Produits améliorant le sol : résultats négatifs aux Pays Bas


Aux Pays Bas, pendant 6 ans, sur 5 sites différents, l’université de Wageningen et l’institut de gestion des nutriments ont testé 12 produits différents dits “améliorant le sol”. Ils ont mesuré les rendements et l’évolution du sol. Les résultats sont non-significatifs sur la période. Les chercheurs concluent que ces produits n’apportent pas de gain à l’agriculteur.

Aux Pays Bas, les sols agricoles se détériorent. Les agriculteurs cherchent des solutions. Les produits dits “améliorant le sol” permettraient de remédier au problème sans changer quoi que ce soit au système en place. Ces produits sont de différentes natures, ont des effets et des modes de fonctionnement différents. Certains ont pour but d’améliorer la structure, d’autres la biologie du sol.
Les essais ont pris place dans des systèmes qu’il est possible de qualifier de typique aux Pays Bas : agriculture intensive avec des cultures à fortes valeurs ajoutées et des apports d’effluents d’élevage réguliers. Les 5 sites ont des textures de sol différentes, 3 sont argileux et 2 sont sableux. Ces sites sont répartis sur tout le territoire du pays. Les essais ont été menés sur des parcelles en grandes cultures. Les cultures de vente dans les essais étaient blé tendre d’hiver, blé tendre de printemps, plants de pommes de terre, oignon, betterave sucrière, orge de printemps, maïs ensilage et pois de conserve. Les parcelles sont labourées.
Les essais ont pris place de 2010 à 2015. Le sol a été analysé à trois reprises 2010, 2012 et 2015 et les rendements ont été pris en compte dans les résultats. Les produits testés et leurs doses respectives sont présentés dans le tableau ci-joint.

Tableau des produits "améliorant" du sol testés aux Pays-Bas

Selon les années et les cultures, il y a eu des différences significatives. Parfois le produit améliorant produisait un gain et parfois il produisait une perte. Au final, sur la période de 6 ans, il n’y a pas de gains significatifs. Aucun de ces produits n’a produit significativement plus que le traitement “lisier de cochon”. Et les analyses de sol n’ont montré aucune évolution significative. Par conséquent, il n’y a pas de gain pour l’agriculteur à court et moyen terme. Néanmoins les chercheurs ajoutent qu’ici, 6 ans est probablement trop peu pour observer une évolution de sol car les analyses de sol des trois références (lisier de cochon, témoin zéro et déchet vert) donnent des résultats similaires.
Dans leur rapport, les chercheurs insistent également sur l’importance d’apporter suffisamment de matière organique et d’éviter la compaction des sols pour maintenir un sol en l’état, voire pour le faire évoluer de façon positive.
A titre personnel, ces conclusions me confortent dans l’idée que : la fertilité ne s’achète pas, elle se construit. En effet, si un agriculteur veut améliorer son sol, sa meilleure chance de réussite est de pousser ce sol à s’améliorer de lui-même, à le stimuler de l’intérieur. En effet, il y a dans le sol tous les ingénieurs et travailleurs, tel que les vers de terre et les mycorhizes, pour l’améliorer et gagner en fertilité. La vie du sol est tellement riche et puissante qu’à ce jour, il n’est pas possible de la substituer par un quelconque stimulant en bidon ou en vrac. La vie du sol est la clé de voute de l’autofertilité des sols. Elle génère des systèmes agricoles robustes et augmente la rentabilité des exploitations agricoles et, par conséquent, le résultat net à la fin de l’année.
Pour aller plus loin (en néerlandais) : une présentation des essaiset le rapport complet.


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