Elevage : oser décapitaliser pour un nouvel équilibre

Document Emmanuelle Richard

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En Béarn, Jean Jacques se retrouve comme de nombreux éleveurs de Blondes en difficulté financière. Il réalise de gros changements depuis 2 ans. Son système est constitué de 90 Blondes mères et 78ha. D’un système de non labour depuis 10 ans à base d’ensilage maïs obligeant l’achat d’aliment complémentaire, il construit un nouveau système. La recherche de l’autonomie alimentaire s’appuie sur du pâturage tournant et une ration alimentaire à base de fourrages produits sur l’exploitation. Il s’oriente progressivement vers le semis direct.

Résultats en hausse, mais insuffisants pour le banquier

Il remonte peu à peu la pente. Mais ce n’est pas suffisant, ni assez rapide aux yeux du banquier…
Ce dernier lui propose un prêt de « restructuration » de 108 000 €, à 2.8% d’intérêt sur 7 ans. Cela fait au total 128 000 € à rembourser, assurances et garantie compris.
Cette proposition ne satisfait pas l’éleveur.

Malgré l’insistance du banquier, il décide de décapitaliser.

« L’homme, pardon, l’humain essaye de reprendre la main sur un système dans l’objectif d’être autonome en termes décisionnel et financier. C’est redonner du sens à mon existence et revaloriser mon métier ».

La beauté des prairies en pâturage tournant

Pâturage tournant et Blondes d'Aquitaine
On est début juillet 2016, l’éleveur finit de nous raconter l’histoire en faisant changer les bêtes de paddock. Il est si fier de nous présenter son pâturage tournant, avec ses vaches qui ont un si beau poil et ses veaux en pleine forme, sans problème de diarrhée.
Jean Jacques est tout heureux de voir ses vaches sur de l’herbe bien verte. L’équilibre et la beauté qui transpirent dans cette prairie me surprennent.

Trouver son nouvel équilibre

Trouver un nouvel équilibre entre « le troupeau, la surface fourragère et l’homme » nécessite d’être réellement décidé à changer de chemin. Les banquiers et l’entourage des éleveurs qui proposent leurs solutions, ont-ils compris le malaise dans la campagne ?
La capacité de travail de l’éleveur et la surface fourragère sont parfois en inadéquation avec le nombre de bêtes. Mais comment oser vendre des bêtes non finies ? Peut-être en s’écoutant plus…. Et en s’asseyant délicatement sur son égo….
Merci à Jean-Jacques qui a bien voulu nous faire partager son histoire. Il est sûr de ne pas être le seul dans cette situation. Il souhaite redonner envie aux agriculteurs de chercher une autre voie.



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