Les agriculteurs Néerlandais et leur sol

Document Thierry Stokkermans

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JPEG - 129.8 koAux Pays Bas, petit pays aussi grand que l’Aquitaine, il y a une grande variété d’agricultures mais toujours très intensives. Et cela se voit sur leur rapport au sol. Aux Pays bas, on voit du sursemis de prairie, des façons sans labour (superficielle et profonde), énormément de labour et, aussi, depuis peu, une obligation de « verdir » le sol. Ici, à « l’autre pays du fromage », il y a des éleveurs laitiers, des grandes cultures, des élevages hors sol et des cultures spécialisées localisés sur des micro régions, tel que les serres près de Rotterdam. Les éleveurs laitiers sur sols légers, tel que les sables du Brabant-septentrional, sont ceux qui pratiquent le plus les techniques sans labour. Du fait d’une terre facile à travailler, ils pratiquent le sursemis dans les prairies et implantent les prairies avec des façons superficielles. Le sursemis de prairie (ou rajeunir une prairie en rajoutant des graines jeunes et vigoureuses) se fait avec des herses étrilles (avec ou sans rouleau) et des semoirs à double disque. Sur le marché du semoir de prairie, le constructeur Vredo est très présent avec un semoir à 75 mm d’inter-rang. C’est un semoir simple et bon marché qui fonctionne bien dans les parcelles plates et nivelées des Pays-Bas.

Les producteurs de lait sont le plus souvent dans un système herbe/maïs. Par conséquent les prairies sont implantées derrière un maïs ensilage. En sol léger, les agriculteurs font un à deux passages superficiels avant de semer. Les prairies sont semées à l’automne et les résidus restent en surface. Sur sol lourd, les prairies sont semées au printemps après un labour d’hiver. Ce sol laissé nu diminue d’autant la production d’herbe, soit une perte de productivité.

A l’opposé, dans les polders (terres gagnées sur la mer), il y a des terres impossibles à mécaniser et cela pour deux raisons indépendantes. La première est que le niveau de l’eau dans le polder est trop près de la surface. En effet, certaines régions ont à l’année l’eau à une trentaine de centimètres de la surface. Ici, émietter le sol, c’est s’assurer de l’enlisement du matériel. La deuxième est que certains polders ont un taux d’argile si élevé que le travail mécanique est presque impossible. Dans un cas comme dans l’autre, ces polders sont en prairie et uniquement en prairie.

Aux Pays-Bas, les grandes cultures rémunératrices sont les pommes de terre, les betteraves et les oignons. Ici, les cultivateurs labourent. Néanmoins, j’ai discuté avec un agriculteur qui, de ses 70 hectares de pomme de terre, avait fait son meilleur résultat de l’année derrière un engrais vert repris uniquement au cultivateur. Du coup, il s’intéresse au sujet.

Depuis peu, les agriculteurs néerlandais ont l’obligation de « verdir » le sol. Une de leurs possibilités est d’implanter un couvert végétal. Ce dernier doit être en place avant le 15 octobre et au moins jusqu’au 15 décembre. Cela me fait penser aux CIPAN français. Mais face à l’obligation de « verdir » le sol, le couvert végétal est assez souvent retenu comme solution technique. Les agronomes préconisent de semer le plus tôt possible, par exemple en août après une céréale d’hiver et j’ai pu voir de très belles parcelles de crucifères en fleur début novembre. Malheureusement j’ai aussi vu beaucoup d’engrais verts retournés à la charrue, ce qui limite les gains à long terme. L’agriculture néerlandaise est par définition intensive et ces agriculteurs prendront massivement le chemin de la conservation des sols lorsqu’ils y trouveront une rentabilité supérieure.



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