Perspectives de chauffage en couches chaudes sur brf pour semis précoces

Document Michel Lambotte

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Aujourd’hui un engouement de plus en plus prononcé pour le bois énergie se fait jour, ce qui est normal et dans un certain sens une bonne chose. Cela signifie qu’enfin le pouvoir politique et économique s’intéresse au développement de ce qu’on appelle la biomasse.
Il faut savoir aussi qu’avant d’obtenir ce bois énergie, il est nécessaire de maintenir les sols en bonne santé et les superficies susceptibles d’être consacrées à la production de bois énergie ne représentent pas grand-chose vis-à-vis des superficies agricoles qui ont perdu leur matière organique. D’un côté il y a manque de carbone et de l’autre un potentiel qui a du mal à être valorisé.
JPEG - 360.1 koCependant on peut se réjouir de l’initiative prise par les pouvoirs publics en ce qui concerne les arbres au bord des autoroutes en Wallonie. Certains vont dire qu’il y a mieux que cela à faire, bien sûr, mais il ne faut pas faire la fine bouche ; l’évolution est possible si on la stimule.
https://www.rtbf.be/info/regions/detail_autoroutes-wallonnes-des-milliers-d-arbres-coupes-pourquoi-et-pour-quoi?id=9845835

On peut aussi envisager l’agroforesterie c’est à dire l’arbre dans l’agriculture sous couvert en envisageant une forte réduction, voire le zéro intrant de synthèse.

Fabien Liagre l’explique très bien ici : http://agriculture-de-conservation.com/Fabien-Liagre-L-agroforesterie-peut-etre-adaptee-a-tous-les-systemes-de.html .
« Nous travaillons en ce moment sur une valorisation intermédiaire avec des systèmes dans lesquels les branches sont coupées et déchiquetées tous les 4-5 ans pour faire du bois raméal fragmenté, du bois-énergie ou encore de la biomasse pour la chimie verte. Cela peut devenir très intéressant car la production de tonne de matière sèche à l’hectare peut être bien valorisée comme production non- alimentaire, pour laquelle il y a une forte demande. Ainsi, pour 1 m3 de bois d’œuvre, il est possible d’obtenir par exemple 1 à 3 m3 de biomasse pour du bois-énergie. La chimie verte – le remplacement du plastique et des molécules entrant dans la composition des produits ménagers et cosmétiques par des matériaux naturels – est un domaine en plein essor qui est très intéressant pour la valorisation des arbres car il nécessite un volume conséquent. »

Notre contribution

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Voici notre modeste contribution au jardin de Jupille ; il s’agit d’utiliser le broyat pour réaliser une couche chaude. Nous avons opté pour 1 m3 de broyat grossier avec un C/N élevé additionné de 3 brouettes de broyat de ronce et 3 brouettes de fumier de cheval pour baisser le C/N. Nous avions installé des isolants sur le tas de telle
manière qu’il ne se refroidisse pas trop lors des nuits de février à -8°C ; ce n’est pas nécessaire et pas très écologique. Les deux caissons en polycarbonate de 16 mm par contre, sont nécessaires.

Production de fin mai et installation de ces tomates, aubergines et laitues à même l’emplacement du tas, le reste du tas est utilisé à une culture de poireaux, laitues et
choux rave et à la production de terreau pour l’année prochaine. La présence du filet au dessus des laitues n’est là que pour empêcher les chevreuils d’en faire leur choux
gras : et oui même près des villes, la nature reprend ses droits.
Nous avons constaté que les racines descendent dans le tas et dès lors, les plans se portent beaucoup mieux ; c’est une idée qu’il faut exploiter avec des cadres alvéolés.
Il me semble qu’au vu des résultats plus qu’encourageants obtenus, une étude plus poussée devrait être réalisée. L’idée serait d’utiliser au mieux le potentiel.

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Levée des semis début mars
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Production de fin avril
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Production de mai
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Plantation des tomates à même le tas
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Laitues protégées des chevreuils

On peut déjà mettre en évidence plusieurs points de ce potentiel :

- Le tas est capable de chauffer suffisamment fort et longtemps pour mener à bien un semis précoce aussi fragile que celui de tomates.
- Le semis à même le tas semble renforcer les plantes ; reste à prévoir le protocole pour récolter sans abîmer les racines.
- En première estimation, de mi février à mi mai, on pourrait produire environ deux fois la surface du tas comme présenté sur la quatrième photo.
- Il n’y a pas d’exclusive quand à l’origine et à la nature des composants du tas mais il semble que réduire les déplacements pour la collecte semble une mesure judicieuse pour augmenter la productivité.
- La présence du tas ne semble pas affecter le sol ; nous pensions trouver un sol compact sous le tas. C’est tout le contraire que nous avons découvert, reste à voir comment la culture va évoluer.
- Les résidus du tas peuvent être utilisés pour amender une terre qui en a besoin.
- Enfin on peut penser que cette expérience utilise au mieux le recyclage des végétaux, ce qui permettrait dans un premier temps de mieux valoriser la production des déchetteries.
Ayant fermé les caissons pendant plusieurs semaines pour éviter le gel (semis à partir du 10 février) et avec le peu de lumière de ce mois, nous pensions que les plantes fileraient. Cela n’a pas été le cas et mon hypothèse réside dans le fait que le tas produit une grande quantité de CO2 qui alimente les plantes. Qu’en pensent les experts ? Le compostage est contesté mais il pourrait servir à cela, ce
n’est qu’une hypothèse. https://www.youtube.com/watch?v=x1rZuqKp4e0
Aujourd’hui on parle beaucoup de réchauffement climatique mais je pense qu’on ne pose pas le vrai problème ; c’est surtout le manque de couverture du sol qui pose problème avant celui du CO2, ce thème sera l’objet d’un prochain article.
Si la clairvoyance des responsables est au rendez-vous, on peut envisager une recherche tous azimuts sur ce procédé en espérant aboutir à une meilleure gestion du paysage ainsi que des activités durables.



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