L’auto défense des plantes


JPEG - 25.2 koChristophe Bouchet, dans un article de son blog CulturAgriCulturE, fait référence à deux publications intéressantes de l’Université du MISSOURI. Elles illustrent toutes les deux des exemples concrets de moyens de défense que possèdent les plantes.

Jack SHULTZ et Heide APPEL ont étudié pendant des années comment les plantes réagissent au stress.
« L’odeur de l’herbe fraichement coupée, c’est l’herbe qui crie à l’aide ». En effet, certaines plantes quand elles sont coupées dégagent des composés volatils qui attirent des oiseaux ou insectes prédateurs naturels des ravageurs. C’est un moyen de limiter la prolifération des chenilles.

Pour se défendre, les plantes peuvent produire des substances rendant le végétal moins appétant pour le ravageur. Chris PIRES explique que des « glucosinolates » présents notamment en quantités dans certaines Brassicacées (choux, radis, raifort, moutarde…) sont originellement des moyens de lutte de la plante contre des chenilles tentant de la dévorer.

Cette course pour la survie entre les plantes et les chenilles a débuté il y a plus de 90 millions d’années : quand la plante produisait des substances amères ou au gout de brûlé pour détourner certains insectes, ces même insectes, avec le temps, trouvaient un moyen de digérer et s’habituer aux substances. Puis le plante a concentré ces glucosinolates, a modifié leur « goût »….

Ce que nous trouvons parfois délicieux dans ces plantes provient d’une longue lutte intestine entre une plante et une chenille !!

Jack SCHULTZ souligne que les plantes peuvent produire des substances toxiques pour se défendre contre des ravageurs (caféines, nicotines,…) ou pour les détourner comme la moutarde. Ce qui est plus étonnant, c’est qu’après avoir soumis des plantes aux vibrations de chenilles qui se nourrissent, elles produisent 33 à 35 fois plus de molécules de défense lors d’une vraie attaque de chenilles ; peut-être compliqué à mettre en œuvre mais pourquoi pas un nouveau moyen de lutte contre des ravageurs !?

Une chose est sûre aussi, les plantes communiquent entre elles.

On connaissait la stratégie de défense de certains acacias en Afrique. Lorsqu’un troupeau d’herbivores commence à dévorer un bosquet d’acacias, les arbres voisins se mettent à concentrer des tanins dans leurs feuilles, ce qui les rend impropres à la consommation. On peut aussi parler d’une forme de communication entre les arbres, fondée là aussi sur des émanations de composés volatils. Les arbres attaqués se mettent aussi à « prévenir » des arbres voisins, en émettant un signal sous forme d’éthylène. Ce signal volatile entraîne chez les arbres voisins l’accumulation de tanins particulièrement astringents, qui éloignent les antilopes.

Jack SHULTZ a démontré que des plantes voisines de celles traitées par ses vibrations produisaient aussi des composés de défense.

Christophe Bouchet apporte ce commentaire : « L’agriculture biologique, sous toutes ses variantes, refuse l’utilisation des pesticides de synthèse. Mais elle utilise, à part la biodynamie, une importante batterie de pesticides biologiques, qui sont des toxines naturelles dangereuses pour la santé. Elle utilise aussi plusieurs stimulateurs d’autodéfense, qui sont précisément ce dont je vous parle aujourd’hui… »

La nature n’est pas angélique, les plantes produisent des toxines pour se défendre. On parle beaucoup des résidus de produits phytopharmaceutiques et de leur dangerosité dans les aliments, quid des toxines naturellement produites et notamment après l’apport de stimulateurs de défenses de plantes (SDP) ?

JMS


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