Couverts végétaux et maladies (2)

Matthieu Archambeaud

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Le risque de transmettre des pathogènes et des maladies via les couverts végétaux est une question qui n’est pas négligeable. S’il est lié aux espèces et aux variétés utilisées dans les couverts comme nous l’avons vu dans l’épisode précédent, l’observation nous montre également que le choix des dates d’implantation et de destruction des couverts est primordial.

Couverts d’été : l’objectif d’un couvert estival est de produire de la biomasse en septembre/octobre (et parfois plus tard comme nous le montre les 3 années passées) ; pour ce faire l’interculture est semée en juillet/août. À cette période, généralement sèche et chaude, les couverts poussent rapidement et ne présentent aucun signe de maladies. Les choses se gâtent une fois que la plante a terminé sa croissance et arrive à floraison : les sols et l’atmosphère sont humides, la température fraîchit ; c’est à ce moment que les plantes sensibles comme le tournesol de la photo peuvent exprimer des sclérotes et toutes sortes de désagréments...

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Moralité : quand un couvert d’été est arrivé à fleur et a terminé son travail, rien ne sert de le laisser mourir à petit feu en développant et multipliant tous les pathogènes présents dans le sol  :
1. On stoppe la végétation par roulage, broyage ou pâturage, éventuellement par un léger travail aux disques (en tenant compte du fait que si on retouche au sol avant l’hiver, on risque de déclencher une minéralisation, dangereuse à cette période) ;
2. On sème une végétation qui prend le relais : soit une culture d’hiver, soit un couvert d’hiver avant culture d’été (maïs, tournesol, soja...), soit on laisse une plante semée dans le couvert d’été prendre le relais (trèfle blanc ou violet par exemple, ray-grass ou trèfle, colza ou navette, etc.).


Couvert d’hiver : Le couvert d’hiver est un couvert semé à l’automne et a pour objectif de couvrir et de structurer le sol en hiver et de produire de la fertilité (biomasse) au printemps. S’il est simple à installer (conditions de semis favorables contrairement aux couverts d’été), il ne produit de biomasse qu’au printemps et c’est donc la sortie du couvert qui est plus risquée : alors qu’un couvert d’été a fini de pousser en octobre/novembre et qu’il reste 4 à 5 mois pour qu’il se décompose et laisse le champ libre à la culture de printemps, le couvert d’hiver est encore vivant en mars et peut poser toutes sortes de difficultés (assèchement du sol en cas de destruction tardive ou au contraire difficulté de ressuyage et de réchauffement en sortie précoce, résidus, résidus...). C’est d’ailleurs pour cette raison que la féverole est aujourd’hui plébiscitée comme couverture hivernale dans les réseaux de l’AC : facile à détruire, précédent favorable, peu de résidus gênants malgré la forte biomasse...

En année " normale ", le refroidissement intervient fin octobre et la date de semis du couvert d’hiver est peu importante : même semées début septembre, les plantes se mettent au repos hivernal et attendent le printemps pour redémarrer. Cependant, avec la série d’hiver doux que nous venons de passer, la pause végétative n’intervient pas avant fin décembre et les plantes de couverture ne s’arrêtent plus : elles continuent leur développement dans des conditions favorables aux maladies (voir photo ci-contre d’une féverole avec du botrytis), voire disparaissent pour cause de développement végétatif trop important.

Moralité : Il faut apprendre à semer ses couverts à la bonne date en faisant la distinction entre couvert d’été et couvert d’hiver, en semant les premiers assez tôt et les derniers pas trop tôt. Il ne faut pas non plus oublier le bon sens paysan et le principe de la diversité.
1. La féverole n’est pas loin d’être la plante de couverture hivernale idéale, ce qui conduit à son utilisation continue voire exclusive, augmentant ainsi le risque maladie. Pensez à maintenir de la diversité : le pois et la vesce, les trèfles font aussi de bons couverts ;
2. Si on veut éviter les maladies fongiques sur les couverts d’hiver il vaut mieux ne pas les semer trop tôt pour éviter un développement végétatif trop important à l’automne ;
3. Je sais ce n’est pas simple...

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