L’Agriculture de Conservation : performante économiquement mais exigeante en technicité et adaptabilité

ARAD 2 - CER France



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L’Atelier Régional d’Agronomie et de Développement Durable (ARAD²) du CERFRANCE Normandie Maine a étudié l’Agriculture de Conservation, mode de production centré sur l’amélioration de la fertilité naturelle des sols et encore confidentiel en France. Cette brochure présente les principaux résultats de l’analyse technico-économique et de la durabilité de ces systèmes. Elle démontre que le facteur clé de réussite est avant tout la technicité de l’agriculteur mais surtout sa capacité à s’approprier et à adapter les informations techniques en fonction de ses propres conditions pédoclimatiques et organisationnelles.

Le CERFRANCE Normandie Maine s’est doté en 2009 d’un Atelier Régional d’Agronomie et de Développement Durable (ARAD²). Ce service est entièrement dédié à l’agronomie et à la recherche de systèmes de culture innovants pour aider les agriculteurs à répondre aux enjeux de l’agriculture de demain et est composé de trois agronomes.

La mission première de l’atelier est une mission de recherche et développement avec notamment la mise en place d’un groupe de travail Agro&Eco qui a pour objectif de porter la réflexion sur les liens entre agronomie et économie. Cette étude s’inscrit dans les travaux de ce groupe de travail.

A cette mission de R&D s’ajoutent trois missions plus opérationnelles : une mission d’information à la fois auprès des 1 400 conseillers de CERFRANCE Normandie Maine et du monde agricole via le site AgroPerspectives ; une mission de formation auprès des conseillers, l’objectif étant pour eux d’acquérir une culture agronomique et ainsi de l’intégrer dans leur conseil économique ; une mission d’accompagnement des agriculteurs par l’animation de groupes systèmes innovants. L’ARAD² anime aussi 2 groupes du réseau DEPHY Ecophyto dans la Manche et en Haute Normandie.

La transition vers des formes durables d’agriculture reposant sur l’usage de processus écologiques et répondant aux exigences et contraintes des agriculteurs et de la société est un réel défi pour le monde agricole. De nombreux agriculteurs ont d’ors et déjà initié cette transition. C’est notamment le cas d’agriculteurs pionniers rassemblés autour d’un objectif ambitieux : remettre la fertilité des sols au cœur du système de production. On parle de l’Agriculture de Conservation, concept importé du continent sud américain et reposant sur la mise en œuvre de trois grands principes de gestion des agrosystèmes : perturbation minimale du sol, protection du sol via le maintien d’une couverture végétale permanente en surface et diversification des rotations et associations de cultures. En 2O1O, la FAO estimait à plus de 100 millions d’hectares cultivés en Agriculture de Conservation dans le monde en particulier aux Etats Unis, au Brésil et en Argentine.

Souvent décrite comme pouvant contribuer à augmenter la productivité physique des systèmes de culture et leur rentabilité économique, mais aussi fournir de nombreux services écosystémiques comme la conservation des sols et de la biodiversité ou encore la séquestration du carbone, le développement de cette agriculture reste encore modeste en France.

Un des freins semble être le manque de références techniques et économiques. La diversité des conditions de production et des besoins des agriculteurs conduit à une forte diversification des pratiques résultant de l’adaptation locale de ces trois principes. Ainsi, si l’objectif est souvent commun « avoir un sol plus vivant », chaque agriculteur doit définir comment l’atteindre en expérimentant et en prenant en compte son contexte local. Il n’existe pas de cahier des charges Agriculture de Conservation ou encore de conduite type à diffuser. Cette diversité des pratiques rend d’autant plus difficile l’évaluation économique de leurs performances telle que pratiquée au sein des CERFRANCE via l’analyse de groupes.

Afin d’étudier la période de transition, nous sommes allés enquêter des agriculteurs engagés dans l’agriculture de conservation depuis 1O ans avec l’ambition de répondre à trois questions :

1 / Ces entreprises agricoles sont-elles plus durables ? 2 / Leurs performances techniques et économique ont-elles été impactées par leur choix de production ? 3 / Quels sont les facteurs clé qui ont piloté un tel changement de système ?

Adeline MICHEL, Responsable ARAD

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