’est pas de tout repos pour la biodiversité des agroécosystèmes, surtout la toute jeune génération qui subit de lourdes pertes à cette période : chevreuils, busards, perdrix ou faisans, petits passereaux... principalement tous ceux qui nichent ou gîtent au sol.
Le sens de la récolte est particulièrement délétère pour la faune. On récolte de l’extérieur vers l’intérieur des parcelles et c’est "comme çà" ! Ce n’est pas parce que c’est "comme çà" qu’on ne peut rien y changer.
Pas plus tard qu’hier, un ami agriculteur me disait qu’il avait changé son sens de récolte, justement pour laisser plus de chance à la faune, de s’échapper. C’est donc possible ! Cela prend il plus de temps, cela est-il plus contraignant ? "Pas du tout", m’a-t-il répondu ; "il faut juste s’organiser autrement avec celui qui conduit la benne".
Mais pourquoi le sens de la moisson a-t-il autant d’importance ? Quand vous récoltez de l’extérieur vers l’intérieur d’une parcelle, vous faites fuir les animaux présents (enfin ceux qui ont la capacité de se déplacer) vers le devant de la machine, vers la partie non encore fauchée, signifiant la sécurité pour les animaux. Vous les poussez donc vers l’intérieur ; bref, dans un piège. Si vous faites le contraire : vous commencez par détourer votre champ mais ensuite, vous allez directement vers le centre et vous progressez vers l’extérieur. La faune fuit alors vers l’extérieur et a plus de chances de pouvoir s’échapper.
Autre élément important : la présence de végétation sur les bords de champs, non fauchée qui va attirer les animaux fuyant les machines.
La vitesse de récolte a bien sûr aussi son importance. Plus vous récoltez vite, plus vous impactez sur la faune qui n’a pas le temps de s’échapper et finit broyée par la barre de coupe ou les lames de la faucheuse.
La vue est enfin d’une grande aide dans ces instants. Profitez du fait que votre moissonneuse fasse presque tout à votre place ou votre tracteur et observez ! La biodiversité vous en saura gré.
La récolte n’est pas le seul moment à risques pour la faune des agroécosystèmes, invertébrés ou vertébrés. Le passage du rouleau pour détruire les couverts ou encore le broyage sont particulièrement impactant. Là aussi, ouvrez l’œil et roulez moins vite !
Des systèmes d’effarouchement existent, comme ce qu’on appelle les barres d’envol : une simple barre métallique où sont fixées des chaînes, gaînées ou non et dont l’extrémité effleure le sol. Cette barre est fixée à l’avant de la machine ou sur le côté de la faucheuse, par exemple.
Je n’ai pas, enfin, mentionné la hauteur de coupe. Elle a bien sûr son importance. Pour préserver un maximum de biodiversité, moissonnez à 15 cm ou fauchez votre fourrage à 8 cm, pas moins.



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